DERMESTES
de dévorer pendant quatre mois, et même se mangent entre elles, si la faim les presse. Pour ?e changer en nymphe, elles se cachent sous l'amas de leurs excréments formés d'une série de petits grains fixés à la suite les uns, des autres, la nymphe conservant pour s'appuyer les deux appendices postérieurs de la larve. M. E. Perris a vu que cette larve perce les cocons de Vers à soie pour manger la chrysalide sèche, et se df'veloppe en grand nombre dans les litières exemptes de dépouilles et ne contenant que des excréments. Beaucoup de larves carnassières, quand l'aliment de prédilection leur fait défaut, y suppléent par des matières excrémentitielles ; les larves de Dermestes ont, pour nourriture préférée, les matières animales sèches. Parfois cette larve cause beaucoup de dégâts dans les magnaneries, ainsi que l'a constaté M. Nourrigat à Lunel. Je suis convaincu qu'elle dévore parfois des chrysalides vivantes : elle a détruit à la magnanerie expérimentale du Jardin d'acclimatation, au bois de Boulogne, un grand nombre de chrysalides d'Attacus Cynthia vera (Ver à soie de l'Allante), conservées l'hiver pour l'éducation du printemps suivant. — LeD. vulpinus, Fabr., de 7 millim., d'unbe au noir, lisse en dessus, excepté sur les bords du corselet, qui sont cendrés, avec le dessous du corps d'un blanc mat etune petite épine àla suture des élytres. Cette espèce se plaît surtout dans les pelleteries, où elle cause les plus grands ravages. La compagnie de la baie d'Hudson, dont les magasins à Londres étaient dévastés par cet insecte, avait offert 20000 livres sterl., à qui trouverait le moyen de le détruire.— Le/), mwn- 71US, Linn., de 6 à 8 millim,, à corps épais, noir, paraissant d'un gris de souris, soyeux en dessus, avec des taches noires et blanches, d'un blanc argenté mat en dessous, en raison de la pubescence qui le couvre.— Le D.mustelinus, Erichs., dont la larve vit en hiver^ d'après M. E. Perris, dans les nids des Chenilles processionnaires du Pin {Bombyx pityocampa, Fabr.), se nourrissant des dépouilles et aussi des excréments de ces chenilles. L'insecte parfait se trouve en mars et en avril dans ces nids.— Le D. carnivorus, Fabr., de l'Amérique méridionale et des Antilles, et aussi des environs de Paris, où il a été importé (pi. xxir, fîg 2; 2 a, antenne; 2 b, tarse antérieur). — Les espèces du genre Dermestes peuvent être divisées en deux groupes, d'après un caractère que présentent les mâles, signalé pour la première fois par Emm. Rousseau. Les uns, ainsi dans le D. lardarius, ont deux mamelons non perforés au milieu et en dessous du troisième et du quatrième segment ventral, mamelons entourés d'un faisceau de poils érectiles et du centre desquels sort une épine grêle, arquée en arrière et subcornée ; les autres n'ont qu'un seul mamelon et faisceau pileux au milieu du quatrième segment, sous l'abdomen. Ces organes servent au mâle à se retenir dans l'accouplement sur le dos de la femelle.
Les genres qui suivent ont un ocelle distinct sur le front.
38/i COLÉOPTÈRES. — DliRMESTlENS.
MeCiATOMA, Herbst. — Corps oblong, allongé. Antennes avec massue trèscourte chez les femelles et très-longue chez les mâles.
Ce genre, très-réduit par les entomologistes modernes, ne compte plus que quatre espèces, dont le type est le M. undata, Linn., de Suède, de Grande-Bretagne, de France et d'Allemagne (pi. xxii, fig. 3), qui vit à l'état de larve, sous les écorces, où il dévore les cadavres d'insectes, et qu'on rencontre parfois adulte sur les fleurs. Il est noir, ondulé de bandes d'un blanc bleuâtre. Il y a une seconde espèce en France, une en Sibérie, une en Tasmanie. .
ATT.^GEWUS, Latr. — Antennes de onze articles, ayant une massue très-allongée chez les mâles, simplement ovale-oblongue chez les femelles. Élytres convexes, embrassant l'abdomen. Pattes minces; tarses grêles et allongés.
Les Attagènes vivent dans les maisons, et quelques espèces sur les fleurs. On en connaît près de quarante espèces, surtout des régions tempérées chaudes, et aussi à Ceylan, à Lifu. Les larves dévorent les matières animales sèches, pelleteries, plumes, etc. Elles diffèrent de celles des Dermestes proprement dits, parce qu'elles sont déliées et portent au bou t du corps un pinceau de poils au moins aussi long que lui ; la couleur du corps est obscure, et celle des poils qui le couvrent est d'un jauneun peu rougeûlre. L'espèce la plus commune, \éritable fléau pour les pelleteries, est 1'^. pellio, Linn., de toute l'Europe et de l'Algérie, de 5 millim., noir brillant avec deux points blancs vers la base de chaque élytre, avec poils gris au-dessous du corps : c'est le Dermeste des pelleteries, le Dermeste à deux points blancs de Geoffroy. Une autre espèce, commune en Europe méridionale, est VA. Verbasci, Linn., ou trifascialus, Fabr. PI. xxii, fig. h, antenne du mâle ; h a, de la femelle: li b, labre; /i c, mandibule ; Ud, mâchoire avec palpe ; U e, lèvre inférieure et palpes labiaux ; U f, patte antérieure.
TIRESIAS, Steph. — Corps ovale-oblong, assez convexe. Antennes de onze articles, les trois derniers formant une massue ovale, terminées en dents de scie chez les mâles.
Ce genre ne comprend qu'une seule espèce, le T. serra, Fabr., des îles Britanniques, de Suède, de France, d'Allemagne— PI. xxii, fig. 5; 5 a, antenne ; 5 6, labre ; 5 c, mandibule ; 5 d, mâchoire avec palpe, 5 e, lèvre inférieure et palpes; 5/", tarse antérieur.— La larve, de forme trapue, est curieuse par l'aspect étrange que lui donnent ses poils. Ils sont fauves, très-longs et très-touffus sur les quatre derniers segments, articulés, couchés quand la larve est calme, se dressant, si on l'effraye, comme une queue de paon, et formant alors quatre larges panaches transversaux. Enfin, le corps se termine par trois pinceaux de poils bruns, le médian beaucoup plus long que le? deux latéraux. Elle vit
ANTHRENUS. 385
dans les vieux troncs et sous les vieilles écorces de Chênes et d'Ormes, et l'insecte parfait ne sort que le soir. M. E. Blanchard a observé cette larve, quelquefois par hasard, dans les collections d'histoire naturelle. Il se présente, pour cet insecte, un fait analogue à celui que nous avons constaté pour le Dermestes mustelinus, à savoir, que des espèces très-nuisibles ont parfois des utilités secondaires. M. le D'' Grenier a rencontré la larve du T. serra, dévorant les œufs, recouverts d'un monceau de poils simulant un tampon d amadou, du Liparis dispar (Lépid. Chalin.), fréquents sur les troncs d'Ormes. La nymphe n'est éclose qu'au bout de treize mois. Il y avait aussi, au même festin, des larves à'Attagemis.
AWTBREIHJS, Geoffr. — Tête petite et cachée en partie dans le corselet; antennes très-courtes, reçues dans des cavités du corselet. Corps arrondi, subglobuleux. Élytres ovoïdes et convexes, recouvertes, ainsi que le corselet, d'écaillés très-faciles à enlever, de couleurs vives, formant de jolis dessins. Pattes courtes, comprimées, contractiles, s'appliquant exactement sous le corps au repos.
Jacquelin du Val subdivise en trois groupes les espèces du genre .4ni/!j'enîiS ; 1° celles qui présentent des antennes de onze articles dis ■ tincts, avec massue de trois articles (ex. : A. festivus, capensis, etc.); 2" antennes de huit articles apparents, avec massue ; 3° antennes de cinq articles, le terminal allongé en massue. Les larves ont de fortes mandibules à Laide desquelles elles détruisent prompfement tout ce qu'elles attaquent. On a vu ces larves perforer du bois et de l'écaillé. M. E. Desmarest pense que ces larves peuvent perforer le calcaire grossier, et de même celles des Dermestes lardarius ou vulpinus, car il a trouvé des insectes de ces deux genres et des Anthrènes logés dans des trous d'un mur d'une fabrique de noir animal de la Glacière (Genlilly, banlieue de Paris). Les larves des Anthrènes se distinguent de celles des genres précédents par leurs faisceaux de poils en aigrettes, disposés sur les côtés et postérieurement, et se redressant à la façon des piquants du Porc-épic, quand l'insecte est inquiété. Elles vivent près d'un an, et leurs dépouilles, sauf la fente dorsale, conservent tout à fait la forme de la larve. On doit signaler avant tout un Anthrène dit vulgairement des émisées, devenu cosmopolite, et qui fait le désespoir des entomologistes, car la larve habite de préférence le corps des insectes desséchés en collection, et quelquefois les pelleteries ; sa présence se ti-aduit audessous de l'insecte attaqué par unpeu de^poussière. C'est contre elle que les amateurs emploient les divers moyens préventifs, déjà indiqués, plus ou moins insuffisants. M. Leprieur préserve avec succès les Coléoplères de sa collection contre cet Anthrène, en les trempant dans une solution d'acide arsénieux dans l'alcool. Les échanges et les ventes ont transporté cet insecte d'Europe dans les collections d'Amérique. A l'état
;i8(i COLÉOPTÈRES. — DLllMtSTlENS.
parfait, il est long de 3 millim. environ, noir, couvert d'écaillés d'un jaune roussâlre, avec trois bandes transversales d'un blanc grisâtre, et quelques petites taches de même couleur sur les élytres. La larve, couverte de poils gris et bruns, subit sa transformation en nymphe dans la dernière dépouille qui l'abrite.
La larve du funeste Anthrène des musées {pestis collectùmum) présente des particularités intéressantes. Huit ou dix jours avant de se changer en nymphe, elle reste dans une immobilité complète^, et la peau se fend peu à peu tout le long du dos. C'est dans cette peau, qui persiste comme une sorte de berceau, que doit se faire la transformation en nymphe, puis en adulte. La nymphe reste très-molle et sa pellicule d'une extrême finesse. Elle e?t exposée à des chocs fréquents qui pourraient la blesser. Voici quelle précaution a été prise à cet effet. La larve pendant sa vie était couverte de fascicules de poils retombant le long du dos et des flancs, et se redressant quand on inquiète l'insecte, comme les piquants du Porc-épic Ces poils-Ià, a reconnu M. Lucas, sont caducs et n'existent plus dans la peau sèche qui entoure la nymphe, non plus que les pattes, qui se flétrissent ; mais il n'en est pas de même des épines de la tète et des parties latérales des segments : elles subsistent comme protection. La nymphe, participant à la forme ramassée de ladulte, est bien plus courte et plus large que la larve, et c'est ce qui fait fendre la peau de celle-ci. Une question de synonymie assez compliquée s'offre pour l'adulte. L'espèce nuisible paraît être réellement r.4. uaràts, Fabr. Le véritable A. musœorum, Linn., qui lui ressemble beaucoup, mais est plus rare, a la forme plus allongée et le thorax plus pointu en avant. Les larves de plusieurs Anthrènes vivent dans les maisons ; tous les adultes fréquentent les fleurs. Le genre offre une trentaine d'espèces de diverses régions de l'Europe et d'Amérique septentrionale, du Cap, une de Taïti, une autre d'Adélaïde (Australie).
Parmi les exotiques, nous citerons 1*^4. ccipensis, G.-Mén. (pi. xxn, fig. 6; 6 a, antenne; 6 b, tarse postérieur), noir, avec écailles noires ferrugineuses et grises, disposées par taches. Cette espèce, du cap de Bonne-Espérance, ressemble beaucoup àl'^. Scrofulariœ, Linn., de toute l'Europe.
TRiliODES, Latr. — Antennes terminées par une massue brusquement formée de trois articles. Corps très-ovalaire, poilu.
Une seule espèce européenne, le T. hirtus, Fabr., ou pilosus, Herbst, d'Angleterre, de Suède, de France et d'Allemagne, vit à Uétat parfait parfois sur les fleurs; se prend à Fontainebleau, à Compiègne, etc., et se rencontre aussi sur les vieux troncs de Hêtres et d'autres arbres. Il est figuré pi. xxir, fig. 10 ; 10 a, antenne, et'fait le passage des Dermestiens aux Byrrhiens. Ce petit insecte est remarquable par sa pubescence hérissée.
BYRRHIENS. — NOSODENDRON. o87
orphilIj'S, Erichs. — Genre très-curieux par sa tête entièrement reçue dans une forte excavation formée par le corselet et l'insertion des appendices qui en dépendent.
Il a été constitué sur une espèce, VO. glabratus, Fabr., qui vit sur les fleurs dans toute l'Europe méridionale, et ressemble, à première vue, à un Anthrène dépouillé de ses écailles colorées. 11 y a deux autres espèces, une d'Amérique boréale, l'autre de Californie.
Tribu des BYRRUIEMS.
Cette petite tribu a beaucoup de rapports avec les Uermestiens, dont M. E. Blanchard ne la sépare pas; elle offre des genres douteux entre les deux tribus, et a aussi des contacts avec les Histérides et les Nitidulides. Les Byrrhiens sont remarquables par leur corps toujours court ou ovalaire, très-épais, plus ou moins fortement convexe. Leur taille est petite, rarement moyenne ; leurs couleurs peu brillantes, noires, brunes ou vertes, parfois avec reflet métallique. Le corps est habituellement couvert d'un duvet plus ou moins serré. Les pattes, à articles élargis et comprimés, sont entièrement contractiles, les jambes se repliant sur les cuisses et les tarses sur les jambes, de sorte qu'à la moindre apparence de danger, ces insectes contrefont le mort et demeurent immobiles, pareils à de petites pilules. Les Byrrhiens restent, en général, cachés pendant le jour et ne courent que le soir, se servant peu de leurs ailes. On les trouve surtout dans les endroits secs ou sablonneux, sous les pierres, les mousses, dans le sable, etc. Leur régime semble être végétal et non carnassier, comme celui des Dermestiens, et leur nourriture paraît surtout se composer de mousses ; quelques espèces affectionnent les bouses desséchées.
Caractères : Mâchoires à deux lobes avec palpes de quatre articles, les labiaux en ayant trois. Languette membraneuse ou coriace, à paraglosses nuls ou indistincts. Antennes rétracliles de onze articles, terminées par une massue brusque ou s'épaississant peu à peu jusqu'au bout. Abdomen de cinq segments apparents en dessous, les premiers immobiles, le dernier assez grande recouverts en entier par les élytres. Prosternum saillant postérieurement et reçu dans une échancrure médiane d'un mésosternum large et court. Hanches fortement transverses. Pattes très-contractiles, et tarses de cinq articles distincts.
genres principaux.
MO§tOUE:vuR01k, Latr. — Tête libre, avancée. Antennes insérées sous les bords latéraux du front, rétractiles en dessous dans des rainures antérieures du corselet, avec les trois derniers articles en brusque massue ovale, perfoliée,
388 COLÉOPTÈRES. — BYRRHIENS.
comprimée. Élytres très-convexes. Pattes courtes, contractiles, aux tarses antérieurs comprimés.
Ce genre a été fondé pour un seul insecte dont Olivier faisait un Byrrhus, le N. fasciculare, Oliv., de Ix millim., noir, à élytres recouvertes de cinq faisceaux de poils ferrugineux en série. On le trouve dans presque toute l'Kurope et aux environs de Paris, dans les plaies des arbres, et notamment des Aulnes, des Marronniers, des vieux Ormeaux. — Il est représenté dans divers détails, pl.xxii, fig.7, antenne; 7a, labre; 76, mâchoire et palpe ; 7c, lèvre inférieure et palpes labiaux ; 7d, mandibule.— Il y a trois autres espèces exotiques.
BYRRnui^. Linii. — TtHe rétractée au repos et sous le corselet. Antennes de onze articles, graduellement épaissies vers l'extrémité, que termine une massue de cinq articles. Tarses tous rétractiles, re(;us contre la face interne des jambes. Pattes postérieures reçues dans des cavités spéciales plus ou moins marquées du premier segment ventral.
L'espèce la plus commune est le B.pikda, Linn., de toute l'Europe, insecte brun, couvert d'un duvet très-serré et présentant quelques lignes longitudinales très-foncées sur les élytres. Ce Coléoptère est un des plus gros Kyrrliiens, ayant 10 à 12 millimètres de longueur sur 8 à 9 de large ; on le trouve souvent à terre, marchant lentement dans les lieux sablonneux ou au milieu des pierres; on le prend aussi grimpé au sommet des Graminées, en fauchant dans les prairies par les temps chauds.
L'espèce voisine, à élytres un peu rugueuses, d'un châtain foncé, figurée par M. Guérin-Méneville (pi. xxii, fig. 8) sous le nom de B. alpinus, Gory, des Alpes suisses, a une variété B. scabripennis, Sleff. , d'Allemagne et des Alpes styriennes. Nous citerons aussi B. Dennyi, Curtis, espèce des îles Britanniques et d'Allemagne (pi. xxu, fig. 9, antenne ; 9 o, mandibule ; 9 6, lèvre inférieure avec palpes labiaux ; 9 d, mâchoire et palpe).
Les Byrrhes comptent près de quarante espèces, surtout des régions boréales ou des montagnes de l'Europe, quelques-unes d'Amérique boréale et de Sibérie, et une, le B. oustralis, E. Blanch., du détroit de Magellan. On voit que ce sont essentiellement des Coléoptères de pays froids.
Des genres à caractères analogues sont les genres Syncatypta, Steph., Curimus, Erichs., formés d'espèces vivant dans les sables, et dont le corps est hérissé de soies en massue : d'où les épithètes spécifiques de selosa, setigera, spiiiosa ; erinaceus. hispidus, etc.
De petites espèces à tarses antérieur* rétractiles, mais à tarses postérieurs libres, à pattes postérieures en général non reçues dans des cavités spéciales du premier segment ventral, constituent les genres :
LIMMCMUS, ASPIDIFHOKLS. 389
Cytilus, Erichs., ainsi le C. varius, Fabr., allcignanl à peine 3 millim., vivant dans les mousses, les bouses sèches, dans tonte l'Europe, la Turquie d'Asie, les nionts (Jurais; Pedilophorus, Steflaliny, ou Morychus, Erichs., des pierres, des sables; Simplocaria, Marsham, ù pubescence blanchâtre, des sablonnières.
VvKM.'VlCUl^N, Latr. — Tète rétractée au repos sous le corselet. Antennes rétractiles en dessus et non en dessous, comme précédemment.
Ce genre renferme de très-petits insectes pubescents qu'on trouve dans les sables, au bord des eaux et autour des racines des plantes. Il comprend aujourd'hui seize espèces. Les types européens sont le L. pygmœus, Sturra, et L. versicolor, WallL, ou riparius, Dej. Les espèces sont d'Europe surtout, d'Amérique du Nord, des îles du Cap-Vert, de Ceylan, de Tasmanie.
ASPIDIPHORV!*, Latr. — Tête élargie et saillante. Antennes de dix articles distincts, les trois derniers formant une massue très-allongée et cylindroïde.
La place de ce genre est fort incertaine. MM. E. Blanchard et E. Desmarest le placent dans les Dermestiens ; Erichson, dans les Ptiniores; MM. de Marseul et Redtenbacher, dans les Byrrhiens; Schaum et Jacquelin du Val le rejettent fort loin, près des genres Liyniperda, Apate, Cis, etc., dans leur famille des Sphindides.
(;e genre a pour type une espèce très-petite, n'atleignant pas 3 millimètres, 1'^. orbiculalus, Gyll., trouvée d'abord en Suède, mais existant dans toute la France et môme aux environs de Paris, et en Allemagne, toujours fort rare, vivant dans les endroits plantés d'aibres fruitiers, et paraissant par là s'éloigner des Dermestiens. — Elle est représentée pi. XXII, tig. 1 : la, antenne; 16, labre; le, mandibule; 1 </, mâchoire et palpe; le, lèvre inférieure et palpes; 1/', patte antérieure; ig, patte postérieure. — M. Chevrolat a trouvé sa larve sur de très-petits Champignons qui croissaient sur de vieilles bûches. Jacquelin du Val dit qu'on trouve les Aspidiphores en fauchant dans les bois sur les petites Graminées, et qu'il est probable que leurs larves, comme celles du genre Sphindus, vivent dans les Champignons des troncs d'arbres, car la seconde espèce de ce genre, A.Lareijnii, Jacq. du V., a été prise par Lareynie dans un Bolet. On ne la connaît encore que de la Dordogne.
Jusqu'à présent les Coléoptères dont nous avons présenté l'histoire succincte vivaient surtout de proie vivante, ou de dépouilles animales, ou de détritus et de cryptogames azotés; ceriaines esi^èccs, par exception de régime, se nourrissant cependant de végétaux phanérogames.
Ce sont au contraire ces végétaux, soit frais, soit secs, qui fournissent la nourriture des Coléoptères qui vont suivre. Seulement certains groupes, au contraire de leurs congém^res en affinités organiques, et pouvant former parfois tout au plus des genres distincts, reprendront la nourriture animalisée, vivante ou morte. Le naturaliste ne s'étonne pas de ces variations en remarquant que les Mammifères seuls ont un régime fixe. Parmi les Oiseaux, les Passereaux granivores en automne deviennent insectivores au printemps, quand ils élèvent leurs petits, auxquels le régime azoté paraît nécessaire pour assurer un rapide développement. Les Reptiles écailleux et les Poissons sont presque tous carnivores-, cependant, parmi les premiers, les Iguanes, les Cyclures, etc., vivent de feuilles ou de fleurs; on connaît chez les seconds le régime herbivore des Cyprinides et l'allongement approprié de leur intestin.
TRIBU DES MJCAWIEWS.
Les entomologistes les plus récents s'accordent à séparer ces insectes des Lamellicornes, dont ils n'ont formé longtemps qu'une division. Le caractère distinctif prédominant, en ce sens qu'il ne manque jamais, est la structure des antennes. Elles sont formées de dix articles, brisées ou au moins géniculées, dont les trois à sept derniers, devenant assez semblables à des dents de peigne, perdent toute mobilité, tandis que dans les Scarabéiens les antennes sont toujours composées, à la partie terminale ou massue, d'articles mobiles à la façon de lamelles ou de feuillets de livre ou comme les doigts de la main étendus. De là les noms de Pectinicornes, de Priocères, ou Serricornes, C. Duméril, donnés comme synonymes de Lucaniens, nom tiré du genre principaL Enoutre, le système nerveux, dont l'importance est si grande pour la classification, nous offre dans les Lucaniens une chaîne de ganglions abdominaux distincts de ceux du thorax, tandis que dans les Scarabéiens la chaîne ventrale est réduite à une grosse masse thoracique, par une concentration plus parfaite, indiquant un rang sériai supérieur. Les larves des Lucaniens n'ont pas de plis transversaux à leurs anneaux sur la région dorsale, comme celles de l'autre tribu, et l'anus est longitudinal et non transversal. Il est vrai qu'un passage s'établit, comme nous verrons, par les Passâtes, au point de vue du système nerveux et des larves, mais nos classifications sont toujours approximatives, et aucun groupement n'est possible si l'on exige une rigueur absolue.
Les Lucaniens sont de toutes les parties du monde. Les espèces des régions tempérées, de taille grande ou moyenne, sont en général de couleur sombre, noire ou brune ; certaines espèces exotiques ont des teintes brillantes. Le régime paraît exclusivement végétaL Elles sucent la miellée de certains arbres, les sucs odorants qui coulent de leurs plaies, ou mangent des bourgeons et des feuilles. Très-accidentellement
LUGANIENS PROPRES. 391
on en a vu se repaître d'insectes, par quelque aberration de régime. Les larves sont construites sur le même plan que celles des Scarabéiens, avec mûme nombre d'articles aux antennes et aux palpes, une tôte écailleuse privée d'yeux, des anneaux blanchâtres et gonflés, des antennes à coude bien marqué; trois segments thoraciqueset neuf segments abdominaux, le neuvième divisé en deux portions, dont la dernière forme un sac peu développé, de teinte ardoisée par les excréments qui s'y trouvent. Elles vivent dans les arbres vermoulus et se changent en nymphe dans une coque grossière formée de débris agglutinés.
Les différences sexuelles sont souvent profondes, et les mâles seuls donnent les caractères complets du genre et de l'espèce, altérés souvent par atrophie dans les femelles. Elles ne portent pas sur les antennes, mais consistent surtout dans le développement des mandibules, qui deviennent, dans certains genres, énormes chez les mâles, au point de perdre tout à fait la fonction habituelle ; en outre, la tête et son armure, le corselet, les pattes, peuvent offrir des distinctions.
Nous ajouterons aux caractères principaux, déjà énumérés, les suivants : Labre généralement soudé ; mâchoire à deux lobes, lïnterne assez souvent, l'externe très-rarement en forme de crochet corné; menton grand, corné, presque toujours entier, la languette sans paraglosses, le plus souvent située à la face interne du menton. Élytres recouvrant en entier l'abdomen ; écusson très-variable de grandeur et de forme et pouvant manquer. Abdomen montrant en dessous cinq segments subégaux; hanches transversales. Tarses de cinq articles, simples ainsi que leurs crochets, entre lesquels est un appendice terminé par deux soies.
LesLucaniens se divisent naturellement en deux sections, les Lucaniens propres et les Passales.
Section f^ — LUCANIEN8 PROPRES.
Cette section correspond au genre Lucanu de Linnœus. C'est dans cette section que les mandibules, dépourvues de dent molaire à leur base, acquièrent souvent chez les mâles seuls de très-grandes dimensions, qui amènent nécessairement une tête plus développée, et le plus souvent le corselet n'est pas contigu aux élytres et laisse à découvert le commencement de l'anneau du mésothorax. L'écusson est placé entre les élytres. Lelabre est presque constamment soudé au chaperon, et le lobe externe des mâchoires est inerme et pénicillé ; le menton est entier.
Les femelles'creusent avec leurs mandibules les troncs ou les souches pourries des arbres pour y déposer leurs œufs. Il en sort des larves qui vivent plusieurs années. Leur corps est plus gros que celui des larves des Passales, et la tête, coriace et rougeâtre, égale en largeur les premiers segments thoraciques. Ceux-ci portent trois paires de pattes égales et
développées, et ont l'anus longitudinal et terminé latéralement par deux lèvres ou bourrelets. D'après M. Brullé, les vaisseaux de Malpighi sont insérés au-dessus de la rangée des caecums postérieurs dans ces larves, et non derrière, comme dans les larves de Scarabéiens.
PHOE^lDOTUsî», Mac Leay. — Antennes médiocres, à massue à peine pectinée et de trois articles. Mandibules très-longues chez les mâles, arquées à l'extrémité avec la pointe très-aiguë, multidentées au côté interne ; plus courtes que la tête chez les femelles. Pattes longues, les antérieures notablement plus longues que les autres, à jambes crénelées en dehors.
Les Pholidotes, comprenant deux espèces propres au Brésil et à la Colombie, sont d'assez grande taille et ornés de couleurs vives plus ou moins métalliques, à corps couvert d'écaillés; les femelles, plus petites que les mâles, moins écailleuses, sont souvent de coloration différente. — Ex : P. Humbùldti, Schonh., mâle du Brésil, d'un jaune éclatant, avec les mandibules tomenteuses en dessous (pi. xxiii, fig. 6).
A côté de ce genre se place un curieux genre, offrant quatre espèces spéciales au Chili, Chiasognathus, Ste^h.^ dont les longues mandibules des mâles se contournent de façon à rappeler la lettre grecque y..
L..%i'MPRl!MA, Latr. — Antennes médiocres, à massue courte et épaisse formée des trois derniers articles. Mandibules du mâle médiocres, convexes en dehors ; celles de la femelle à peine de la longueur de la tèle ou plus courtes.
Les Lamprimes forment un beau genre, propre à la Nouvelle-Hollande, à la Tasmanie et à l'Ile Waigiou, dont les espèces, avoue Lacordaire, attendent encore une bonne classificalion. Ce sont des insectes glabres, sauf aux mandibules des mâles, et ornés de couleurs éclatantes, passant du vert doré au bleu plus ou moins pur. — Le type est le L. œnea, de la Nouvelle-Hollande, Fabr., dont nous représentons le mâle, pi. xxiii, fig. 5 ; 5 a, sa tête vue de profil.
I^iUCAliliS, Scopoli, — Tète offrant en avant une saillie intermandibulaire bien marquée, notamment chez les mâles; antennes fortement géniculées, avec massue formée par les quatre, cinq ou six derniers articles. Mandibules de grandeur très-variable, toujours au moins aussi longues que la tèle chez les mâles, saillantes, mais plus courtes que la tète chez les femelles. Mâchoire grêle et pénicillée, avec palpe allongé chez le mâle ; menton large et semicirculaire chez le mâle, trapézoïdal chez la femelle. Jambes antérieures denticulées; tarses avec brosses de poils en dessous.
Les femelles de ce genre sont fouisseuses, afin d'enterrer les œufs dans les détritus ligneux attaqués par leurs mandibules ; aussi les jambes antérieures des mâles, qui ne fouissent pas, sont plus allongée?, plus étroites, moins fortement dentées extérieurement.
LL'CANLS. 393
L'espèce (ype du genre Lucanus est le L. t'ervus, Linn., de toule l'Europe, eniièrement d'un brun marron foncé, remarquable par les énormes mandibules du mâle, presque de la longueur du corps, crénelées intérieurement, munies d'une dent aiguë aux deux tiers de leur longueur, et terminées par une fourche, tandis que la femelle a les mandibules fortes, mais plus courtes que la tèle. Aussi Geoffroy les croyait de deux espèces distinctes, et appelait le m51e le ijrand Cerf-volant , qui est son nom vulgaire, et la femelle la grande Biche. C'est un des plus grands Coléoptères de France ; sa taille varie dans des proportions considérables, de 30 à 50 millimètres, au point qu'on avait fait une espèce sous le nom de L. Capreolus, Sulzer, pour les petites variétés. Il y a aussi beaucoup de différence dans le développement des mandibules et de la tête des mâles. Tout cela doit tenir, comme d'habitude, à une nutrition très-inégale des larves, selon les lieux de ponte des femelles. Les auteurs sont peu d'accord sur l'origine du nom de Lucanus. Nigidius Figulus, qui, selon Macrobe(.Sa<wrn.,lib. 11,12), avait écrit en plusieurs livres unehisloiredesanimauxqui nenousestpasparvenue,a le premier, d'après Pline (II, 28, 3^), donné à la grande espèce de nos pays le nom de Lucanus. Erichson pense que ce nom vient de lucus, bois sacré ; cet insecte étant des grandes forêts. M. Mulsànt suppose que le nom est tiré de l'abondance de cet insecte dans la Lucanie, ou do l'analogie que ses mandibules présentent avec les cornes des bœufs qui faisaient la richesse de cette contrée : le mot Lucanus reviendrait alors à celui de Taurus volans, sous lequel notre Lucanus CeiTus est désigné dans les ouvrages de quelques naturalistes antérieurs à Linnœus. Geoffroy donna au genre le nom de Platycems, transporté depuis à d'autres insectes de la famille, et Scopoli celui de Lucanus. Les mandibules des gros mâles peuvent serrer la peau avec une grande force, même. jusqu'au sang, et porter un poids considérable. Linnîcus dit qu'un Éléphant qui aurait une force proportionnée à celle d'un Lucane-cerf, ébranlerait une montagne. On a vu quelquefois des Lucanes se battre au moyen de ces mandibules, ou emporter entre elles avec une sorte de méchanceté des insectes dont sans doute la présence les contrariait. Le poids de ces gigantesques appendices les gêne beaucoup pour voler, en les obligeant, sous peine de bascule, à tenir le corps presque vertical; cela rend leur locomotion aérienne très-lourde et très-pénible, le vol étant d'autant plus aisé que le corps du voilier s'approche plus du parallélisme à l'horizon. Ils ne volent qu'après le coucher du soleil, et le jour restent accrochés aux feuilles.
D'habitude les mœurs des Lucanes adultes sont douces. Ils vivent de feuilles et surtout des liqueurs qui suintent des crevasses des arbres, et que retient le lobe interne, à poils soyeux, de leurs mâchoires. On peut les nourrird'eau sucrée, et ils sont très-friands de miel, au moyen duquel on prétend qu'ils peuvent s'apprivoiser. Swammcrdam en avait un, dit-on^ qui le suivait comme un chien quand il lui offrait du miel
à la pointe d'un couteau. Un curieux préjugé règne dans certaines parties de l'Allemagne. Ainsi, aux environs de Bamberg, on accuse le Lucane-cerf de venir prendre dans les maisons des charbons ardents entre ses mandibules, et de les transporter sur les chaumières pour y mettre le feu : aussi le nomme-t-on l'incendiaire, etiepourchasse-t-on dès qu'on l'aperçoit. Les Romains suspendaient ces mandibules au cou des enfanis pour les mettre à l'abri des maladies du jeune âge, et la pharmacopée si complexe du moyen Age les employait sous le nom de cornes de Scarabée, contre les convulsions des enfants.
Les Lucanus Cervus pondent dans des trous que font les femelles avec leurs mandibules, aux troncs cariés des Cliônes, où se développent leurs larves, rongeant l'intérieur du bois et des racines. La vie totale de l'insecte est de quatre années. Leurs larves son t blanches, épaisses et dodues , offrant très-exceptionnellement quelques plis transversaux peu marqués aux segments antérieurs. Leur aspect est aussi appétissant que celui de la grosse larve de la Calandre des Palmiers, qui fait les délices des gourmets créoles. Il est très-probable que ce sont ces larves, et aussi celles des grands Capricornes, également grasses et vivant dans les Chênes, qui figuraient, sous le nom de Cossus, sur les tables deLucullus et d'Apicius. Engraissées avec de la farine, elles excitaient la gourmandise savante des fils dégénérés de Cincinnatus, et la coquetterie raffinée des dames de la Rome impériale demandait à cet aliment substantiel un embonpoint qui prolongeait leur beauté. Pline dit expressément: prœgrandesque roborum delicatiures sunt in cibo. Il est impossible de supposer que les chenilles cuirassées et inondées d'un liquide acre et infect de notre Cossus Ligniperda (Lépidoptères) puissent être les vers dont la masse interne, fluide comme une crème savoureuse, excitait les palais blasés des maîtres du monde.
Les larves du L. Cervus se changent en nymphe dans une coque oblongue formée de grossiers fragments de chêne agglutinés. Souvent on trouve l'insecte parfait, hivernant dans cette coque, à la façon de beaucoup de Scarabéiens, et attendant pour sortir la chaleur du mois de juin : c'est ce qui avait fait supposer à tort que cette coque était pour lui une retraite et un abri. Très-commun autrefois, il tend à devenir plus rare en France, car les gros Chênes disparaissent de plus en plus.
Les plus grandes difficultés se présentent pour distinguer les espèces des iMcanus d'Europe, tellement que Jacquelin du Val regarde comme possible que toutes, excepté barharossa, Fabr., soient des variétés locales de L. Cervus. On voit en effet la massue des antennes varier, et offrir trois, quatre, cinq feuillets à bords mousses et criblés de petits pores. On paraît d'accord pour mettre au nombre des variétés le L. pentaphyllus, Reiche, à cinq feuillets à l'antenne, de toute la France méridionale, et le L. Fabiani, Mulsant, du S. 0. de la France. Le L. barharossa, Fabr., est une espèce des plus rares, de l'Andalousie, du Portugal et du nord de l'Afrique, de taille moyenne, d'un brun noir,
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à mandibules du mâle arquées, pointues, avec une faible dent interne et de la longueur de la tOie.— Nous figurons le mâle d'une belle espèce exotique de Java, le L. cinnamomeus, Guér.-Mén., d'un roux-cannelle foncé, pi. XXIII, flg. 3; 3o, tête en dessous; 3 6, mâchoire et palpe ; 3 c, lèvre inférieure et palpe.
Cette belle espèce fait partie maintenant d'un genre démembré des Lucanus, sous le n"om de Cladufinathus, Burmeistcr (mandibules ramifiées). Il se compose de près de soixante espèces des régions chaudes de l'Afrique et de l'Asie orientale, des îles Malaises et des archipels de la Polynésie.
Environ vingt espèces restent dans le genre Lucanus restreint ; elles sont des différentes régions de l'Europe, du Caucase, d'Algérie, du Maroc, d'Asie Mineure, de divers pays de l'Hindoustan et de l'Indo- Chine, des îles Malaises, du Japon, de la Chine, et enfin de l'Amérique septentrionale {L. Elaphus, Fabr. et L. Capreolus, Linn.).
DORCU§>, Mac Leay. — Caractères analogues à ceux des Lucanus; s'en distinguent en ce que le lobe interne des mâchoires est en crochet corné chez les femelles, tandis qu'il reste très-court et pénicillé chez les mâles.
Le type est le D. parallèle pi pedus, Linn., que Geoffroy nomme la petiteBîche, existantdans toute l'Europe méditerranéenne et le Caucase. Les femelles, d'après M. Ratzeburg, comme celles des Lucanus, déposent leurs œufs dans un trou pratiqué au moyen des mandibules cà un tronc ou à une tige, opération à laquelle les deux sexes travaillent en commun. Les larves vivent plusieurs années dans les parties molles ou gâtées des troncs et des racines des arbres, et l'on en trouve à la fois de très-petites, de moyennes et de très-grosses. Leur marche dans le bois serpente dans toutes les directions, et les galeries restent obstruées par un épais cordon de poudre de bois. On les rencontre souvent en grande quantité dans les creux des vieux Chênes où il y a du terreau. Longues d'un peu plus de 3 centimètres, elles ont la tête convexe, luisante et jaunâtre, les pattes jaunes, et, au dernier anneau, une sorte de tumeur ovale de chaque côté du sillon anal. La nymphe, logée dans une coque de débris ligneux, offre une petite pointe sur les parties latérales de chaque anneau de l'abdomen. L'adulte éclôt en mai, juin et juillet; reste au repos sur les arbres pendant le jour, et vole le soir. L'individu le plus long ne dépasse guère 2 centimètres. Il est noir, peu brillant et fortement ponctué, et le corps, allongé, assez déprimé, semble subrectangle. La tête est carrée et aussi large que le corselet dans les deux sexes ; les fortes mandibules du mâle, dont la longueur ne dépasse pas celle de la tête, n'ont qu'une seule dent, et la tête porte deux tubercules. L'insecte se trouve dans les vieux troncs cariés, surtout de Saules.
Les autres espèces du genre Dorcus n'appartiennent pas à l'Europe.
396 COLÉOPlÈRtS. — LUCANIENS.
Une est de l'Amérique boréale, une de Tîle Melville, et environ quarante auprc^-s des régions chaudes de l'Asie, des îles Malaises, Philippines et de l'Australie.
PEi/tTVCERrs, Geoffr. — Mandibules épaisses, un peu plus courtes que la Icte chez les mâles, plus courtes encore, mais saillantes, chez les femelles.
Ex. : P. caraboides, Linn,, de toute l'Europe et du (laucase, de 15 à J8 millimètres de long, assez commun dans les bois de certaines localités, se rencontrant aux environs de Paris. 11 est d'un bleu brillant, quelquefois verdâlre ou violacé, avec les élytres striées longitudinalement, les pattes ordinairement noires, quelquefois rousses dans une variété femelle. Il apparaît dans les bois, à l'état adulte, dès le début du printemps, ronge les feuilles naissantes et les bourgeons, sur lesquels il se tient, et se laisse choir au moindre choc. On se le procurera donc aisément en battant les taillis. C'est la Chevrette bleue de Geoffroy. Ce genre n'a que peu d'espèces, d'Europe et d'Amérique,
IVIGlDlU^i, Mac Leay. — Tête presque aussi large que le corselet, carrée; antennes médiocres, à massue de trois articles trigones. Mandibules plus courtes que la tète, même chez les mâles, en tenailles, surmontées dès la base d'une corne verticale recourbée en dedans, plus courtes chez les femelles, et n'ayant qu'un tubercule au lieu d'une corne. Élytres allongées, parallèles, arrondies au bout, offrant dix sillons plus ou moins larges et profonds.
Ces insectes, glabres et noirs, ressemblant d'aspect à des Passalus, de taille moyenne, allongés et parallèles, couverts de gros points varioles, sont des régions chaudes de l'ancien monde et de Madagascar. — Ex. : N. aiiriculatiis, Gory, du Sénégal (pi. xxiii, tig. /i ; Zi //, lète en dessous).
CERUCurs. Mac Leay. — Massue anlennaire de trois articles. Mandibules un peu plus longues que la tète chez les mâles, avec une forte dent les surmontant au milieu, planes et plus courtes que la tète chez les femelles.
Les insectes de ce genre ont le corps oblong, parallèle, peu convexe en dessus. Le type est le C. Tarandus, Panz., ou tenebrioides, Fabr., insecte fort rare, de toute l'Europe, mais des régions montagneuses, des Alpes, notamment à la Grande Chartreuse, paraissant en août; dont la larve vit dans le tronc des Sapins à demi pourris et couchés sur le sol, et se cache profondément à l'intérieur. Il y a deux autres espèces de l'Amérique du Nord.
^S.%l,lîS, Fabr. — Tète inclinée, brusquement rétrécie à la partie antérieure; antennes à massue de trois articles obtus. Mandibules arquées et aiguës, plus courtes que la tête, avec une dent placée au-dessus, manquant chez les femelles.
L'espèce unique, V.E. scambœoides, Panz. (pi. xxiii, fig, 2; 2 a, tète