VIII INTRODUCTION
broyeur, le Criquet par exemple, se composent dune lèvre supérieure, d'une lèvre inférieure, d'une paire de mandibules appelées vulgairement pinces, placées latéralement au-dessous de la lèvre supérieure, et d'une paire de mâchoires situées au-dessous des mandibules. Celles-ci sont destinées à saisir, à couper la feuille ; les mâchoires, à la mâcher et à la pousser dans l'œsophage.
La position latérale des mandibules et des mâchoires indique que leurs mouvements s'exécutent horizontalement et non verticalement, comme chez les animaux supérieurs. Cette bouche, que nous appellerons normale, se modifie profondément chez les insectes appelés à lécher ou à sucer. La bouche d'un insecte suceur, le Phylloxéra par exemple, nous servira de type pour montrer une de ces adaptations particulières qui permettent cependant de retrouver toutes les parties constitutives delà bouche normale.
Chez le Phylloxéra, comme chez tous les Hémiptères, du reste, la lèvre supérieure est atrophiée, la lèvre inférieure est au contraire longue et transformée en gaîne articulée, pouvant s'allonger ou se raccourcir comme une lunette d'approche. Cette gaîne sert d'étui protecteur à quatre stylets solides, dont deux sont soudés ensemble, entre lesquels se trouve l'ouverture buccale ; ils constituent l'appareil perforant et ne sont que les mandibules et les mâchoires modifiées.
Fidèle à notre habitude, qui est de procéder du simple au composé, nous avons mis en première ligne sur notre tableau les Diptères, considérés comme insectes inférieurs, et nous terminons par les Hyménoptères, qui peuvent être appelés insectes supérieurs.
Les insectes, avons-nous dit, subissent des métamorphoses ; on nomme ainsi des changements de formes qui d'un œuf font une larve (chenille), d'une larve une nymphe (chrysalide), d'une nymphe un insecte parfait, apte à se reproduire. Tous les insectes passent par ces quatre états; mais il y a parfois simplification. Dans ce cas, l'animal sort de l'œuf avec sa forme définitive ou à peu près ; les métamorphoses se réduisent à de simples mues et le passage d'une forme à l'autre est peu sensible (blattes, sauterelles, punaises, etc.) Parfois, au contraire, le phénomène se complique. Certains Insectes passent par plusieurs formes larvaires, dans le détail desquelles nous n'avons pas à entrer ici (Insectes vésicants) ; ou bien encore, pendant la série des générations, divers états parfaits apparaissent. Les uns, appelés formes agames, se multiplient