‹ Les insectes (volume 2)Chapitre 22 sur 53 · HYDROPHILUS · texte numérisé non relu

HYDROPHILUS

le regardant comme voisin du genre Vûlvulus, Brullé. En ellet, les caractères des antennes et de l'écusson offrent des différences. L'insecte, long de 6 millimètres et large de Zi, est d'un noir verdûtre très-luisant, avec les palpes, les antennes et les pattes bruns. — PI. xvii, fig. 13 : 13a, tète vue en dessous; 13 b, antenne; 13 c, mâchoire et palpe ; 13 d, tarse postérieur ; 13 e, l'insecte vu de profil.

Le genre Globaria, qui se rapproche des Agathidium (Silphiens), se rencontre aux Indes orientales, au Cap et à Angola (côte S. 0. de l'Afrique). MM. Gemminger et de Harold admettent dans ce genre l'espèce G. nitida, G.-Mén. Le genre Volvuhis, Brullé, n'est autre que le genre Berosus, Leach, nom plus ancien, formé d'espèces de tous pays.

HYDROPHlLUi^, Geoffroy. — Tète inclinée ; yeux ronds et saillants ; antennes de neuf articles, six ù neuf, formant une massue perfoliée, très-irrégulière, avec premier article en cornet et les deux suivant en croissant. Tarses allongés, ciliésj aplatis, pentamères, à premier article très-court (1); tarses antérieurs le plus souvent dilatés chez les mâles, surtout le dernier article, en palette.

L'étude de l'espèce type de ce genre, VHtjdrophilus, L., le grand Hydrophile brun de G eoïïroj, nous fera connaître les mœurs de tous. — Cet insecte, de toute l'Europe et du Caucase, est un des plus gros Coléoptères des environs de Paris, atteignant chez certains individus Z(5 millimètres de long sur 20 de large. Les élytres sont d'un brun noirâtre olivacé, avec des stries peu prononcées et trois lignes longitudinales enfoncées et marquées de petits points. Ces Hydrophiles nagent moins bien que les Dytiques, car les pattes, plus longues, sont moins élargies, et celles d'une même paire ne se meuvent pas simultanément, mais l'une après l'autre. Ils vivent dans les eaux stagnantes, prennent la forme adulte vers la fin de l'été, et passent l'hiver engourdis dans la vase ou parfois sous les mousses ou les feuilles flétries des bords. Ils peuvent se transporter en volant d'une mare à l'autre. L'épine sternale aiguë qui se trouve dans ce genre et quelques genres voisins, oblige les amateurs à ne saisir les grandes espèces qu'avec précaution, car, dans les mouvements violents de l'insecte épouvanté, la peau peut être piquée jusqu'au sang. Bien que puissamment cuirassés, les Hydrophiles bruns sont souvent la proie de Dytiques de taille moitié moindre, qui parviennent à les tuer en les perçant de leurs terribles mandibules entre la tête et le corselet, seule partie vulnérable.

La manière dont les Hydrophiles viennent puiser à la surface de l'eau l'air nécessaire à leur respiration a été étudiée par Audouin. Elle est inverse de celle des Dytiques. L'insecte approche la tète de la surface de l'eau, et l'antenne collée contre le corps se coude vers le milieu, de sorte que ses articles excavés en dessous sortent légèrement de l'eau et

(1) Fabricius regardait ces insectes comme tétramérés.

332 COLÉOPTÈRES. — HYDROPHILIENS.

font l'office des augets d'une noria en retenant des bulles d'air; ['iiis, l'insecte descendant, celles-ci remontent le long des articles basilaires, glissent sous la tête et sous la région latérale du ventre, maintenues par un feutrage serré, et parviennent ainsi aux stigmates, une robe d'argent paraissant entourer l'insecte en dessous.

Les intéressantes métamorphoses des Hydrophiles ont d'abord été étudiées par Miger, en 1807, sur des Insectes pris la glacière de Gentilly; puis, en 1819, par C. Duméril, Lancret et Miger. Dès le mois d'avril ou de mai, parfois dès la fin de mars, les femelles sont fécondées par les mâles accrochés par la palette tarsienne aux bords externes des élytres, puis s'occupent d'assurer le sort de leur postérité. Par un exemple unique chez les insectes adultes et propre à quelques genres d'Hydrophiliens, des glandes abdominales leur permettent de sécréter une sorte de soie, dont les filières, à la façon de celles des Araignées, sont autour de l'orifice anal. La femelle s'accroche en travers sous une feuille qu'elle courbe un peu avec ses pattes de devant; l'abdomen s'applique sous ce dôme, et les filières en mouvement laissent sortir une humeur blanche et gommeuse qui forme une cloche concave et hémisphérique sous laquelle l'extrémité anale demeure engagée. L'animal, retirant bientôt ses pattes, se place la tête en bas, immobile plus de deux heures, pendant que la double filière continue à façonner et à épaissir l'intérieur du cocon. Puis, pendant environ trois quarts d'heure, on voit sortir une à une de la calotte de petites bulles d'air a mesure que les œufs pondus occupent leur place. L'insecte retire alors son abdomen, et met une demi-heure à fabriquer, par un mouvement continuel et rapide des filières, une pointe cornée s'élevant d'environ un centimètre au-dessus de la surface de l'eau : c'est à la fois un mat et un siphon respiratoire lors de la naissance des larves, sa pointe restant toujours émergée. Le travail total a duré à peu près trois heures.

La femelle traîne après elle cette coque fixée à une feuille ; puis, comme la mère de Moïse, elle confie à l'onde ce cher berceau, dans un endroit calme et propice. La portion solide et recourbée qui le termine lui permet de s'accrocher aux corps flottants qu'il rencontre et sauve la jeune famille, que les venis violents pourraient projeter sur des corps durs ou porter sur des rives inhospitalières. Une cinquantaine d'œufs allongés, verticaux, courbés au sommet, sont accolés l'un contre l'autre en forme de croissant dans la partie supérieure du cocon. Ils deviennent bruns et éclosent au bout de douze à quinze jours. Les petites larves ne mangent pas d'abord et restent agglomérées en dedans et autour du cocon. Elles semblent d'abord se nourrir de végétaux ; puis, les mues se succédant, deviennent très-carnassières. Elles sont brunes, à tète arrondie et bombée, offrent un corps de douze anneaux. Les trois premiers, moins longs et plus larges graduellement, portent des pattes thoraciques; les autres, progressivement rétrécis, ridés, sont latéralement munis d'un mamelon épineux, et le dernier terminé par deux appen-

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