‹ Les insectes de la vigneChapitre 104 sur 187 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

ORDRE DES COLÉOPTÈRES

Les Coléoptères, appelés vulgairement Scarabées, sont les insectes dont les ailes antérieures ou élytres fortement chitinisées servent d'étuis (xoàeoç) aux ailes postérieures, qui sont membraneuses et repliées en travers sur l'abdomen. Ces ailes postérieures seules servent au vol. L'appareil buccal est broyeur, les métamorphoses complètes. Les larves, d'ordinaire munies de pieds, offrent des formes variées, aussi variées que le sont leurs mœurs .

Ce n'est pas dans ce groupe que se trouvent les plus redoutables ennemis de la vigne ; mais c'est de beaucoup celui qui en renferme le plus grand nombre.

On a divisé les Coléoptères en un certain nombre de familles, et parmi celles-ci nous citerons comme renfermant des ampélopbages : les Chrysomélides ou Phytophages, les Longicornes, les Curculionides ou Charançons, les Ténébrionides, les Térédiles, les Buprestides et les Lamellicornes .

Les Chrysomélides sont surtout nuisibles aux feuilles, les Longicornes au bois et aux racines, les Charançons aux bourgeons. Les Ténébrionides, d'habitude mangeurs de détritus, ne nous offrent qu'une espèce qui s'attaque aux bourgeons souterrains des greffons, les Térédiles, comme les Longicornes jouent le rôle de mangeurs de bois, ainsi que la seule espèce de Buprestide réellement ampélophage; les Lamellicornes, enfin, sont, les uns brouteurs de feuilles, les autres mangeurs de racines, souvent les deux à la fois si on les observe sous leurs différents états.

Nous avons dressé comme suit la liste des Coléoptères dont nous devrons parler avec quelques détails. Elle comprend 40 espèces, ce qui peut paraître considérable, mais le paraîtra moins si nous disons que le même nombre à peu près a été retranché à la liste primitivement dressée. Nous avons supprimé toutes les espèces qui ne sont que de loin en loin nuisibles, nous réservant de les citer au besoin, tout au moins en note, à propos des espèces congénères.

l'altise de la vigne. 303

Famille des Chrysomélides : Altica ampelophaga Guérin.

— — Aulacophora abdoininalis Fabricius.

— — Malacosoma lusitanicum Linné.

— — Adoxusvitis Fabricius •

— — Clytkra taxicornis Fabricius .

— tles Longicornes : Cerambyx miles Bonelli.

— — Clytusverbasci Linné.

— — CaUidiumunifuscialum Olivier.

— — Vesperus Xatarti Mulsant.

— des Curculionides : Rhynchites Betuleti Fabricius.

— — Geonemus flabellipes Olivier.

— — Cneôrhinus geminatus Fabricius.

— — Peritelus subdepressus Mulsant.

— — — griseus Olivier.

— — — Senex Bohemann.

— — — familiaris Bohemann.

— — Oliorhynchus planithorax Bohemann.

— — — ligustici Linné.

— — — asphaltinus Germar.

— — — populeti Bohemann.

— — — sulcatus Fabricius.

— — — globus Bohemann.

— — — singularis Linné.

— — — raucus Fabricius.

— des Ténébrionides : 0 palrum sabulosum Linné.

— des Térédiles : Apate (sinoxylon) scxdcntata Olivier.

— — — — muricata Fabricius.

— — — [xxjlopertha) sinuata Fabricius.

— — — — bimaculata Olivier.

— des Bupreslides : Agrilus derasofasciatus Lacordaire.

— des Lamellicornes : Celonia hirleUa Lioné.

— — — sliciica Linné.

— — Pentodon punctalus Villers.

— — Anomala OEnca Degeer.

— — — vitis Fabricius.

— — Mdolontha vulgaris Fabricius

— — — fullo Linné.

— — Rhizolrogus marginipes Mulsant.

— — — in/lalusllu(\uc[.

— — Lcthrus aplerus L'ixmaun .

304 l'altise de la vicne.

(Altica Ampelophaga Guérin.)

Synonymie: Chrysomela oleracea Linné, Altica oleracea Geoffroy, Altica Ampelophaga Guérin-Meneville, Altica consobrina Dufstschmidt. Noms français et noms vulgaires : Altise de la vigne, pucerote, puce de vigne; en espagnol, pulgon de la vid.

Le grand genre Altica, créé par Geoffroy aux dépens des Chrysomela de Linné, subdivisé par les entomologistes modernes en un grand nombre de groupes secondaires, se compose de petits Coléoptères sauteurs, aux couleurs parfois métalliques et qui font partie de la famille des Ohrysomélines (xpvffoç or) ou Phytophages (<j>vtôv bourgeon, yxyzïv manger).

Très nombreuses en espèces, environ 250 en France seulement, les Altises attaquent un grand nombre de nos plantes cultivées. Une seule espèce, heureusement, se trouve, non pas exclusivement, mais fréquemment sur la vigne. Confondue d'abord avec l'Altise des potagers {A, Oleracea Linné), nommée ainsi dans le livre d'Audouin, elle a été définitivement considérée comme distincte depuis la description qu'en a donnée Guérin-Méneville et appelée par cet auteur A. Ampelophaga.

C'est un petit insecte allongé, vert ou bleu métallique (PI. III, fig. G), bien connu des vignerons du midi de l'Europe, et échappant par des sauts à la main qui veut le saisir. Il est nuisible à l'état de larve et à celui d'insecte parfait. L'espèce se trouvant en France sur divers végétaux, le saule entre autres, de temps immémorial sans doute, on ne peut, ainsi que semble l'indiquer Audouin, considérer l'Espagne comme le point de départ de l'espèce, du moins en ce qui concerne l'Europe. Du vignoble de Malaga, où d'après cet auteur les ravages étaient signalés dès le moyen âge, l'insecte dévastateur aurait, par une migration continue de l'Ouest à l'Est, envahi le Roussillon vers 1817, et les environs de Montpellier vers

L'espèce n'est pas originaire d'Espagne. Foudras, l'auteur d'une excellente monographie des Altises1, mort octogénaire en 1859, l'avait trouvée sur le saule à Lyon, bien avant 1819 ; mais on peut dire que l'Espagne

1 Foudras ; Altisides. Paris, Magnin, Blanchard et C'e, 1859.

Page 1