‹ Les insectes de la vigneChapitre 28 sur 187 · SOUS-ORDRE DES HOMOPTÈRES · texte numérisé non relu

SOUS-ORDRE DES HOMOPTÈRES

FAMILLE DES COCCIDES.

Les Coccides ou Cochenilles sont les plus inférieurs des Hémiptères. La femelle, presque toujours privée d'ailes, est, chez de nombreuses espèces, entièrement fixée à la plante qui la nourrit. Muni de pattes et d'antennes dans son jeune âge, l'insecte, lorsqu'il a grandi, circule pour trouver une place convenable, plante son bec dans les tissus tendres de la plaute et devient immobile. Les pattes et les antennes s'atrophient, se dessèchent et tombent; le corps, d'abord aplati, se renfle parla production des œufs, et une sécrétion cireuse blanche, pulvérulente, glua.ite ou solide suivant les genres, le soude au végétal. Les œufs sont alors pondus en dessous de l'insecte ainsi fixé. A mesure que les ovaires se vident, la peau du ventre va progressivement rejoindre celle du dos et, la ponte terminée, le corps se trouve réduit à une coque hémisphérique desséchée, recouvrant plus ou

LES COCHENILLES DE LA VIÛNE. 29

moins les œufs pour les protéger contre les intempéries et ressemblant à une excroissance du végétal. De là, le nom de Gallinsectes donné par Réaumur à ces êtres dégradés.

Dans certains genres plus élevés en organisation, tels que les Daclylopius, la femelle, toujours aptère, conserve ses pattes et ses antennes, ne se fixe pas et pond ses ic-ufs en un ou plusieurs tas séparés, recouverts de la production cireuse. Cette sécrétion, d'ordinaire d'aspect cotonneux, filamenteux ou pulvérulent, plus abondante cbez la femelle que chez le mâle, est produite par des glandes cutanées, unicellulaircs, parfois en forme de poils, isolées ou réunies par groupe, placées souvent autour de tubercules spéciaux, et que nous retrouverons cbez les Âphidesei les Cicadides.

Le mâle, toujours très petit (PI. IV, fig. 6) est muni de deux ailes seulement, les inférieures étant toujours avortées et réduites à des balanciers. L'abdomen est remarquable par les deux longs filets qui le terminent. Entre ces filets, partant du segment anal, se voit le stylet, pointe saillante, cbitineuse, parfois très longue, formée de deux valves destinées à protéger le pénis. Privé de bec. ayant l'appareil digestif atrophié, ce mâle ne mange pas. On ne le voit apparaître que pendant quelques jours, et. l'accouplement opéré, il disparaît.

Les Cochenilles sont célèbres parleurs ravages. A part certaines espèces utiles, comme la Cochenille du Cactus [Goccus Cacli) produisant le carmin des teinturiers, la Cochenille de Pologne [Porphyrophora Polonix) affectée au même emploi, les différents kermès du chêne qui donnent aussi une couleur rouge, la Cochenille à cire de la Chine (ÉricerusPé-là) et le Carleria lacca de l'Inde qui par sa piqûre provoque l'exsudation de la laque sur diverses espèces de figuiers ; à part ces quelques types, on peut dire que toutes les Cochenilles sont nuisibles et même que leurs ravages sont parfois irrésistibles. Nous en avons actuellement un exemple frappant dans la destruction des fusains cultivés, destruction lente, mais sûre, qui s'accomplit aux Etats-Unis et en Europe par l'envahissement du Chionaspis Evonymi. Nous pouvons citer encore les divers Coccides qui dans certains pays ont fait renoncer à la culture des orangers et des citronniers, [Dactylopius citri, Lecanium hesperidum, etc.).

Moins dangereuses sont les Cochenilles de la vigne. Bien ques'attaquant exclusivement au genre Vitis, elles n'occasionnent des dégâts sérieux que dans certaines régions et dans des circonstances exceptionnelles. Elles sont, nous l'avons dit, au nombre de trois: Pulvinaria vitis, Aspidiotus vitis et Daclylopius vitis.

30 La cochenille P.ÛUGë.

[Pulvinarla vitis Linné.)

Synonymie. — Coccus vitis, Linné. — Gallinsecte de la vigne, Réaumur- — Lecanium vitis, Illiger.— Calypticus spumosus, Costa. — Calypticus ampelocecis, Amyot. — Lecanium vini, Bouché. — Pulvinaria vitis, Targioni.

Page 1