CHAPITRE VIL LE PUCERON VRAI DE LA VIGNE
(Âphis vitis Scopoli.)
Bien que l'importance de cet insecte soit nulle dans les cultures d'Europe, où il ne se rencontre qu'accidentellement et fait à peine recoquiller quelques feuilles, nous devons en parler comme d'une espèce exclusivement ampélophage.
Elle a été signalée dès le siècle dernier. Scopoli, l'auteur de ÏEntomologia Carniolica, parue en 1763, l'a décrite le premier et l'a citée comme attaquant les vignes en Autriche.
Depuis, plusieurs naturalistes l'ont mentionnée : Fabricius, en 1775, en parle en ces termes : habitat in vine vinifera; Gmelin, naturaliste russe qui a publié en 1788 la treizième et dernière édition du Systema na tune de Linné, la cite également, et cet auteur passe même, à tort, pour le créateur de l'espèce.
Depuis cette époque, on semblait ne plus avoir retrouvé l'insecte. Dunal ne le cite que d'après Gmelin, Vallot d'après Scopoli, ainsi que Kaltenbacb, qui l'a vainement cherché dans la vallée du Rbin. Dans sa Flora degli afiili, le professeur Passerini (de Païenne) dit de son côté ne l'avoir jamais vu.
En 1882, Licbtenstein l'a rencontré, par hasard, aux environs de Montpellier, au domaine de Viviers cbez M. Pagezy, et il vint nous le montrer comme une rare et intéressante trouvaille. Une Note fut envoyée à l'Académie des Sciences (1882, pag. 1500) . Avec les quelques lignes de description reproduites, d'après Scopoli, par Vallot (Les ennemis de La vigne, pag. 311), ce sont les seuls travaux français où il soit fait mention de cet insecte. Il parait rare en deuors de la région oh il a été découvert (les environs de Trieste); il se trouve cependant çà et là et jusqu'en Amérique. Asa Fitcb le mentionne en effet dans une de ses Notes sur les Insectes de la vigneaux Étals-Unis, publiées de 1854 à \8ô9(Annual Report ofagricultural Societxj of New-York, 1859), et dont un extrait a été donné par
M. le DrSignoret [Ann. Soc. entomol. de France, 1869, pag. 555). Seraitce encore une espèce américaine introduite en Europe ? Licbtenstein le pensait, l'ayant trouvée sur le Jacquez. L'introduction daterait alors du siècle dernier !