‹ Les insectes de la vigneChapitre 150 sur 187 · I. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE · texte numérisé non relu

I. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE

Nous n'avons vu nulle part décrites les métamorphoses de 1 insecte qui nous occupe. Comparée au ver blanc du hanneton (fig. 78), la larve adulte est d'une taille double, surtout plus épaisse ; la tête, plus petite en proportion, presque aussi large, mais moins longue, est plus arrondie ; la partie des pattes représentant le tarse, si renflée chez la larve du hanneton, est relativement effilée chez celle du Pentodon, toujours munie d'un ongle pointu à l'extrémité. Cette larve, comme celle du hanneton, parait vivre deux ans, et les métamorphoses complètes, y compris la vie de l'insecte parfait, s'accomplir en trois ans.

La nymphose se fait en juillet, dans une coque de terre ellipsoïde, aux parois cimentées avec des déjections. Celles-ci, rendues fluides par de la salive, ou du moins un liquide tiré de la bouche, sont pétries et étendues au moyen des pattes contre les parois de la loge. En mettant dans un bocal en verre rempli de terre des larves âgées de 2 ans, et en semant de l'avoine au-dessus, l'opération est facile à observer, quelques larves venant toujours construire leur loge contre les parois du verre.

La nymphe est blanche, grosse, courte, montrant, appliqués contre le corps, tous les appendices de l'insecte parfait et revêtue d'une cuticule lisse paraissant comme veloutée. Deux petits tubercules couverts de poils courts terminent le dernier segment abdominal.

L'insecte parfait (fig. 77) passe l'hiver dans sa loge, mais il en sort souvent aux pluies de septembre ; il ne s'accouple pas cependant en automue et rentre dans le sol pour passer l'hiver. Ses tibias antérieurs, aplatis et dentelés, sont un bon instrument de fouilles. Dès le mois de mars et d'avril, il commence à circuler sur le sol, principalement le soir, à partir de 4 heures. Nous ne l'avons jamais vu manger. Comme la plupart des Dynas-

LP. PÈNTODON PONCTUÉ. ',n.;

tîdes. il paraît vivre sur ses réserves graisseuses, qui Bout considérables .

La larve mange donc pour les trois états, de larve, de oyoiphe et d'insecte parfait, comme nousl'avons vu chez certains Lépidoptères (Pyrale, Cochylis, etc.),etc'est ce quiexplique la rapidité et l'importance des dégâts quand la vigne est jeune encore, peu racinée et le sol rigoureusement purgé de toutes les plantes spontanées.

L'insecte, avons-nous dit, est facile à confondre avec les bousiers du genre Geotrupes. On le reconnaîtra aux caractères suivants:

Corps long de 1G à 24 millim., large de 9 à 1 i millim., aux formes épaisses et arrondies, d'un noir profond, dilaté a la partie postérieure. Tcte munie, sur le front, de deux, petites dents séparées par une ligne saillante, arquées en arrière et représentant les cornes dont sont pourvu-; tous les Dynastides. Prothorax arrondi, convexe, densement et finement ponctué. Écusson en triangle, plus large que long. Élytres graduellement élargies en arrière, grossièrement ponctuées, striées, mais ayant ces stries, sauf celle qui longela suture, non parallèles à celle-ci et allant de l'épaule à l'extrémité de la suture. Dessous du corps noir brillant, garni de poils roux à la naissance des pattes et à la suture des segments. Les pattes fortes, les tibias antérieurs aplatis et garnis extérieurement de trois dents, les postérieurs comme tronqués et garnis de fortes épines, ce qui fait de ces insectes de bons fouisseurs.

Cette espèce est exclusivement méridionale (France, Espagne, Italie) : en Orient et en Algérie, elle est remplacée par d'autres, du même genre, produisant sans doute les mêmes dégâts sur les jeunes plantiers. En ce qui concerne la France, nous ne la voyons, en debors de la région de l'olivier, que dans le bassin de la Garonne, entre Carcassonne et Toulouse.

On distinguera sans peine les pentodons des geotrupes à leur ventre noir et aux stries des élytres non parallèles à la suture, un des caracti des Dynastides. Les geotrupes ont presque tous le ventre métallique, bleu ou vert, et les stries des élytres toujours parallèles à la suture.

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