AFFECTIONS TYPHOIDES DU CHEVAL
En 1911, Rips et Kirsten en Allemagne, sous l’impulsion d’'Ehrlich, utilisent l’arsénobenzène sur une grande échelle contre la Brutseuche ou pleuro-pneumonie contagieuse, à la dose de 3 grammes dissous dans un litre et demi de sérum physiologique. L’injection pratiquée hâtivement semble réaliser une stérilisation complète de l’organisme. La guérison est obtenue après 8 jours de convalescence. En Russie le remède est utilisé également avec des résultats satisfaisants sur 23 chevaux par Linizky et sur 50 par Gordsjalkowsky. En outre en Norvège, Naess observe une défervescence rapide dans la majorité des cas. Ces résultats surprenants sont confirmés par Jacob et Sturhan qui insistent sur ce fait que, seule, la voie veineuse est efficace.
Par contre Torgesen montre que quand il y a des complications pulmonaires et si le malade est faible, l'emploi du médicament est dangereux.
Des expériences officielles entreprises dans l’armée allemande indiquent que 145 chevaux ont été traités et que la médication arsénobenzénique est absolument inoffensive ; pratiquée dès le début de la maladie, alors
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même que celle-ci n’est suspectée que par une élévation anormale de la température, en milieu infecté, la guérison est constante, elle agit aussi heureusement sur les complications pulmonaires.
Une épidémie de typhoïde dans les haras de Gudwallen et de Trakehnen permet d'apporter de nouveaux faits. À Gudwallen, la tallianine (terpène ozoné), le sérum antipasteurellique de Lorenz, employés en injections intraveineuses sur 24 sujets donnent des résultats insuffisants ; par contre 65 étalons sont traités à l’arsénobenzène : chez 55 d’entre eux soumis à 1 seule injection de 3 grammes, la fièvre tombe et la maladie est enrayée ; chez les 10 autres une injection complémentaire de 2 grammes fut nécessaire. En 8 jours l’évolution de la maladie est terminée (Nevermann).
Chez tous les sujets ainsi traités, le poumon et le cœur demeurèrent indemnes.
À Trakehnen sur 43 malades pris au début, l’amélioration est manifeste ; aucun résultat n’est obtenu sur o autres dont l’état était désespéré.
Jaeger en présence d’une épidémie de Brutseuche, qui frappe 71 chevaux enregistre 16 complications. Il en conclut que la méthode d’'Ehrlich est sans action sur les complications. Rips, le promoteur de la méthode, lui reproche cependant d’avoir suivi une technique défectueuse et de l’avoir mise en œuvre tardivement. Reinecke essaye des solutions concentrées de salvarsan (1 p. 30 à 1 %) avec d'excellents résultats. Bauer, Patz, Draegert, Poss, Kapteinat, arrivent aux mêmes conclusios. Les injections sont plus pratiques et plus simples
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que celles de grandes quantités de solutions à 1 p. 500 et également efficaces.
L’engouement en faveur de cette médication persiste ; il se confirme même par l'apparition du néoarsénobenzène d’un maniement plus facile et d’un emploi plus courant.
Petsh, Fontaine, Schwedt (1913) signalent 356 guérisons sur 357 chevaux traités ; les doses utilisées sont de 3 grammes à 4 gr. 50 dissous dans 100 à 150 cc. d’eau distillée.
Cette médication constitue un perfectionnement important dans la lutte contre les maladies typhoïdes ; elle prévient les complications cardio-pulmonaires et abrège l’indisponibilité (Rips et Neven).
Les résultats obtenus pendant la guerre par les allemands confirment les résultats obtenus par les différents auteurs.
En France les expériences de Haan et de Hébray sont nettement favorables au néoarsénobenzène.
Martin et Pécherot en 1920 considèrent ce médicament comme spécifique des affections typhoïdes à la condition d’être employé dès le début de l’affection.
Douville en 1923 constate également les bienfaits de cette médication qui se révèle « comme un puissant agent anti-infectieux et un antithermique de haute valeur ». Pécherot, deux ans plus tard, signale après une centaine d'expériences, que les résultats sont très appréciables dans la typhoïde et particulièrement dans l'accès typhique, mais qu'ils sont nuls dans les pneumonies et dans la fièvre typhoïde quand les foyers de pneumonies secondaires sont apparus.
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Il constate après l’injection de novarsénobenzène un abaissement considérable de la température (1°, 195). Lorsque la chute thermique est insuffisante, il préconise des injections complémentaires de 1 à 3 grammes.
Trois cas alors se présentent :
1° Le cheval reprend sa gaité, son appétit et sa vigueur, la températue oscille de 3705 à 3805.
20 Le malade reste triste et abattu; il présente de l’inappétence et une conjonctive jaune saphran; la température varie entre 3805 et 390.
30 L’injection n’est suivie d'aucun abaissement de la température.
Dans le premier cas, la guérison est la règle :
Dans le deuxième et troisième cas, il considère la réaction au novarsénobenzol insuffisante ou nulle, et il a recours immédiatement aux injections intraveineuses de sérum camphré.
Il semble qu'après de tels résultats cette méthode devait entrer définitivement dans la pratique courante.
Les accidents signalés par Darrou et Descazeaux, qui accompagnaient autrefois de mauvaises séries de préparations et qui n'étaient pas dûes à un état d’idiosyncrasie du cheval, les expériences faites étant trop isolées pour entraîner la conviction, sont peut être les causes principales du peu de succès de cette médication.
Darrou en 1929 par une relation très documentée, basée sur un grand nombre d'observations, lui donne une consécration nouvelle.
Les tableaux ci-après vont nous permettre d’apprécier comparativement la situation des deux lots de malades
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traités d’une part par la médication symptômatique, d'autre part par la chimiothérapie
1° Épidémie de typhoïde sur un effectif total de 990 (Darrou).
Traitéspar la médica- | Nombre [Morts| Traités | Nombre | Morts
tion symptomatique |d’animaux parle |d’animaux traités novar traités Avant le 2 déc. 1927. 50 7 [à partir du 118 1 2 déc.
Pendantl'interruption du traitement au novar du 9 au i2 déc. 15 1 Total 65 8 Total 118 1 Durée moyenne du traitement à l’infirmerie AOF OUTSE RL ee ne teeete 13 jours Durée moyenne del’indisponibilréatasortie delümbrnerie APIOUrSE ee cer 14 jours
Il ressort de ce tableau que la presque totalité de la mortalité (14 %) concerne les chevaux traités par le traitement symptomatique, que la durée du traitement est réduite de moitié pour les chevaux soignés au novar et que la durée de la convalescence est diminuée de deux tiers.
I1e — Épidémie de typhoïde sur un effectif total de 670 chevaux (Régnier).
Traités par lamédica-| Nombre |Morts| Traités Nombre | Morts
tion symptomatique [d'animaux par le [d'animaux traités novar traités Du 4 déc. au 16 déc. 42 4 à partir du 127 Néant. 4 101dée. 0 au sulfarsénol.
Durée moyenne du traitement à l’infirmerie de 50 à SO ONE 0 à a pump ape 12 jours Indispon. à la sortie de l’infirmerie. SONOUTSE RER Ce 20 jours
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Les résultats ont été identiques. Le médicament employé est le novarsénobenzol à la dose de 3 grs dissous dans 40 ce d’eau distillée ou d’eau bouillie filtrée, en une seule injection. Une deuxième injection est pratiquée 48 h. après dans les cas graves ou lorsque la chute thermique est insuffisante ou nulle au bout de 48 heures.
Les résultats obtenus au cours de ces deux épizooties sont nettement favorables à la médication arsénobenzénique. Darrou estime que «jusqu’au jour où les efforts des bactériologistes nous apporteront une sérothérapie curative ou une vaccination préventive nous permettant de mettre les organes receptifs à l’abri de la contagion, elle restera la médication de choix dans le traitement des affections typhoïdes et devra être préférée aux traitements ondoyants et divers, utilisés dans la pratique courante, parce qu'elle met à l’abri des infections secondaires qui sont le véritable danger et l’unique cause de la mortalité ».
LYMPHANGITE CRYPTOCOCCIQUE.
Dès 1912 les travaux de Bridré, Nègre et Trouette mentionnent que l’arsénobenzène en injection intraveineuse peut amener la guérison de la lymphangite mycosique à la dose de 1 gr. unique ou répétée.
En 1913 Houdemer utilise le néoarsénobenzène en solution étendue (1 gr 50 dissous dans 250 gr. d’eau distillée) ; 7 malades guérissent après une ou deux injections. Il constate que le médicament est bien toléré et n’a jamais provoquè des troubles.
En 1916 Bridré annonce de nouveaux succès (36 cas). Il indique que « les effets de l’injection se manifestent dans les jours qui suivent par la cicatrisation de la plaie initiale, la diminution de volume des cordes lymphatiques, l'apparition de nouveaux boutons sur le trajet lymphatique malade, le ramollissement et l’ouverture spontanée des nodules existants. L'organisme semble réagir en expulsant les parasites. Pour juger des résultats de l'injection, il est bon d'attendre trois semaines. A ce moment la guérison est assurée si les cordes ont disparu ou diminué considérablement, si elles sont devenues indolores à la pression et si la plaie initiale est cicatrisée. Lorsque par contre, celle-ci reste ouverte et que la sensibilité de la corde persiste, il convient de renouveler l’injection. Il est quelquefois utile de ponctionner au bistouri ou au cautère certains abcès dont l’ouverture spontanée se ferait trop attendre et d’aider à la cicatrisation des plaies étendues par des badigeonnages à la teinture d’iode. Les plaies fortement bourgeonnantes sont saupoudrées de sulfate de cuivre et touchées au chlorure de zinc liquide. » Il conclut « que les injections intraveineuses de néoarsénobenzène constituent le traitement de choix. » Les expériences de Darrou sur 9 cas de gravité différente et de lésions diverses, lui ont permis d’obtenir 8 guérisons. Il constate après avoir utilisé différentes doses de médicament que la dose de 3 gr. doit être considérée comme dose thérapeutique et que l'intervalle à laisser entre deux injections successives, est, dans les cas graves, de 2 à 3 jours. Après une série de 3 ou 4 injections un repos de 8 jours permet de suivre les effets de la médi-
cation.
Après 8 injections, l’action du médicament devient incertaine, soit qu'il y ait une véritable imprégnation, soit que la pénétration du médicament est impossible par l’épaississement ou l’oblitération des Ilymphatiques dans le cas de lésions anciennes. Ceci est tout à fait exceptionnel.
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Darrou.
Comme complément de traitement il préconise la ponction hâtive des abcès ; la poudre de néoarsénobenzène comme tonique local ; la pommade suivante :
novarsénobenz. O0 gr. 50 vaseline neutre 20 gr.
Il admet d’une façon générale que la cure nécessite en moyenne 4 injections et qu’elle est obtenue en 3 semaines pour les cas bénins, 5 semaines pour les cas de gravité moyenne, 8 à 10 semaines pour les lésions anciennes et étendues.
Descazaux confirme les résultats de Darrou : sur 18 chevaux traités, il obtient 18 guérison (16 dans l’espace de 2 mois et demi, 2 en 4 mois et demi).
Ayant observé des phénomènes de choc aux doses de 4et 3 grs. de néoarsénobenzène il préconise des doses plus faibles et répétées : injection quotidienne de 1 g. 50, 2 gr, 2 gr, 50, jusqu'à atteindre la dose totale de 6 à 8 gr.
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Il observe que la guérison est d’autant plus rapide que le traitement est plus hâtif. Il y a intérêt donc à étab'ir un diagnostic précoce ce qui est très facile en examinant une goutte de pus suspect au microscope. Les malades guérissent d'autant plus vite que la plaie d’inoculation est plus rapidement cicatrisée. Il y a intérêt à traiter cette plaie par la solution de formol à 45% ou la poudre de néoarsénobenzène. D’après l’auteur ce médicament serait capable de guérir tous les cas de lymphangite épizootique et même ses complications.
Etudiant d'autre part l'influence des diverses doses du produit sur la formule leucocytaire sanguine il constate que le néoarsénobenzène favorise nettement la phagocytose, qui se poursuit jusqu’à la guérison « vraisemblablement en exerçant une action inhibitrice sur le parasite ». Il en conclut que les doses fortes sont susceptibles de provoquer des réactions violentes, les doses faibles, données chaque jour en 2 fois par jour jusqu’à atteindre la dose totale de 6 à 9 gr. donnent des résultats excellents.
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ler. 5 |d'gr. 51 'ér. 5 |Lgr. 5 de\for. » der. 5 [lNSr 5 1esr"5 à à à à 8 à à à à 2 gr. | 2 gr. 2,50 192,50 jours | 2 gr. | 2 gr. 2,5 2,5 Descazeaux.
Douville, ayant observé dès le début que la dose hebdomadaire de 3 gr. bien qu’elle donne de bons résultats, dans l’ensemble, se montre inefficace vis-à-vis d’un certain nombre d'animaux (20%) préconise d'emblée
des fortes doses : sur plus de 1000 injections de néoarsé-
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nobenzène pratiquées avec le minimum de précautions, il affirme n'avoir jamais enregistré de troubles notables et il considére le cheval comme parfaitement tolérant au médicament.
Les doses ont oscillé entre 3 et 5 gr. et ont été administrées de la facon suivante :
1er injection : 3 à 6 gr. suivie d’une semainde de repos ou d'observation, puis 2€ injection aux mêmes doses.
Une semaine de repos au moins si la lésion reste stationnaire.
some injection 19 40 gr.
Si l'amélioration ne se manifeste pas il rapproche les injections en les pratiquant tous les 4 à 5 jours. Dans le cas contraire, la dose hebdomadaire est suffisante, on arrêtera la médication dès que les lésions sont cicatrisées et indolores. La guérison s’achève toute seule. La médication arsénobenzénique donne également de très bons résultats dans le traitement des localisations muqueuses soit au niveau de la conjonctive et de la pituitaire, soit au niveau de la vulve.
Aucun des animaux traités n’a récidivé. Cette méthode présente sur les médications précédentes deux avantages indiscutables :
1° celui d'obtenir la guérison avec le minimum de médicament ;
20 Celui de réduire le nombre des injections.
Au point de vue biologique, Douville signale quelques particularités intéressantes pour l'institution d’un traitement complémentaire.
Alors que Descazeaux signale que des « phénomènes