‹ Les insectes de la vigneChapitre 108 sur 187 · LE MALACOSOME DE PORTUGAL · texte numérisé non relu

LE MALACOSOME DE PORTUGAL

(Malacosoma lusitanicum Linné.)

Cette espère de Ohrysomélide appartient à la sous-famille ou tribu des .Gallérucides, dont la Gallèruque de Vorme est le type le plus connu. Moins répandue et beaucoup moins nuisible que l'altise, elle n'en occasionne p'is moins ça et là sur la vigne, dans toute l'Europe méridionale, des dégâts appréciables dans la région de l'olivier, où elle est à peu près confinée. Ce sont surtout les coteaux secs qui ont à souffrir de ses attaques.

Les premiers états de cet insecte, probablement souterrains, ne sont pas connus, et il y a lieu de s'en étonner, car l'insecte parfait, qui se montre de la première quinzaine'de mai à fin juin, apparaît parfois en très grand nombre.

Les Malacosoma broutent les parties sucrées des fleurs, surtout de celles des Composées, et se jettent aussi en nombre sur les bourgeons remplis de sève sucrée, tels que ceux de la vigne. C'est par dizaines qu'on les trouve parfois sur chacun d'eux mangeant les feuilles à la façon des altises.

Comme le nom de genre l'iudique (f*«Aaxoç mou, uû^k, corps) les téguments de cet insecte sont mous.

comme formant un dépoi plus adhérent. « L'insecte parfait, dit-il, refuse la nourriture cuivreuse, même lorsque les feuilles ont été lavées.» Nous pouvons affirmer qu'il n'en n'est pas de même de la larve : nous l'avons personnellement élevée avec des feuilles criblées de taches d'eau céleste. M. Gastine le reconnaît du reste dans sa Note, où il dit que « si une vigne était traitée par les liqueurs cupriques dès le début de sa foliation, et ensuite à des intervalles rapproches pendant qu'elle complète son système foliaire, on arriverait à ce résultat d'écarter l'altise à l'état d'insecte parfait et d'empêcher les pontes. Les traitements, ajoute-t-il, pourraient ainsi s'appliquer dès le printemps, à la fois contre l'altise et contre le Mildew -, mais il faut absolument opérer avant la première ponte] celle-ci effectués, l'évolution des œufs et des larves se ferait sans obstacle. »

l ai i \ :OPiio:ti-: vudo hxal. ;i!i

Le corps, long de 7 à 9 millim. et large île î environ, est oblong, épais cylindrique, entièrement de couleur jaune rougeâtre, sauf les méso et métasternum, qui sont noirs. La têle est en museau obtus, le chaperon relevé en bourrelet, les yeux saillants; les antennes, relativement épais* atteignent les deux tiers de la longueur du corps. Le prothorax transversal, à peine rétréci en avant, est notablement plus étroit que les élylres. Celles-cisont oblongues, arrondies a l'extrémité et à épaules saillantes. Les pattesassez grandes, de grosseur moyenne, les postérieures notablement plus longues.

Les mâles se distinguent par la forme du dernier segment ventral, qui est profondément entaillé de chaque côté et creusé d'un sillon.

Quand on saisit cet insecte, il projette ses antennes en avant et contrefait le mort en répandant une odeur désagréable rappelant celle des coccinelles ou gallinettes.

Nous l'avons trouvé très souvent en Languedoc et en Provence, broutant les bourgeons de vigne au point de nuire sensiblement à la plante. Maintes fois il nous a été envoyé d'Algérie comme coupable des mêmes dégâts, et M. Targioni (Rclazione, 1884, pag. 10b Ta signalé en Sicile.

Les mœurs de la larve, probablement mangeuse de racines, n'étant pas connues, on ne peut que ramasser l'insecte parfait, qui est diurne, très facile à voir, à saisir et à écraser.

L'AULACOPHORE ABDOMINAL

[Âulacophora abdominalis Fabricius.)

Pas plus que l'espèce précédente, dont elle est voisine, celle-ci n'a de nom français. Son nom, dont l'étymologie est au).a? sillon et yopu-j porter, vient d'un sillon transversal placé sur le thorax. Bien que l'aire graphique de cette Gallérucide soit fort étendue (elle va du détroit de Gibraltar au Japon et même aux îles du Pacifique et de l'océan Indien), la zone où elle s'attaque aux bourgeons de la vigne est restreinte. Ce ■' guère que dans l'extrême sud de l'Europe et sur la côte barbaresque qu'elle est signalée nuisible. M. Targioni l'a reçue comme telle des environs de Païenne; elle figure dans la liste d'ampélopuages grecs envoyée par M. ( lennadius;nous l'avons enfin reçue de Jall'a (Syrie) et de plusieurs points d'Algérie, tels qu'Alger, Louifarik, Sétif, Constauliue et Bône. Cette

320 L AULACOPHORE ABDOMINAL

espèce n'a jamais été trouvée en France. Ses métamorphoses sont inconnues, comme celles des Malacosoma, dont elle parait avoir les mœurs, et comme pour ces dernières on ne peut que conseiller le ramassage à la main.

Les dégâts de cette espèce seraient, croyons-nous, peu appréciables s'ils n'étaient, en Algérie surtout, associés d'ordinaire à ceux d'autres insectes, tels que les Malacosoma et diverses Clytra.

On reconnaîtra VAulacophora abdominalis aux caractères suivants: longueur 6 à 7 millim., largeur 3 à 4 millim. Corps ohlong, ovalaire, épais, élargi en arrière, de couleur jaune avec le métasternum et l'abdomen noirs. Tête formant un museau prononcé, relevé entre les antennes, avec les yeux gros, globuleux, noirs, le labre rembruni, les mandibules rembrunies également, à 5 ou G dents aiguës, les antennes assez grêles, jaunes, ne dépassant guère le milieu du corps, les palpes épais et jaunes. Prothorax court, notablement plus étroit que les élytres, ayant au milieu un sillon [mAoÇ) ou impression transversale profonde, plus large et plus profonde dans son milieu chez le mâle. Élytres élargies e.n arrière, arrondies à l'extrémité; hanches antérieures saillantes, contiguës, ainsi que les intermédiaires. Abdomen noir, sauf le dernier segment ventral qui est jaune dans sou milieu et profondément impressionné de chaque côté chez la femelle et entaillé chez le mâle ; celui-ci se distingue encore par le premier article des antennes fortement renflé.

Page 1