LA CÉTOINE MOUCHETÉE
[Cetonia {Oxythyrea) stictica Linné.)
Synonymie : Le drap mortuaire Geoffroy, Scarabxus sticticushlanè, Scarabxus albopunctatus de Geer, Cetonia stictica Fabricius, Oxythyrea stictica Mulsant.
Après la Cétoine velue, celle-ci est, la plus fréquente sur la vigne. Très commune dans toute l'Europe sur diverses fleurs, elle se trouve ça et là dans le midi de ia France sur les jeunes bourgeons de la vigne. M. Targioni (Relazione, 1884 et 1888) la signale un peu plus fréquente en Sardaigne et en Sicile, M. Gennadius aux. environs d'Athènes; mais, là où elle devient un véritable ennemi pour le vigneron, c'est dans les îles delà Grèce. Nous l'avons reçue de M. Eleuthère de Coumi (île de Négrepont) comme un des insectes les plus nuisibles dans ces parages. Elle occasionne des dégâts tels dans les vignes de ce propriétaire qu'il est obligé, certaines aimées, de dépenser dans l'espace de quelques jours 500 à 600 fr. de journées de ramassage sur une surface de 25 à 30 hectares.
La cétoiue mouchetée se distinguera facilement delà cétoine velue. Elle est longue de 8 à 14 millim., large de 4 à 5,50, c'est-à-dire proportionnellement plus allongée. Le corps, d'un noir violet, parfois un peu verdâtre, est garni de poils blanchâtres assez longs, peu touffus ; le prothorax, plus large en arrière qu'au milieu, muni d'une carène médiane peu accusée, est paré de six points hlancs enfoncés, trois de chaque côté de la carène, et de quelques macules blanches marginales. Les élytres sont parsemées de taches blanches beaucoup plus nombreuses que chez la C. hirtella, et les tibias antérieurs ne sont armés que de deux, dents. Ce dernier caractère distingue nettement le sous-genre Oxythyrea des autres Cetonia.
Des métamorphoses de l'insecte, nous ne dirons rien ; nous ne ferions que répéter ce que nous avons dit concernant celles de la C. hirtella.
LE PENÎODON l'OM
LE PEiNTODON PONCTUÉ.
(Pentodon punctalus Villers.)
Synonymie : Scarabseus punctalus Villers, Scarabœus punctulatus
Rossi, Geotrupes punctalus Sturm, Geotrupes monodon Duftsch, Pentodon
punctalus Mulsant.
Nous avons vu uu téuébrionide, VOpatrum sabulosum, nuire aux
greffes de la vigne en attaquant les bourgeons enterrés du greffon. Voici
encore un ennemi de la greffe, un lamellicorne, dont la larve souterraine
attaque non pas le bourgeon, mais la soudure du greffon français avec le
pied américain, soudure dont le bourrelet de cicatrisation est parfois
volumineux.
Le mal est tellement sérieux dans plusieurs quartiers de l'Hérault et de
l'Aude, tels que les communes de Villeneuve-les-Maguelone, Florensac,
Coursan, Narbonne, etc., que nous avons vu, dans certains champs, le
quart, le tiers et môme la moitié des greffes compromises par cette larve.
L'insecte parfait rappelle par sa forme les bousiers du genre Geotrupes,
si communs dans les déjections, et doit peut-être à cette ressemblance de ne
pas être écrasé par les vignerons. Les naturalistes eux-mêmes s'y sont
laissé prendre au début; la note bibliographique où nous voyons figurer le
nom générique de Geotrupes en fait foi.
Les Pentodon appartiennent non pas à la tribu des Géotrupides, mais à
celle des Dynastides ou Lamellicornes appelés vulgairement Rhinocéros,
c'est-à-dire ayant une ou plusieurs cornes sur la
tête et le prothorax [Dynasles, Oryctcs, Pentodon,
etc.). Ce sont des Rhinocéros sans cornes, ou
plutôt avec des cornes toujours avortées et réduites,
à des tubercules (fig. 77), comme chez les femelles
de certaines Oryctcs.
Les Dynastides vivent d'ordinaire, à l'état de
larve, dans le bois décomposé, dans le terreau
tout au moins. Les Pentodon font exception à la
règle; leurs larves se nourrissent exclusivement
de tissus végétaux vivants, généralement de racines.
Nous en avons fait de nombreux élevages dans des bocaux où nous semions
tout simplement de l'avoine.
Fig. 77. — Pentodon ponctué, grandeur naturelle.
402 LE PEXTÛDON PONCTUÉ.
Quand, pour garantir la greffe de la dessiccation, on a butté contre elle de la terre meuble, au point de faire disparaître le greffon (fig. 75), la larve, qui, bien que terricole, ne dédaigne pas de brouter une tige jeune et vivante, quitte les racines et monte souterrainement dans la butte. Là elle se met à ronger le jeune bois, à l'endroit surtout où la soudure se forme, et produit un bourrelet de cicatrisation qui met quelque temps à se lignifier. Le greffon est naturellement perdu; bien heureux encore lorsque le jeune pied américain qui le porte n'est pas perdu lui-même, par suite de lésions à ses racines ou à sa tige.
Les larves de pentodons sont parfois très funestes aussi aux jeunes plautiers; en cela, elles rivalisent avec celles des vespères et des hannetons.