‹ Les insectes de la vigneChapitre 119 sur 187 · LE GRIBOURI OU ÉCRIVAIN · texte numérisé non relu

LE GRIBOURI OU ÉCRIVAIN

conditions sont impossibles à rencontrer, et nous conseillerons d'employer un autre insecticide souterrain, qui celui-là a fait ses preuves, partout où on l'a employé dans des terres pas trop compactes : le sulfure de carbone. Cet insecticide par excellence a réussi souvent contre le Phylloxéra, toujours contre la larve du banneton et contre celle du Vespérus, qui cause tant de dégâts aux vignes de l'Espagne et des Pyrénées-Orientales ; il ne peut manquer d'être efficace contre la larve du Gribouri. A défaut de la ebarrue sulfureuse, le pal injecteur est, à l'beure qu'il est, entré dans l'outillage de toute exploitation viticole de quelque importance.

Comme dernier mot concernant la lutte contre VÉcrivain, nous dirons que les racines des cépages du Nouveau-Monde semblent ne pas souffrir des attaques de cet insecte. Depuis que les vignobles de l'Hérault sont en majeure partie reconstitués sur pieds américains, cet ennemi semble avoir disparu de notre département, tout au moins comme lléau. Nous continuons à le trouver à l'état parfait sur les vignes reconstituées et môme sur les feuilles des cépages des États-Unis cultivés francs de pied, tels que le Jacqucz, mais plus rarement. En tout cas, les attaques de sa larve ne semblent pas faire souffrir les ceps. Les racines des cépages d'outre-mer reconstitueraient-elles leurs tissus entaillés par la larve de Gribouri, comme elles le font d'ordinaire après la désagrégation causée par la piqûre du Phylloxéra! C'est probable.

Le fait est que VAdoxus vitis existe aux Etats-Unis ; le genre Adoxus a même été créé en 1837 par l'auteur anglais Kirby1, sur des exemplaires de cette espèce faisant partie des collections recueillies par l'expédition de sir Jobn Franklin. Or VA. vitis n'est signalé nulle parten Amérique comme nuisible aux vignes cultivées; il est remplacé par une espèce voisine, le Colaspis flavida Say, qui, à l'état de larve, ronge, comme notre espèce, les racines de la vigne.

Les plants américains paraissent donc bien positivement avoir ce nouvel avantage de nous débarrasser d'un de nos ennemis les plus sérieux. C'est beureux pour nous, beureux pour eux aussi! Par ces temps de Mildew, de Black Rot, etc., ils ont tant à se faire pardonner!

1 Kirby ; Fauna borealis Americana, 1837, tom. IV, pag. 209.

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LE GLYTHRE TAXICORNE

(Clythra taxicornis Fabricius '.)

Les Clythrasoni des Chrysomélidesde forme généralement allongée, au corps cylindrique, de largeur uniforme, aux élytres parallèles, à la tète engagée dans le tborax, aux fortes mandibules, aux pieds antérieurs très développés chez les mâles, qui vivent à l'état de larves dans les fourmilières et qui, à l'état parfait, broutent les feuilles de plusieurs végétaux, entres autres celles de la vigne.

Les œufs sont déposés sur les plantes, généralement en bouquets, les uns adhérents à la tige ou à la feuille par un des bouts, d'autres portés par un long pédoncule , chez les espèces du sous-genre Coptocephala par exemple.

Les larves, au corps très allongé et cylindrique, recourbé en demi-cercle postérieurement, vivent dans des fourreaux portatifs formés de leurs excréments2, convertis par la dessiccation en une substance noirâtre et peu solide. Elles sont parasites des fourmis, vivant sans doute de leurs provisions et se trouvant, soit dans les galeries de la fourmilière [Clythra proprement dites), soit sous les pierres, dans le voisinage (Labidoslomis).

La nymphose s'opère dans les mêmes lieux, a l'intérieur du fourreau complètement fermé à cet effet, et il est fréquent, quand on ouvre une fourmilière à la fin d'avril, de trouver l'insecte parfait ainsi enfermé dans sa coque, qui ressemble à une graine brune et allongée ou à quelque débris de bois.

Plusieurs espèces sont chaque année signalées sur la vigne5, mais

1 Bibliographie. — Fabricius ; Systema Entomologie, 1775. — Laicharting ; Verzeichniss und Beschreibung der Tyroler Insecten, 1781.— Fabricius ; Systema Eleulheratorum, 1801.— Léon Dufour ; Larve cl coque de la Clyira pubescens (Aon. gén. des Sciences phys. Bruxelles, lom. VI, 1820k — Lacordaire ; Monogr. des Coléoptères Phytophages, loin. Il, 1848. — E. Lefèvre ; Monographie des Clytrides d'Europe (Ann. Soc. eut do France, 1872 .

2 Nous avons vu déjà les déjections utilisées comme apparu! de protection par les chrysomélides, tels que V Attise de la vigne, qui en garnit l'extrémité do ses œufs, et les Crioccres, qui s'en recouvrent entièrement à l'état de lai

3 On trouve encore fréquemment sur les bourgeons de la vigne, dans le midi

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la C. taxicornis plus spécialement, et c'est à ce titre que nous l'avons choisie comme type de Clythre smpélophage.

On reconnaîtra la Clythra (Labidostomis) taxicornis aux caractères suivants :

Longueur, 8 à 12 millim., largeur 3 millim. environ.

Corps cylindrique, de couleur vert bleuâtre brillant, sauf les élytres qui sont d'un jaune tcstacé. Lemdle, généralement plus grand que la femelle, ce qui se retrouve du reste cbez toutes les Clythra, est remarquable par sa grosse tête carrée et rugueuse, son front large, profondément creusé, ses mandibules longues, très saillantes, ses antennes aux derniers articles aplatis en forme de dents de scie, son prothorax plus large que les élytres et aux bords dentelés, ses pieds antérieurs très développés et ses tibias arqués. La femelle, plus petite, a la tète triangulaire, le front moins creusé, les mandibules, les antennes et les pieds antérieurs plus courts et les tibias droits.

Celte Clythra, qui vit spécialement sur les cbènes, surtout lecbône vert, dont elle broute les chatons fleuris et les pousses tendres, est, certaines années, fortement nuisible à d'autres espèces botaniques telles queles Rumcx et surtout la vigne. C'est par nuées que nous l'avons vue parfois, aux environs de Montpellier et en Algérie, s'abattre sur les pampres, qu'elle entaille de ses grandes mandibules; mais ses ravages ne durent pas. Son activité est en raison directe de la chaleur solaire. Au bout d'une quinzaine de jours, l'accouplement et la ponte opérés, ces insectes, qui ont apparu presque tous à la fois, disparaissent aussi très brusquement.

Comme nous l'avons dit à propos de VAulacophora abdominalis, les dégâts coïncident souvent avec ceux de cette espèce et ceux du Malacosoma lusitanicum. Ces trois insectes nous sont d'ordinaire envoyés ensemble par les viticulteurs algériens, et l'on doit lutter contre eux par le môme procédé, celui du ramassage à la main.

de la France, la Clythra {Labidostomis) lucida, et nous avons reçu souvent comme ampélophage, de divers points de l'Espagne et d'Algérie, la Clythra (Coptocephala) chalybxa. La première ressemble en plus petit à la G. taxicornis : longueur G à 9 millim. seulement, tête et thorax d'un vert métallique brillant, élytres d'un jaune très pâle, parfois presque blanc. La seconde est une petite espèce (3 à 4 millim.), unicolore, d'un vert bronzé parfois bleuâtre. Nous nous contentons de citer ces deux insectes en note, les considérant comme causant des dommages peu importants.

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