‹ Les insectes de la vigneChapitre 155 sur 187 · I. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

I. — HISTORIQUE

Le nom de Melolontha a été employé pour la première fois par Geoffroy (1762] pour désigner les Chrysoraélidea appelés Clythra (voir pag. 333). Linné (1767), croyant voir dans le pAoMvfo d'Aristote le hanneton

commun, donnait à cet insecte le nom de Scarabœus Melolontha. Fabricius (1775), rejetant le nom de Scarabœus comme trop général, mais ne discutant pas celui de Melolontha, l'adopta comme nom générique, et donna à notre hanneton le nom définitif de Melolontha vulgaris. L'entomologiste danois est considéré comme l'auteur du genre et de l'espèce.

D'après Mulsant [Lamellicornes, llc éd., 1849, pag. 406), le nom de f«Ao).ôv6>j a été employé par Aristote pour indiquer un coléoplère assez mal défini D'autres auteurs grecs s'en sont servis pour désigner un coléoptère qui servait de jouet aux. enfants, comme on le voit par le ver suivant d'Aristophane dans la comédie des Nuées (v. 761) :

Donnez à votre esprit l'essor; laissez-le voler, comme le Mélolonthc a'. taché par la patte à un fil.

« Mais, ajoute Mulsant, si l'on en croit un ancien scholiaste d'Aristophane, le Mélolojthe serait un petit animal de couleur d'or semblable à un Scarabé ; aussi, d'après Hesychius, était il nommé, par plusieurs, Chrysocanlharus ou Scarabé doré, dénomination qui répond à peu près à celle de Scarabxus viridis que lui donne Gaza, grammairien grec du XVe siècle. Il faudrait voir alors dans le Mélolonthe des anciens une de nos riches Cétoines. Dans ce cas on trouverait très raisonnable le commentaire donné par Suidas (xe siècle) : insecte qui se pose sur les fleurs. »

Nous sommes de l'avis du célèbre entomologiste lyonnais et à même de ebanger son hypotbèse en certitude.

Informations prises, en effet, auprès des nombreux étudiants de nationalité grecque qui se trouvent à Montpellier, le hanneton est inconnu des enlauts hellènes1, qui s'amusent au contraire couramment avec une grande et belle cétoine, d'un vert doré métallique, rare en France, mais commune en Grèce, la Cctonia speciosissima, à laquelle ils mettent un fil à la patte, comme du temps d'Aristophane (423 ans avant Jésus-Christ). Plusieurs

1 Le hanneton existe en Grèce ; mais, comme clans toutes les parties les plus sèches de la région de l'olivier, il y est rare. On ne le rencontre que dana les vallées relativement fraîches ; encore y est-il sous une forme spéciale, variété candicans, plus couverte encore de poils blancs que la vari ; du midi 'Je

la France.

exemplaires de l'insecte nous ayant été apportés, nous sommes sûr de l'espèce. C'est une cétoine longue d'environ 25 millim. et large de 17.

Depuis Fabricius, personne n'a contesté le nom scientifique de notre insecte. D'après Mulsant, le nom français de hanneton paraîtrait originaire de la basse latinité et proviendrait des mots alisoncuis, alitonans, alito- 7iiis (qui fait du bruit avec ses ailes).

De très nombreux auteurs ont écrit sur le hanneton, sur ses métamorphoses, ses mœurs, ses dégâts et les moyens de le détruire. Le lecteur qui ne se contenterait pas de la petite Note bibliographique par nous donnée, voudra bien consulter la seconde édition des Lamellicornes de Mulsant (Paris, Deyrolle, 1871). Il y trouvera, page. 523, la valeur de deux grandes pages de bibliographie.

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