‹ Les insectes de la vigneChapitre 86 sur 187 · II. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE · texte numérisé non relu

II. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE

Les derniers jours d'avril ou les premiers de mai, apparaît le papillon, et, aussitôt la femelle fécondée, les œufs sont déposés sur les branches de la vigne par groupes de deux à trente, accolés régulièrement sur un même plan.

Au bout de dix à douze jours, les petites chenilles éclosent et se mettent aussitôt à manger les jeunes bourgeons, passant successivement aux feuilles les plus tendres. Elles les attaquent, non pas sur le bord, mais au milieu du limbe, à la manière des escargots. Pendant le jour, elles se tiennent sur la face inférieure des feuilles, évitant soigneusement les rayons directs du soleil, se cachant même dans les fissures et jusque dans le sol quand la chaleur est trop forte. C'est à l'aurore et au crépuscule que les dégâts se commettent. L'insecte est à l'état de larve adulte au bout d'une trentaine de jours, c'est-à-dire fin mai ou commencement de juin. A ce moment, il se retire dans les crevasses de la souche ou dans celles des échalas et ûo^ arbres sur lesquels la vigne monte, suivant l'usage italien, ou, si la vigne tenue basse est supportée par une simple canne de roseau, c'est dans la cavité de celui-ci qu'il se réfugie. Là, il se sépare de l'air extérieur par une cloison de soie grossière, se file un cocon soyeux, plus finement tissé et, reste quelque temps encore sous forme de larve. Enfin a lieu la métamorphose en chrysalide, et cet état dure de douze à quinze jours, après lesquels, dans la seconde moitié du mois de juin , apparaît le nouveau papillon .

Les œufs sont pondus de la même façon qu'au printemps ; la chenille fait une nouvelle consommation de feuilles de vigne et construit un cocon pour s'y chrysalider. Des premiers cocons filés sortent, fin août ou premiers jours de septembre, quelques papillons généralement inféconds et que l'hiver tuera. Le reste, plus tardif, passe à l'état de chrysalide l'automne et l'hiver, pour apparaître au printemps et recommencer la propagation de l'espèce.

Œufs. — Ils sont presque sphériques, d'un diamètre d'environ i dixièmes de millim., d'une couleur blanchâtre tirant sur le jaune paille, a cuticule lisse et transparente.

Chenille. — Le corps est relativement court et gros, 12 millim. de long sur 3 de large a 1 âge adulte. Quand la chenille est jeune, la couleur générale est le gris jaunâtre avec trois bandes longitudinales sur le dos et une autre sur chacun des flancs. Ces bandes sont formées par des séries de taches allongées de couleur sombre, placées sur chaque anneau, le ventre

de couleur plus claire. Quand la chenille est adulte, dit Millière, le dos et les flancs sont d'un brun rougeâtre et le ventre jaune de Naples; la tête, très petite, est noire ; les 6 pattes écailleuses et les 10 fausses pattes sont jaune clair. Le corps est recouvert en dessus de gros points pilifères bleuâtres donnant naissance à de nombreux poils bruns médiocrement longs. La face ventrale est toujours plus claire et dénuée de poils.

Chrysalide. — L'insecte, sous cette forme, estd'unjaunegrisâtre. Il est enfermé dans un cocon de soie assez lâche, de couleur blanc cendré un peu bleuâtre, long de 12 à 13 miliim.

Le papillon (fig. 52), long de 12 miliim. environ les ailes fermées, en a 22 à 25 d'envergure. Les ailes antérieures sont d'un brun verdâtre ou bleuâtre uniforme, légèrement bronzé, les postérieures entièrement d'un brun noirâtre. Le corps est d'un vert brillant avec des poils noirs. Les antennes, presque aussi longues que le corps, sont largement pectinées chez le mâle, plus

1, brièvement chez la femelle.

Ce papillon, d'une grande vivacité, présente, d'après Millière, ainsi que toutes les Zygènes,

Fig. 52. Zygène de la cette particularité inexplicable de résister indévigne.

uniment dans le flacon à cyanure de potassium

dont se servent les entomologistes, milieu où succombent presque instantanément la plupart des Lépidoptères. Cette espèce se trouve dans une grande partie de l'Europe méridionale. Décrite d'abord en Italie, elle a été signalée en France dans les Alpes-Maritimes par Millière, e.n Hongrie par M. Horvath, en Autriche par M. Bollé, en Espagne par M. Graëlls. L'Italie parait toutefois sa patrie préférée, son centre de rayonnement. Passerini et tous les auteurs italiens nommés plus haut citent le Tyrol, le Piémont, la Lombardie, la Toscane surtout, les environs de Rome, de Naples et la Sicile comme les régions les plus attaquées. C'est, on le voit, presque toute l'Italie.

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