‹ Les insectes de la vigneChapitre 131 sur 187 · LA CALLIDIE A UNE BANDE · texte numérisé non relu

LA CALLIDIE A UNE BANDE

{Callidium unifasciatum Olivier.)

Les Callidium sont des Longicornes au corps relativement large et aplati, aux antennes variables, à troisième article plus long que le quatrième, au protliorax déprimé, transversal et arrondi sur les côtés. Les élyires, planes, sont parallèles ou dilatées en arrière et les pattes ont les cuisses renflées en massue.

Le genre est nombreux, plus de 70 espèces décrites. Mulsant l'a subdivisé en de nombreux sous-genres { dans le détail desquels nous n'avons pas à entrer.

Une espèce, le Callidium unifasciatum, attaque spécialement la vigne.

C'est un gracieux petit insecte, long de G à 7 millim., large de 2 à 3 millim., au corps aplati, hérissé en dessus de poils obscurs peu épais. La teinte générale est le brun fauve, plus foncé sur les deux tiers postérieurs des élytres. Celles-ci sont parées chacune, un peu au delà de la moitié de leur longueur, d'une hande transversale blanche, arquée, moins développée vers la suture. Les antennes atteignent les deux tiers ou les trois quarts delà longueur du corps ; les cuisses sont fortement renflées et comme pédicellées.

La larve, longue de 8 à 10 millim., a été décrite avec détails par Perris'-';

1 Mulsant; Les Longicornes (Histoire nat. des Coléoptères de France. Paris, Magniu, Blanchard et Cie, 1SG3).

2 Perris ; Larves de Coléoptères. Paris, Deyrolle, 1877.

la callidié a une Bandé. 351

plie esl blanche, trapue, assez fortement épaissie antérieurement, assez densement revêtue sur tout son corps de poils fins et blanchâtres, pourvue de trois paires de pattes extrêmement courtes et écartées. Vu au microscope, l'épiderme de la base latérale des segments abdominaux parait couvert de fines épines qui facilitent les mouvements de l'insecte dans sa galerie.

Celle-ci est sinueuse, très irrégulière, comblée derrière l'insecte par ses déjections et pratiquée immédiatement sous l'écoree. Pendant l'hiver, la larve plonge plus profondément dans le bois. Quand l'époque de la métamorphose en nymphe est proche, l'insecte se retourne dans sa galerie, qu'il prolonge vers la surface du bois, l'élargissant pour s'y pratiquer une loge.

La nymphe reproduit, ébauchées, toutes les for mes de l'insecte parfait; elle est blanche, glabre, lisse sur la tête, le thorax, les membres et le dessous du corps ; un mamelon tubercule se voit sur le devant du thorax, ainsi que des aspérités roussâtres, spiniformes, disposées en ellipse sur la partie dorsale des deuxième et septième segments abdominaux ; sur le huitième, se trouvent quatre épines verticales disposées en carré; l'extrémité de l'abdomen est inerme. L'état de nymphe dure quinze jours ou trois semaines.

L'insecte parfait paraît en mai et vit peu de temps, juste les jours nécessaires à l'accouplement et à la poule. Celle-ci se fait sous les écorces des parties du cep plus ou moins affaiblies, aussi bien dans les sarments que dans le bois d'un plus grand diamètre. Il n'y a qu'une génération par an.

Nous ne pouvons considérer cette espèce comme réellement nuisible à la vigne. C'est généralement sur la lambrusque de nos haies qu'on la rencontre. Nous ne l'avons trouvée qu'une fois sur la vigne cultivée1, et encore sur des es-paliers fortement déprimés par le Phylloxéra.

Elle n'a jamais, quoi qu'en dise M. Fabre2, été rencontrée sur un autre végétal que la vigne. Ainsi se trouve de nouveau confirmée cette règle, observée déjà, qui fait du parasite naturel un ennemi bien moins dangereux que celui contre les ravages duquel la plante n'est pas prémunie.

1 En 1877, au domaine de Viviers, près Montpellier. - Fabre; Catalogue de la Faune avignonaise.

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