‹ Les insectes de la vigneChapitre 45 sur 187 · I. — Typhlocyba flavescens Fabricius · texte numérisé non relu

I. — Typhlocyba flavescens Fabricius

Synonymie. — Chlorita flavescens Fabricius (Catal. Puton) ; Chlorita vitis Gothe, 1875.

Cette petite Cicadellc verte fait partie, d'après M. Targioni, de la tribu des Typhlocy bides, du genre Typhlocyba, et, dans ce genre, de la coupe ou série des Ncurososli, c'est-à-dire des Typhlocyba ayant une nervure courant

parallèlement au bord extérieur des élytres, nervures sur laquelle se rencontrent les nervures longitudinales, formant ainsi des cellules apicales fermées.

D'après M. Puton, dont nous avons jusqu'à présent suivi la nomenclature, cette coupe correspond au genre Chlorita de Fieber et notre insecte devrait être appelé Chlorita flavescens; mais le nom de Typhlocy ba, adopté par M. Targioni, est celui sous lequel les petites Cicadelles vertes de la vigne ont été jusqu'à présent désignées en viticulture. Avec M. Targioni, nous faisons donc sur ce point infidélité au Catalogue Puton, et nous nommons notre Cicadelle Typhlocyba flavescens.

A part les caractères génériques susnommés, on reconnaîtra le T. flavescens aux caractères suivants : Corps très allongé, 2mm,50 à 3mm,50 de long sur 0""",75 environ de large, d'un vert clair ou jaunâtre luisant, les yeux noirs, les élytres parfois striées de bandes claires, les pattes de même couleur, parfois d'un vert bleuâtre avec les ongles noirs.

L'insecte parfait, autrement dit ailé, ne paraît guère que fin juin. Jusquelà, on ne trouve sur les vignes que des individus Aptères (larves) et d'autres ayant des moignons d'ailes (nymphes).

Cette espèce est abondante dans toule l'Europe tempérée et sur la côte barbaresque, sur le poirier, le tilleul et la vigne. M. le Dr Populus (Gâtai. des Hémiptères de l'Yonne) la dit commune sur la pomme de terre et le sapin, M. Von Heyden sur le pin; elle est donc très répandue. Lichtenstein et Signoret, maintes fois consultés à son sujet par les viticulteurs, l'avaient à tort rapportée au Typhlocyba viridipcs de Curtis 1 , le Kybos smaragdulus du Catalogue Puton, insecte de taille double et vivant spécialement sur le saule. De là l'erreur commise par la plupart de ceux qui en ont parlé, entre autres M. Gastine, délégué officiel pour l'étude du Phylloxéra en Tunisie. Il le nomme ainsi dans son dernier Rapport (Bulletin du Ministère de V Agriculture, 1887), et parle de ravages sérieux exercés par cet insecte dans diverses localités de la Régence, entre autres à PEnfida. Étant personnellement en relations avec le directeur du célèbre domaine, M. Manjiavaccbi, nous n'avons pas eu de peine à nous procurer le ravageur, qui nous a été obligeamment envoyé courrier par courrier. Les Cicadelles de l'Enfida, comme celles que nous avons reçues de Sélif et de Blidah, comme celles de Montpellier, soumises à M. Puton, se sont trouvées être des Typhlocyba flavescens ; les individus provenant de Barbarie semblent être toutefois un peu plus petits.

En Tunisie, d'après le Rapport de M. Gastine, «certaines souches ont

1 Bush et Meissner; Calai, illustré et descr. des Vignes améric, pag. 51,

un aspect très fâcheux : les feuilles piquées au revers par ce petit insecte subissent des déformations considérables, elles sont boursoullées, roulées, sans perdre cependant leur couleur verte, et ces altérations occasionnent un véritable état de souffrance pour la plante, dont le développement s'arrête». Le Directeur de l'Enfida nous a confirmé ces détails, et des renseignements analogues nous sont venus de M. Chapelle, stagiaire agricole àSchuiggui, propriété de M. Leroy-Beaulieu, dans la vallée de Medjerdab. En France, et on peut dire en Europe, les dégâts sont insignifiants.

Comme moyen de destruction contre les Cicadcllcs, beaucoup plus dangereuses en Amérique que chez nous, M. Riley parle du pulvérisateur avec des dissolutions de tabac ou de savon noir. Nous considérons ces moyens comme impraticables en grande culture. Nous serions plutôt d'avis d'employer l'entonnoir à Attises terminé par un sac (fig. 37), en faisant, comme pour ces petits Coléoptères sauteurs, dont nous parlerons avec détails, l'opération le matin, avant que

l'ennemi ait été réchauffé par le soleil. Fl9- 37.— Entonnoir a

r Attises.

Après avoir fait pénétrer le pied de la souche

dans l'échancrure de l'entonnoir, on frappe les bras de la vigne avec un

bâton, et les insectes tombent dans le sac qui termine l'entonnoir.

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