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Dans les anémies chroniques, ainsi que dans la diarrhée chronique des bovidés (Lignières), il est recommandé de pratiquer de petites injections de sérum artificiel, en lesquelles on ne verra qu’un procédé d’excitation de l’hématopoïèse et une action stimulante.
Enfin dans le choc, la sérothérapie artificielle est susceptible de rendre de grands services.
Il est parfois recommandé d'ajouter au sérum physiologique certaines substances médicamenteuses, en particulier des toniques cardiaques, telle la caféine (sérum d'Hayen) ou le camphre (sérum camphré de Coquot et Moussu) qui a été utilisé ainsi que nous le verrons, dans le traitement de la typhoïde équine.
Les injections de sérum artificiel sont destinées aussi à favoriser l'élimination de certaines substances toxiques. Le but de cette application est d'introduire successivement une grande quantité d’un liquide sans crainte de nuire en rien à l'intégrité du sang et d’altérer les tissus, qui puisse être facilement excrété par le rein, qui dissolve les principes toxiques et en débarrasse par le fait l’organisme.
Les expériences de Dastre et Loye ont démontré l’innocuité de ce procédé. Ils ont réalisé par ce moyen ce qu'ils ont appelé le lavage du sang. De leur travail il résulte que l’innocuité des injections salines intraveineuses exige pour condition essentielle la lenteur et qu'il est possible en procédant lentement — 1 à 3 cc. par minute et par kg — de porter dans l’organisme une
quantité de sérum artificiel sensiblement supérieure à
celle de la masse sanguine sans que le sujet en soit incommodé.
A la suite de cette injection, le foie et les séreuses s’imbibent de liquide, qui s’élimine en dernier lieu par la voie rénale, véritable émonctoire de l’organisme. L'’animal devient un véritable « vase percé ».
On remarquera avec Dastre que l'élimination rénale ne s’établit pas immédiatement et ne commence qu'après un retard variable, qui a eu jusqu’à une heure de durée après l’injection.
Landerer a expérimenté ce procédé sur des animaux empoisonnés avec du chloral ou du chloroforme et qu’il sauvait par des injections de chlorure de Na additionné de sucre. Ce moyen rendra certainement de grands services d’abord dans les accidents déterminés par les poisons du sang et surtout par les auto-intoxications, les intoxications à la suite de fourrages, et les intoxications médicamenteuses, l’intoxication oxy-carbonnée, les brûlures étendues, etc.
C’est surtout à l’égard des divers processus infectieux que le lavage du sang doit connaître des succès brillants et durables : états typhoïdes, paraplégies infectieuses, pleurésie du cheval (Boucherion), coryza gangréneux du bœuf (Péricaud); ictère grave et piroplasmose (Cozette, Bouchet), typhus, gastro-entérites infectieuses du chien.
La sérothérapie artificielle serait insuffisante à elle seule pour débarrasser l’organisme des principes toxiques qui l’encombrent, si elle n’était pas précédée de la saignée qui enlève une quantité assez grande de globules