II. — MOYENS DE DESTRUCTION
\jEudemis botrana devra être combattue de la même façon que la Cochylis, par l'écorçàge en hiver, l'écheuillage des grappes fleuries au printemps et la section de l'extrémité des grappes en automne; mais on rencontrera une difficulté de plus. Nous avons dit en effet que c'était surtout les espaliers qui étaient attaqués. On devra établir autant que possible ces vigues à grand développement contre des murs recrépis, offrant en un mot le moins d'anfractuosités possible. Mieux encore que contre les Cochylis, leau bouillante de la chaudière à Py raies devra être efficace. L'écorçàge opéré, le jet sera dirigé non seulement sur le tronc du cep et l'enfourchurc des bras, mais sur les supports, les liens d'osier et même les quelques iinfractuosités de la muraille. L'opération pratiquée fin novembre atteindra la chenille non encore transformée en chrysalide, hien plus sensihle par conséquent à l'action de l'eau bouillante .
[Ephestia gnidiella Millière )
Ce petit Lépidoptère, décrit il y a une vingtaine d'années par Millière de Cannes comme vivant sur le Daphne gnidium, a été depuis signalé sur la vicne aux environs de Nice et en Italie.
1 Bibliographie. — Guénée; Europeorum Microlepidoplcrorum index methoiUlus. Paris, Roiel, 1845.— Millière; Iconographie et description des Chenilles (Aan. Sec. Linucenne de Lyon, 1867). — Constant; Chenilles nouvelles ou peu connues (Aan. Soc. ent. de France, 1883, pag. 11). — Professeur Penzig :
Il appartient au groupe îles Pyrales vraies (les Pyrales de Linné , c'està-dire des Microlépidoptères qui ont les antennes filiformes, souvent pcitinées chez le mâle, les pulpes maxillaires distincts, de trois articles, les palpes labiaux grands et dirigés en avant, les ailes au repos étendues sur le plan, divergentes en arriére, les pattes longues, les postérieures dépassant les ailes et armées d'éperons.
Les caractères spécifiques de l'espèce sont les suivants : Longueur du corps 5 à 6 millim. non compris les ailes. Celles-ci fermées atteignent 7 millim. et étendues environ 15, d'une pointe à l'autre. Le corps est allongé, la tête, le thorax et Y abdomen d'un gris métallique, les antennes plus longues que la moitié des ailes, sétacées, grises, couvertes de poils avec le 2e article très développé dans les deux sexes, le 3e petit, le 4e prolongé extérieurement chez le mâle en une pointe styliforme, un peu divergente et recourbée à l'extrémité, appliquée le long de l'antenne et atteignant la base du 8e article. Les ailes antérieures planes, étendues longitndinalement, forment un triangle étroit et allongé. Elles sont légèrement renflées latéralement et en avant avec le bord postérieur frangé et l'angle postéro-interne très arrondi, d'un gris obscur, brillant en dessus, avec deux bandée transversales blancbâtres, Tune basilaire, placée entre le tiers et la moitié de la longueur de l'aile, recourbée en arrière dans su partie externe; l'autre à la partie postérieure également, recourbée, à convexité postéro-externe, légèrement sinueuse. La partie de l'aile avoisinant ces deux bandes est plus obscure. Elles sont d'ailleurs séparées de la région intermédiaire par une tache grisâtre plus claire entre laquelle et la bande basilaire reste un intervalle brun triangulaire ayant sa base sur le bord externe de l'aile. Lu frange marginale est d'un gris luisant. Les ailes postérieures sont larges, couleur grisâtre clair, luisantes, avec 12 nervures faciles à compter à l'extrémité, mais plus ou moins soudées entre elles et confondues à la base. Le bord antérieur et le sommet sont bruns, ainsi que les franges qui garnissent ce sommet et le bord interne, ces franges plus claires à lu buse. Pattes antérieures avec une petite pointe au milieu du tibia, pattes intermédiaires et postérieures avec deux éperons au sommet du tibia, les tarses de 5 articles décroissant de grandeur du" premier uu dernier*.
Un nuovo flagella degli agrumi (Italia agricola, Milan, 1883).— Targioni- Tozzetti; Relazione délia H. stazione di Entomologia di Firenze, 1884.— Peragallo ; Éludes sur les Insectes nuisibles à l'Agric, pag. 131 . Nice, 1885. 1 En Italie, M. le professeur Giovanni Biïosi, directeur de la Station agricole de Païenne, a publié un travail, avec planche (1876), sur un autre Lépidoptère, voisin de notre Éphestia gnidiella, qu'il a ilécrit sous le nom de Albinia Woc-
La chenille, longue de 10 à 12 millim., a le corps atténué des deux bouts, de couleur brun sale en dessus, d'un grisâtre couleur de chair à la face sternale ; sur la partie dorsale, une bande d'un brun plus sombre ; sur les flancs, une bande sligmatique large et noire, quelques poils espacés et assez raides partant de petits espaces arrondis et lisses comme chez les chenilles de la Pyrale et de la Cochylis.
La chrysalide est enfermée dans un cocon sous les écorces, dans les feuiHes sèches ou dans les fissures des échalas.
Cet insecte est extrêmement polyphage. M. Peragallo (de Nice) la cite comme attaquant spécialement les fleurs d'orangers et de citronniers. M. Constant (de Golfe Juan, près Antibes) le considère au contraire comme plus nuisible à la vigne. «Depuis que Millière, dit-il, l'a décrite comme vivant sur le Daphne gnidium, on l'a signalé sur le Tamarix, le Chœnomoles Japonica, le citronnier, l'oranger, la sn\ic-dive ( Lythrum salicaria); mais sa nourriture de prédilection semble être le raisin. C'est en effet sur ce fruit que je la trouve en plus grande abondance de juillet à septembre, dans mon jardin, et j'évalue au moins à 10 % de la récolte le dégât qu'il cause parfois. La chenille circule entre les grains déjà gros, les réunissant par des fils pour s'abriter et les rongeant à la périphérie sans pénétrer toutefois à l'intérieur. On la trouve dans une grappe par petits groupes de deux à six individus de différentes tailles, qui paraissent vivre en famille. Ce n'est pas que la consommation qu'elles font soit bien considérable ; mais, comme elles attaquent les grains près de la maturité et qu'à ce point les lésions du fruit ne peuvent se cicatriser, il s'ensuit que tout grain entamé tombe en pourriture et que la contagion s'étend de proche en proche à toute la grappe, surtout si la saison est tant soit peu humide.»
M. Penzig1 dit que sur l'oranger il y a deux générations par an. Il est possible qu'il y en ait davantage sur d'autres végétaux. Ainsi seraient
kiana et qui, d'après lui, exercerait des ravages dans les vignes de la Sicile. Malgré certaines différences entre ces deux insectes, M. le professeur Penzig (Italia agricola, 1882, pag. 229) est d'avis de les considérer comme deux types d'une même espèce, variété de Ligurie et variété de la Sicile. M. Targioni a de son côté étudié la question (Relazionc délia R.stazione di Entom. di Firenze, 1884, pag. 486). Le savant entomologiste de Florence donne parallèlement les caractères distinctifs, et, comme le professeur Penzig, conclut à deux formes d'une même espèce. N'ayant pas sous les yeux l'insecte de M. Briosi, nous n'avens pu comparer nous-même et, nous ralliant jusqu'à nouvel ordre aux idées des deux. naturalistes ci-dessus, nous jugeons inutile de reproduire ici la description, de M. Briosi ainsi que la dissertation assez étendue de M. Targioni. 1 Penzig; Un nuovo flagello degli agrumi (Italia agric. Milan, 6 févr. 1883).
LA PYRALE 1)1" DAPHXE. ?.",!
expliquées les chenilles hibernantes de plusieurs grandeurs trouvées par M. Constant entre les feuilles sèches d'un pêcber, et les chenilles de diverses tailles que l'on trouve sur les raisins en automne.
MOYENS DE DESTRUCTION
Etant donné un pays où le sol est entièrement occupé par la vigne, où celle-ci, comme dans une grande partie de l'Hérault et certaines régions de la Sicile, n'est pas même entourée de baies, où il n'y a pas un pouce de terrain qui ne soit biné plusieurs fois l'an, les traitements conseillés contre les autres ennemis de la grappe sent tout indiqués ici. Mais tel n'est pas malheureusement le cas de la côte ligurienne de l'Italie et des Alpes-Maritimes, où YEpheslia est partout dans le pays, dans les bois, dans les haies, dans les champs et les jardins avoisinant les vignes. «Ce microlépidoptère. dit M. Constant, appartient à cette série d'ennemis agricoles qu'il est inutile de chercher à détruire, attendu qu'une quantité d'autres plantes voisines enverront à la saison suivante de nombreuses phalanges qui remplaceront au centuple lu génération qu'on aura supprimée sur la vigne.» Pour ces pays-là, en dehors de la recherche directe du ravageur sur la grappe, nous devons donc avouer que le remède n'est pas connu et que fort probablement il ne sera jamais trouvé.