III. — MOYENS PRÉVENTIFS
Bien que le petit Diptère qui nous occupe soit exclusivement parasite de la vigne, ou peut-être parce qu'il est particulier à cette plante, il ne uous parait pas occasionner de dommages sérieux. Beaucoup d'espèces qui ne sont ampéloplmgesquepar occasion sont autrement dangereuses. D'après ce que nous avons observé en France, les fonctions physiologiques de la feuille ne peuvent être gravement entravées par ses galles. M. AIoï, dans le travail cité plus haut, n'est pas de notre avis. En Sicile, selon lui, le mal serait parfois
appréciable. «L'insecte, dit-il, ayant plusieurs générations dans l'année, les larves de la première dessèchent et trouent le limbe en plusieurs points ; les générations suivantes produisent de nouvelles galles dans les endroits encore intacts, si bien que la feuille s'atrophie, se recroqueville, se dessèche en grande partie et cesse de fonctionner.»
S'il en est ainsi en Sicile et dans les climats similaires, il faut avoir soin, dès le commencement, de détruire les premières feuilles portant des galles. En France, nous le répétons, nous n'avons jamais observé de dégâts sérieux. La trop grande multiplication de l'espèce est du reste arrêtée naturellement par deux petits hyménoptères * de la famille des Chalcidiens, qui sortent des galles du 10 juillet au 10 août. Passé le 10 juillet, on peut même dire que toutes les galles qui ne sont pas percées sont occupées par ces parasites.
1 Nous n'avons pa jusqu'à présent déterminer ces deux petits Chalcidiens. Les célèbres collections d'Hyménoptères de Sichel et de Giraud, aujourd'hui propriété du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, étaient en France les seules assez riches en Hyménoptères parasites pour nous offrir des types de comparaison. Nous nous sommes donc adressé au Muséum ; mais, malgré les recherches opérées pour nous par M. Poujade, préparateur de la chaire d'Entomologie, l'identité de ces deux insectes n'a pu être établie.
Sont-ce les mêmes espèces que M. Haimhoïïen dit avoir obtenues à Vienne dans la seconde quinzaine d'août? Il n'en donne pas la description ! Au premier abord, nous les avions rapprochées des Eulophus, parasites des Cécidomies observés déjà par Dufour, Perris, Laboulbène et d'autres auteurs ; mais ils s'en éloignent par la forme des ailes et des antennes. Peut-être sont-ils inédits ; mais, avanl de leur assigner un nom, de nouvelles recherches doivent être opérées.
De ces deux insectes, l'un, le plus grand, dont tous les individus sont femelles, est long de lmm,50, de 2 millim. si dans la longueur du corps est comprise celle de l'oviscapte. La largeur est d'environ 1/2 millim. Le corps est d'un jaune safran foncé avec deux grandes taches noires en dessus, l'une sur le devant du thorax l'autre à l'extrémité de l'abdomen. L'oviscapte est noir avec la base rousse, les yeux bruns, ainsi que deux ocelles placées sur le front au-dessus des antennes. Celles-ci, également brunes, sont assez courtes, insérées très près l'une de l'autre entre les deux yeux et composées de cinq articles seulement; les pattes sont d'un jaune pâle avec l'extrémité des tarses bruns.
L'autre forme, la plus petite, dont tous les individus sont des mâles, n'a guère qu'un millim. de long ; le corps, d'un noir foncé bri.'lant, est très étroit en proportion, les pattes sont d'un jaune pâle et les antennes brunes, celles-ci sont filiformes et atteignent les deux tiers de la longueur du corps.
Ces deux types ne représenteraient-ils pas les deux sexes d'une même espèce? La larve et la nymphe de ces parasites ont été observées par nous. Les métamorphoses s'opèrent dans l'intérieur de la galle de la Cécidomie.