‹ Les insectes de la vigneChapitre 74 sur 187 · I. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE · texte numérisé non relu

I. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE

En avril et mai, on voit le petit papillon voltiger et se reposer sur les branches de la vigne. Les œufs sont déposés à la base des bourgeons. Les petites chenilles qui en sortent, les chenilles de printemps, rongent l'intérieur de ces bourgeons et, quand la fleur commence, s'établissent dans les grappes, relient les grains entre eux avec des fils et dévorent les diverses parties de la fleur. Il en résulte que celle-ci avorte.

Vers le milieu de juin, la chenille a acquis tout son développement. Elle a alors 8 à 10 millim. de longueur, sa couleur générale est d'un vert sale; la tête et l'anneau prothoracique sont d'un brun jaunâtre, tous les autres anneaux présentent des plaques piligères bordées de blanc ; les pattes écailleuses sont noirâtres et les pattes membraneuses brunâtres.

La chrysalide de couleur brune est courte et obtuse comme celle de la Cochylis ambiguella et offre également des épines sur les anneaux de l'abdomen. La transformation en chrysalide a lieu fin juin, dit Kollar. et se fait dans une feuille roulée.

Riley décrit ainsi cette métamorphose: « La chenille découpe proprement dans la feuille une pièce ovale dont un côté laissé adhérent sert de charnière ; elle replie la pièce sur la feuille, en assujettit le bord libre au moyen de fils et se forme ainsi une bonne petite maison dans laquelle elle se transforme en chrysalide ». Environ dix jours après, cette nymphe sort à moitié du cocon au moyen des mouvements de son abdomen, dont les segments armés d'épines permettent à l'insecte d'avancer, et le petit papillon éclos le matin prend son essor pour s'accoupler et pondre des œufs. Ceux-ci donnent bientôt naissance à la chenille d'été, qui attaque le grain lui-même. « Les grains attaqués, dit Riley, commencent à montrer un point décoloré là où la chenille est entrée. Eu ouvrant le grain, on en trouve, l'habitant à l'extrémité d'un canal sinueux. Il contiuue à se nourrir de la pulpe, et, arrivant aux pépins, il en mange généralement l'intérieur. Dès qu'on touche le raisin, la chenille en sort et, se suspendant au fil de soie qui s'allonge de sa filière, se laisse couler sur le sol ». Pour se chrysalider, la chenille d'automne se retire sous les écorces de la vigne, où elle passera l'hiver.

Le papillon a 8 millim. de longueur et 12 à 13 d'envergure. Les ailes antérieures sont gris de perle marbré de jaune roussâtre et présentent deux bandes légèrement obliques d'un gris brunâtre. La première est placée un peu avant le milieu de l'aile et la seconde un peu au delà. Ces deux bande

sont irrégulières et plus ou moins tachées de brun foncé. Le sommet des ailes est d'un jaune roussâtre pâle, si l'on en excepte l'angle supérieur, qui effre une petite tache blanche circonscrite par une autre d'un brun foncé ; la frange est de la même couleur que le sommet des ailes. Les ailes postérieures, triangulaires, sont d'un gris pâle, leur frange plus claire. La tête, les antennes, le thorax et les pattes sont d'un roux grisâtre ; mais le thorax offre des écailles brunes qui le font paraître nuancé. \j abdomen est entièrement d'un gris jaunâtre pâle.

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