PASSA LES
eu dessus), est de petite taille, et le plus petit des Lucaniens. Il a l'aspect des Trox, est d'un brun rougeâtre brillant, ayant sur les élytres des rangées de petites écailles noires redressées, et des soies jaunâtres sur le corps. On l'a trouvé dans toute l'Europe, mais toujours très-rare, dans les troncs cariés des Chênes et des Châtaigniers. 11 a été pris en France près de Strasbourg, dans la Moselle, à Uriage près de Grenoble, etc.
SlIVOUEîVOROIl', Hellw. — Tète beaucoup plus étroite que le corselet, portant très-antérieurement cliez le mâle une corne relevée, au moins aussi longue qu'elle, et cliez la femelle un tubercule corniforme court. Antennes à massue de trois articles brusquement prolongés. Mandibules petites, en pointe aiguë. Élytres régulièrement cylindriques ; pattes courtes.
Le type de ce genre est le ^'. cylindricum, Linn., de l'Europe et du Caucase, mais des régions froides, dont le mâle est figuré pi. xxiir, iig. 1. C'est un insecte de longueur à peine moyenne, d'un noir brillant ou quelquefois d'un brun rougeâtre, avec pattes d'un brun foncé. Son nom est dû à son aspect cylindroïde, les bords des élytres étant bien parallèles, et continuant en projection les lignes droites des bords du corselet, surtout chez le mâle, le corselet de la femelle tendant use rétrécir un peu antérieurement. Le corselet offre antérieurement une troncature oblique dont la périphérie s'avance en rebord sinueux, avec saillie moins prononcée et échancrures moins larges chez la femelle. Le S. cylindricum se trouve en France dans les montagnes ou les parties septentrionales. On l'a pris au mont Pilât, à la Grande Chartreuse, dans les Hêtres et surtout les Frênes cariés, en Auvergne* dans le Châtaignier, en Normandie dans le Pommier à cidre. La larve vit dans les mêmes arbres.
Le genre compte deux autres espèces, une de l'Amérique boréale, l'autre de Californie.
Section lin — t'ASSALES.
Les Passales constituent un groupe de Lucaniens exotiques formé de Coléoptères de grande et de moyenne taille, abondants surtout dans l'Amérique intertropicale et tempérée, de couleur noire brillante, parfois d'un brun marron, aplatis en dessus, à élytres offrant toujours chacune dix sillons. Ils s'éloignent des Lucaniens propres par les antennes, simplement arquées au lieu d'être coudées, et terminées par trois à six articles formant une massue pectinée plus ou moins velue, et aussi par les pièces buccales. Les mandibules, cornées et assez saillantes, sont égales dans les deux sexes et n'ont jamais le développement insolite de celles des Lucaniens propres ; une dent, mobile par des muscles propres, située en avant de la dent molaire de la base, leur
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sert ù diviser le bois en petits fragments. La tôte, très-inégale, offre des saillies plus ou moins prononcées, et parfois une corne médiane arquée. Le corselet, presque carré, est séparé des élytres par un pédicule du mésothorax très-apparent et qui porte l'écusson. Les pattes, assez courtes, sont presque toujours égales.
Les Passâtes sont remarquables en ce qu'ils établissent un passage entre les Scarabéiens et les Lucaniens propres. Leur système nerveux paraît intermédiaire sous le rapport de la diffusion des ganglions de la chaîne ventrale. Les larves présentent aussi à la fois des différences et des passages. Leur tête est plus petite et leur corps plus gvùle que chez les larves de Lucaniens propres; les antennes n'ont que trois articles et non cinq, comme les précédentes larves et celles des Scarabéiens. Leurs mandibules n'ont pas de dents, sauf à l'extrémité, et les pattes de la troisième paire sont atrophiées et réduites à deux tubercules pointus et munis de quelques épines. Enfin l'anus des larves de Passales est transversal ou horizontal, comme chez les Scarabéiens, et non pas longitudfnal ou vertical, ainsi que cela a lieu dans les larves de Lucaniens propres. Le groupe des Passales n'a compris longtemps qu'un seul genre.
PASSAIiUS, Fabr. (et genres dédoublés). — Antennes robustes, à premier article en massue renflée ; labre saillant^ en carré transversal, arrondi aux angles et légèrement échancré entre eux. Lobes des mâchoires cornés, en forme de griffes. Dernier arlicle des palpes maxillaires subfusiforme, aussi grand que les deux précédents réunis. Premier article des palpes labiaux gros, court, obconique, second très-grand, déprimé et arqué, troisième beaucoup plus petit, ovalaire.
Les larves de Passales sont très-communes sous les écorces décomposées et humideS; qu'elles fouillent en tous sens et qu'elles divisent avec les fortes mandibules dont elles sont pourvues. Elles fréquentent les sucreries, et on les trouve parfois en quantité sous les tiges de cannes à sucre jetées en tas après être sorties de la presse. Le genre de vie des adultes est pareil, et ils se trouvent aux mêmes endroits. Les larves ne s'enterrent pas, elles se font une loge pour la nymphose au milieu des débris où elles ont vécu ; elles s'y changent en nymphe recouverte d'une peau transparente, la tête repliée sous le corselet, les antennes et les pattes collées le long du corps en dessous, l'abdomen légèrement flécly. Les grosses espèces de Passales ne volent presque jamais, mais on voit fréquemment les petites voltiger à l'entrée de la nuit. Toutes, quand on les prend, font sortir de la bouche et du dessous des ailes une liqueur presque incolore , d'une odeur caustique assez faible, qui les inonde entièrement. Ils sont remarquables, dit Lacordaire pour ceux qu'il a observés vivants en Amérique, par la promptitude avec laquelle ils meurent: le plus vigoureux individu survit à peine trois ou