DESCRIPTION ET BIOLOGIE
N'ayant à ma disposition ni YEntomologia Comiolica ni la Note d'Asa Fitch, n'ayant fait que voir l'insecte en 1882, je ne puis qu'en donner une brève description d'après Licbtenstein et Vallot.
L'Aphis vitis est un puceron vr^i, c'est-à-dire un Aphide ayant les ailes inclinées en forme de toit et portant en dessus, à l'extrémité de l'abdomen, deux cornicules ou petits tubes servant d'écoulement à un liquide sucré sécrété par deux glandes appelées nectaires. La couleur du corps est vert foncé; les yeux, la queue et les cornicules sont noirs, celles-ci presque aussi longues que la queue. La forme larvaire est ovale, légèrement velue, et a également les yeux bruns.
D'après Scopoli, ce puceron se tient sous les feuilles de la vigne dans l'Europe méridionale. Licbtenstein l'a trouvé à plusieurs reprises, sur les vrilles d'abord, puis sous les feuilles d'un Jacquez, ensuite sur l'Aramon ; sa présence lui a toujours été révélée par les allées et venues de nombreuses fourmis. Ces Hyménoptères, on le sait, sont très friands du liquide sécrété par les nectaires des pucerons.
FAMILLE DES CICADELLIDES.
Ces insectes, appelés en français Cicadelles ou petites cigales, sont des Hémiptères Homoptères ressemblant beaucoup aux Cigales par la forme, les ailes en toit, les tarses à trois articles, etc., mais plus petits, ne produisant pas de bruit et n'ayant pas les élytres transparentes. Celles-ci ont généralement les mêmes teintes que le corps, qui est vert, jaune, rouge, parfois aussi gris et môme noir suivant les espèces. Les pieds postérieurs sont organisés pour le saut, et l'insecte est difficile à saisir autrement que par un procédé bien connu des entomologistes, le procédé du doigt mouillé. Le vol est prompt, rapide, et généralement succède au saut. Les antennes, de trois articles, sont terminées par une soie très fine; le bec naît tout à fait à la partie inférieure de la tête.
L'état larvaire ressemble à la forme parfaite; ce n'est guère que par l'absence d'ailes qu'il s'en distingue, et c'est là encore un caractère qui sépare ces insectes des Cigales vraies, aux larves souterraines si différentes de l'insecte ailé.
Plusieurs Cicadelles paraissent causer des dommages sensibles à la vigne, non pas en France où le cas est l'exception, mais à l'étranger. Riley mentionne comme telles aux États-Unis plusieurs espèces, et surtout ÏErythroneura vitis, qui, se multipliant en masse certaines années, arrive à faire dessécher un grand nombre de feuilles et à nuire beaucoup à la plante. Les dégâts en France ne sont jamais considérables; mais il n'en n'est pas de même, paraît-il, en Algérie et surtout en Tunisie. On a signalé dans l'ancien Monde un certain nombre de Cicadelles comme ampélophages ; il y a eu sans doute des confusions, car le nombre de celles qui se trouvent sûrement sur la vigne se réduit à trois :
Typfilocyba flavescens Fabricius ;
— viticola Targioni ; Penthimia atra Fabricius.
A part ces trois espèces, on a cité souvent comme ampélophages deux Cicadelles qui ne se rencontrent pas sur la vigne, à notre connaissance: le Typhlocyba [Chlorita) viridula Fallermann et le Typhlocyba [Kybos] smaragdula Fallermann ou Typhlocyba viridipes Curtis. Le T. viridula vit sur les graminées de nos prairies et le T. smaragdula sur le saule.
Il faut être spécialiste pour ne pas confondre entre elles ces petites Cicadelles vertes, identiques au premier abord. Toutes celles qui nous sont venues de divers côtés ont été soumises à M. Puton , toutes, sauf le Typhlocyba viticola de M. Targioni, que nous n'avons pas vu. Mais en disant que l'auteur italien est, lui aussi, une autorité en Hémiptères, nous validons par le fait cette espèce.