III. — MOYENS DE DESTRUCTION
Les ennemis naturels du Rhynchite sont assez peu nombreux en France pour que nous n'ayons pas eu l'occasion de les observer. Ils paraissent plus abondants en Allemagne. Ratzeburg, qui a fait de si belles observations sur les mœurs des Hyménoptères parasites1, en cite cinq espè vivant aux dépens de plusieurs charançons, et en particulier de notre espèce. D'abord deux Braconides: Bracon discoïde wsWesman net M icrogaster Ixvig atus Wesmann ; ensuite deux Ichneumonides : Pimpla flavipes
1 Ratzeburg; Die Forst-Jnscctcn, 1839-1844, et Die Ichnrumoncn der Furst- Insecten, 1844-1852.
Gravenhorst et Ophioneurus simplex Gravenhorst ; enfin un Ghalcidide : VElachestus carinatus Ratzeburg.
N'ayant à notre disposition ni tous les types de ces espèces, ni même toutes les descriptions, nous renverrons pour ces dernières aux travaux particuliers des descripteurs.
En ce qui concerne les moyens de destruction que le viticulteur peut employer, ils sont peu nombreux. L'insecte passe l'hiver dans le sol, et le sulfure de carbone, le seul insecticide auquel on puisse songer pendant cette saison, ne pourrait pas traverser les parois de la loge où l'ennemi est enfermé. Celui-ci, nous l'avons vu, est du reste souvent sorti avant les froids.
Nous ne sommes guère plus avancés que du temps d'Olivier de Serres, qui parle des feuilles roulées comme 'parchemin, le remède à cela étant de les oster avec les mains. C'est encore actuellement ce qu'il y a de mieux à conseiller; mais, par tous les détails donnés ci-dessus, le lecteur a pu voir que si l'on ne veut pas s'exposer à cueillir des cigares ne renfermant plus de larves, il faut ne pas attendre la fin de juin pour effectuer l'opération. On fera bien de la pratiquerpendantlapremière quinzaine du mois et de la renouveler trois ou quatre fois. Le travail, pouvant être confié a des femmes ou à des enfants, est peu coûteux. Il faut en même temps recueillir les auteurs du dégât, les insectes parfaits euxmêmes. Si l'on a soin d'opérer le matin, de six à neuf, moment de leur plus grande activité, on les apercevra facilement circulant sur les feuilles ou en train de confectionner leur cigare, et, bien qu'ils se laissent choir et rouler habilement sur le sol en repliant leurs pattes et leur bec, l'opérateur les saisira facilement en mettant préalablement au-dessous d'eux une de ses mains, ou sou chapeau, ou mieux encore une poche de toile grossière tendue sur un cerceau de bois flexible. En procédant ainsi, on ne peut manquer d'enrayer le mal.
Fig. 69. — Feuille de vigne roulée eu cigare par le Rhynchite.