‹ Les insectes de la vigneChapitre 29 sur 187 · I. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

I. — HISTORIQUE

Des trois espèces de Cochenilles attaquant spécialement la vigne dan? l'ancien Monde, celle qui nous occupe est la plus anciennement connue et décrite. Walckenaer rapporte en effet au Coccus vitis de Linné le Tholea

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des Hébreux l. Liane le premier a décrit scientifiquement l'insecte dans son Systema naJwr«e( 1735); il a parlé uniquement de la femelle et l'a comprise dans son genre Coccus, groupe renfermant alors toutes les formes qui composent aujourd'hui la nombreuse famille des Coccides. Il l'a nommée Coccus vitis. La description est suffisante pour que l'identité de l'espèce ne puisse être contestée. Après le travail de Linné, nous trouvons presque à la même époque (1738) les observations si remarquables de Réaumur. Le Père de 1 Entomologie française paraissant ignorer le travail du naturaliste suédois et n'admettant pas, comme on sait, sa nomenclature latine, appelle cette cochenille la Gallinscctc de la vigne. Il eu donne dans le tom. IV de ses Mémoires une histoire détaillée et si bien faite qu'elle a été copiée par presque tous les auteurs qui depuis ont parlé des mœurs de cet insecte. Réaumur est le premier qui ait distingué le mâle, petit moucheron n'ayant

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1 «Le mot de Tholca, dit Walckenaer [loc. cit.), est employé dans la Bible non seulement pour désigner un ver, un insecte ou larve d'insecte en général, mais également un insecte particulier qui mangeait la vigne et aussi un grand arbre. Au mot Tholea était souvent joint le mot Dibaphi, pour désiguer la Cochenille du chêne, que les Arabes ont nommée Kermès et qui, traitée par le vinaigre, donne une belle couleur rouge. La Cochenille de la vigne ne produit pas cette couleur, mais la ressemblance de ces insectes a du les faire confondre, et l'épithète Dibaphi, adjointe à Tholea, employée pour désigner le Kermès, indiquait suffisamment de quelle nature était l'insecte désigné par ce mot et qui causait de si grands ravages aux vignes et à certains arbres. »

que deux ailes et que certains auteurs modernes ont pris pour un parasite de la Cochenille.

Illiger (1798) créa pour les Coccuseu forme de carapace de tortue ou de bateau renversé et pondant au-dessous d'eux, le genre Lecanium, nom sous lequel plusieurs livres récents désignent encore notre insecte. En 1827 et 1829, Costa, dans plusieurs Mémoires importants publiés sur les Coccus, travaux qui ne manquent pourtant pas d'une certaine valeur, attaqua vivement les écrits de Réaumur, «qui, dit-il, a pris pour le mâle des Cochenilles ce qui n'est qu'un parasite de l'ordre des Diptères ». Cette thèse étrange, rééditée d'un autre âge, qui prouvait que l'auteur italien avait mal vu et n'avait pas su apprécier la rigoureuse méthode d'observation de Réaumur, a été soutenue par lui avec une telle assurance que plusieurs entomologistes distingués de l'époque, entre autres Audinet-Serville, en ont été ébranlés. Toutes les récentes observations, est-il besoin de le dire? ont donné raison à Réaumur, et nous ne pouvons ici que renvoyer le lecteur au chapitre Ier du tome IV de ses Mémoires, aux pages, si pleines à la fois de science, de sagacité et de bonhomie, écrites sur les Gallinsectes par notre grand naturaliste.

Le nom de Pulvinaria (du latin pulvinar, coussin), a été créé, en 1867, par M. Targioni-Tozzetti, l'une des autorités scientifiques actuelles en fait de Coccidcs. L'auteur italien a fait cette coupe générique pour les espèces de Lecanides qui reposent sur un coussin de matière cireuse blanche, ne sont fixées au végétal que par la partie antérieure, et à un moment donné sont soulevées postérieurement par l'abondance de leur ponte. Le cas est remarquable dans l'espèce qui nous occupe (PI. IV, fig.7). Ce nom de Pulvinaria est encore discuté.

« Les caractères indiqués, dit M. Signoret, pour distinguer ces insectes des Lecanium vrais, sont peu importants et varient dans les mômes types.» M. Comstock dit de son côté: « Le genre Pulvinaria est mal défini, is not ivell dcfined ». Mais devant l'autorité incontestée de M. Targioni et avec la plupart des entomologistes modernes, y compris môme ceux que nous venons de citer, nous adoptons cette dénomination. Nous sommes en effet convaincu que lorsqu'un groupe est considérable, comme c'est le cas des Lecanium, une nouvelle coupe générique, môme mal délimitée, doit être adoptée pour faciliter le groupement des espèces.

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