‹ Les insectes de la vigneChapitre 171 sur 187 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES

On nomme ainsi (de ùah-j membrane, et rcvepàv aile) les insectes à quatre ailes, deux grandes et deux petites, quatre ailes transparentes et divisées en cellules. Ce sont les insectes supérieurs, aussi bien par la perfection de leurs instincts que par leur développement organique, concentration des centres nerveux, du système tégumentaire, etc. Le prothorax, très petit, est soudé au mésotlioraxet l'abdomen presque toujours pédicule. Les tarses ont 5 articles. Les métamorpboses sont complètes. L'appareil buccal n'est ni broyeur ni suceur, on peut l'appeler lécbeur. La lèvre supérieure et les mandibules sont à peu près conformées comme chez les insectes broyeurs; mais l'allongement des mâchoires et celui de la lèvre inférieure, dont l'extrémité flexible est appelée languette, en font réellement un appareil propre à lécher.

Les abeilles, les guêpes, les fourmis, les ichneumons, les cynips, les tenthrèdes, etc., sont les types les plus connus de ce groupe, vraiment remarquable par ses instincts souvent merveilleux.

A l'état parfait, tous les Hyménoptères se nourrissent de matières sucrées qu'ils vont chercher dans les fleurs, sur les feuilles des arbres, qu'ils demandent aussi parfois à la pulpe des fruits. C'est à ce dernier titre que nous faisons figurer les guêpes parmi les ennemis de la vigne.

Vcspx uvas appetunt, les guêpes sont friandes de raisins, disait Aldrovande (1602); la remarque n'est donc pas nouvelle, et il y a lieu de s'étonner que les auteurs qui ont écrit sur la matière aient à peine parlé des dégâts commis par ces insectes sur les raisins cl les autres fruits sucres.

Nous parlerons donc des guêpes; mais, pour être bref, nous ne décrirons avec quelques détails que celle qui est la plus répandue en France, la Guêpe commune [Vespa vulgaris). A cette espèce malfaisante, nous joindrons un Hyménoptère de la famille des Tenthrédidea ou Mouches à scie, la Tenthredo strigosa, dont la larve ou fausse-chenille est a< de perforer les sarments encore pleius de vie. A propos de ce rongeur de sarments verts, nous parlerons enfin, mais eu note seulement, des Hyménoptères inoffensifs qui habitent les sarments secs.

(Vespa vulgaris Linné.)

Les guêpes se distinguent de tous les autres Hyménoptères par la disposition de leurs ailes antérieures, repliées au repos suivant leur longueur, embrassant en partie les postérieures et se rangeant sur les côtés de l'abdomen. De là le nom de Diploplères <$in).ôrt repli , TrTspv aile) donné à la famille dont ces insectes font partie. Les guêpes sont connues de tout le monde, à cause de leur livrée jaune et noire, de leur abdomen brusquement séparé du thorax, d'où l'expression de taille de guêpe et surtout à cause de la piqûre douloureuse produite par leur aiguillon. De là aussi l'expression populaire: tomber dans an guêpier. Non contents d*ètre très irritables et de produire facilement des piqûres pouvant occasionner les accidents les plus graves, ces insectes, comme nous l'avons dit, doivent être rangés parmi les ravageurs de nos vergers. Ils aiment les fruits sucrés, surtout les raisins, et causent, certaines années, de grands dégâts dans les espaliers et même en grande culture, comme nous le verrons plus loin.

Les guêpes étaient connues d'Aldrovande, avons-nous dit ; bien plus, au ive siècle avant Jésus-Christ, Aristote les avait déjà bien observées, et dans son Histoire des animaux il a fait de leurs mœurs un tableau où il y a peu à retoucher.

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