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I. - PIMÉLIDES

Corps privé d'ailes sous les élytres. Palpes ayant le dernier article plus ou moins épais, mais non complètement sécuriforme.

GENRES PRINCIPAUX

~PI1IKI,I.%, Fabr. — Menton transversal, anguleux latéralement, fortement échancré en avant. Palpes à dernier article subtriangulaire ou subcylindrique et fortement tronqué; labre saillant, rectangulaire. Antennes de onze articles cylindroïdes, le troisième très-long, le onzième petit; les quatre jambes postérieures comprimées, quadraugulaires.

Les Pimelia, offrant environ cent quarante espèces, sont de taille grande ou moyenne ; leurs élytres offrent les sculptures les plus variables. L'aspect de ces insectes est lourd et massif; cependant ils sont agiles

57U COLÉOPTÈRES. — TÉNÉBRIONIENS.

et cherchent leur nourriture dans les heures les plus chaudes de la journée. Ils habitent les régions centrales de l'Asie, les bords de la Méditerranée et ses îles, les Canaries et le nord de l'Afrique, jusqu'au Sénégal inclusivement. Les espèces de Pimelia sont encore incomplètement connues et contiennent des doubles emplois. — Ex. : P. velutina, Klug, ou vpstita, Gory, du Sénégal (pi. xxxix, fig. 1) ; P. sericea, Oliv., de Grèce et d'Egypte (pi. xxxix, fig. 2, bouche vue en dessous; 2a, mâchoire et palpe; 2 6, labre et mandibules; 2c, antenne); enfin, P. bipunctata, Fabr., commun dans le midi de la France et de l'Espagne. On ne rencontre cette espèce que dans les lieux très-secs, et sa robe noire et peu luisante est toujours couverte de poussière. Elle est longue de 15 millimètres, à corselet granuleux, à élytres carénées sur tous les bords et ayant trois côtes sur chacune.

On s'est souvent demandé comment peuvent vivre les Pimelia, qui affectionnent les lieux les plus arides et dépourvus de toute végétation. Sur les plages sableuses de Malaga, M. P. de la Brûlerie a vu les Pimelia s'attacher autour des excréments d'oiseaux, et il a été encore témoin du même fait pour le P. monticola, Rosenh., sur les sommets de marbre, sans végétation ni terre, de la Sierra-Nevada. En pays civilisé, les Pimelia s'attaquent volontiers à des déjections plus substantielles que celles des oiseaux ; mais un pareil festin est pour elles une occasion exceptionnelle. Si l'on réfléchit que la nature a surtout départi à ces insectes le rôle de peupler les déserts et les îles les plus sèches, de simples rochers même perdus au milieu de l'Océan, on admettra facilement que les excréments d'oiseaux ont une large part dans leur régime ordinaire.

ERODIlJjS, Fabr. — Menton transversal ei échancré. Palpes à dernier article élargi. Antennes de grosseur variable, de onze articles allant un peu grossissant, lé dernier spongieux. Élytres convexes, à côtes, granuleuses, carénées latéralement.

Insectes très-agiles, bien qu'à corps épais et massif, inoffensifs, servant de proie aux carnassiers, des mêmes localités que les Pimelia. — Ex.: E. gibbus , Fabr., de Turquie, de Grèce, d'Egypte, de Syrie (pi. xxxix, fig. 3; 3a, bouche vue en dessous; 3 b, labre ; 3c, antenne). Environ quarante espèces du bassin de la Méditerranée et de Sénégambie.

'Z0PH0ISI<§, Latr. — Tête courte, rétrécie, tronquée en avant, fortement enfoncée dans un corselet très-transversal ; antennes de onze articles, grêles, subcylindriques, à dernier article ovalaire et acuminé. Pattes postérieures très-longues, à éperons très-longs et très-grêles. Pas d'écusson.

Ces Coléoptères, glabres, de taille petite ou moyenne, de couleur noire, quelquefois avec reflets bronzés, ont des ressemblances de forme et de

PIMÉUDES. — GYRIOSOMUS, NYGTELIA, HÏPEROPS. 571

structure avec les Dytisciens. Ils varient de la forme convexe et brièvement ovale à la forme elliptique, allongée, peu convexe, et sont trèsagiles. Ils s'étendent en Afrique plus loin que les genres précédents, jusqu'au Cap, et se trouvent aussi en Asie occidentale et dans les parties les plus méridionales de l'Europe. A. Deyrolle a publié une monographie de ce genre {Ann. Soc. entom., W série, 1867, p. 8i). Nous représentons le Z. testudinarius, Fabr., du Cap. (pi. xxxix^, fig. Zi ; 4o» labre et palpes des deux sortes; U 6, antenne).

Gl'RIOSOMliS, G.-Mén. — Menton tiansversal, pédoncule, échancré; dernier article des palpes maxillaires légèrement triangulaire. Antennes très-poilues, de onze articles, les derniers subglobuleux. (Exactement, Gyriosoma.)

Les Gyriosomes, au nombre de quinze espèces, sont de grands insectes au corps large, propres au Chili et au Pérou, d'habitudes analogues à celles des genres précédents, d'un noir brillant, otfrant sur les élytres des sillons obliques remplis de poils blancs, courts et couchés. — Ex. : G. Luczoti, Solier, insecte publié pour la première fois par M. G,-M., dans son Icon. (pi. xxxix, fig. 5; 5a, bouclie vue en dessous; 5 6, labre).

MVCTECIA, Latr. — Menton subcordiforme, échancré. Palpes maxillaires à dernier article échancré en demi-cercle. Jambes antérieures avec angle apical externe saillant et dentiforme. Tarses épineux.

Le type de ce genre est le A^ nodosa, Germ., Coléoptère noir, à pattes quelquefois brunes ou fauves, assez convexe, à élytres carénées latéralement, avec stries et rides, du littoral atlantique de la république Argentine. (Détails, pi. XXXIX ; 5 c, sa tête vue en dessous; 5c/, lèvre inférieure et palpes ; 5 a, antenne.) Beaucoup d'autres espèces plus grandes, ■ plus larges, plus convexes, du Cliili et de la Patagonie, en général de la motié australe de l'Amérique du Sud.

HYPEROP^, Eschscb. — Mandibules épaisses. Palpes maxillaires robustes, à dernier arlicle subcylindrique et tronqué. Antennes robustes, filiformes, à articles cylindriques et serrés, décroissant peu à peu. Corselet rétréci à la base. Élytres allongées, oblongues, échancrées à leur base en demi-cercle.

Insectes d'un noir mat, avec petits points creux disposés en stries sur les élytres. Les espèces des Indes ont en général le corselet transversal, tandis qu'il est allongé chez celles d'Afrique. — Ex. : H. tagenioides, Eschsch., d'Algérie et du Sénégal (pi. xxxix, fig. 6 ; 6 a, menton et mandibules d'une espèce voisine; 6 6, tête vue en dessus ; 6c, antenne). Douze espèces d'Hyperops : Egypte, Algérie, Sénégal, Mozambique, Indes orientales.

.">72 COLÉOPTÈRES, — TÉNÉBRIONfEKS.

MESOSTESiA, Eschch.— Tête saillante et carénée. Corselet fortement rétréci en arrière. Élytres à base échancrée, ovalaires, rétrécies en arrière.

Les espèces de ce genre sont de forme sveKe et convexe, avec téguments durs, d'un noir très-brillant. Presque toutes sont d'Afrique. — Ex. : M. anguskita, Fabr., ou pimctipennis. Sol., d'Egypte et de Nubie- (pi. XXXIX, fig. 7), ainsi nommé en raison des rangées régulières de points creux qu'offrent les élytres, ce qui est du reste un caractère du genre. i\euf espèces d'Egypte, des Canaries, d'Algérie, de Syrie.

ACIS OU Akis, Herbsl. — Antennes de onze articles, les trois derniers très-petits. Corselet fortement échancré en avant, aminci et relevé sur les côtés, avec angles postérieurs saillants et aigus. Élytres épaisses, ciirénées.

Ces insectes, méditerranéens et asiatiques, au nombre d'une trentaine d'espèces, sont lucifuges, à démarche lente, se cachant pendant le jour sous les pierres, au pied des vieux murs, dans les parties souterraines des ruines, vivant exclusivement, à tous leurs états, d'immondices et d'excréments les plus abjects. La larve de VA. Bacarozzo, Schrank, ou punctata, Thunb., du sud de la France et de l'Espagne, d'Italie, d'Algérie, est aveugle, d'un blanc jaunâtre, hérissée de poils roux, avec le dernier segment excavé en dessus et muni sur le bord de quatre saillies brunâtres relevées. Nous représentons VA. Gorxji, Sol., du nord de l'Afrique, en particulier de Bône (pi. xxxix, fig. 8; 8a, bord antérieur de la tête).

\JA. punctata, de 15 à 20 millimètres, est d'un noir brillant, à corselet et élytres granuleux et plissés, celles-ci carénées au bord externe.

C'ACiCes, Sol. — Antennes longues, assez robustes, filiformes. Corselet arrondi, très-convexe. Élytres beaucoup plus larges que le corselet, assez courtes. l*attes très-longues, surtout les antérieures.

Ex. : C. amen'canus, Lacord. (pi. xxxix, fig. 9), des environs de Buenos- Ayres, de Mendoza, etc., genre établi sur une seule espèce, constituée par un grand insecte qu'on prend parfois à l'intérieur des maisons. Lacordaire, qui a étudié cet insecte vivant, dit qu'il émet un son assez fort. M. Goureau a pu reproduire ce bruit en partie par le frottement des cuisses postérieures contre les côtes Iransverses des lianes des élytres.

HEl.E.\OPiloni'<ii, Latr. — Caractères analogues.

Une seule espèce également, de taille trois fois moindre que la précédente, d'un noir terne, lisse, VH. collaris, Linn., du littoral africain et européen de la Méditerranée, de Sicile, ne paraissant pas dépasser Nîmes en France, très-nocturne, de 15 à 20 millimètres, à élytres

PLMÈLIDKS. — EURYCHOHA, AbELOSTOMA, STENOSIS. 573

unies, se cachant pendant le jour au pied des vieux murs et sous les décombres. .

EURYCIIORA, Thunb. — Tête enfoncée dans le corselet au moins jusqu'aux yeux inclusivement; antennes de dix articles, médiocres, cjlindroïdes, à troisième article plus long que les autres. Corselet transversal concave, trcséchancré en avant, à bords latéraux largement foliacés et relevés. Élytres amincies et tranchantes latéralement.

Ces insectes curieux, disséminés dans toute l'Afrique, depuis l'Algérie jusqu'au cap de Bonne-Espérance, au nombre de neuf espèces, sont de moyenne taille et d'un noir peu brillant, et remarquables par les ailerons du corselet et la tranche crénelée des élytres. On sait que beaucoup de Ténébrioniens lucifugesse recouvrent d'une effiorescencepruineuse, analogue au velouté cireux de certains fruits, et qui se renouvelle si on l'enlève. Chez les Eunjchora, la sécrétion, plus singulière encore, ressemble à des fils d'Araignée qui envelopperaient l'insecte ; on dit qu'elle ne se forme qu'au moment de la reproduction. L'espèce typique du Cap est VE. ciliata, Fabr. (pi. xxxix, fig. 11, bouche vue en dessous ; Il «, tète en dessus; 116, antenne; lie, dernier article de l'antenne).

P0r>0.\0BA*9lf^, Sol. — Caractères très-analogues à ceux du genre précédent. Élytres ovales, arrondies latéralement.

Ces Coléoptères, plus petits et plus rugueux que les Eurychora, sont également africains, mais ne remontent pas aussi au nord et n'existent pas en Algérie. — Ex. : P. rugomla, G.-Mén,, ou opativides, Sol., du Sénégal (pi. xxxix, flg. 10). Cinq espèces,

.%DE£,oc!iTOM.%, Duponchel. — Tête dégagée du corselet, carrée ; antennes de dix articles, courtes, robustes, cylindriques, velues. Corselet caréné sur les côtés, bicaréné sur le disque. Élytres tantôt côtelées, tantôt rugueuses. Pas d'ailes.

Le genre a été fondé sur VA. sulcatuiu, Dup., découvert à Cadix, retrouvé en Algérie, en Syrie, se cachant sous les pierres. Les espèces, noires et de petite taille, se trouvent dans la partie la plus australe de l'Europe méditerranéenne, en Egypte, en Asie Mineure et en Afrique, jusqu'en Guinée. — Ex. : A. rugosum,, Gory, du Sénégal (pi. xxxix, fig. 12 ; 12 a, tête vue en dessus ; 12 6, tète vue en dessous; 12 c, antenne grossie). Six espèces.

STEU'OSIS, Herbst.— Tète très-allongée, rétrécie en anière; dernier article des palpes allongé. Antennes robustes, de onze articles, allant en se rétrécissant et s'élargissant. Élytres allongées, oblongo-ovales, plus larges que le corselet. Pas d'ailes.

Les Stonosis sont de petits insectes à corselet et élytres sans cotes, simplement rugueux ou ponctués en creux, d'un noir mat, plus rare-

57^ COLÉOPTÈRES. — TÉNÉBRIONILNS.

ment rougeàtres, propres au midi de l'Europe, et notamment répandus autour du bassin méditerranéen. On les trouve dans les lieux secs, au pied des plantes, sous les pierres, le long des vieux murs, et souvent réunis en sociétés plus ou moins nombreuses. — S. orientalis, Brullé, de Turquie, de Grèce, d'Algérie (pi. xl, fîg. 1; la, tête grossie, mais dans le dessin de laquelle n'a pas été reproduite la ponctuation propre à l'espèce ; 1 b, bouche vue en dessous). On trouve dans le midi de la France les S. coarctata, Gemminger, et intennedia, Sol. Le genre comprend plus de trente espèces, du midi de la France, de Corse^ de Barbarie, de Grèce, d'Egypte, de Palestine, de Crimée et de la Géorgie russe.

PSAMIMETICOliS, Latr. — Antennes assez longues, robustes, cylindriques, de onze articles, le dernier plus petit. Tête dilatée et relevée en avant, avec col épais. Corselet subcordiforme. Élytres embrassant fortement l'abdomen.

Ces insectes, du Chili et du Pérou, sont d'un noir mat. Le type est le P. costatus, G.-Mén., des deux pays cités, ayant des côtes fines et tranchantes sur les élytres (pi. xl, fig. 2 ; 2 a, bouche vue en dessous ; 2 6, tête en dessus). Trois espèces.

SCAURIJ!!*, l'abr. — Antennes de onze articles, le dernier très-long et atténué au bout. Tète dégagée -, corselet tronqué en avant, arrondi sur les côtés. Élytres oblongo-ovales, très-déclives en arrière. Pas d'ailes.

Par exception à la règle habituelle, les mâles des Scaurus sont plus grands que les femelles et ont les jambes antérieures arquées et les cuisses antérieures plus épaisses et plus dentées, sans doute pour quelque particularité de l'accouplement. Ces insectes, noirs, de mêmes mœurs que les Akis, de taille grande ou moyenne, gros, épais, assez convexes, à élytres anguleusement arrondies aux épaules, se trouvent sur le littoral européen et africain de la Méditerranée ; on les prend. sous les pierres, au pied des vieux murs. — Ex. : S. riigulosus , Sol. (pi. XL, fig. 3 ; 3a, bouche vue en dessous: 3 b, antenne), espèce à élytres côtelées, de l'Espagne méridionale. Le genre comprend vingtquatre espèces, dont plusieurs se rencontrent dans le midi de la France : ainsi S. atratus, F ahr., de 10 à ili millimètres, à élytres sans côtes; S. tristis, Oliv., ou catcaratus, Fabr., d'un noir presque mat, de 15 à 18 millimètres, à élytres ayant chacune trois côtes saillantes.

SCOTOUllIS, Germer. — Palpes robustes, le dernier article des maxillaires subtriangulaire; antennes de onze articles, à derniers articles piriformes et moniliformes. Élytres arrondies aux épaules, brusquement déclives en arrière, souvent côtelées.

Ces Coléoptères, noirs, souvent de grande taille, au nombre d'une trentaine d'espèces, sont répandus du'Pérou à la Patagonie, dans toute

PIMÉLIDES. — VIETA, TRACHYNOTUS, PSAMMODES. 575

l'Amérique du Sud. — Ex. : S. yranosus, Lacord., du Tucuman et du Chili (pi. XL, fig. h; ka, tête vue en dessus; h b, bouche en dessous ; Zic, antenne).

VIETA, de Cast. — Antennes de dix articles apparents, les deux derniers soudés. Corselet très-largement caréné au milieu et saillant au-dessus de la tête, avec fortes épines latérales. Élytres à carènes latérales fortement denticulées.

Ce genre, du nord de l'Afrique, de la Sicile, du sud de l'Espagne, est constitué, ainsi que le genre Sepidium, Fabr., très-voisin et des mêmes régions, par de beaux insectes à corps oblong, jaunâtre ou d'un jaune rougeâtre, à corselet et à élytres hérissés de pointes carénées, couverts d'un duvet écailleux très-serré. Nous représentons le V. senegalensis, Klug, ou vestita, Solier, du Sénégal, de couleur cendrée par le fait de sa pubescence (pi. xl, fig. 5; 5 a, même espèce de profil ; 5 6, tête vue en dessus; 5 c, bouche en dessous; 5 d, antenne). On compte trois espèces de Vieta, du Sennaar, du Sénégal, de l'Arabie et de l'Egypte, et dix-sept de Sepidium, d'Espagne, de Sicile, de Barbarie et d'Egypte.

TRACHT'lîOTUS, Latr. — Dernier article des palpes maxillaires subtrianguiaire ; antennes de onze articles, les derniers un peu plus renflés. Corselet dilaté et aminci sur les côtés. Élytres oblongo-ovales, carénées et rebordées latéralement.

Ces insectes, de taille moyenne, sont du cap de Bonne-Espérance et de Mozambique. — Ex. : T. vittatus, Fabr. (pi. xl, fig. 6; 6 a, tète vue en dessus; 6 6, antenne). Habite le Cap.

PSAMMODEiS, Kirby. — Corselet tranchant sur les côtés, subcordiforme, convexe, mais non globuleux en dessus. Élytres amples, voiitées, très-déclives en arrière. Antennes de onze articles, filiformes. Palpes épais.

Les mâles ont une tache arrondie, formée par des poils tomenteux jaunâtres, et située sur le dernier arceau abdominal. Dans les deux sexes les élytres ont des côtes, ou des tubercules, ou des rides. Une cinquantaine d'espèces du Cap, de Mozambique, de Sierra-Leone, du Zambèze, d'Angola. — Ex. : P. scaher, Fabr., du Cap (pi. xl, fig. 7 ; 7 a, bouche en dessous ; 7 b, tète en dessus ; 7 c, antenne).

H. - BLAPSIDES.

Corps aptère. Palpes maxillaires à dernier arlicle fortement sécurifornie.

576 COLÉOPTÈRES. — TÉNÈBRIOMENS.

om.Yl.iR.% OU OxURA, Kirby. — Antennes grêles, de onze articles, Tèle dégagée et saillante; très-grand écusson transversal. Élytres en ovale allongé, déhiscentes, carénées laléralenientj relevées à rexlréniilé.

Le lype est VO. nctotia, Kirby, d'un brun rougeâtre, habituellement enduit d'une couche de matière terreuse, en rapport avec sa vie lucifuge, à travers laquelle percent des poils courts et redressés, dont les insectesdece genre sont re\êtus. Du Cap (pi. xLi,fig. 1 ; 1 a, son antenne). Deux espèces du Cap.

AClPIiTHOMERA, Latr,, ou Psorodes, Sol. — Corps tuberculeux en général. Antennes très -longues et filiformes ; écusson très-transversal. Corselet transversal et arrondi sur les côtés. Pattes fortes ; cuisses antérieures munies d'une dent aigur, au moins chez les mâles.

Les insectes de ce genre, d'assez grande taille, constituent huit espèces propres au cap de Bonne-Espérance, ordinairement glabres, avec des rangées régulières de tubercules ou de stries. Il y a des poils redressés chez le /'. (jralilla, Herbst (pi. xij, fig. 2).

MlPOli.%MFC!ii, Latr. — Antennes de onze articles, grossissant peu à peu ver? l'extrémité. Corselet échancré en avant, subcylindrique et voûté ; pas d'écusson. Élytres courtes, cylindrico-ovalaires. Corps glabre.

Tous les insectes de ce genre sont d'un noir foncé, brillant ou mat, finement ponctués. Ils appartiennent au sud de l'Espagne et du Portugal, à l'Algérie, au Maroc. — Ex. : M. gibbulus, Herbst, d'Espagne et de Portugal (pi, xli, fig. 3 ; 3o, antenne). Huit espèces.

BIjAPS, Fabr. — Tête dégagée; antennes de onze articles, les derniers globuleux. Corselet subcarré ; élytres atténuées et souvent mucronées à l'extrémité. Pattes longues, à cuisses canaliculées.

Les Blaps comprennent un grand nombre d'espèces répandues surtout dans l'Europe orientale, l'Asie, le bassin de la Méditerranée. Ce sont de grands Coléoptères, d'un noir généralement mat, à élytres souvent sillonnées. On les trouve dans les caves, dans tous les lieux humides et obscurs, dans les latrines du rez-de-chaussée, sous les pierres, sous les plantes mises en tas et pourrissant dans les jardins, sous les tonneaux, les solives, les planchers. Pendant le jour, ils demeurent cachés et ne sortent guère que la nuit. Leur marche est très-lente, et de là vient le nom du genre. Ils dégagent par l'anus un fluide qui paraît de couleur verte dans les glandes anales qui le sécrètent et laisse après les doigts qui saisissent l'insecte une odeur persistante désagréable. Les mâles sont plus étroits que les femelles et ont la pointe terminale

BLAPSIDLS. — r.LAPS. 577

des élytres plus aiguë, quand elle. existe. En général ils ontsous le second segment abdominal une touffe de poils roux, analogue aux organes des mâles des Dermestes, et devant servir sans doute dans la copulation. Parfois il existe en même temps, sur la saillie intercoxale du premier segment de l'abdomen, un tubercule tronqué dont les mâles se servent, dit-on, pour frapper sur divers corps afin d'appeler les femelles. C'est à tort que certains auteurs ont au contraire attribué ces caractères aux femelles.

Les larves des Blaps ressemblent beaucoup à celles des Ténébrions. M. E. Perris a étudié celles des B. fatidica, Sturm., et gigas, Fabr., qu'il trouva, à une profondeur de 20 centimètres environ, dans la terre noirâtre, formée d'humus mêlé de bois, qui constituait le sol d'un bûcher où il rencontrait les adultes; c'est donc dans la terre des caves, des celliers, des remises, des écuries, qu'on doit rechercher les larves de nos espèces communes. Elles sont de grande taille, lisses, luisantes, subcornées, de couleur Isabelle, cylindriques à l'abdomen, demi-cylindriques au thorax. Leurs mandibules sont larges, crochues, noires ; leurs mâchoires fortes, cylindriques ; les palpes maxillaires ont trois articles, les labiaux deux et les antennes quatre. Les pattes, médiocrement longues, comprimées, robustes, fouisseuses, ont quatre articles ; deux poils se voient de chaque côté des anneaux. Il y a neuf segments à l'abdomen, le dernier subconique, avec des rangées de petites épines en dessous de l'anus, qui s'ouvre au milieu d'un mamelon à peine extractile ; les stigmates sont comme à l'ordinaire.

Les nymphes se forment dans une grande cellule subarrondie en terre. Elles ?ont blanches et nues, avec de petites aspérités rouisâtres sur la région dorsale, des crêtes ferrugineuses cornées et tranchantes sur le bord des anneaux, une pubescence roussâtre ; deux appendices coniques, subcornés, de couleur ferrugineuse, avec la pointe noire, terminent le dernier segment. Ces aspérités servent aux évolutions de la nymphe couchée sur le dos dans sa large cellule; elle éclôt au bout d'un mois environ. Selon M. E. Perris, les larves des Blaps doivent vivre de déjections animales, de crottins de rats et de souris, etc. M. E. Desmarest les regarde comme nuisibles pour nous, en ce qu'elles concourent à la destruction des bois dans les caves et celliers. D'autres entomologistes regardent au contraire les Blaps adultes comme utiles, mangeant les limaces des caves, à l'instar des Sphodrus. Leurs pièces buccales peu développées ne doivent leur permettre que des proies assez molles et des détritus. On les conserve longtemps vivants en caplivitc, même à jeun ou percés par l'épingle, fait en rapport avec un régime carnassier.

On doit signaler parmi lés Blaps le B. inortisaga, Linn., de toute l'Europe et du Caucase (pi. xli, fig. /i), nommé Scarabée puant par les anciens auteurs, Ténébrion à prolongement par Geoflroy. il est noir, de 20 à '25 miUimèlres, ovalaire-oblong, avec les élyires et le corselet

578 COLÉOPTÈRES. — TÉNÉRRIO^MENS.

à fins points saillants, plats et mâme déprimés, et une pointe au bout des élytres. On dit qu'attiré par la chaleur, il se glisse parfois dan? les lits des paysans qui habitent des cabanes humides et malpropres. Son aspect répugnant, sa fétidité, lui ont valu les surnoms de Présage-mort] Porte-malheur, Sorcière de la mort. Il faut encore citer le B. similis, Lalr., ou faticlica, Sturm., d'Europe et d'Algérie ; le /?. gages, Linn., ou gigas, Fabr., à corselet bossu au milieu, à élytres très-lisses, atteignant prés de U centimètres de longueur, du sud de la France et de la Russie, d'Kspagne, d'Italie, d'Algérie ; le B. sulcata, Fabr., d'Algérie et d'Egypte, de Sardaigne, du Maroc, à élytres sillonnées de neuf stries sur chacune. Ce dernier insecte est en Egypte le sujet de préjugés populaires et entre dans la pharmacopée domestique; les femmes le mangent cuit au beurre, afin d'engraisser, ce qui est une question très-importante pour le beau sexe en Orient; on le préconise aussi pour guérir les douleurs d'oreilles, la morsure des Scorpions, etc. — Nous représentons, pi. xli, fig. 5, la bouche de cette espèce vue en dessous ; 5 a, son antenne. — A consulter : de Brome, Monographie de quelques genres de Coléoplères héléromères de la tribu des Blapsides (Paris, Lachèzc, 1842).

ClOIVOPl'tii, Latr. — Antennes courtes et robustes, de onze articles. Corselet fortement cordiforme et rebordé. Élytres courtes, largement ovales et arrondies en arrière. Pattes robustes, corps glabre.

Ce genre, de l'Afrique australe, Cap et Mozambique, a pour type un insecte noir du Cap, le G. tibialis, Fabr. (pi. xli, fig. 6), assez répandu dans les collections. Cinq espèces.

AU'OMALIPITS, G.-Mén. — Antennes courtes et robustes, de onze articles, les derniers déprimés. Corselet échancré circulairement en avant, Irès-arrondi sur les côtés, rétréci et rectangle eu arrière. Élytres subparallèles, brusquement arrondies en arrière, carénées sur les bords. Pattes robustes, avec les jambes antérieures bidentées.

Les insectes de ce genre, propre comme le précédent à l'Afrique australe, Cap et Mozambique, sont de grands Coléoptères d'un noir terne, qu'on reçoit habituellement couverts d'un enduit terreux , indiquant des mœurs hypogées. — Ex. : A. dentipes, Fabr. (pi. xli, flg. 7; 7a, bouche vue en dessous; 7 b, antenne). Habite le Cap. Cinq espèces.

1II.%CHL<.%, Herbst. — Antennes de onze articles reçues au repos dans des sillons ' du corselet ; menton recouvrant complètement les mâchoires et la languette.

Les Machla sont des insectes assez rares, au nombre de sept espèces, du cap de Bonne-Espérance, d'un noir terne, ayant ordinairement les téguments couverts de petits poils écailleux, et en outre, dans quelques espèces, de longs poils redreâsés : ainsi dans M. villosa, Herbst (pi. XLI, fig. 8. son corselet; 8 a, bouche en dessous);

liLAPSlDES. — SGOTINUS, ASIDA, HOPATUINUS. 579

SCOTIMCS, Kirby. — Antennes courtes, de dix articles. Corselet très-échancré en avant et caréné sur les bords. Élytres ovales, carénées latéralement. Corps épais, tomenteux en dessous.

On rencontre ces insectes au Brésil, marchant lentement dans les lieux sablonneux ou cachés sous les feuilles ou troncs d'arbres renversés. — Ex. : S. tuberculatus, Eschsch. (pi. xli, Qg. 9; 0 a, bouche vue en dessous; 9 6, antenne).

AlilD.%, Latr. — Palpes à dernier article fortement sécuriforme. Antennes libre» au repos, de onze articles, les derniers élargis, surtout le dixième.

Les Asides constituent un genre nombreux en espaces, plus de cent vingt, d'une séparation difficile, habitant surtout l'Europe méridionale et le nord de l'Afrique, et quelques espèces des États-Unis et du Nouveau- Mexique. Ce sont des insectes d'une démarche lente, se plaisant principalement dans les lieux secs et arides, et se cachant le jour sous les pierres, sous les plantes, sous les feuilles mortes, au pied des arbres, etc. Les espèces sont tantôt glabres, tantôt finement pubescentes, de sculpture très variée ; les mfiles ont les contours latéraux plus parallèles, sont peu convexes ou môme déprimés, les femelles ovalaires et plus convexes, au point qu'on en a quelquefois fait des espèces distinctes. On trouve près de Paris 1'^. sabulosa, Goeze, ou grisea, Fabr., ou rugosa, Fourcroy, de France, d'Allemagne, d'Italie, Coléoptère grisâtre, long de 12 à IZi millimètres, avec quatre lignes élevées et sinueuses sur les élytres, souvent couvert de terre. Citons encore VA. lœvis. Sol., d'Espagne (pi. xli, fig. 10, tôte en dessous; 10a, antenne).

BOPATRIISU!^ ou Opatrinus, Latr. — Tête fortement échancrée en avant; antennes de onze articles, les derniers subglobuleux. Corps ailé chez la plupart.

Ces insectes, au nombre déplus de vingt espèces, d'une taille moyenne, ont les élytres striées; les mâles offrent les quatre premiers articles des tarses antérieurs dilatés. Us habitent les parties chaudes de l'Amérique, de l'Afrique, Madagascar et Tonga-Tabou. — Ex. 0. ^fe/ne/toti/s, OUv., de la Guyane (pi. xu, fig. 11, tarse antérieur du mâle; 11 a, antenne ; 11 b, tête en dessous). iNous ferons remarquer que ce genre n'est plus placé aujourd'hui, comme par Latreille, près du genre Opatrum, mais près des genres Fedinus et Platyscelis ; il appartient réellement aux Blapsides par la majorité des caractères, bien que, par exception, il ne soit pas aptère.

580 COLÉOPTÈKI-S. — TÉNÉnRIONIENS.

ilEMOPATE!^, Muls. — Tarses antérieurs des mâles dilatés, avec brosses de poils en dessous, et jambes iiUermédiaires et postérieures ciliées de longs poils fauves.

Ce genre est assez nombreux en espèces, difficiles à distinguer, du midi de l'Europe, de Barbarie, de Turquie, de Perse, de Sibérie , de Chine. — Ex. : H. lusitanicus, Herbst, d'Espagne et Sardaigne (pi. xu, fig. 12, patte antérieure du mâle). Plus de quarante espèces.

11 faut citer H. gibbus, Fabr., de 8 à 10 millimètres, oblong, peu convexe, d'un noir assez brillant, à élytres striées et ponctuées, très-commun sur les plages sablonneuses de la Manche et de l'Océan.

B>E:»liVi:«ii, Latr. — Tète semi-enfoncée, à yeux rentrés. Corselet transversal, échancré en arc à sa base. Corps oblong ou court, convexe et comme arqué en dessus.

Les Pédines sont des Coléoptères de taille moyenne, répandus principalement dans le midi de l'Europe, et dont quelques espèces remontent dans l'Europe centrale. Les mâles ont les tarses antérieurs dilatés, avec brosses de poils en dessous. — Ex. : P. helopioïdes, Ahrens, d'Allemagne, de Grèce, de Dalmatie (pi xu, fig. 13; 13 a, patte antérieure du mâle).

DIiAPSTIi%lJS, Latr. — Tête transversale, largement échancrée en avant. Tarses antérieurs dilatés chez les mâles. Corps quelquefois ailé sous les élytres.

Les espèces de ce genre sont des parties chaudes et tempérées de l'Amérique. Ce sont des insectes de taille médiocre, d'un noir quelquefois bronzé, avec des élytres ponctuées. — Ex. : B. punctatus, Fabr., des Antilles (pi. xu, fig. l/i, tête; ilxa, larse antérieur du mâle; 1^6, tarse intermédiaire; ilxc, tarse postérieur). Plus de vingt espèces.

PliATYSCEIilS, Latr. — Tète très-transversale, un peu voûtée ; antennes grêles, de onze articles, les derniers subglobuleux. Tarses antérieurs et intermédiaires des mâles dilatés, avec brosses en dessous, simples chez les femelles.

Les Platyscelis sonl propres à l'Europe orientale, à l'Asie Mineure, à la Sibérie, tantôt presque aussi grands que quelques Blaps, tantôt, au €ontraire, de taille très-moyenne ouniême assez faible. Certains, ainsi P. gages, ont un faciès de Crypticus, Ténébrioniens du groupe suivant. — Ex. : P. gages, Fisch,, de Sibérie et de la Russie méridionale (pi. xli, fig. 15; 15a, tète en dessus ; 15 6, antenne; 15 c, tarse intermédiaire du mâle; 15c?, tarse antérieur du même sexe). Douze espèces.

TÉNÉRRIONTOES. — CRYPTICUS, HOPATRLM, CHlUOSCELFS. 581

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