‹ Les insectes de la vigneChapitre 144 sur 187 · I. — Apate (Sinoxylon) sexdentata Olivier · texte numérisé non relu

I. — Apate (Sinoxylon) sexdentata Olivier

C'est l'espèce la plus commune dans le midi de l'Europe, le nord de l'Afrique, l'Asie-Mineure, la Syrie et même l'Egypte, d'où nous l'avons reçue récemment; elle est polyphage, attaque, outre la vigne, le figuier, le robinier, le mûrier, le châtaignier, etc. C'est la seule espèce signalée dans la liste d'ampélopbages d'Espagne envoyée par M. de Graëlls. Six à sept fois sur dix, en Languedoc, c'est celle qui, vulgairement connue sous le nom de quissou, met en poussière les sarments secs bt presque toujours celle qui les attaque sur la souche. Nous la décrirons donc avec plus de détails que les autres.

L'insecte parfait est caractérisé par son corps relativement court, 4 à 5 millim. de long sur 2 à 2mm,50 de large, cylindrique, d'un brun roux plus clair sur les élytres; ses antennes de dix articles, dont les trois derniers en forme de dents de scie aiguës, forment une massue aussi longue que la tige. Le prothorax, épais, très renflé en avant, plus ou moins tuherculeux ou fortement granuleux, est muni de chaque côté de petites épines relevées. Les élytres, courtes par rapport à la longueur du corps, sont obliquement tronquées postérieurement et munies chacune de trois dents aiguës, ensemhle six ; de là, son nom. Cet insecte est rangé dans le genre Sinoxylon (aîvw je gâte, ÇûAov le bois) par la plupart des entomologistes.

Perris a décrit dès 1850 ses mœurs et ses métamorphoses. «Cet insecte, dit-il, pénètre dans l'intérieur du sarment, mort ou malade, par un hourgeon; puis il y fait une galerie circulaire en dessous de l'écorce. Dans les sarments d'un faible diamètre, cette galerie est remplacée par une loge un peu spacieuse. C'est dans cette galerie ou loge que s'opère l'accouplement ; puis la femelle s'enfonce dans le sarment, parallèlement à l'axe, et dans cette nouvelle galerie, qui a plusieurs centimètres de longueur, elle dépose des œufs blancs, lisses, elliptiques. Cela fait, elle sort par où elle est entrée, pour aller préparer un autre berceau à sa progéniture. Les larves qui naissent des œufs pénètrent dans le sarment et le parcourent longitudinalement, en y creusant des galeries dont elles consomment les déblais et qu'elles laissent derrière elles remplies d'excréments. Souvent des larves parties d'un nœud voisin attaqué par une autre femelle, se croisent en chemin sans se nuire. Celles qui occupent un sarment sont ordinairement en si grand nombre qu'elles le réduisent pour ainsi dire en poussière, et cela est l'œuvre de quatre mois au plus.»

Cette larve (fig. 76) rappelle au premier abord celles des Xylophages ou

des Charançons, recourbée comme celles-ci, avec les segments tlioraciques très développas par rapport a ceux de l'abdomen ; mais on la distinguera de suite à la présence des pattes. Elle ressemble beaucoup à celle des Anobium ou t\ vr Mettes. Le corps, long de i à 5 millim., blanc, charnu, est composé, y compris la tète, de 13 segments ». ?r .

dont l'intersection, par suite des replis transversaux d'Apatesexdentata, delà peau, est parfois difficile à saisir. La tête, de fortemeQt &ros8iecouleur rousse, est très petite par rapport au thorax, sans ocelles, munie d'antennes courtes, composées de 4 articles ; chacun des trois segments tlioraciques, très développés, surtout le prothorax, porte une paire de pattes assez développées, composées de cinq pièces dont la dernière ou tarse, en forme d'ongle, est seule rembrunie. Ces pieds sont garnis de poils blonds. Les stigmates, au nombre de neuf paires, sont placés, le premier près du bord postérieur du prothorax, dans un repli triangulaire, les autres près du bord antérieur des huit premiers segments abdominaux; ceux-ci progressivement atténués.

La transformation en nymphe s'opère sans apprêt, sans coque formée avec des débris de bois ou des excréments, comme chez les Anobium, simplement dans le fond de la galerie.

Cette forme n'offre rien de bien distinctif des autres nymphes de Coléoptères, si ce n'est que la partie dorsale des segments abdominaux porte une rangée de petites spinules ferrugineuses très peu visibles sur les premiers segments et d'autant plus apparentes qu'on s'approche de l'extrémité.

L'insecte parfait sort du sarment en le perçant d'un trou rond, vis-a-vis de l'endroit où sa transformation s'est opérée. I! y a deux générations dans l'année : celle dont on trouve les individus éclos au premier printemps et qui pond en mai, et celle qui, éclose fin août, pond en septembre pour donner les larves d'automne et les insectes parfaits du printemps suivant.

IL — Apate (Sinoxylon) muricata Pabricius.

Tout ce que nous avons dit au sujet des métamorphoses du VApale sexclentata, nous jugeons inutile de le répéter au sujet de cette espèce. Sauf la taille, qui est double, la larve est semblable, les mœurs les menus les dégâts exercés sur les sarments identiques, avec cette différence qu'en dehors delà vigne, elle s'attaque à des bois généralement plus durs. Nous l'avons trouvée dans des branches de chêne, et Boyer de Fonscolombe, ainsi que M. Targioni, dans du bois d'olivier.

Le centre géographique de cet insecte parait être l'Italie. MM. Targioni et Costa le signalent sur la vigne, du nord au sud de la péninsule ; Cbapuis et Candeze [Larves de Coléoptères) le citent du Tyrol.

Il est répandu ça et là en Provence et il est plus rare en Languedoc. Nous ne l'y avons trouvé que deux fois, à Montpellier et à Carcassonne.

On le distinguera sans peine de VA. sexdentata à sa taille, 7 à 8 millim. de long sur 3 environ de large ; la couleur est à peu près la même, un peu plus sombre pourtant cbez le muricata. L'extrémité des él y très, obliquement tronquée, porte de chaque côté 4 épines, ensemble 8, dont 6 plus petites et moins aiguës sur le pourtour de l'entaille des élytres, et 2 plus grandes, plus aiguës, au milieu du disque formé par cette entaille et de chaque côté de la suture.

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