‹ Les insectes (volume 2)Chapitre 38 sur 53 · TÉNÉBRIONIDES · texte numérisé non relu

TÉNÉBRIONIDES

Corps pourvu d'ailes sous les élytres. Dernier article des palpes sécurilbrmes.

CRYPTICUS, Latr. — Tête demi-circulaire en avant, à yeux débordant. Corps ailé ou aptère ; antennes grêles^ de onze articles.

Les Crypticus sont des insectes de taille assez peiite ou médiocre, noirs ou d'un ferrugineux brillant, glabres ou pubescents, parfois avec des stries peu marquées. On les trouve courant le jour, d'une manière assez agile, dans les lieu.v sablonneux ou arides et exposés au soleil. Le type, un des plus petits et des plus allongés, est le C. quisquilius, Linn., de l'Europe méridionale et d'Algérie, d'un noir peu brillant, de 5 à 6 millim. — Nous représentons le C. gibbuhis, Quens., de la France méridionale et du bassin de la Méditerranée (pi. xlh, fig. 1 ; 1 a, télé en dessus; 1 6, antenne). Outre l'Europe méditerranéenne, les Canaries, Ceylan et l'Arkansas. Plus de vingt espèces.

HOPATRUM ou Opatrum, Fabr. — Tète transversale, arrondie en avant et fortement échancrée en triangle; antennes de onze articles, grossissant un peu à leur extrémité. Élytres parallèles, largement arrondies en arrière. Tarses simples dans les deux sexes.

Les Opatres ont, selon les espèces, des ailes nulles, rudimentaires, développées , des formes et une sculpture variées, tantôt glabres, tantôt revêtues de poils ou de cils couchés, d'un fauve jaunâtre, tantôt courts et subconvexes, tantôt allongés et déprimés. Leurs espèces sont nombreuses dans les lieux sablonneux et arides de l'Europe méridionale, sous les pierres, au pied des plantes, ou vaguant çà et là pendant la plus forte chaleur du jour. Ce sont des insectes de taille moyenne ou petite, souvent couverts de poussière. Le type du genre, l'O. sabulomm, Linn., de 8 millimètres, d'un brun noir mat, slrié et granuleux, est trèscommun aux environs de Paris et dans toute la France ; on le trouve dans toute l'Europe, l'Algérie, le Caucase. C'est le Ténéhrion à stries de7itelées de Geoffroy. — Nous représentons l'O. elo7igatum, G.-Mén.., du Bengale (pi. xui, fig. 2; 2a, tète en dessus ; '2 b, antenne). Près de cent trente espèces de toutes les régions de l'ancien monde, quelques-unes de Polynésie et de l'Australie.

CHIROfivCEl.lfii, Lam. — Lèvre inférieure large el en croissant ; antennes trèsrobustes, à articles arrondis, le dernier en massue. Jambes antérieures trèsfortement triangulaires, à cinq digitalions.

Le genre Chiroscelis est formé de très-grands Coléoptères noirs en bruns. Il paraît propre à la côte de Guinée et à l'Afrique australe. Nous

582 COLÉOPTÈRES. — TÉNÉBRIOXIENS.

figurons une célébrité entomologique, sujet ou espèce, encore unique dans les collections, nommée C6//enes^ra,Lam. (1), et rapportée en 1803 par Pérou, du voyage aux Terres australes. On trouve sur le second segment abdominal des dépressions ovales que Lamarck prit pour dés organes de phosphorescence, comme les taches orbiculaires du corselet des Pyrophorus. C'est certainement une erreur, car j'ai vu très-bien à la loupe, sur le sujet uiiique du Muséum, que la surface de ces taches n'est pas une fine membrane, mais est recouverte de poils formant un feutrage épais (2). Ces organes paraissent génériques, car on les trouve comme apanage des femelles dans les diverses espèces connues du genre (M. Westwood). Le C. hifenestra fut rapporté dans les collections envoyées à l'avance sur le vaisseau le Naturaliste, qui revint un an avant Pérou, il semble fort douteux que l'espèce soit d'Australie; elle a trèsprobablement été trouvée dans quelque relâche au Cap ou à la côte d'Afrique, peut-être donnée dans le séjour aux Canaries au début du voyage. Lacordaire et M. Guérin-Méneville pensent que l'insecte décrit par Lamarck n'est qu'une variété du Chiroscelis {Tenebrio) digitatiis, de Fabricius, de la côte de Guinée. — Nous représentons ce bel insecte, pL XLii, fig. 5; 5a, tète vue en dessus; 5 b, palpe maxillaire Irèsgrossi.

TOXICUM, Latr. — Corps cylindrique. Tête bicornue ou quadricornue chez les mâles, iriernie chez les femelles ; antennes grêles, avec les quatre derniers articles brusquement élargis.

Ces insectes, de taille moyenne, d'un noir profond et velouté, sont

propres aux Indes orientales et à l'Afrique. —Ex. : T. curvicorne, Chevr.,

du Sénégal (pi. xLir, fig. 6; 6a, tête du mâle vue en dessus; 6 6, lèvre

inférieure ; 6 c, antenne de face et de champ, afin de montrer dans

cette seconde position l'aplatissement des articles terminaux élargis).

BIUS, Muls. — Mandibules bifides ; antennes de onze articles, les cinq derniers déprimés et élargis progressivement. Corselet subcarré.

Le type est un insecte de taille médiocre, finement ponctué en dessus, à corps ailé, allongé, parallèle, déprimé, le B. thoracicus, Fabr. (pi. xi.ii, fig. 7; 7 a, lète vue en dessous; 7 6, antenne). Il habite le nord de l'Europe et les montagnes de ce continent, et se trouve sous les écorces des arbres. Une seconde espèce est de Cilifornie.

(1) Ann. du Muséum, t. III, p. 260.

(2) Maurice Girard, Péron, naluralisle voyageur aux Terres australes. Paris, J. B. Baillière et fils, 1857, p. 170.

Tt.XÉBRlOINIDES. — CALCAR, NYCIORATES, TENEBRIO. 583

!i!$lTOPII.%GU^, Muls. — Genre très-voisin.

Le type est le S. Solieri, Muls., trouvé à Marseille et Irès-probablement importé, causant des dégâts dans les grains. Il y a quatre autres espèces, de Madère et d'Amérique.

CAI.CMR; Latr. — Menton plan, faiblement échancré ; dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme ; antennes de onze articles, les derniers submonilifornies. Corps très-allongé, linéaire, déprimé, ailé.

Ce genre est formé d'insectes épigés, d'assez petite taille, d'un brun noirâtre, très-finement pointillés, et de la faune méditerranéenne. L'espèce la plus connue est le C, elungatum, Herbst (pi. xlii, fig. 8; 8 a, chaperon et labre en dessus ; 8 6, bouche en dessous; 8c, antenne). Cet insecte est répandu au sud de la France et de l'Espagne, au Maroc, en Algérie et à Madère, en Russie méridionale et en Sibérie. Six espèces.

UPIS; Fabr. — Corps ailé, allongé; antennes de onze articles, les cinq derniers élargis. Corselet plus long que large.

Le type du genre est un insecte de l'Amérique boréale, de la Suède, de la Laponie, VU. ceramboïdes, Linn. (pi. xui, fig. 9; 9 a, tête en dessus; 9 b, antenne ; 9 c, lèvre inférieure; 9 c/, id., vue de profil). Celte espèce, d'un noir brillant, d'assez grande taille, vit, dit-on, dans les Bolets des troncs d'arbres et particulièrement des Bouleaux. Elle est remarquable par ses élytres couvertes de fortes rugosités confluentes ; les mâles ont les jambes antérieures arquées et bisinuées intérieurement.

1%1'CTOB.tTE!*, G.-Mén. — Caractères très-voisins de ceux du genre Upis.

Les Nyctobates, au nombre de près de trente espèces, sont des régions chaudes des deux continents, de taille au moins moyenne, parfois trèsgrande (iV. gigas, Linn., maximus, Germ., de l'Amérique du Sud). La plupart des espèces sont d'un noir profond, quelques-unes ont des couleurs métalliques; les téguments sont sillonnés ou striés, et en général revêtus d'une efflorescence fugace et veloutée. Elles vivent sous les écorces. Lacordaire a reconnu que les grandes espèces d'Amérique lancent par l'anus, quand on les saisit, à plus de 30 centimètres de distance, une liqueur caustique, d'odeur aussi pénétrante que celle qui est lancée par les Carabus, et où Pelouze a reconnu l'acide butyrique.

TO'KURIO, Linn. — Tète subrbomboïdale; menton convexe, trapézifornie ; antennes de onze articles, les derniers moniliformes et grossissant peu à peu. Corps allongé, parallèle, peu convexe.

Les Ténébrions sont des insectes de taille moyenne, de couleur obscure, noire ou brune, et rendue terne par une foule de petits points

58h GOLÉOPTÈHES.— TÉNtBRIONIENS,

en creux ; les tarses sont ciliés en dessous ; les jambes de devant sont arquées chez les mules. Ces Coléoptères recherchent les lieu\ obscurs, ne sortent et ne volent guère que la nuit. Les espèces du genre réduit sont peu nombreuses et propres à TEurope, à l'Afrique, à l'Amérique boréale. On trouve les unes dans les parties cariées du tronc des arbres, les autres dans les boulangeries^ chez les meuniers, dans les écuries, etc. Une espèce fort nuisible, d'Europe, d'Algérie, du Caucase, est le T, mo- /îtor, Linn. (pi. xui, fig. 10, bouche vue en dessous; 10 a, antenne). 11 est long de 15 millimètres, d'un brun noirâtre, avec les élyfres souvent d'un brun rougeâtre, fortement striées de neuf ou dix stries; son nom de Ténébrion est fort ancien et se trouve dans l'ouvrage de Varron De re rustica.On en rencontre souventdes débris dans le pain. Sa larve, longue, cylindroïde, d'un fauve clair luisant, avec le dernier anneau du corps muni de deux petites pointes crochues, est connue sous le nom de Ver de farine. Ver des meuniers. Elle est recherchée comme appât pour certaines pêches, et s'emploie par les amateurs d'oiseaux insectivores pour nourrir les habitants de leurs volières. Elle sert surtout à élever les jeunes Rossignols et à prendre les adultes vivants dans les pièges. Elle vit de farine, et cause souvent de grands dommages aux farines conservées, et aussi aux provisions de biscuit de mer sur les navires, concurremment avec les Blattiens. Les caractères anatomiques de cette larve ressemblent beaucoup à celle des larves deBlaps ; les mandibules sont fortes, mais non saillantes et terminées par une extrémité bifurquée. Les segments thoraciques sont recouverts d'écussons cornés; les segments abdominaux, égaux en largeur, ce qui donne à ces larves la forme cylindroïde, sont partagés en deux par des écussons parcheminés, les dorsaux très-dévcloppés, les ventraux moins larges. Une seconde espèce, plus grande, de 15 à 18 millimètres, aussi Irès-répandue, d'Europe, d'Algérie, du Caucase, le T. obscurus, Fabr., à stries des clytres bien moins marquées, a sa larve vivant surtout de débris d'origine animale. Nous représentons (pi. xtn, fig. 12) sa lèvre inférieure. 11 faut remarquer que le T. imlitor a un régime analogue en réalité, car la farine contient du gluten, substance très-azotée. On comprend que cette espèce soit devenue cosmopolite par le fait des transports résultant de son régime.

HETEROTAR!#lS, Latr. — Quatre articles aux quatre tarses antérieurs, trois aux postérieurs. Anleiines de onze articles, les derniers transversalemeat , élargis. Corselet transversal, arrondi sur les côtés; grand écusson.

On n'a d'abord déciit {kon. de Guér.-Mén., texte p. 121) qu'une espèce du Sénégal, \'H. tenehr ioïdes , G. -M. (pi. xlu, fig. 11; lia, tète; Il h, antenne ; lie, tarse antérieur ; 11 d, tarse postérieur).

Il existe dans les collections d'autres espèces encore nominales du même pays et des Indes orientales. On en a décrit une seconde de Java.

TÊNÉBRIONIDES. — DIAPERIS, IIYPOPHLOEUS, TR\CHySCRr.IS. 585

DlAPERl!^, Geoffr. — Corps globoso-ovalaire. Tête atténuée en avant ; antennes de onze articles, les huit derniers élargis et transversaux.

Ce genre comprend des Coléoptères ailés, au nombre de quatre espèces, d'Europe et d'Amérique, à téguments brillants, comme vernissés, à couleurs variées, ornés en général de bandes fauves transverses sur les élytres. On les trouve sous les écorces et dans diverses espèces de Bolets que leurs larves creusent de galeries irrégulières. De ces larves, les unes vivent dans l'intérieur de Bolets croissant à l'air libre, et sont aveugles : ainsi la larve blanchâtre et charnue du D. Bolsti, Linn., espèce de toute l'Europe moyenne et méridionale, du Caucase, d'Algérie, subit sa nymphose dans un sphéroïde qu'elle a détaché du Bolet nourricier. Les autres, appartenant à des genres très-voisins du genre Diaperis actuel, rongent les Bolets qui croissent sous les écorces, ont trois ou quatre ocelles de chaque côté de la tète, et se métamorphosent simplement sous les écorces. Toutes ces larves sont conformées sur le type général des Ténébrioniens, et ont de spécial la faculté de se renfermer dans une coque soyeuse. — JNous figurons le D. bipustulata, Cast. et Brull . , d'Espagne et d'Algérie (pi. xliii, iig. 1 ; la, antenne; 1 b, palpe maxillaire). Le D. Boleti, long de 6 à 7 millimètres, très-convexe, est d'un noir brillant, avec trois grandes taches jaunes sur chaque élytre.

BirPOPlir<Ki:<si,, Fabr. — Antennes de onze arlicles, fusiformes. Corps étroit,

parallèle.

Ces insectes, répandus dans les deux continents, vivent sous les écorces des arbres morts ou malades. Il résulte de cet habitat qu'on a regardé leurs larves comme xylophages ; mais M. E. Perris a reconnu qu'elles font au contraire la guerre aux larves lignivores. Ces moeurs carnassières, celte alimentation de proie vivante, sont très-remarquables dans la tribu actuelle. On rencontre en Suède, en France, eu Allemagne VH. cimetarius, Herhst, ou castaneiis, Fabr., brun marron, de 6 millimètres (pi. xuii, fig. 2). Plus de vitigt espèces, d'Europe, des Canaries, d'Algérie, de Ceylan.

THAC'toT*iiC'l<:M*ii, Lalr. — Tète très-courte ; antennes de onze articles, les cinq derniers formant brusquement une massue ovalaire déprimée et perfoliée. Corps brièvement ovalaire.

Le type de ce genre est un très-petit insecte noir, de à millimètres, à élytres striées, d'un fauve pille en dessous, avec les côtés du corps et les pattes garnis d'assez longs poils. On le trouve sur les littoraux d'Espagne, d'Italie, de Grèce et du nord de l'Afrique : c'est le T. aphodiuïdes, Latr. (pi. xiJH, fig. 3 ; 3 a), commun sur nos côtes de la Méditerranée et de l'Océan, jusqu'en Bretagne.

il existe une seconde espèce, de l'Amérique septentrionale.

586 COLÉOPTÈr.ES. — té.nébriomens.

ISOLITOPIIAGl'!^, Illig. — Tête courte ; antennes de onze ou douze articles, les derniers transversaux, en massue, et reçus en partie au repos dans un sillon transversal. Élytres embrassant médiocrement le corps. Corps âpre ou tuberculeux.

Ce genre faisait partie des Taxicornes de Latreille. Ses dix-sept espèces se rencontrent en Europe, dans l'Amérique du Nord, au Chili, aux Indes orientales, à Madagascar, à Tonga-Tabou, aux îles Wallis, à la Nouvelle-Zélande. 11 y a des espèces, surtout exotiques, à corps hérissé en dessus, sur le corselet et les élytres, de tubercules, de callosités, de côtes interrompues, qui le rendent très-inégal, sans parler de poils abondants. La tête ou le corselet, chez beaucoup de mâles, ont des cornes qui manquent chez les femelles ou sont vestigiaires. Sous tous les étals ils vivent exclusivement dans les Bolets des arbres, et, de même que les Diapcris, les Helops, etc., tous genres des Bolets et du dessous des écorces, exhalent une odeur ammoniacale. La larve la mieux connue est celle d'un genre extrêmement voisin, àeVEIeduna, Latr., agaricola, Herbst, et non agricoln, comme l'écrivent par erreur divers auteurs. Elle est graduellement atténuée en arrière, à prothorax seul corné, à segment anal petit, sans saillies ni pseudopode en dessous. D'après L. Dufour, elle détache du Bolet dans lequel elle a creusé ses galeries une masse ovoïde dans laquelle elle s'enferme pour la nymphose, après l'avoir percée de part en part d'un canal dont elle bouche ensuite exactement les deux extrémités. Il en est de même pour les larves de Diapères, qui, en outre, s'enveloppent d'une coque soyeuse, ce que ne paraît pas faire celle de l'Elédone. — Nous citerons le Bolitophayus reticulatus, Linn., on crenatus, Fabr., de 6 à 7 millimètres, noir ou brun foncé, de France, d'Allemagne et de Suède, et nous figurons le B. bifurcus, Fabr., ou cornuius, Panzer, de l'Amérique du Nord (pi. xliii, lig. 6 ; 6a, profil ; 6 h, antenne ; 6 c, tarse postérieur).

ILOMA, Cast. — Corps large, plan, glabre. Tète souvent cornue chez les mâles; antennes dilatées à partir du sixième article.

Ces insectes, noirs, ou d'un ferrugineux brillant, à élytres sillonnées de stries ponctuées, vivent dans les troncs cariés et sous les écorces. Les quarante espèces sont d'Europe, du Gabon, du Sénégal, de Ccylan, de Java, de Madagascar, des États-Unis, de Californie, de la Guyane, du Ërésil, d'Australie, de Polynésie, de' la Nouvelle-Zélande.

11 faut citer les U. culinarin, Linn., de Suède, de France, d'Allemagne, d'Italie, de Grèce, d'un roux très-brillant, de 10 millimètres, assez rare ; et U. Perroudi, Muls., de France méridionale et de Corse, qui affectionne les souches de Pins.

TÉNÉBRIONIDF'^. - Tr.;n:'F,I! M, PIIALERIA, COSSVPHUS, 587

TaiBOI.IUM, Mac Leay, et Gil.%THOCERIJ§i, Thunb.

Nous citons seulement ces genres à cause de deux petites espaces, de couleur ferrugineuse, à élytres finement striées : le G. cornutus, Fabr., et le T. fcrnigineitm, Fabr., qui sont devenues ci peu près cosmopolites par leur régime, et constituent des Ténébrioniens nuisibles. La première se rencontre dans les magasins de céréales, et de même la seconde, qui n'a que 2 millimètres de long, qu'on trouve aussi dans la farine, le son, le riz, etc., et qu'on a vue même attaquer les collections entomologiques, et sortir du corps d'insectes desséchés. Il y a encore quelques autres espèces, d'Europe, d'Amérique méridionale, de l'île de France, de l'île Art.

PHAliKRI.^, Latr. — Corps ovalaire ou globoso-ovalaiie. Antennes ae onze articles un peu dilatés et épaissis à l'extrémité.

Ce sont des insectes d'un jaune teslacé ou pâle, assez souvent tachés de noir sur leurs élytres, qui sont finement, striées, et vivant près des bords de la mer, dont ils s'écartent rarement. On les trouve enfouis dans le sable au pied des plantes, et aussi sous les matières organiques en décomposition. Le P. hemisphœrica, Kûst., du midi de la France, d'Espagne et d'Algérie, de h millimètres, lisse, d'un jaune ptlle, est très-commun dans les dunes de la Provence, et le P. cadaverina, Fabr., de 6 à 7 millimètres, d'un fauve jaunâtre, des mêmes pays et de la Russie méridionale, est très-abondant sur les côtes de la Méditerranée et de l'Océan, où on le trouve par troupes sous les Fucus rejetés par les flots.

Il y a en tout trente espèces de Phaleria. Les autres sont de l'Europe australe, du Brésil, du Chili, de Californie, des îles Gallapagos, des États-Unis, de Madagascar, de Ceylan, de Chine, du Kamtchatka.

ro§)SVPUrs, Oliv. — Tête entièrement cachée sous le corselet, qui présente une excavation pour la recevoir ; antennes de onze articles en massue. Jambes linéaires. Corps déprimé, largement foliacé tout autour et peltiforme. Élytres à pourtour largement foliacé et relevé ; ailes existantes ou nulles.

Ce genre bizarre, qui comprend vingt espèces, reste isolé dans la tribu des Ténébrioniens, et l'on ne sait trop à quel groupe le rapporter. Les Cossyphes sont de petite taille ou médiocre, de couleur de feuille morte, plus foncée sur les parties non foliacées du corslet et des élytres. En Europe, ces insectes ne se trouvent que dans les régions les plus méridionales. Ils vivent, parfois réunis en sociétés, sous les pierres, dans les crevasses du sol, ou même à l'intérieur des mottes de terre. Us sont lents dans leurs mouvements, et ceux dont les ailes sont développées en font rarement usage. Les mâles ont le dernier article des tarses inférieurement dilaté en une forte dent comprimée.— Ex. ; C. moniliferus.

588 COLÉOPTÈRES. — TÉNÉBRIONIENS.

Chevr., du Sénégal, de Barbarie (pi. xun, fig. 7; 7a, corps grossi ei vu en dessous; 7 6, lôtevue en dessous; 7c, base d'une des élytres ; 7 d, larse antérieur). Les autres Cossyphes sont d'Europe australe, de Barbarie, de Mozambique, de l'Afrique australe, des Indes, du sud de l'Australie, de Java. On consultera un bon travail de de Brème, Essai monogr. et iconogr. de la tribu des Cossyphides (Paris, Lachèze, 18/i2, 18/16).

All^IO, Latr. — Corps hémisphérique; antennes de onze articles. Corselet engagé dans une échancrure des élytres, largement foliacé sur les côtés. Pattes courtes.

Ces insectes, de taille médiocre, sont en général d'un fauve rougeâlre ou jaunâtre, avec des élytres noirâtres et revêtus d'une pubescence laineuse. Ils sont abondamment répandus, au nombre d'une vingtaine d'espèces, du Mexique jusqu'au sud du Brésil. Ils ressemblent à des Coccinelles et à certains Erotyles. « On les trouve, dit Lacordaire, immobiles ou marchant lentement sur les Bolets ou les troncs des arbres; quand on les touche , ils simulent la mort, mais sans se laisser tomber. Ils exhalent à un haut degré l'odeur propre aux Hétéromères bolétophages. » La place exacte de ce genre est fort incertaine. Il est le type d'une petite famille, les Nilionides. Nous représentons le N. lanatus, Germ., du Brésil (pi. xi.ni, fig. 8). — Voyez Thomson, Monographie des Nilionides {Musée scientifique, Paris, 1860).

ElMTHAGl,'», Lalr. — Corps ailé ; antennes de onze articles. Corselet rétréci en avant. Élytres plus ou moins arquées en dessus, ohlongues ou oblongoûvales ; écusson assez grand.

Ce genre, également de position très-ambiguë, se compose de vingt espèces environ, des deux Amériques, surtout chaudes, et dont plusieurs n'ont encore que des noms de collection et sont inédites. Les Epitragus, de taille médiocre, légèrement chagrinés ou ponctués en dessus et finement pubescents, sont de couleur uniforme, variant du ferrugineux et du brun au bronze brillant. Ils vivent sur les feuilles et ont les tarses munis en dessous de poils ou de brosses laineuses. — Ex. : E. lineatus, Chevr., du Brésil (pi. xuii, fig. 9).

CYRTUSOM.li, l*erty. — Antennes de onze articles, grossissant peu à peu, élargies et déprimée.s à partir du sixième ou septième article. Élytres plus larges que le corselet, courtes, très-convexes.

Ce genre, formé de beaux insectes en général de couleurs variées et souvent métallique?, se trouve répandu dans les Antilles, à la Plala, au Brésil, en Colombie, dans la Guyane. — Ex. : C. Lherminieri, Chevr., d'un noir brillant, de la Guadeloupe (pi. xi.iii, fig. 10 ; 10 a, bouche en dessous; lOb, antenne avec les derniers articles Irès-aplatis). Cinq ■espèces.

TÉNÉBRIOMDLS. — SPHLNISCI'S, AMARYGMUS, liURYPUS. 589

SHHKMlSt'lifi», Kirby. — Antennes de onze articles, les derniers triangulaires et dentelés. Corselet rétréci antérieurement et ayant tous les angles aigus. Élytres convexes et élargies dans leur moitié antérieure.

Ces insectes ressemblent aux Erotylus, même pour la coloration. Ils sont noirs, avec les élytres d'un blanc jaunâtre, maculées de taches noires ou bleues irrcguliôres. Ils sont répandus, au nombre de près de trente espèces, du Mexique au Brésil méridional. — Ex. : S. jnctus, Chevr., de la (luyanc et du Brésil (pi. xuii, fig. 11).

AMARTGMU^i, Daim. — Antennes grossissant graduellement vers l'extrémité, de onze articles, le dernier allongé et arrondi. Corselet beaucoup plus large que long. Éiytres ovalaires.

Ce genre est formé de beaux Coléoptères à élytres finement striées ou ponctués en rangées régulières, ornés d'éclatantes couleurs métalliques, ou bien noirs, bronzés ou d'un violet sombre. Us sont propres, au nombre de plus de cinquante espèces, aux Indes orientales et à leurs archipels Sondaïques,à la Chine, au Cap, à la Mélanésie, ta la Polynésie, à l'Auslralie. — \i\. : A. cuprinus, Eschsch., des Indes (pi. xliv, fig. 1; 1 a, antenne ; 1 6, bouche en dessous).

IS1>H^ROTI:n, Kirby. — Antennes de onze articles graduellement élargis et déprimés à l'extrémité. Élytres arrondies, le plus souvent sculptées, parfois lisses.

Ces Coléoptères, des parties chaudes des deux Amériques, ont les mœurs des Helops d'Europe. Le S. curvipes, Kirby, du Brésil (pi. xi.iv, fig. 2), a la forme courte, le corselet très-convexe, les élytres ventrues et couvertes de fossettes en rangées. Il est d'un bronzé brillant, ce qui est la couleur de la moitié des espèces du genre, les autres étant noires, brillantes ou mates. Huit espèces.

PŒClliKSTHUS, E. Blanch. — Antennes assez longues, à massue déprimée. Corselet transversal, subcarré. Élytres un peu plus larges que le corselet. Pattes longues et grêles.

Ce genre, comme le précédent, comprend desinsecles de l'Amérique tropicale, vivant sur les feuilles. — Ex. : P. suturaUs, Germ., du Brésil (pi. XLiv, fig. 3). Dix espèces.

EIHVI»!», Kirby. — Antennes de onze articles, quatre à dix en scie ; dernier article des palpes maxillaires et labiaux très-grand et très-aplati, en triangle renversé subéquilatéral. Tarses liéléromères, avec pénultième et antépénultième

591) COLÉOPTt.liS. — TÉiNÉIÏalO.MENS.

article de tous très-élargis ^large pied), et le pénultième échancré et cilié à son extrémité, le dernier article à deux ongles.

Ce genre esl de place peu certaine. Kirby et Spinola le mettent dans lesClérites (Spinola, Monogr. des Cléritps,su[fp\., II, 176); MM. Gemminger et de llarold, d'aprL's Klug, dans les Ténébrioniens, car ses pièces buccales et ses tarses conviennent peu aux Clériens. Il comprend quatre espèces, toutes du Brésil, dont le type est 1'^. ru/jc/is, Kirby (pi. xxxvj, fig. 12, labre ; 12a, palpe maxillaire ; 12 h, palpe labial; 12c, tarse antérieur). Long de 9 millimètres environ, ce Coléoptère a les antennes noires à base rougeâtre, et le reste des organes d'un testacé rougeâtre, avec des bandes noires sur les élytres.

HELOPN, Fabr. — Tête trapézoïdale, tantôt enfoncée^ tantôt dégagée; antennes de onze articles grêles. r,orps oblong, un peu convexe, ailé ou plus souvent aptère.

Les Helops sont des insectes de taille moyenne ou petite, se cachant le jour sous les ccorces, dans les troncs d'arbres abattus, au pied des plantes. Leur couleur uniforme est noire, ferrugineuse, tcstacée, bronzée, bleue, verdâtre, violette. Leurs larves, xylophages, vivent dans les vieilles souches décomposées de diverses espèces d'arbres. On dit que les rossignols et les fauvettes les recherchent. Elles sont du type habituel des larves de Ténébrioniens, jaunâtres, cylindriques, et ont le dernier segment très-court et armé de deux crochets cornés fortement recourbés en haut. Ce genre est très-nombreux en espèces, deux cents, la majeure partie de la région méditerranéenne de l'Europe et de toutes ses îles, de Syrie, de Perse; d'autres du Gabon, d'Amérique septentrionale, des îles Vancouver, de Polynésie, d'Australie. Nous citerons les /f. drialus, Fourcr., ou carabonles, Panzer, des environs de Paris, commun en Allemagne et en France sous les ôcorces et- les mousses, où il passe l'hiver, fréquent près de Paris dans les bois de Clamart et de Meudon, d'un brun bronzé rougeâtre, de 8 à 10 millim., finement strié sur les élytres; H. lanipes, Linn., de toute l'Europe tempérée, allongé, convexe, de 10 à 12 millim. (pi. xuv, fig. à, bouche vue en dessous; /t«, antenne; M), mâchoire et palpe). C'est le Ténébrion bronzé n° 5 de Geoffroy, commun sous les pierres au printemps ; il n'est agile que le soir et vit sous les écorces des Hêtres. Il est noir en dessous et d'un bronzé brunâtre en dessus, avec les élytres un peu prolongées en pointe et les pattes velues. Sa larve, qu'on trouve sous les mousses et les écorces aux environs de Paris, a été étudiée par M. E. Blanchard. Ajoutons les //. qu>f:qiulinx, Fabr., de l'Europe méridionale; H. ccerulcus, Linn., ou violaceus, Samouelle, allongé, convexe, de 13 à 18 millim., d'un bleu un peu cuivreux, à élytres striées, de l'Angleterre et surtout dans les vieux Châtaigniers, de l'Europe méridionale, que C Duméril dit avoir pris dans la forêt de Fontainebleau. Les mâles des Helops diffèrent des

TÉNÉBRIONIDES, - AlIHODlS, HOPLOPTLRA, CISTELA. 591

femelles par une forme plus svelte, des antennes et un corselet plus longs, et surtout par leurs tarses antérieurs et intermédiaires plus ou moins dilatés.

IVEPHODEN, E. Blanch. — Corps allongé, peu convexe, ailé.

L'espèce type du genre, le N. metallescens, Kust., ou villigcr, Rosenh., d'un brun obscur, avec pubescence blanche, se trouve en Espagne, en Corse, en Sardaigne et en Algérie, dans la province d'Oran. D'après M.Rosenhauer, on le rencontre en plein soleil, volant sur les fleurs, surtout celles des Malvacées, mœurs remarquables et exceptionnelles dans la tribu des Ténébrioniens. Une seconde espèce de Lambessa (Algérie).

L.*;i\A^ Latr. — Antennes de onze articles, non perfoliées. Pas d'ailes. Corps allongé oblong ; corselet plus étroit que les élytres. Tarses antérieurs trèslégèrement élargis chez les mâles.

Bien qu'aptère, ce genre se rapproche plus des Hclops par l'ensemble de ses affinités que du groupe des Blapsides. Il est formé d'insectes de taille moyenne ou petite, revêtus d'une Irès-fine pubescence, déprimés et fortement striés et ponctués sur les élytres. Ils sont rares. Le type est le L. viennensis, Sturm., ou Pimelia , DuPtschm. (pi. xliv, fig. 5), qui se trouve en Autriche et en Illyrie, et qui, d'après M. Rosenhauer, vit dans les bois de Hêtres, sous les feuilles. Six espèces, d'Allemagne, d'Angleterre, du Caucase, de Ceylan.

HOPIiOPTERA, Chevr.— Antennes longues, de onze articles anguleux. Élytres plus larges que le corselet, obtuses aux épaules, très-allongées et terminées cliacune par une épine. Pattes longues et peu robustes.

Ce genre américain renferme une quinzaine d'espèces de la Guyane et surtout du Brésil. Le typo, H. serraticornis, Chevr., est un grand et long insecte du Brésil (pi. xliv, fig. 7), d'un noir brunâtre, avec points serrés sur le corselet et élytres à reflets métalliques verts, avec dix stries ponctuées et cuisses d'un fauve rougeûtre à la base.

CISTELA, Fabr., et CTEiWIOPIlS, Solier, — Tête rhomboïdale, à yeux transversaux; antennes de onze articles, filiformes. Corselet transversal, aussi large à la base que les élytres ; celles-ci oblongo-ovales, souvent arquées en dessus. Tarses hétéromères à crochets dentelés.

Les Cistèles de Fabricius ont formé pour Lacordairc et d'autres auteurs une petite famille, les Cistélides. Le genre Cistela comprend environ soixante-dix espèces d'Europe, des États-Unis, du Gabon, de Madagascar, d'Australie; et, dans le genv& détaché Cteniopus, sont une dizaine d'espèces d'Europe, surtout orientale et méridionale, du Caucase, de Sibérie et de la Floride (États-Unis du Sud). Les Cistèles sont

592 COLÉOPTÈRES. — TÉNÉBRIOMENS.

de taille au plus moyenne, et leurs couleurs sont variées, mais sans dessins. Elles sont diurnes, très-agiles, et se trouvent sur les fleurs et sur le feuillage ou dans le voisinage, fait exceptionnel dans la tribu, déjà offert par les Nephodes. Les larves sont Irès-grèles, cylindroïdes, avec un seul stemmate, ayant le dernier segment abdominal conique, e\cavc en dessous et muni à la base de l'excavation d'une saillie lamelliforme dirigée en arrière, recouvrant plus ou moins l'anus et terminée par deux appendices grêles, de forme variable selon les espèces. Elles vivent dans le vieux bois, les arbres cariés de diverses essences, et dirigent leurs galeries en tous sens. On ihdique celle du C. atra, Fabr., ou nigra, de Geer, du genre Enjx, Steph., comme se renfermant pour la nymphose dans une coque de débris ligneux agglutinés par sa salive, tandis que les autres se font seulement une loge par refoulement des détritus à l'extrémité de la galerie. Les nymphes ont sur les côtés de l'abdomen ces appendices singuliers dont nous avons parlé en général pour les nymphes des Ténébrioniens. 11 faut citer le C. cerainixjules, Linn., de France et d'Italie, noir, de 10 millimètres, à antennes dentées en scie, avec les élytres fauves, ayant huit séries de points enfoncés : c'est la Mordelle à étuis jaunes de Geoffroy, qu'on trouve dans les bois, sur les arbres et les fleurs. Une espèce très-voisine est figurée, le C.scrrata, Chevr., de Hongrie, à tête noire, avec corselet, écusson, élytres et bords de l'abdomen d'un jaune d'ocre (pi. xuv, fig. 9 ; 9 a, tête vue en dessus; 9 6, extrémité d'un tarse). Ou trouve fort communément en France, surtout sur les fleurs de Tilleul, le C. flava, Scop., ou sitlfuroa, Linn., ou lutea, Fourcroy, du genre actuel Cteniopus, Sol., existant aussi dans la Russie méridionale, l'Algérie, le Caucase. Ce Coléoptère, entièrement d'un jaune-soufre pâle, à élytres striées, de 7à 9 millimètres de longueur, est le Ténébr ion jaune de Geufîroy. Enfin le C. murina, Linn., de toute l'Europe, du genre actuel /so?7iîrrt, Muls., est noir, avec les pattes et les élytres striées jaunes. Geoffroy nommait cette espèce parisienne la Mordelle à étuis jaunes soufrés. L'espèce offre de nombreuses variétés.

Les mâles des Cistela ont le corps plus étroit que les femelles, les antennes plus longues et plus dentées, les tarses antérieurs plus allongés, les yeux Irès-gros et très-saillants, et assez voisins sur le front.

Les genres qui suivent constituent pour les auteurs systématiques une petite famille, les Pythides, formée de Coléoptères hétéromères à tarses lililormcs et à crochets simples, à lêle sans rétrécissement ni col, souvent allongée eu museau et même en rostre, rappelant les Curculioniens. Los antennes sont de onze articles, soit presque muniliformes, soit grossissant peu à peu vers l'extrémité, soit formant une massue distincte. Le corps est le plus touvent convexe, glabre, métalliquCj les élytres embrassant faiblement l'abdomen.

PYTHO, RHINOSIMUS. 593

Pl'THO, Latr. — Antennes filiformes, de onze articles, les derniers transversaux et déprimés. Élylres plus larges à la base que le corselet. Corps allongé, trèsaplati.

Ce genre est fondé sur un insecte qui varie heaucoup dans sa coloralion, tantôt noir, avec les élytres d'un noir bleuâtre et les pattes et antennes fauves , tantôt tout entier d'un fauve jaunâtre. C c%t le P. depressus, Linn. (pi. xliv, fig. 8; 8 a, antenne), de Finlande, de Suède, du nord de la France et de l'Allemagne, surtout dans les parties montagneuses et froides. On le trouve adulte sous les écorces des Sapins ou à leur extérieur, sur les troncs d'arbres abattus, les tas de fagots, etc. La larve est allongée, à contours parallèles, très-déprimée (ce genre, on le voit, ne se rattache que d'une manière Irès-indécise aux Ténébrioniens), avec les segments arrondis sur les côtés, d'un jaune sale, avec quelques poils redressés et isolés. Elle a cinq stemmates de chaque côté, des antennes de trois articles, des palpes maxillaires de trois articles et labiaux de deux; tous les segments sont couverts d'écussons cornés plus larges en dessus qu'en dessous, et le dernier segment de l'abdomen est armé supérieurement de deux fortes saillies et en dessous de dentelures. 11 y a une autre espèce de Finlande et quatre de l'Amérique boréale.

Quelques genres ont la tête saillante, formant en avant un museau parfois court, souvent prolongé en rostre déprimé, le corps plus ou moins convexe, jamais déprimé. Ces insectes vivent dans les bois, et se prennent souvent en battant les vieux fagots. Il en est, comme le Salpingus casta7ieus, Panzer, Europe, qui affectionnent les Pins, et qu'on obtient en secouant les branches de ces arbres ; d'autres passent leur existence sous les écorces : leurs mœurs sont peu connues. Le genre Salpingus, Gyllh., est formé de Coléoptères à tète prolongée en avant en un rostre large et déprimé, rappelant les Platyrhinus chez les Curculioniens. Ce sont des insectes d'un brun ou d'un noir brillant. Sur une vingtaine d'espèces de Salpingus, il en est d'Europe, y compris la Finlande, et d'autres du Chili, de la Californie, de l'Amérique russe, du Canada, des États-Unis, de Madagascar.

BnSi\OSlI*Il'S, Lalr. — Antennes de onze articles ; lèle tantôt en museau court, lanlôt en rostre allongé. Corselet subcordil'orme plus étroit que les élytres. Corps obloiig, peu convexe.

Ces insectes sont des contrées froides et moyennes de l'Europe, et sont rares dans les parties chaudes ; leurs couleurs sont métalliques, claires et brillantes. Les anciens auteurs, trompés par la tête, en faisaient des Curculioniens. Dans deux espèces, le II rufirollis, Linn., de Suède, de

594 COLÉOPTÈRES. — CANTHARIDIENS.

France et d'Allemagne, et le R. viridipennis, Stcph., d'Angleterre, de France, d'Allemagne, le corselet et le rostre sont d'nn rouge testacé. Nous représentons (pi. xlv, fig. 11) cette seconde espèce, qui se trouve aux environs de Paris. Il y a des auteurs qui mettent cette espèce dans le genre Salpingus. Les Rhinosimes comprennent une dizaine d'espèces qui, outre l'Europe, se trouvent au Chili, dans la Nouvelle-Guinée, à l'île Woodlark.

.H0.\'0.>fM.4, Klug. et Cast. — Corps elliptico-ovalaire. Tète assez grande, enfoncée dans le corselet jusqu'au bord des yeux; antennes de onze articles, en massue. Pattes médiocres, contractiles, à cuisses robustes et comprimées; tarses filiformes et hétéromères, ayant cinq articles aux antérieurs et intermédiaires.

Les Monomma sont de petits insectes noirs, bruns ou ferrugineux ou mêlés de ces deux teintes, avec une fine pubescence couchée, dont les mœurs et les métamorphoses sont inconnues. Réduit à sa signiOcation actuelle, ce genre est exclusif aux régions chaudes de l'ancien monde, et habite surtout Madagascar. La place de ces Coléoptères est fort incertaine. On s'accorde habituellement càen faire une petite famille, les Monommides, rangée près des genres Pytho et Cistela, c'est-à-dire dans les Coléoptères hétéromères (Ténébrioniens ou Cantharidiens, selon les auteurs), par MM. E. Blanchard, Lacordaire, Thomson ; près des Élatériens par M. de Marseul; dans les Érolyliens, à. côté du genre Triplax, par M. Guérin-Méneville, qui en a méconnu le caractère tarsal. On peut consulter Lacordaire [Gen. des Coléjpt., t. V, p. 736), et une bonne monographie de M. Thomson {Ann. Soc. entom. de France, S'' sér., 1860, t. VIII, p. 5), d'une latinité un peu trop audacieuse toutefois. Nous représentons le M. brunnipps, Chevr., mss. G.-Mén., de Madagascar, de 6 millimètres de long, planche des Érotyliens, fig. 3. 11 est noir, brillant, glabre, finement ponctué, à élytres elliptiques ovales, atténuées en arrière, avec les appendices et le rebord antérieur du corselet d'un brun rougeàtre. Citons encore le M. syriacimi, Thoms., de même taille que le précédent, de Syrie, et qu'on trouvera peut-être dès lors dans l'extrôme sud-est de l'Europe et le nord-est de l'Afrique. 11 est d'un noir terne avec quelques reflets brun rougeâlre sur le bord du corselet et les appendices. Les élylres des Monomma présentent constamment des rangées très-régulières de points en creux, d'ordinaire très-petits.

Tnmu DES CAMTIIAIIIDIEMS.

Nous aurons à donner très-peu de caractères généraux pour cette tribu formée d'une réunion de groupes assez distincts. On peut dire que leur tête ne s'enfonce pas dans le corselet, comme cela a souvent lieu chez les Ténébrioniens, qu'elle en est toujours plus ou moins nettement

CANTilÀRIDIENS. 595

détachée, et forme ordinairement par son rétrécissement en arrière une sorte de cou. Les tarses sont hétéromères. Enfin, à l'exception du premier groupe, les Lagriides, se rattachant en cela aux Ténébrioniens, les cavités cotyloïdes des hanches antérieures sont ouvertes en arrière. La consistance des téguments est en général molle, principalement pour lesélytres, qui sont souvent flexibles. Ces Coléoptères sont presque toujours ailés et sont phytophages presque exclusivement à l'état adulte, se tenant sur les fleurs ou sur les feuilles, et pour la plupart diurnes, très-vifs et très-agiles, surtout par le3 journées chaudes et au soleil.

Le nom de la tribu provient de l'espèce la plus intéressante d'un des groupes où une partie des genres sont doués de propriétés vésicanles. Un autre motif de chercher dans ce groupe la dénomination de la tribu, c'est le singulier mode de parasitisme des larves, qui vivent sur des insectes d'autres ordres et dans leurs nids ; et ce qui montre bien qu'il y a là un caractère de haute valeur, c'est qu'on retrouve cette tendance au parasitisme dans certaines larves d'autres groupes de la même tribu, et qu'il est fort probable que les découvertes futures ne feront qu'étendre à un plus grand nombre d'insectes ce genre de mœurs, qui paraît propre aux Hétéromères qui nous occupent. Les métamorphoses compliquées de ces insectes et leur alimentation les séparent tout à fait d'autres Coléoptères parasites des nids, comme les Velleius, Claoiger, Alcochara, Myrmedonia, etc., et qui ont aussi des régimes variés et autres que celui des larves parasites de Cantharidiens.

C. Duméril, en 1800, en publiant les Leçons iVanalomie comparée de G. Cuvier, y joignit des tableaux de classification des hisectes, dans lesquels les Coléoptères hétéromères sont partagés en deux familles, les Lucifuges à élytres dures, et les Vésicants à élytres molles, groupes répondant en grande partie à nos Ténébrioniens et Cantharidiens avec certaines adjonctions. Plus tard, dans son Entomologie analylique, il subdivisa davantage. 11 établit les familles des Epispastiques ou Vésicants, en y comprenant, outre des genres réellement vésicants, les genres Lagria, Anthicus, Dasytes, Zonitis, des Sténoplcres pour les genres Sitaris, Œclemera, Mordella, etc. ; enfin les Ornéphiles ou Sylvicoles, avec un mélange de genres des deux grandes tribus des Hétéromères, comme les genres Pyrochroa, Horia^ à côté des genres Serropalpus, Cistela, Helops, etc. M. Mulsant a conservé, à tort selon nous, dans la science moderne, le nom de Vésicants, fort improprepour des genres sans action vésicante ; les noms de Cantharidiens ou de Méloïdes sont bien préférables. C'est en définitive, dans nos classifications nécessairement imparfaites, puisquelles ne peuvent rendre la grandiose complexité des rapports réels des êtres, le procédé le plus rationnel et le plus commode de tirer le nom de la tribu d'un genre ou même d'une espèce principale, sans autre préoccupation.

596 COLÉOPTÈRIiiS. — CANTHARIDIENS.

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