‹ Les insectes de la vigneChapitre 61 sur 187 · III.— MOYENS DE DESTRUCTION · texte numérisé non relu

III.— MOYENS DE DESTRUCTION

Cet insecte, intéressant en ce qu'il est spécialement ampélopbage, n'a pas jusqu'à présent causé de grands dommages. Ce n'est pas toute la feuille, en effet, qui est compromise, et les fonctions de celle-ci ne sont pas gravement entravées. L'espèce semble toutefois se répandre de plus en plus. Après avoir été au début signalée à Malte, en Sicile, à Corfou, M. Targioni la mentionne de Venise, de Pavie, d'Ancône, de Pesaro, d'Urbino et d'Ascoli Piceuo. Il est possible aussi qu'on observe avec plus de soin aujourd'hui qu'autrefois !

Si le parasite menaçait de se multiplier outre mesure, on pourrait, soit enlever les feuilles atteintes, soit au moyen d'une forte épingle extraire la petite clienillede sa galerie sinueuse, toujours très apparente sur la feuille. Ce travail minutieux, mais en somme exécutable, devra être opéré au printemps, afin que la génération d'automne, toujours plus considérable, ne puisse pas se produire.

[Tortrix Pilleriana Schiffermuller, 177G.) (Avec une planche en chromolithographie.)

Synonymie. — Pxjrale de la vigne Bosc (1786) ; Phalène de la vigne Roberjot (1787); Pyralis vitina Fabricius (1794); Pyralis Pilleriana Fabiïcius (1794) ; Tortrix luteolana Hubner (1796); Chape de la vigne et Pyrale de Florensac Faure Biguet et Sionest (1802) ; Pyralis vitis Latreille (1805); Tortrix Danticana Walckenaër (1835); Pyralis vitana Audouin (1842) ; Œnophlira Pilleriana Duponcbel (1844) ; OEnectra Pilleriana Guénée (1845).

Dans les divers départements, la Pyrale est connue des vignerons sous le nom de Ver de la vigne (Rbône et Saône-et-Loire), Ver à tête noire

1 Bibliographie.— Schiffermuller et Denis ; Catalogue systématique des ■papillons de Vienne, 1776. — Bosc d'Antic ; Mémoire pour servir à l'histoire de la Chenille qui a ravagé les vignes d'Ârgenteail en 1786 (Mémoires de la Soc. royale d'Agr. de Paris). — Roberjot; Mémoire sur un moyen de détruire les Chenilles qui ravagent la vigne (Mémoires de la Soc. royale d'Agr. de Paris, 1787). — Faure Biguet et Sionest ; Mémoire sur quelques Insectes nuisibles à la vigne (Soc. d'Agr. de Lyon, 1809). — Bertrand d'Ace tis ; Mémoire sur la Pyrale de la vigne (Soc. d'Agr. de Lyon, 1810).— Artaud de la Ferriére ; Mémoire sur la Pyrale de la vigne (Soc. d'Agr. de Lyon, 1811). — Bosc ; Notice sur la Pyrale et autres Insectes qui nuisent aux vignobles (Ann. de l'Agr. de France, 1813).— Foudras ; Rapport sur un Concours ouvert sur la destruction de la Pyrale (Mémoires de la Soc. d'Agr. de Lyon, 1825). — Alexis Forel ; Mémoire sur h Ver destructeur de la vigne (Feuille du canton de Vaud, février 1825). — Juric ; Rapport siir les moyens de répression de la Pyrale de la vigne (Soc. d'Agr. de Lyon, 1833). — "Walckenaër; Recherches sur les Insectes nuisibles à la vigne (Ann. Soc. entom. de France, 1835-1836). — Audouin ; Diverses Notes publiées dans les Comptes rendus de l'Acad. des Sciences, les Annales de la Soc. d'Agr. de Lyon, les Ann. des Sciences nal. et le Bull, d' Œnologie de France, années 1837 et 1838. — Sauzey ; Instructions pour la destruction du ver de la vigne. Lyon, 1837. — Duméril ; Rapport sur les dégâts de la Pyrale dans les vignobles d'Argcnicuil (Comptes rendus de l'Acad. des Sciences, 1837). — Dunal ; Des Insectes qui attaquent la vigne (BulJ. Soc.

(Côle-d'Or), Ver de l'été (Marne), Conque (Pyrénées-Orientales), Babote (Hérault).

Comme on le voit, la synonymie de ce Lépidoptère est embrouillée.

Le point de départ de Ja confusion date de Fabricius. Non content de rejeter sans raison le nom générique de Tortrix et d'adopter celui de Pyralis, l'entomologiste danois a donné de l'espèce deux descriptions sous deux noms différents. Audouin, qui a consacrée l'insecte qui nous occupe un beau et important travail classique, a adopté le nom de Pyralis. « Ce nom, dit-il page 22, est déjà reçu en France»; mais il convient, page 21, qu'il vaudrait mieux dire Tortrix, « l'insecte ayant beaucoup plus les caractères des Tortrix que des Pyralis ».

d'Agr. de l'Hérault, 1831 à 1838). — Desvignos ; Manuel pour la cueillette des pontes de In Pyrale, 1838. — Recappé ; Conseils aux cultivateurs d'Argenteuil sur les moyens de détruire la Pyrale, 1838. — Dr Companyo ; Notice sur les Insectes qui ravagent les vignes des Pyrén. -Orient. Perpignan, 1838. — Vallot ; Mémoire pour servir à l'histoire des Insectes ennemis de la vigne (Mémoires de l'Acad. de Dijon, 1841 ; Ann. Soc. Agr. de Lyon, 1841 ; Revue et Magasin de Zool., 1840). — Guérin-Meneville ; Notice sur les Py raies (Extrait du Dictionn. pittoresque d'Hist. nal., 1839). — Bourgeois; Elude sur la Pyrale (Soc. d'Agr. de Lyon, 1841). — Bugnon ; Sur quelques Insectes qui nuisent à la vigne (Neue Denkschrift Allgem. Schweiz. Geselsch., 1841). — Audouin ; Histoire des Insectes nuisibles à la vi~ne et en particulier de la Pyrale de la vigne (Paris, Fortin Masson et Cie, 1842). — Sauzey ; Rapport sur la destruction de la Pyrah (Ann. Soc. d'Agr de Lyon, 1842). — Westwood ; The Pyralis of (he Vine (Gardeners-Chronicle, avec fig., 1847). — Kollar ; Neue Beobaehtung iïber Tortrix viiisana ein dem Weinstoche, in OEsterreich sehr schœd'dche Inseckle (Verhanrïl. Zool. Bot. Verein, in Wien, 18521. — De Laharpe ; Rapport à la Société Vaudoisc sur la destruction du Ver de la vigne (Bull. Soc. île Yaud, 1855). — Vautrin de Lamotte ; Réflexions pratiques pour arriver à la destruction de la Pyrale. Épernay, 1858. — Daunassans ; De la Pyrale et des moyens de la combattre (Journal de l'Aigle. Toulouse, avril 1850). — Vramant ; De la Pyrale et des moyens sûrs et faciles de la détruire. Épernay, 1300. — Paris; Note sur la Pyrale yliuW. Suc. eut. de France, 1862, pag. 19). — De Peyerimhoff ; Le Ver de la vigne (Bull. Soc. d'Hist. nat. de Colmar, 1869. — Nordlinger ; Die klrincn Feinde der kandwirllischafl . Stuttgart, 1 869.— Kaltenbach ; Die Pflanzenfeinde aus der Masse der Insekten, 1872. — Ladrey; La Pyrale de la vigne. Dijon, 1870. — Montoy ; Échaudage de. la vigne et des cchalas (Bull du Comice agr. de Beaune). — Heuzé ; La Pyrale et l'œuf d'hiver du Phylloxéra (La Vigne française, 1880) — André ; Les Parasites et tes Maladies de la vigne. Beaune, 1882. — Jaussan ; De 'a Pyrale et des moyens de la combattre. Béziers, 1882.

Voulant rester sur un terrain à la fois scientifique et pratique, nous conservons le nom français de Pyralc et adoptons comme nom latin, non pas relui (ÏQEnophtira Pilleriana de Duponcbel, admis par plusieurs livres récents, mais celui de Tortrix Pilleriana des premiers descripteurs.

Le nom de Tortrix, en français Tordeuse, a été donné par Linné à un groupe de petits Lépidoptères nocturnes plus grands que les Teignes, aux ailes en forme de toit, n'ayant, dans la position du vol, jamais moins de 7 millim. et jamais plus de 27 millim. d'envergure1. Les antennes sont en forme de fil ou de soie, jamais pectinées comme chez les Pyralis, et au repos toujours couchées sur le dos. Les palpes sort droits, jamais redressés à l'extrémité, comme chez les Teignes et les Py raies. Les ailes inférieures sont toujours dépourvues de dessins, tandis que chez les Pyrales elles sont souvent ornées de lignes ou de taches concordant avec celles des ailes supérieures.

On voit, par cette courte description du groupe, que l'insecte qui nous occupe doit bien être rangé parmi les Tortrix.

Avant l'introduction en Europe du Phylloxéra, aucun insecte n'avait fait parler de lui autant que la Pyrale. Connue peut-être dès l'antiquité, en tout cas depuis le xvi° siècle, elle n'avait cessé d'être considérée comme Pampélophage le plus dangereux. À certaines époques, surtout de 1830 à 1840, ses ravages ont été si considérables que l'existence même de la vigne a été mise en question. Dans certains vignobles, tels que le Beaujolais et les Cbarentes, on ne parlait rien moins que de l'arracher.

C'est à ce moment qu'Audouin, membre de l'Institut, professeur au Muséum d'bistoire naturelle, fut chargé par le Gouvernement français d'aller étudier sur place l'étendue du mal, et c'est après de nombreuses observations et plusieurs voyages exécutés de 1837 à 1840 qu'a été publié le grand ouvrage que nous avons appelé une œuvre classique. Tous ceux qui ont écrit sur la Pyrale, depuis 1842, ont puisé largement dans ce gros volume, et, tout en ayant observé nous-même l'insecte sous ses différentes formes, nous ne pouvons mieux faire que d'imiter nos devanciers. En ce qui concerne spécialement la Pyralc, un bon résumé de l'œuvre a été publié, en 1860, par M. Brullé, professeur à la Faculté des Sciences de Dijon, ancien aide-naturaliste d'Audouin [La Bourgogne, Revue œnologique et viticole, par Ladrey, professeur de cbimie à la Faculté des Sciences de Dijon), et c'est surtout à ce dernier travail que nous ferons des emprunts.

1 De Peyerimoff ; Étude sur les Tordeuses (Ann. Soc. entom. de Fr., 1876).

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