III. - ANTHICIDES
Tète trigone ou subovalairc, inclinée, toujours resserrée postérieurement en un cou étroit ou large. Antennes de onze articles, filiformes ou graduellement épaissies vers le sommet, très-rarement subdentées. Corselet plus étroit à sa base que les élytres. Pattes en général longues et grêles; tarses hétéromères, avec pénultième article presque toujours excavé, échancré en dessous ou subbilobé, et crochets simples.
Les Anlhicides sont des insectes de petite taille et de forme élégante, ofl'rant un certainaspect extérieur de Sc(/dmœn«5, mais sans aucune analogie réelle. Leur élargissement postérieur, joint à un corselet svelte et à une tète globuleuse portée en général sur un cou bien dégagé et visible de dessus, leur donne une apparence de Fourmis, ce à quoi contribue aussi leur pelile taille et la vivacité de leurs mouvements. Leurs couleurs sont variées, mais non métalliques. La plupart des espèces se trouvent au bord de la mer ou près des eaux douces, dans les lieux sablonneux ; on en rencontre aussi sur les fleurs, les plantes basses, les bois abattus, les arbres et même les fumiers. Leurs premiers états ne sont pas encore connus; on n'est pas bien fixé sur leur régime, mais, d'après diverses observations, on est porté à supposer qu'il se compose de substances animales, ce qui est un point de rapport avec certains Ténébrioniens.
M. E. Blanchard ne fait de ces insectes qu'un groupe des Lagriides. Une bonne monographie des Anthicus et genres voisins (in-8, 16 pi. col., Paris, 18Zi^) a été publiée par M. delà Ferté-Séncclère.
GENRE PRINCIPAL
.^liTHlCC^, Pajk. — Corps plus ou moins allongé ou suboblong, plus ou moins convexe, presque toujours ailé. Tête trigone, ovale ou subquadrangle ; antennes subtiliformes, graduellement épaissies vers le sommet.
Les Anthicus sont de petits insectes très-répandus, très-nombreux en espèces, pas loin de trois cents et de tous pays, se trouvant sur les végé-
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taux, au pied des plantes, dans leurs détritus, sous les piôEfes, dans le3 lieux sablonneux, etc. L'A. floralis, Linn., d'Europe, d'Algérie, de Syrie, brun et lisse, avec la base des élytres ferrugineuse, affectionne les fumiers, dans lesquels on peut le prendre l'été, par milliers, chezles maraîchers des environs de Paris. Nous représentons une espèce de la France et de l'Allemagne méridionale, de l'Espagne, de l'Italie, de la Grèce, 1'^. a/)î«/s, Laferté, ou fasciatus, Chevr. (pi. xlvi, fig. 9; 9 o, antenne). Citons encore l'A. antherinus, Linn., d'Europe, d'Algérie, du Caucase, de l'île de Chypre, noir, de 3 millimètres , à pattes rousses, à élytres à deux bandes jaunes, dont la première est interrompue, VA. flavipes, Panz., de l'Europe et du Caucase, noir, avec les antennes et les pattes jaunes, les élytres fauves, dont la base et la suture sont noires, etc. Ces petits insectes se conservent habituellement, dans les collections, sur carte ou sur mica.
Dans le genre Anthicus, le corselet a la forme normale ; dans quelques genres très-curieux des Anthicides {Notoxus, Geoffr., Mecynotarsus, la Ferté-S.), il est concave antérieurement au-dessus de la tète et prolongé en une sorte de corne horizontale et denliculée. Les plus communs et qu'on trouve près de Paris, sont le Notoxus cornutus, Fabr., de toute l'Europe et d'Algérie, fauve, de 3 millimètres de long, les élytres ayant trois bandes noires, et le N. monoceros, Linn., ou cucullatus, Fourcroy, de 3 à 5 millimètres, d'un roux prde, les élytres ayant un point scutellaire et une ligne arquée noirs. Ce joli petit Coléoptère, que Geoffroy nommait la Cuculle, est aisé à reconnaître par le capuchon de son corselet terminé en pointe noire au-dessus de la tôle. On le recueille en fauchant en juillet, en août, avec un filet de gaze, sur la sommité des herbes. C. Duméril dit que les Notoxus, bien que se trouvant sur les tleurs, paraissent se nourrir de Tlirips et de petites larves. Les Xotoxus comptent près de cinquante espèces d'Europe, 4e Sicile, d'Algérie, d'Egypte, de Syrie, du Sénégal, du Cap, d'Australie, d'Amérique septentrionaleetde Colombie. Dans le genre voisin et aussi bizarre, le^Meoynotarsus, sont une quinzaine d'espèces des Canaries, d'Egypte, de Syrie, des Indes, deCeylan, de Sumatra, d'Australie, avec une espèce d'Europe, M. rhinocéros, Fabr., de 2 millimètres, à corselet rougeàtre prolongé en corne, à élytres brunes ou grisâtres.