I. — MALADIE DE L'ÉRINOSE
Les feuilles de différents végétaux sont souvent remplies de galles d'une nature particulière et qui depuis longtemps ont attiré l'attention des naturalistes. Ces excroissances ont tantôt la forme d'une petite corne ou d'une pointe de clou un peu recourbé (tilleul), tantôt l'aspect d'une boursouflure formant légère saillie du côté de la face supérieure du limbe
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D. H. HILL LIBRARY North CaroUna State Collège
(fig. 1) et dépression sur la face inférieure (vigne, etc.). Ces galles sont garnies à leur partie concave de poils feutrés, blanchâtres au début, qui deviennent progressivement blancs, ensuite roux et tournent au brun en vieillissant.
Si l'on fait une coupe au rasoir à travers une de ces déformations de la
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feuille, l'examen microscopique fait reconnaître que cet aspect feutré provient des cellules de l'épiderme, qui se sont hypertrophiées, démesurément
Fig. t. — Feuille de vigne atteinte d'Ériaose.
allongées en forme de poils cylindriques (fig. 2), renfermant très peu de chlorophylle. Ces poils, généralement unicellulaires, souvent renflés à leur extrémité, quelquefois ramifiés, s'entremêlent avec leurs voisins et forment parfois un lacis inextricable. L'examen des tissus sous-jacents fait reconnaître la présence de nombreux grains d'amidon, indice d'un travail nutritif important occasionné par la production des cellules piliformes et la prolifération de celles du parenchyme, qui est toujours plus ou moins épaissi.
Ces végétations bizarres forment des plaques souvent assez larges, envahissant parfois tout le dessous de la feuille et même les pétioles, les vrilles et les grappes de fleurs (PI. V). Dans certains pays, il y a bien peu
de pieds de vigne qui n'en soient atteints, et, quand toutes les feuilles sont attaquées, les fonctions de ces organes végétatifs étant entravées, une diminution de récolte peut en résulter.
Quelle est la cause de ces désordres dans la végétation? On a cru longtemps à un champignon parasite de la feuille décrit sous le nom d'Erineum vitis, de là le nom d'Érinose; mais on est aujourd'hui d'accord pour attribuer le mal à un Arachnide du groupe des Acariens, invisible à l'œil nu, le Phytoptus vitis, dont les piqûres répétées provoquent Thypertrophie des cellules épidermiques et la déformation du parenchyme (Qg. 2).