V. Zermattensis, Fallon
Europe, haut Valais.
G. Vanessa, Fabr.
S. Polychloros, Linn.
ylb. Testudo, Esp.
Europe.
G. Nymphes, Leach, S. Myrmeleonides, Leach.
Australie .
Dans une collection locale^ de France, par exemple, il est bon d'indiquer ^habitat d'une façon spéciale, et la localité, quand l'espèce ne se
trouve que daus certains endroits autour d'un grand centre, comme Paris. On sépare habituellement les espèces en totales, habitant toute la France, et partielles, les unes du nord et du centre, car il y a peu de distinction nette sous ce rapport ; les autres de la France méridionale, dont la faune appartient en partie au bassin méditerranéen. Il y a des espèces à stations spéciales, altitudes diverses, marais, garrigues du Midi, landes, dunes, etc., et ces remarques peuvent être inscrites sur les étiquettes des collections restreintes. Exemples :
G. Polyommatus, Latr.
S. Cliryseis, Fabr.
Pierrefonds, étangs de Saint- Pierre, prairies humides.
G. Satyrus, Laù\ S. Hero, Linn.
Environs de Paris, forèl d'Armainvilliers.
G. Chionobas, Boisd.
S. Aello, Esp.
Alpes, hauts sommets, régions des neiges.
G. Hesperia, Boisd.
S. Acteon, Esp.
Environs de Paris, plateaux secs de Lardy et Poquency.
G. Melolontha, Linii.
S. Fullo, Liivi.
Côtes de l'Océan et de la Méditerranée, dunes.
G. Anthocharis, Boisd.
S. Eupheno, Linn.
Provence, champs, garrigues.
G. Erebia, Boisd.
S. Médusa, Fabr.
Vosges, bois élevés.
G. Leucania, Ochs.
S, pallens, Linn.
Environs de Paris, marécages à Carex.
G. Carabus, Li?i7i.
S. splendens, Fabr.
Pyrénées,
G. Scarites, Fabr.
S. Pyracmon, Rossi.
Côtes sablonneuses de la Méditerranée.
G. Termes, Li7iii.
S. lucifugum, Rossi.
Landes, souches de pins.
G. Osmylus, Lafr.
S. maculatus, Fabr.
Toute la France, bord des eaux.
Il est intéressant de l'aire des collections au point de vue pratique, en divisant les Insectes en utiles et en nuisibles. Dans ce cas, les étiquettes peuvent porter une courte phrase désignant l'emploi de ces Insectes, leurs avantages ou leurs dégâts, les principaux végétaux qui souffrent de leurs ravages, les matières qu'ils attaquent. Ainsi :
Mylabris, Fabr (Mchorii, Limi.
Se récolte sur les fleurs des Composées. — Vésicant des anciens. — S'emploie encore comme tel en Orient, en Chine.
Dermestes, Linti, lardarius, Linn.
Attaque le lard, la corne, l'écaillé, les peaux desséchées,toutes les matières animales sèches.
<i. Phylloperlha, Kirby.
S- horticola, Linn.
En Insecte parfait, dévore les feuilles et quelquefois les fleurs des arbres fruitiers.
G. Apate, Fabr.
S. muricata, Fahr.
Fait beaucoup de tort aux vignes en perçant longitudinalement les sarments.
G. Agapanthia, Serv.
S. marginella, FaJtr.
Attaque les blés en fleur, leurs larves perçant les tiges et ne laissant intact que l'épiderme, creusant les nœuds et se logeant dans le bas pour l'hiver, ayant commis ces ravages.
G. Homalota, Mann.
S. cœlata, F/\
Vit aux dépens des larves des Bostriches du Pin.
G. Drilus
, ONv.
N. flavescens, Fabr.
Détruit
en grand
nombre
les hélices
ou limaçons de nos |
jardins.
Corynetes, Herbst.
cœruleus, De G.
Vit dans les maisons aux dépens des larves d'Anobium qui perforent les bois de service.
yuand on possède plusieurs Insectes de la môme espèce, on doit avoir soin de mettre des échantillons des deux sexes dans un ordre convenu.
Une étiquette ou une paillette peut porter l'indication sexuelle, qui est a' pour les m;lles, Ç pour les femelles, et "^ pour les neutres ou l'emolles à organes génitaux avortés. Les signes du sexe mâle et du sexe femelle sont les signes astronomiques des planètes Mars et Vénus. Il est bon aussi d'en placer retournés, afin de montrer le dessous des ailes, et aussi certains à ailes couchées, comme elles le sont au repos naturel; car c'est là très-souvent un caractère de genre ou d'espèce. Les variétés et les aberrations se rangent après les types, en ayant soin d'intercaler les formes de passage. Comme les caractères d'espèce permettent une variation limitée, on est souvent amené ainsi à avoir un grand nombre de sujets d'une même espèce; c'est un inconvénient inévitable, dû à la nature même. C'est, au reste, un attrait de plus pour la véritable observation de la création, et la comparaison d'un grand nombre de sujets est indispensable pour une connaissance philosophique de la valeur des parties décrites dans les auteurs. Les caractères même légers, qui demeurent constants dans toute la série des formes spécifiques, prennent une importance capitale, et les bonnes classifications exigent d'une manière impérieuse l'examen d'un grand nombre d'individus : c'est ce que comprennent parfaitement aujourd'hui tous les amateurs intelligents.
Un avis des plus utiles aux personnes qui veulent commencer une collection, c'est de se procurer ù l'avance le nombre de tiroirs ou de boîtes nécessaires, et d'y inscrire immédiatement à leur place les étiquettes des espèces destinées à y entrer un jour ou l'autre, en se servant des catalogues appropriés au genre de collection qu'on veut faire. Des vides attendent les Insectes futurs ; on n'a plus qu'à les placer à mesure qu'on se les procure. Ce petit détail est beaucoup plus important qu'on ne le croirait au premier abord. Les amateurs encore novices ne sauraient se faire une idée de la perte de temps immense qu'exigent les reclassements, quand de nouveaux Insectes sont acquis, sans parler des accidents inévitables dans de continuels dépiquages.
Une recommandation très-importante pour la construction des tiroirs ou boîtes est celle d'une fermeture aussi exacte que possible , afin de conserver longtemps des vapeurs des substances préservatrices. Il est indispensable de se servir de ces corps volatils pour détruire et éloigner les Insectes destructeurs. La plupart, surtout les Psoques (Névroptères), sont très-petits et parviennent toujours à s'insinuer dans les interstices des boîtes. Une collection négligée est leur proie inévitable au bout d'un certain temps. Nous devons d'abord faire remarquer que tous ces Insectes destructeurs, pareils d'habitude aux Teignes de nos vêtement.'^ et de nos fourrures, aiment le repos et l'obscurité. De même qu'on préserve les étoffes en les dépliant, les battant, les exposant à l'air, de même la visite fréquente des boîtes, ouvertes et remuées, oblige les larves entomophages à quitter les corps qu'elles rongent et où les œufs étaient déposés. Lors môme que l'observateur ne les verrait pas, elles sont inaptes à regagner leur abri, et meurent faute de nourriture, lu
certain nombre de substances sont aussi d'un emploi plus ou moins eificace contre les Insectes destructeurs. On recommandait beaucoup autrefois des plantes odorantes : la lavande, la menthe, etc.; leur eflet est à peu près nul. La poudre de pyrèthre serait peut-être avantageuse dans certains cas ; c'est elle qui forme la poudre insecticide contre les Puces et les Punaises. Le camphre n'a qu'une action médiocre. On doit rejeter l'acide sulfureux (soufre brûlé), qui altère les couleurs. L'essence de serpolet peut s'employer contre les Teignes, ainsi qu'on le fait pour préserver les collections d'oiseaux. Les matières préférées sont la benzine et le sulfure de carbone, dont l'effet toxique est énergique sur les Insectes. Il faut remarquer toutefois que les œufs des espèces dévastatrices ne sont pas tués par les vapeurs de ces corps, et que leur volatilité même les fait disparaître assez promplement des boîtes ; de sorte qu'il faut les renouveler assez fréquemment. Le sulfure de carbone est trop volatil, trop promptement épuisé. En outre, il est assez funeste de le respirer trop longtemps, et il peut former avec l'air des boîtes de dangereux mélanges explosifs, exposant à des incendies (1). La benzine vaut donc mieux, quoiqu'elle puisse aussi donner des mélanges combustibles. On a beaucoup recommandé dans ces derniers temps l'acide phénique, d'odeur très-pénétrante, moins volatil, ne formant pas de mélanges dangereux. Autrefois on se servait, pour tuer les larves qui dévorent les collections , du nécrentome, sorte de caisse métallique où l'on plaçait la boîte, et dans laquelle on maintenait quelque temps l'air à la température de l'eau bouillante et même plus. Cet échautfement prolongé , renouvelé plusieurs fois , rendait cassant les Insectes desséchés de la collection , et même agissait sur les couleurs délicates. On peut, si l'on veut préserver sans danger un grand nombre de boîtes à la fois, les disposer dans une caisse ou armoire, hermétiquement close par des feuilles de tôle ou de zinc à l'intérieur, placée dans un lieu isolé, et dans laquelle on mettra du sulfure de carbone dont la vapeur très-subtile pénètre à travers les joints. On recommence de temps à autre. Il faut remarquer, dans le cas où l'on se sert du sulfure de carbone comme préservatif, qu'il est nécessaire de rejeter les étiquettes glacées à la céruse, car elles ne tarderaient pas à noircir par formation de sulfure de plomb.
Les Insectes destructeurs, tels que les Anthi'ènes, les Tyroglyphes (Acariens), les larves de Psoques, font le désespoir des amateurs. Ce sont surtout les espèces à corps inou et les succulents Orthoptères qui s'offrent aux ravages. On a essayé de tremper les Insectes précieux dans des solutions vénéneuses qui les mettent à l'abri de toute atteinte. Ce sont surtout les types de description qu'il est nécessaire de préserver ainsi, car ils seront souvent demandés dans les travaux postérieurs, pour servir de comparaison et de points de reconnaissance, et éviter lacréa-
{\)\4nn. Soc. enlom. 'le France, 186J, p. ()23.
CHASSE ET CONSERVATION. 1/jl
tion de fausses espèces ; on est toujours enclin à croire nouveau ce qu'on ne connaît pas.
On a essayé de tremper les Insectes frais ou anciens, mais alors préalablement ramollis dans une solution d'acide arsénieux, dans l'alcool. L'Insecte est préservé et non altéré ; mais il est devenu sensible à l'humidité et disposé à la moisissure. C'est ce qui a fait renoncer à l'emploi de l'arséniate de soude, sel hygrométrique. Il paraît préférable de faire l'immersion dans l'alcool dissolvant du sublimé corrosif (bichlorure de mercure) au centième, au demi-centième ou au millième, en laissant tremper d'autant moins longtemps qu'il y a moins de sel mercuriel. Le sujet est inaltérable à la dent des Insectes et à la moisissure ; mais il faut éviter de ternir les couleurs et de le recouvrir d'un enduit blanchâtre. Il ne faut laisser tremper qu'une à deux heures au plus, en détachant l'épingle, qui serait trop attaquée. Surtout qu'on fasse attention au danger de ces solutions, principalement celle au centième, poison violent qui peut s'absorber par les doigts, si l'on opère sans gants de peau ; on a vu des accidents survenir après l'empoisonnement des herbiers par cette solution. L'alcool avec sublimé au centième est très-bon pour préserver, outre les herbiers entomologiques, les nids d'Insectes, les échantillons de bois et végétaux attaqués, les chrysalides sèches, les chenilles soufflées. Pour les Lépidoptères, et en général pour les Insectes à ailes étalées, on trempera seulement le corps. Ce moyen ne peut s'employer pour les Insectes très-poilus ou couverts de trèsdélicates écailles.
L'utile mémoire déjà cité du docteur Laboulbène, dont nous avons extrait ce qui précède, s'occupe aussi des préservatifs pour les boîtes de collection, et recommande surtout de placer sur une petite éponge, dans chaque boîte, un mélange à volumes égaux de benzine et d'acide phénique. Cette liqueur un peu caustique ne doit pas être répandue sur les doigts. La benzine^ qui se vaporise tout de suite, tue ou chasse les Insectes existants ; l'acide phénique, bien moins volatil, donne une protection continue pendant environ deux mois. Un entomologiste soigneux doit faire une visite de ses boîtes environ de six en six semaines, et plus fréquemment, s'il n'a mis que de la benzine seule ou de l'acide phénique. Malheureusement tous ces moyens ne sont pas sans inconvénients. La benzine augmente la fragilité des Insectes secs ; l'acide phénique est hydraté et ramollit les Insectes étalés, ainsi les Phalénides. En outre, ces mélanges paraissent accélérer le graissage des Lépidoptères.
Quand on reçoit des Insectes d'une collection étrangère ou des pays lointains, il ne faut pas les placer immédiatement en collection, car il arrive très-souvent qu'ils contiennent des larves ou des œufs d'Insectes rongeurs. On les garde dans une boîte séparée en ayant soin d'y placer un préservatif. Au bout de quelque temps, si l'on n'aperçoit pas de traces de poussière au-dessous, on les admet dans la collection. Sans cette
1/j2 INTKODUCTXON.
précaution, ou inlroduit rennemi dans la place la mieux gardée, il fauL avoir soin de visiter souvent les cadres ou boîtes, car les matières volatiles dont on se sert disparaissent assez promptemenl. En outre, il est reconnu que le sulfure de carbone môme ne détruit pas toujours les œufs, dans lesquels une vie latente persiste avec une incroyable énergie.
Le dernier soin à conseiller d'une manière absolue aux amateurs, c'est de conserver toujours les collections à l'abri de la lumière , sous d'épais rideaux, ou mieux dans des tiroirs fermés ou des casiers contenant les boîtes closes. Les couleurs rouges et vertes surtout se détruisent rapidement. Les espèces des collections publiques exposées dans des cadres vitrés sont des sujets sacrifiés , promptement perdus. On doit éviter avec soin les appartements humides qui font déveloper des moisissures. Il faut un appartement sec, exposé au nord ou à l'est, pas trop chaud, et où le soleil ne pénètre que le moins possible, car la chaleur favorise la reproduction des Insectes dévastateurs.
Quelques amateurs, en trop petit nombre, font des collections de larves. Elles sont dun grand intérêt scientifique pour établir la place certaine des tribus et familles, et parfois pour distinguer des espèces très-voisines à l'état adulte. Il est très-rare que les larves ne subissent pas une déformation complète en se desséchant. Il faut les conserver dans l'alcool suffisamment étendu, marquant 22° à 25" à l'aréomètre de Baume. On l'obtient en mélangeant deux parties environ d'esprit le plus concentré du commerce à une partie d'eau. L'alcool concentré détruit les objets et les racornit en s'emparant de leur eau. On place chaque larve, ou plusieurs si elles sont petites, dans un tube de verre rempli aux trois quarts, de dimensions proportionnées (fig. 16). Le tube est fermé avec un excellent bouchon de liège. On peut par précaution mettre extérieurement un peu de mastic de vitrier, mais non de la cire d'Espagne que dissout l'alcool. Il faut choisir des tubes de verre assez épais près de l'ouverture, et que le bouchon ne fasse pas éclater. On met ces tubes verticalement sur une planchette percée de trous. Cliaque bouchon porte un numéro correspondant au catalogue nominatif. On doit avoir des chenilles dans l'alcool indépendamment des chenilles soufflées, car bien des caractères sont altérés par le soufflage. Les Insectes très-mous, Pucerons et Cochenilles, les Araignées, certaines femelles aptères larviformes, ainsi des Driles , des Psychés, se conserveront aussi par ce moyen.
Les petits hisectes délicats, surtout les très-petits Papillons à écailles si caduques, doivent être tués immédiatement sans pouvoir se débattre, afin d'être piqués ou placés séparément en petits tubes. On s'est servi de flacons ayant, comme nous l'avons dit, dans le bouchon un tampon de colon imprégné d'éther ou de chloroforme ; mais l'action de ces vapeurs n'est pas instantanée, et, de plus, il faut renouveler constamment le liquide. On préfère unanimement aujourd'hui le flacon à cyanure de potassium. C'est un flacon à large goulot (fig. 17), au fond duquel on
dépose quelques fragments de cyanure de potassium. On le recouvre de coton, et sur celui-ci on colle aux parois internes du verre une feuille de papier percée de trous d'épingle, afin d'empêcher les petits Insectes de tomber entre les filaments de coton et de s'y perdre. On applique le goulot débouché sur le petit Insecte posé au Fond du filet contei ant les proies minuscules. L'insecte éprouve une mort instantanée par les
FiG.