‹ Les insectes de la vigneChapitre 139 sur 187 · I. — Geonemus flabellipes Olivier · texte numérisé non relu

I. — Geonemus flabellipes Olivier

Le Geonemus flabellipes est une espèce méridionale que ses mœurs nocturnes avaieut sans doute dérobée, jusqu'à ces années dernières, aux recber-

1 Bedel ; Faune des Coléoptères du bassin de la Seine. Paris, 1888.

cbes des viticulteurs, et même à celles des entomologistes. Bien quedepuis longtemps décrit, l'insecte passait pour rare en effet, et l'on a vu, à propos du Vesperus, le cas que l'on doit faire de cette épithète.

Ce qu'il y a de certain, c'est que personne, à notre connaissance, n'en a jamais parlé comme nuisible à la vigne, et c'est cependant le coupe-bourgeon qui compromet le plus gravement la récolte dans certaines parties du Bas- Languedoc,

De Beaucaire à Béziers, on le rencontre çà et là dans les taillis, surtout sur les buissons de chêne vert, mais il n'est pas signalé sur la vigne. Il est répandu, croyons-nous, dans toute la région de l'olivier, mais peu commun là où les Oliorhynchus abondent; il pullule au contrairesurcertains coteaux secs, tels que ceux de la vallée de l'Aude, de Carcassonne à la mer, pays où les Otiorhynchus ampélopbages sont à peu près inconnus.

Nous l'avons reçu principalement des communes de Narbonne, Lézignan, Capendu, Ginestas et surtout Aiguesvives, Minerve et Olonzac; en un mot, de cette région mi-partie dans l'Aude, mi-partie dans l'Hérault, connue tous le nom de Minervois. M.Falque, propriétaire à Olonzac, qui est obligé cbaque année de faire une cbasse active à ces ravageurs, nous a donné des détails sur leurs mœurs. L'insecte, enterré le jour, ne commet ses méfaits que la nuit tombée; il faut le chercher à la lanterne. Il apparaît secoude quinzaine d'avril, pour disparaître fin mai.

Les métamorphoses sont inconnues. Bien certainement la larve vit dans le sol, se nourrissant de racines, comme celle de tous les Brachyrhinides dont on connaît les métamorphoses.

Un très grand nombre de larves de Charançons se ressemblent, les recherches dans l'intérieur du sol sont difficiles'; de là, les lacunes considé-

t « Les larves souterraines, dit Perris (Larves de Coléoptères, pag. 378), sont celles dont la découverte est la plus tardive, parce que leur recherche présente de grandes difficultés. Si l'on sait qu'un insecte vit sur un végétal, on peut, en cherchant avec soin sur ou dans les plantes et les arbres de la localité, s'initier aux secrets de ses évolutions. On est encouragé dans ces recherches par les indications recueillies, par des notions tirées des règles de l'analogie ; on est excité par l'espoir de trouver sur telle plante ce qu'on a vainement cherché sur telle autre. La variété même des investigations alimente l'ardeur, entretient le courage une feuille rongée ou minée, un trou dans une écorce, une excroissance sur une tige, de la sciure, des déjections, un air de maladie, tout sert de repère ou de jalon.

«Mais quand il faut bouleverser le terrain à l'aveugle, sans savoir même quelquefois à quelle profondeur on doit aller, la monotonie, la lenteur, la fatigue, le plus souvent l'insuccès, rebutent et découragent. On n'a quelque chance d'arriver

rables qui existent dans La biologie d'un grand nombre d'espèces aux mœurs souterraines.

On reconnaîtra facilement l'insecte parfait aux caractères suivants :

Longueur 9 à 12 millim , largeur 4 à G millim.

Corps allongé, aptère, recouvert de squamules d'un gris clair, souvent un peu métalliques sur la partie ventrale et les pieds. Tête finement ponctuée, terminée par un bec assez court, canaliculé en dessus et offrant de plus un léger sillon de chaque côté ; lescrobe antennaire est profond, courbe, très oblique, se terminant vers la partie inférieure des yeux, les deux premiers articles du funicule longs, les suivants plus courts. Prothorax faiblement arrondi, un peu plus long que large, criblé de points et de rides transversales profondes. Écusson très petit. Elytres oblongues, convexes surtout en arrière, soudées et rebordant l'abdomen en dessous, chargées chacune de neuf rangées longitudinales de points profonds. Les cuisses sont renflées, les tibias antérieurs munis d'épines intérieurement et d'un crochet au sommet, les ongles des tarses écartés et libres.

Pour se débarrasser de cet insecte, on devra le faire chasser sur les bourgeons, la nuit, à la lanterne, et si l'invasion tend à devenir annuelle, comme à Olonzac, on fera bien de traiter la vigne au sulfure de carbone, afin de tuer la larve, qui, nous l'avons dit, ne peut être que souterraine. Comme dans le traitement contre le Vesperus, deux trous de pal injecteur par souche devront suffire.

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