A.LTISE DE LA VIGNE. .'Jlù
est le point.central de la grande multiplication de cet insecte sur la vigne, celui d'où, certaines années il peut rayonner, essaimer par rois considérables
emportés par le vent vers le Nord ou le Sud, et aussi être inconsciemment transporté par l'homme.
Ce qu'il y a de certain, c'est que si cette émigration lente et progressive de l'Ouest à l'Est n'est pas prouvée pour l'Europe, elle parait l'être pour nos colonies du nord de l'Afrique. L'Algérie, le pays le plus ravagé aujourd'hui, n'avait que très peu d'altises en 1849, époque où a été publiée par M. Lucas la partie entomologique de VExploration scientifique de l'Algérie. L'espèce, alors d'introduction récente sans doute, y est citée sous le nom erroné d'AlticaLythri, il est vrai, mais est citée comme se trouvant sur la vigne, sans qu'il soit cependant parlé des dégâts occasionnés par elle. Depuis cette époque, les choses ont changé. Un service de bateau à vapeur a été créé entre Oarthagène et Oran; les routes d'abord, les lignes ferrées ensuite, ont relié entre eux. les divers centres de culture; Mascara et Médeah, les deux plus anciens vignobles du pays, ont été atteints; aujourd'hui les trois provinces sont contaminées, et pas n'est besoin d'être prophète pour annoncer que la Tunisie, encore indemne, ne tardera pas à être envahie. La ligne ferrée venant d'Algérie par la vallée de la Medjerdah sera la brèche d'entrée de l'ennemi.
En Algérie, ['attise arrive souvent à enlever plus de la moitié de la récolte dans certains quartiers, et la masse des insectes est parfois telle que tous les efforts des vignerons demeurent impuissants. « A Bouffarik, dit M. le D1' Cazalis ', Président de la Société d'Agriculture de l'Hérault, j'ai assisté au milieu d'août à une invasion d'altises, et je n'exagère nullement en disant que sur chaque feuille il y en avait plus de trente. Que faire contre un pareil fléau? Vous avez beau organiser la chasse la plus intelligente contre ces bestioles : celles que vous détruisez sont vite remplacées par d'autres plus affamées, venues, par nuages épais, de tous les points qu'elles ont dévastés et où elles ne pouvaient plus vivre. »
Rien de semblable ne se produit jamais eu Europe, et ce parasite peut, en résumé, être considéré comme indifférent dans le nord, assez nuisible dans le midi de la France et eu Italie, très nuisible en Espagne et comme un véritable lléauen Algérie. Eudehors des faits biologiques étudiés par nous-uiême en France, c'est donc en Algérie que noua avons dû chercher beaucoup de renseignements sur les ravages exercés par C3t insecte et les moyens de le combattre. En citant MM. Lecq, professeur départemental d'Agriculture d'Alger; Barbier, professeur a l'École d'Agriculture de Kouiba. et d Au-
1 Messager agricole du Midi, 10 septembre I
$06 L altise ni: LA VIGNE.
relies de Paladine, nous indiquons suffisamment à quelles sources autorisées nous avens puisé.