LE GRIBOURI OU ÉCRIVAIN
d'après l'assertion de Geoffroy (1764), que la larve de l' 'Écrivain vivait aux dépens des feuilles.
Aldrovande [De inseclis (1602), pag. 472), auquel il faut toujours remonter pour trouver les premières indications un pou précises sur les insectes, fait du Gribouri sa huitième Cantharide, qu'il décrit ainsi : corpore, capite. pectore, antennis ac pedibus nigris, vaginis rubris : elle aie corps, la tête, la poitrine, les antennes et les pieds noirs, les élytres rouges. Elle nuit, dit-il, à la vigne. C'est une exacte description de l'insecte.
Olivier de Serres parait ne pas avoir connu l'Écrivain. Pluche, dans son Spectacle de la nature (1732), parle seulement de deux petits ennemis de la vigne, !a Bêche (notre Rbynchite) et le Gribouri, « qui, dit-il, a la figure d'un petit hanneton, passe l'hiver en terre au pied du cep et le l'ait souvent périr ». Il y a la une précieuse indication de mœurs souterraines, et qui a été, comme on le verra plus loin, trop Iongtenps négligée. Geoffroy (1764) décrit assez bien son Cryptocepltalus niger, elytris rubris. vivant sur la vigne, pour qu'il n'y ait aucun doute à avoir sur l'identité de l'espèce ; il a le tort seulement d'affirmer (pag. 232 de son Histoire des Insectes) a que la larve du Gribouri détruit les jeunes pousses de la vigne et en fait périr les fleurs ». Il ne se contente pas de donner ainsi des mœurs aériennes à une larve qui vit sous terre, mais il confond encore la larve de VAltise se nourrissant de feuilles avec celle de la Cochylis qui attaque la grappe en fleur.
En 1819, l'abbé Latreille (Nouveau Diclionn. d'Hist. natur.), répète ce que dit Geoffroy ; mais le Prince de l'Entomologie française dégage vite so responsabilité en disant : « Les détails relatifs à YEumolpe de la vigne donués par Geoffroy ont été reproduits par d'autres auteurs ; mais je préviens le lecteur que, n'ayant jamais eu l'occasion de vérifier ces faits, je ne les ai rapportés que d'après le témoignage de Geoffroy. »
Depuis lors, la plupart des auteurs, même de très récents ' et non les moins connus, ont répété l'erreur de Geoffroy. Quelques protestations surgissaient pourtant, et, dès 1841, la première partait d'un des pays les plus ravagés, la Bourgogne. Nous lisons en effet, pag. 278 du travail de Vallot, que, «d'après les vignerons, la présence de nombreux Ecrivais dans une vigne la fait périr. Suivant eux, ces iusectes s'enfoncent en terre, rongeut la racine et tuent le cep». L'auteur, il est vrai, se demande si ces dégâts ne pourraient pas être attribués aux vers blancs du hanneton, mais il sollicite de nouvelles observations.
1 Maurice Girard; Traité d'Entomologie, 1873, pag. 786.— Goureau ; Insectes nuisibles, 1SG1, pag. 31. — Boisduval ; Entomologie horticole, 1807. pag. 180,