I. — Uhizotrogus marginipes Mulsant
Le Rhizolrogue français, accusé de nuire un peu sérieusement à la vigne, est, au premier abord, facile à confondre avec plusieurs autres, tels que le R. cicatricosus déjà cité, le R. rufescens, etc. Il est cependant toujours très distinct pour l'œil tant soit peu exercé,
Mulsant, qui a créé l'espèce [Lamellicornes, lre édition. Paris 1842), a suffisamment mis en saillie les caractères distinctifs pour que nous puissions dan s les lignes suivantes, même en condensant fortement la description, permettre au lecteur de distinguer facilement notre insecte.
Longueur 13 à 1G millim., largeur 7 à Smillim. Corps oblong, dilate postérieuremeut, de couleur entièrement blonde chez le mâle, d'ordinaire plus foncée et tirant sur le rougeâtre sur la tète et le protborax, chez la femelle. Prothorax hérissé de longs poils livides etmarquéde gros points enfoncés, très rapprochés. Écusson grossièrement p.»u. 'tue de quelquesuns de ces mêmes gros points enfoncés. Élytres blondes, souvent plus pâli s le long de la suture, quiest brune, hérissées de quelques longs poils a la base, glabres sur le reste de leur surface.
•4?G LES RHIZOTROGTJES.
On distinguera toujours, et de suite, notre insecte du R. cicairicosus , qui vit parfois dans les mômes localités, à sa forme plus courte, plus épaisse et surtout aux longs poils d e son corselet. Celui-ci est glabre chez le R. cicatricosus, garni seulement de longs cils sur son bord antérieur. Cette dernière espère, avons-nous dit, parait, à l'état parfait, de février à avril ; notre/?, marginipes ne commence à se montrer qu'en mai. et on le trouve jusqu'à fin juin.
L'espèce paraît èlre méridionale. Nous ne l'avons pas rencontrée audessus de Lyon, où elle est déjà rare. Perris l'a signalée à Mont -de-Marsan, Chevrolat à Bordeaux, M . Marquet à Toulouse. Nous l'avons trouvée dans tout le bas Languedoc sur les coteaux les plus secs, notamment dans les environs de Montpellier, au quartier de l'Aiguelongue ; dans ceux de Cette, au-dessus du petit fort appelé la Butte-ronde; et auprès de Narbonne, dans la petite cbaîue de la Clape. Dans ces trois localités, nous avons vu des plantiers avoir des manquants considérables par suite des attaques de son petit ver blanc. M. Oliver, dans son travail sur le Vesperus, cité en sou lieu et place, dit qu'en Roussillon cette larve aide le Vesperus dans son œuvre de destruction, commettant toutefois des dégâts proportionnés à sa taille. Eile est, parait-il, assez abondante pour avoir attiré l'attention des vignerons, qui l'appellent Pare-Massac. Nous avons également trouvé l'insecte sur tout le versant espagnol des Pyrénées orientales et il est probablement répandu dans une bonne partie de la Catalogne.
Le ramassage à la main ne peut être conseillé contre l'insjcte parfait, qui parait ne pas manger, ne sortir le soir et le matin que pour s'accoupler et pondre, et qui le jour se tient blotti sous les pierres ou les mottes de terre.
M. Oliver détruit le Pare-Massac comme il détruit le Mcnge-Mallols [larve de Vespeius), au moyen du sulfure de carbone.