‹ Les insectes (volume 2)Chapitre 51 sur 53 · LINA · texte numérisé non relu

LINA

des rangées dorsales et latérales de tubercules noirs sur le mésothorax et le métathorax, des rangées latérales sur les segments abdominaux. Il existe un pseudopode anal rétractile, faisant fonction de patte, outre les six pattes thoraciques noires. Ces larves sont très-peu agiles, mais, dès qu'on les inquiète, font suinter de chacun des mamelons latéraux du corps une goutte de liqueur blanche, comme laiteuse, très-fétide, dont l'odeur reste sur les doigts qui touchent la larve. Cette sécrétion est une défense contre les oiseaux et les insectes ennemis. Les gouttes de liqueur rentrent bientôt après dans les mamelons sans laisser trace sur le corps de la larve.

Pour la nymphose, les larves se fixent sous les feuilles au moyen d'une substance visqueuse sortant du mamelon anal. La peau de la larve reste attachée postérieurement, et les nymphes sont jaunâtres avec plusieurs lignes de taches noires. L'insecte a au moins deux éclosions d'adultes par an, en mai et juin, puis en août et septembre, et l'on trouve toujours des larves et des nymphes concurremment avec les insectes parfaits. Les individus qui doivent reproduire l'espèce au printemps passent l'hiver cachés sous les mousses ou entre les feuilles sèches.

Comme ces deux espèces sont très-nuisibles aux plants forestiers qu'elles attaquent, il faut, au printemps et en automne, battre les branches au-dessus d'un parapluie renversé, ou les faucher avec le filet de toile, ou les secouer sur l'appareil propre à recueillir l'Eumolpe de la Vigne. L'homme a pour auxiliaire contre elles une Entomobie (Diptères brachocères, Muscides), YExorista dubia, pondant un œuf sur chaque larve, et dont la larve entre dans le corps de la larve de Lina et vit de son tissu adipeux.

Les deux espèces si voisines, L. Populi'ei L. Tremulœ, vivent souvent côte à côte, ainsi sur les rejets de Peupher ou de Tremble qui partent des souches après les coupes ; cependant elles restent bien distinctes, ne se fusionnent pas par accouplement, et semblent s'isoler sur pieds ou sur rameaux séparés. C'est un de ces nombreux exemples en faveur de la fixité des espèces.

On peut encore citer, dans le genre Lina, le L. œnea, Linn., de 5 à 7 millimètres, d'un vert métallique, parfois doré ou bleu, à élytres ovales, à fines lignes de points, rebordées tout autour, vivant sur les Aulnes.

On trouve, dans un genre voisin, Gonioctena, Redtenb., à jambes dentées et à crochets des tarses dentés, une petite espèce très-abondante sur les Genêts, de h millimètres, le G. litura, Fabr., court, très-convexe, jaune, tantôt sans taches, tantôt à bandes longitudinales noires sur des élytres fortement striées de points. Cette espèce est d'Europe et d'Algérie.

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Les genres qui vont suivre, et qu'on peut définir d'une manière générale les Galéruques et les Attises {Galérucides isopodes et Galéruddes anisopodes, les premiers à pattes ordinaires, les seconds dont les pattes postérieures sont propres au saut), ont les antennes distantes des yeux et rapprochées ;à la base, mais à insertions toujours séparées par une carène saillante.

Les Galérucides isopodes vivent tous sur les plantes. Leurs œufs sont allongés, pointus à un bout et collés sur deux rangs à côté les uns des autres, la pointe en l'air. Les larves, comme les adultes, mangent les feuilles des végétaux phanérogames. Il en est de courtes et larges, comme l'insecte qu'elles doivent produire (ex. : {Agelastica Halensis) ; d'autres, au contraire, allongées {Galeruca Cratœyi).Les espèces d'Europe, du nord de l'Afrique et de l'Asie ont été étudiées par M. L. Joannis dans une monographie {Abeille, t. III, 1866).

GAE.c;kIJC.%, Geoffr. — Tête ronde. Antennes de onze articles, filiformes, à insertions subcontiguës chacune dans une cavité; palpes acuminés à l'extrémité. Corselet deux fois aussi large que long, impressionné sur le côté. Élytres subparallèles, subdéprimées, de moitié plus longues que larges, arrondies au bout prises ensemble. Crochets des tarses dentés au milieu ou fendus. Corps allongé et couvert d'une fine pubescence couchée.

Ce qui frappe au premier abord chez les Galeruca (tranquille), et chez les genres dérivés, Adimonia, Agelastica, etc., c'est la lenteur de leur marche et leurs mouvements, et en même temps le peu de solidité de leurs téguments, et la tendance de l'abdomen à se gonfler et à se déformer chez les femelles fécondées. Les mâles, dans ce type, diffèrent des femelles, outre la forme plus étroite de l'abdomen, par le dernier segment de celui-ci, qui est échancré. Toutes les espèces vivent sur les plantes, ainsi que les larves, et un certain nombre préfèrent les végétaux aquatiques. Les couleurs sont mêlées de noir et de jaune plus ou moins terne. Beaucoup d'espèces sont aptères. .

L'espèce la plus intéressante est le G. xanthomelœna, Schrank, ou Cratœiji, Forster, ou calmar iensi s, Fabr., de 6 millimètres, la Galéruque de l'Orme de Geoffroy, d'un jaune sale un peu verdâtre, avec des points noirs sur le corselet et les élytres bordées de noir (pi. ux, fig. 9). Les larves vivent en société sur les feuilles des Ormes, ainsi que les adultes, et ces arbres sont quelquefois entièrenient dépouillés de leurs feuilles. Il n'y a d'autre moyen de destruction que de secouer les branches sur des draps, recueillir et brTder les adultes. Cette espèce nuisible est de toute l'Europe et du Caucase, et commune en France.

On trouvé sur les Nénufars {Nymphœa alha et Nuphar luteum), le G. Nymphœa, Linn., de 6 millimètres, de forme oblongue, à élytres

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brunes, jaunâtres au bout et sur les bords, le reste du corps testacé, espèce de l'Europe boréale et centrale, la Galéruque aquatique de Geoffroy ; et sur les Lythrum ou Salicaria, plantes dicotylédones des marais ou du bord des ruisseaux, le G. calmar iensis, Linn., ou Lythri, Gyllh., entièrement testacé en dessus, noir en dessous, à élytres trèslarges et saillantes aux épaules, de Zi à 5 millimètres, de toute l'Europe, de l'Algérie, du Caucase, de la Sibérie. Nous figurons l'antenne de G. Viburni, Payk. (pi. lix, fig. 9 a), espèce de France, d'Angleterre, d'Allemagne, de Suède.

ADIMOXIA, Laïcharting. — Corps ovalaire, élargi en arrière, assez convexe, glabre ou à peine pubescent. Élytres plus ou moins courbes sur les côtés, élargies et arrondies en arrière. Crochets des tarses bilides.

Tous les insectes de ce genre marchent lentement, à la façon des Timarcbes et des Chrysomèles, sont très-timides, se laissent tomber des plantes sur le sol et simulent la mort, dès qu'ils croient à quelque danger. Les mâles ont le dernier segment ventral profondément échancré.

M. L. Fairmaire subdivise en trois groupes les espèces de ce genre. Il en est où les élytres, très-courtes, n'atteignent pas le milieu de l'abdomen, même chez les mâles. Cet abdomen presque entièrement découvert donne aux femelles un aspect de Méloés à corps aplati : ainsi l'A. brevipennis, lUig., à petits mâles, de 5 millimètres environ, à grandes femelles, de 10 millimètres, d'un noir plombé, avec le corselet et les élytres bordés de jaune, à longues antennes, d'une figure triste (d'où le nom du genre). Ce singulier insecte est du midi de la France. D'autres espèces ont les élytres à gros points, souvent côtelées, convexes, bien développées, recouvrant l'abdomen môme chez les femelles, presque toujours des ailes, mais parfois atrophiées. Le type est l'A. Tanaceti, Fabr., de 7 millimètres, la Galéruque brunelte de Geoffroy, en entier d'un noir assez brillant, très-commun sur la Tanaisie. Les femelles sont parfois tellement remplies d'œufs, que les élytres soulevées dépassent à peine la moitié de l'abdomen, dont les trois derniers segments sont alors à découvert, et que les membranes interannulaires sont distendues et près de se déchirer. Enfin, et tels sont les A. rufa, Germar, A. optera, Bonelh, etc., il y a des espèces aptères, à élytres recouvrant et dépassant l'extrémité de l'abdomen, peu convexes, à surface unie, simplement ponctuée.

Nous citerons encore une petite espèce, qu'on trouve sur les Aubépines en fleur, A. sanguinea, Fabr., de toute l'Europe, de 3 à /i millimètres, entièrement rouge, et A. Capreœ, Linn., de toute l'Europe et du Caucase, de même taille, vivant sur les Saules, à tète et corselet en partie noirs, à élytres rousses.

On trouve les Adimonia sur les plantes basses, et beaucoup, surtout

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les espèces aptères ou à ailes avortées, sur le sol et sous les pierres. Ils sont répandus dans toutes les parties tempérées de l'Europe.

AGCliASTlCA, Redtenb. — Corps ovalaire, élargi en arrière comme chez les Adimonia, assez convexe. Corselet large et étroit ; élytres larges, ventrues au bout. Crochets des tarses dentés.

Ces insectes, dont les espèces européennes sont répandues dans toutes les régions tempérées et un peu froides, ont les téguments plus coriaces que les genres voisins, luisants, polis, d'une coloration métallique bleue ou verte. Les mâles ont l'extrémité du dernier segment de l'abdomen trisinuée, et dans les deux sexes les Cavités antennaires sont très-marquées, et leurs rebords très en relief. L'espèce la plus commune est l'A. Alni, Linn., vivant en troupe ainsi que ses larves (nom du genre), nuisible, dépouillant entièrement les Aulnes de leur feuillage. Cet insecte est long de 6 à 7 millimètres, ordinairement d'un bleu violacé, brillant avec reflet un peu rougeàtre sur les élytres. il y a des variétés noires ou d'un noir bleuâtre, d'autres d'un violet très-rouge. 11 en est d'un bleu pur, avec très-peu de reflet violet, et enfin d'un noir verdàtre bronzé, avec la suture des élytres bleue. De toute l'Europe. La femeUe a souvent le ventre très-gonflé. Citons encore 1'^. Halensis, Linn., un peu plus petit, fauve, avec les élytres d'un vert métallique parfois bleuâtre.

LUPERUS, Geoffr. — Corps allongé, sensiblement parallèle ; téguments mous. Élytres très-finement ponctuées, à bord réfléchi bien marqué. Pattes grêles, jambes postérieures ayant un petit éperon.

Les Luperus sont des Galérucides nombreux en espèces, remarquables par le peu de consistance de leurs téguments et la longueur de leurs antennes, grêles, dépassant parfois l'étendue du corps cbez les mâles. Le corselet est plus étroit que les élytres, arrondi généralement sur les côtés avec les angles postérieurs formant une très-petite dent ; les crochets des tarses sont munis à leur base d'une dent aiguë. Ils sont des parties tempérées et chaudes de l'Europe, vivent sur des plantes assez variées et semblent préférer les Aulnes et les Saules. Nous citerons : le L. circumfusus, Marsh., ou Brassicœ, Panz. (pi. lix, lig. 12, antenne), à antennes plus longues que le corps chez les mâles, d'un noir brillant, à corselet et élytres en partie d'.uu jaune très-clair, de 2 millimètres 1/2, très-commun sur les Genêts dans toute l'Europe ; — le L. flavipes, Linn., d'un noir brillant, de 3 à Zi millimètres, avec le corselet et lies pattes d'un jaune testacé, ayant chez les mâles les yeux très-gros et saillants, et les anteiuies beaucoup plus longues que le corps, commun sur les Aulnes d'Europe et du Caucase; — le L. rufipes, Fabr., de

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û à 5 millimètres, entièrement noir en dessus, avec les pattes et la base des antennes rousses, très-commun. Mêmes régions.

Les Âlticides, ou Galérucides anisopodes, correspondent à l'ancien genre AUica, que les auteurs modernes ont subdivisé en un grand nombre de coupes, dont la plupart ne sont que des sous-genres. Lacordaire en fait une division à part, au point de vue de sa classification fondée sur les larves, en ce que celles-ci sont allongées, subcylindriques, sans mamelons latéraux, et que leurs nymphes prennent cet état, ou dans les galeries internes des feuilles où vivait la larve, ou en terre.

On devra consulter, pour l'histoire des Attises en général, un Mémoire sur les Attises d'Europe par Fondras, inséré dans VHist. nat. des Coléopt. de France de M. Muisant (Paris, Magnin, Blanchard et C*, 1859), et une Monographie des Alticides d'Europe par M. Allard [Ann. Soc. entoin. de France, ib60, p. 39, û67, 539, 785, et plus complètement, Abeitle, t. 111, 1866).

L'important travail de Fondras nous présente une intéressante étude sur le saut des Attises et des Coléoptères en général. Comme cette faculté caractérise essentiellement le groupe de Chrysoméliens qui nous occupe, nous devons avant tout examiner la question physiologique qui s'y rapporte.

On est porté à supposer, au premier abord, que la grosseur des cuisses postérieures est en raison directe de la faculté saltatoire. Cependant un examen plus exact fait reconnaître qu'il y a des espèces où ces cuisses n'ont qu'un développement médiocre, et qui sautent trèsbien, ainsi les Puces; qu'au contraire, dans les Chrysoméliens, par exemple les Sayra et certaines Donacia ont les cuisses postérieures énormes, et cependant ne sautent pas. Une particularité manque à ces gros fémurs, existant au contraire chez les Attises. Leurs cuisses postérieures sont plus ou moins renflées et de forme lenticulaire, la face externe plus convexe que l'interne. Une excavation longitudinale commence sur cette face au bord inférieur sur lequel elle empiète, et s'élargit en se rapprochant plus ou moins du bord supérieur, qu'elle n'atteint jamais. Elle est très-lisse, et s'élargit et s'approfondit ordinairement près de l'articulation de la jambe, s'atténuant et se rapprochant du trochanter. Cette structure est développée au maximum dans les genres i'5i///îO(ies et IHectroscelis; elle est moins forte dans les sous-genres Aliica ou Graptodera que dans le sous-genre Phyltotreta, etc.

Chez l'immense majorité des Coléoptères, où n'existe pas cette disposition, la eu sse li'offre à sa région inférieure qu'un sillon plus ou moins large, formant la séparation régulière de ses deux faces. Elle est forcée, dans la flexion des articles du membre, de s'appuyer directement sur la jambe, et dès lors eile ne peut contribuer qu'à un simple mou-

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vemeiit ambulatoire. Dans les Altises prêtes à sauter, la jambe se replie contre la cuisse et se loge dans l'excavation qui la reçoit, de façon que le bout terminal de la cuisse peut porter en même temps que la jambe sur la surface d'appui. La contraction des muscles de la cuisse et de la jambe contribue simultanément adonner au saut, dû au débandemenl brusque des deux ressorts, son intensité et sa direction. La cuisse possède une force indépendante de la jambe, et l'on en a la démonstration en observant que des Altises privées de leurs jambes, bien qu'affaiblies par cette mutilation, sautent encore cependant quand elles sont excitées. Ce saut est réduit à de très-courtes distances ; mais il donne la preuve que la cuisse postérieure peut l'exécuter sans le secours de la jambe.

La même structure de la cuisse se rencontre chez un Coléoptère pentamère et sauteur, le Cyphon hemisphœricus, Fabr., et chez un tétramére , le Hamphus flavicor?iis , Clairv. (Curculioniens). Deux genres de Coléoptères hétéromères confirment encore les observations précédentes, et prouvent que la disposition fémorale suffit pour indiquer la faculté de sauter. Les Mordelles, qui sautent très-fort, ont la jambe insérée à la base et au fond d'un canal de la cuisse, dont le rebord extérieur est très-saillant, tandis que chez les Anaspes, qui ne sautent pas, mais se contentent de marcher rapidement sur le sol , on ne voit pas de sillon sous le fémur, le tibia restant entièrement découvert dans la flexion.

Quant aux espèces du genre Orchestes (CurcuUoniens), qui sont pareillement sauteuses, dans la flexion la jambe paraît plus rapprochée de la surface d'appui que la cuisse, qui semble ne pas porter ; mais le bord inférieur de celle-ci est armé d'épines ou de dentelures qui peuvent arriver jusqu'à l'appui en même temps que la jambe. Les Orchestes sans tibia sautent encore, mais avec peine. On voit donc, en résumé, que, d'après l'explication que donne Fondras du saut des Coléoptères, il faut, pour qu'il s'exécute, que la cuisse et la jambe puissent, n'importe par quel mécanisme, s'appuyer ensemble sur la surface d'appui, et se débander par une contraction simultanée de leurs muscles.

Chez les Altises, la faculté du saut varie suivant les genres et les espèces, en raison du poids du corps et de sa forme, ou rétréci e et allongée, ou au contraire courte et épaisse. Les Phyllotreta, déprimés et étroits, s'élancent plus facilement que les espèces dont la largeur et la convexité sont un obstacle au parcours aérien. Les Altises des sous-genres Podagrica, Argopus, Apteropoda et Mniophila ne sautent pas à une aussi grande distance, et ne peuvent continuer cet exercice qu'avec peine. Les variations de température influencent en raison directe la force musculaire du saut. Excitées par un soleil ardent, les Altises n'attendent même pas que la main cljerche à les saisir ; le moindre geste ou bruit les détermine à s'élancer, et la parabole de leur saut a

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d'autant plus d'amplitude, que l'air est plus chaud. La fraîcheur automnale diminue petit à petit la force du saut des Attises, et le froid glacial les en prive tout à fait.

Les sexes des Alticides se distinguent assez facilement : chez plusieurs espèces, les mâles se reconnaissent à la dilatation de certains articles des antennes ou du premier article des tarses antérieurs ; chez toutes, . les mâles ont une fossette bien prononcée au bord postérieur du dernier anneau abdominal inférieur.

La multiplication énorme des Attises dans les jardins et dans les champs, surtout dans toutes les cultures de Crucifères, et les dégâts très-sérieux qu'elles causent, nous font un devoir, à l'égard des agronomes de tout genre, de passer en revue les moyens de destruction de ce fléau. On peut les diviser en deux sortes, chimiques et mécaniques. Ils doivent être mis en œuvre contre toutes les espèces du genre Altica et des genres annexes Psylliodes, Plectrosçelis, Longitarsus, etc. Les méthodes de destruction sont de deux espèces, ou récolte mécanique des insectes, suivie de leur mort, ou préventives, fondées sur l'emploi de substances chimiques éloignant ces pernicieux Coléoptères et empêchant les pontes.

Les Attises exercent de grands et fréquents ravages dans les cultures de Colza de la Normandie et du nord de la France. Un mécanicien d'Ypreville-Biville, canton de Valmont (Seine-Inférieure), M. Bénard, a imaginé un appareil secoueur pour la récolte de ces insectes, qu'il nomme à tort épuceronnière. Elle est destinée à prévenir la destruction des siliques de Colza altérées dans la fleur par les morsures des larves des Attises, devenant stériles, noueuses et difformes. Cette machine, destinée aux Colzas plantés à distance, en rangées latérales, ne peut s'employer pour les Crucifères oléagineuses basses, comme les Navettes, pour lesquelles on peut se servir de la machine Badoua, décrite à propos du Colaspe des Luzernes. L'appareil Bénard doit exercer les secousses dans deux plans parallèles à la direction du mouvement et non plus dans un plan perpendiculaire. Un homme entre deux brancards ' pousse l'engin dans la raie entre deux sillons de colza. A l'extrémité opposée et antérieure de la machine se trouve la roue motrice, comme une roue de brouette. Au-dessus et de chaque côté de cet^e roue sont deux guides de fort fil de fer, légers, mais solidement attachés et contournés à angles arrondis en dehors , afin d'agir en même temps sur les colzas de deux rangées, qu'ils embrassent dans leur contour. Un pignon denté, concentrique à la roue motrice, transmet le mouvement circulaire de celle-ci, sm. moyen d'une chaîne articulée, à une poulie munie de six cames. Celles-ci secouent un montant vertical qui est en relation, au moyen d'une bascule, avec deux ressorts reliés à une barre horizontale qui occupe l'axe de l'appareil. Elle porte quatre bras courbes destinés à transmettre les secousses alternatives aux supports des guides. C'est donc une transformation de mouvement circulaire continu

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en rectiligne alterné. En outre, les supports des bouts des guides sont réunis par des barres hoizontales à deux bras, montant ou descendant dans des coulisses, de façon à régler, selon les colzas, la hauteur d'action et l'écartement des guides (1).

Cet appareil secoueur agit sur les plantes sans chocs violents, de manière à ne pas les briser, mais assez fortement pour détacher des fleurs les insectes surpris, car tous ces petits êtres timides simulent la mort par instinct, et se laissent tomber sur le sol dès qu'ils sont inquiétés.

Ils sont recueillis dans leur chute sur une trémie au fond de laquelle est un crible. La poulie à cames transmet aussi , par une bascule , une série de secousses à cette région inférieure de l'appareil, toujours grâce au mouvement générateur de la roue motrice. Les secousses ont pour objet d'empêcher les insectes de se cramponner aux parois de la trémie et de remonter ; ils arrivent alors, toujours contractés et simulant la mort, à deux entonnoirs disposés en dessous du crible et aboutissant par leurs tuyaux de descente dans une boîte fermée, où ils s'amassent et d'où on les retire pour les brûler. Cette boîte plate est vitrée en dessus dans son milieu. Il était en effet à craindre que, lors des arrêts de l'instrument, les insectes rassurés ne cherchassent à sortir et ne finissent par remonter au-dessus des tuyaux de descente. Or, ils voient la lumière à travers le vitrage de leur tombeau, et, trompés par ce faux orifice de salut, s'entassent avec acharnement sous le verre perfide, sans s'occuper des tuyaux obscurs, et attendent là paisiblement la mort.

Un appareil analogue a aussi été construit pour les Lins. M. Bénard m'a envoyé des insectes vivants recueillis sur les Colzas en fleur au moyen de son appareil. Outre plusieurs espèces d'Altises , ainsi {Phyllotreta) melœna, Illig., et Lepidii, Hoifmannsegg, il y avait un Gurculionien, le Ceuthorhynchus assimilis, Paykull, et, dans les Silphiens, le Meligethes œneus, Fabr., qui dévore les anthères azotées. La machine de M. Bénard, manœuvrée au moyen d'un relais de deux hommes, peut nettoyer en neuf ou dix heures trois hectares de colza, en ramassant jusqu'à six litres d'insectes à l'heure. Il faut que le plant de colza soit motte, parfaitement disposé en lignes, ayant au moins 30 à 35 centimètres d'écartement. Il est indispensable de guetter au printemps la première apparition des Altises, et d'opérer au début, afin d'atteindre les insectes non fécondés avant la ponte. D'après les certificats que j'ai soys les yeux, on peut, en fonctionnant en temps opportun, sauver les trois quarts, ou au moins les deux tiers de la récolte. Dans certaines années, les ravages des Altises des Colzas sont immenses, et, en 1869, beaucoup de cultivateurs des environs d'Yvetot et de Rouen furent

(1) Maurice Girard, Génie rural, etc. : Insectologie agricole. Paris, Donnaud, 3« année, 1869, p. 243 et planche.

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obligés de labourer à nouveau des pièces entières de Colzas, où toutes les fleurs étaient devenues stériles.

Une méthode toute différente consiste à écarter ou à détruire les Attises à leurs divers états par l'emploi de substances chimiques. Celles-ci doivent remplir les conditions essentielles qui suivent : 1° être d'un prix très-peu élevé, afin de pouvoir trouver usage dans une culture d'une certaine étendue ; 2" ne pas avoir d'action destructive sur les tissus végétaux, car elles causeraient alors plus de mal que les insectes ; 3° être inoffensives pour les personnes chargées de leur emploi, et ne pas laisser sur les récoltes destinées à l'alimentation de l'homme et des animaux des produits de nature toxique ; Zi°, enfin détruire l'insecte nuisible, ou du moins l'éloigner ou entraver singulièrement sa multiplication. Les moyens chimiques sont incontestablement les plus efficaces à priori contre les Aitises, c'est-à-dire contre des insectes spéciaux à certaines cultures, leur multiplication surabondante résultant de la grande agglomération des végétaux qui forment leur alimentation préférée, et étant hors de toute proportion avec la faible quantité d'insectes qui trouvent la mort par les façons données à la terre : le labour, le hersage, le sarclage, etc.

Les substances chimiques insecticides sont d'abord , d'une manière indirecte, les engrais chimiques, le sel marin, les sels ammoniacaux et surtout la chaux, qui n'agissent pas seulement en fournissant à la plante les prmcipes nécessaires à son développement, mais la débarrassant aussi d'un bon nombre d'insectes. On a fréquemment employé contre les insectes le goudron de houille seul ou mélangé à d'autres matières. Les résultatsobtenuspar les agriculteurs ont été très-complexes. Cela tient à ce que le goudron de houille, mélange de substances variées, peut avoir des actions différentes et opposées, selon que tel ou tel produit y prédomine. Ainsi il produit des effets désastreux sur la végétation s'il est trop riche en huile de houille et en acide phénique ; au contraire, il est très-peu actif ou même inactif, si, par une distillation prolongée, il a été presque entièrement transformé en brai, c'est-à-dire ne contient plus guère que du carbone.

Le principe immédiat le plus avantageux qu'il renferme est la naphtaline, substance blanche, neutre, cristallisée, de formule C^^H^, retirée par distillation du goudron, sans aucune action sur les tissus et pou^ vant être impunément maniée ; enfin, point capital, elle ne coûte que 8 à 10 fr. les 100 kilogr. En 1863, M. Marsaux s'en était servi avec succès dans Seine-et-Oise pour détruire les Vers blancs par enfouissement dans le sol. De là M. E. Pelouze a eu l'idée d'essayer cette substance contre les ravages des Aitises (1). Les expériences, encore trop peu nombreuses, comme il le déclare lui-même, l'ont conduit à un résultat favo-

(1) E. Pelouze, Sur la destruction des insectes nuisibles à l'agriculture {Soc. d'encouragement pour l'industrie nationale, séance du 22 novembre 1867).

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rable, mais dans un autre sens que celles de M. Marsaux. Un mélange intime, bien pelleté, de 50 kilogr. de naphtaline blanche, avec 500 kilogr. de sable Cn, fut jeté à la volée sur la moitié d'un champ de Rutabagas (1) déjà envahi par l'Altise. Les insectes ne furent pas détruits, mais émigrôrent sur la partie du champ sans naphtaline, et les plantes reprirent de la vigueur. Sur un autre champ des mômes plantes, le mélange fut projeté avec plus de soin sur la totalité, sauf une bande étroite et latérale. On ne trouva que très -peu d'insectes morts ; la partie principale du champ n'avait plus que des Attises comparativement peu nombreuses, et, sur les plantes accidentellement exemptes de naphtaline, il offrait l'aspect d'une végétation aussi saine que possible. Au contraire, la bande de Rutabagas non saupoudrée de naphtaline était abondamment couverte d'Altises, et les feuilles profondément mangées. La naphtaline pure, parfaitement inoffensive aux végétaux, avait donc agi, non en tuant les insectes, mais en les contrariant dans leurs habitudes et les forçant à chercher ailleurs leur nourriture.

Nous devons maintenant passer en revue les genres principaux des Attises dans le sens général.

AliTlCA, Geoffr. — Corps ovalaire ou oblong-ovalaire, plus ou moins convexe en dessus, plat en dessous. Tête enfoncée dans le corselet ; antennes de onze articles, filiformes, rapprochées à la base. Corselet à peu près aussi large que les élylres; ailes existantes ou rudimentaires. Cuisses postérieures plus ou moins renflées et propres au saut ; tarses insérés à l'extrémité de la jambe, à crochets dentés.

Ce genre comprend de très-nombreuses espèces de petits Chrysoméliens à couleurs soit métalliques, soit mates, mais vives et variées. Plusieurs espèces sont très-nuisibles par leur voracité et leur extrême multiplication. Elles ont frappé tout d'abord l'attention des jardiniers et des agriculteurs par leur faculté de sauter, ce qui leur vaut les noms vulgaires de Tiquets, Puces de jardin, Puces de terre, Pucerons, Pucerottes, etc. Elles criblent les feuilles de milliers de petits trous, et nuisent ainsi fortement à la végétation. Les Attises aiment beaucoup les Crucifères et dévastent les champs de Colza et de Navette, dévorant surtout les organes reproducteurs des fleurs, ce qui fait avorter les siUques ou les rend noueuses, contournées, malades. Les Asperges en graine sont aussi ravagées. Dans les jardins, beaucoup de semis sont dévorés dès qu'ils se lèvent, et il est des jardins où les Attises rendent impossible d'élever sur couche les Giroflées, les Choux-fleurs, les Radis, sans qu'une grande partie soit anéantie par ces insectes. Elles attaquent aussi des plantes d'ornement, les Roses trémières, les Juliennes, la Corbeille-

(1) Le Rutabaga est une race, à racine volumineuse, du Navet, Brassica Napus (Crucifères).

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d'or [Alyssum saxatile), les Myosotis, les Résédas, les Œillets, etc. Les plantes aquatiques elles-mâmes, cultivées dans lesbassins, ne sont pas à l'abri de leur voracité.

Les larves des Attises sont allongées, subcylindriques, atténuées à leurs deux extrémités, forme qui facilite le parcours dans les galeries du parenchyme des feuilles. Elles sont charnues, le plus souvent pâles ou d'une couleur jaune doré; les segments thoraciques portent des pattes formées de trois articles et d'un ongle terminal ; les autres segments offrent dessus et dessous deux rangées longitudinales de tubercules ou de plaques écailleuses qui sont munis d'un ou deux poils roides. La tête est ronde, brune, impressionnée ; les antennes sont coniques et très-courtes, brunes, ainsi que les palpes et les mandibules; le dernier segment, fortement rebordé, offre en dessus un mamelon pseudopode, point d'appui pour la progression en avant. Ces larves ressemblent beaucoup à celles des Galéruques, mais ne vivent pas en société. Parfois elles vivent à découvert sur les feuilles, mais, ou elles attaquent les organes des fleurs, ou, le plus souvent, elles sont mineuses et dévorent le parenchyme dans des galeries contournées entre les deux épidermes, bien visibles quand ces épidermes sont séchés ; c'est ce qu'elles font dans leurs premiers âges, puis elles trouent les feuilles en entier et les criblent de points et de dentelures. Parfois elles se changent en nymphes dans les galeries des feuilles, mais le plus souvent se laissent tomber sur le sol et se nymphosent en terre. Les nymphes sont entièrement d'un jaune pâle , passant peu à peu au jaune d'ocre ; les yeux et les antennes brunissent peu à peu, devenant noirs chez les adultes ; la tôte, le corselet, l'abdomen présentent des tubercules poilus. L'état de nymphe dure d'habitude une vingtaine de jours ; du reste, la vie des larves et des nymphes s'accélère quand la température s'élève. C'est au printemps que les femelles s'accouplent ; elles pondent sous la face inférieure des feuilles des œufs très-petits, lisses, de forme ovale-allongée et jaunâtres. La plupart des espèces ont au moins deux générations par an. Une partie passe l'hiver sous les feuilles sèches ou sous les écorces, pour propager l'espèce au début du mois de mai, et bien plus tôt sous les bâches et les châssis, où les générations semblent se succéder sans interruption. Nous figurons une jambe et un tarse postérieurs du genre Altica (pi. lix, fig. 13).

Examinons maintenant les principales espèces du genre Altica, Geoffr. M. L. Fairmaire y établit deux groupes. Dans le premier, le corselet présente en dessus, avant la base, une impression transversale plus ou moins marquée, parfois limitée par des sillons longitudinaux. Nous y trouvons le sous-genre Altica, Fondras, ou Graptodera, Chevr., ailé, à ponctuation fine et confuse, dont les larves ne sont pas mineuses, comme celles de la plupart des Attises, mais vivent librement à la surface des feuilles. La coloration des adultes est peu variée, et passe du bleu noir au bleu verdâtre, au verdâtre métallique et un peu doré. Le

806 COLÉOPTÈRES. — CHRYSOMÉLIENS.

type est l'A. oleracea, Linn, de 3 à 3,5 millimètres, l'Altise bleue de Geoffroy, atténué en arrière, à élytres criblées de points plus ou moins profonds, bleu, ou vert, ou cuivré, brillant. Cette espèce est très-commune partout, toute l'année, et souvent très-nuisible, dans les potagers, sur les Haricots, les Choux, dans les champs sur les Luzernes, dans les bois sur les Coudriers, les jeunes Chênes, etc. Elle se trouve dans toute l'Europe et le Caucase. Les femelles pondent sur les feuilles des œufs ovales-allongés, d'un jaune ferrugineux. Il en sort des larves d'un jaune sale, avec des taches écailleuses plates et peu saillantes, d'un brun verdâtre, portant des poils ou soies allongées. Elles vivent environ vingt jours, et cette durée peut être augmentée ou diminuée, selon la température. Ces larves rongent la feuille à découvert, d'abord le parenchyme seulement d'un côté, puis, plus âgées, mangent toute la feuille à la façon des chenilles. D'après Foudras, elles s'enfoncent en terre et y deviennent nymphes, entièrement d'un jaune pâle, passant au jaune d'ocre.

Une espèce voisine, l'A. ampelophaga, G.-Mén., d'un vert brillant, cause parfois des dégâts assez sérieux dans les Vignes du midi de la France. L'adulte éclôt en avril, au moment où la Vigne commence à pousser, et dépose ses œufs sur les jeunes feuilles, dans le cœur des bourgeons. Il en sort des larves étudiées par M. Guérin-Méneville. Elles sont noires, avec leurs plaques écailleuses presque noires, et ne portant que quelques poils courts. Elles rongent de préférence les feuilles basses des Vignes et les jeunes grappes. Arrivées à tout leur développement vers le milieu de juin, elles descendent au pied des Vignes, s'introduisent dans la terre et s'y nymphosent.

Dans le même groupe se trouve le sous-genre Hermœophafja, Foudras, formé d'Altises oblongues, très-convexes, dont le corselet a les deux séries d'impressions. Elles comprennent en Europe trois espèces : une d'un roux brillant et deux bleues, ces dernières vivant exclusivement sur les diverses espèces de Mercuriales, ces plantes dioïques qui infestent tous les terrains incultes. Le sous-genre Crepidodera, Kutsch., a des espèces ovalaires dont le corselet offre les deux séries d'impressions, dont les antennes grossissent vers l'extrémité ; les espèces sont très-difficiles à classer. Il faut citer, dans ce groupe, A. helxines, de 3 à' Zi millimètres, d'un vert doré métallique très-brillant, très-commun sur les Saules, les Aulnes, etc. Le sous-genre Podagrica, Foudras, a le corps peu convexe, le corselet avec sillons longitudinaux, mais sans impression transverse, les ailes le plus souvent avortées. Toutes les espèces ont une coloration analogue, la tête et le corselet d'un roux testacé, les élytres d'un bleu d'acier, ou un peu verdâtre, ou bronzé; toutes vivent sur des plantes de la famille des Malvacées (Mauves, Roses trémières, etc.) Il faut citer : A. Malvœ, de 3 millimètres, sur diverses Mauves ; A. fuscicornis, de 3 à Zi millimètres, à antennes rousses, sur les Roses trémières; A. fuscipes, Fabr., de 2 1/2 à 3 millimètres, noir,

ALTICA. 807

àélytres bleues ou d'un bleu vert, striées, à base des antennes rousses; V Attise de la Mauve de Geoffroy, à pattes brunes, vivant principalement sur le Malva sijlvestris, toute l'année, d'Europe et d'Algérie. Les ailes sont souvent incomplètes ou nulles chez les femelles. La larve, étudiée par Foudras, a des mœurs différentes de celles des autres larves d' Attises. Les anneaux sont jaunes, lisses et brillants, avec des poils roides ; on ne voit pas d'yeux. Elle ne mange que la nuit, vit environ un mois avant la nymphe, et reste pendant le jour cachée en terre ou sous les débris des végétaux dont elle se nourrit. Les œufs sont pondus par la femelle dans le terreau ; ils sont ovales, jaunes, beaucoup plus courts que ceux d'^. oleracea. La nymphe est jaune comme la larve, très-bossuée et impressionnée sur les segments, le dernier terminé par deux appendices allongés, coniques, épineux, avec deux petits mamelons en dessous. C'est dans le sol qu'elles donnent éclosion à l'adulte, qui sort bien coloré, mais reste mou pendant plusieurs jours. Enfin nous citerons le sous-genre Balanomorpha, Foudras, à cause de son aspecf trèscaractéristique, le corps étant presque parallèle et également arrondi aux deux extrémités ; les antennes se terminent par une petite massue allongée ; les élytres ont des stries ponctuées, régulières et entières, et recouvrent des ailes. A mentionner dans ce sous-genre, VA. rustica, de 2 à 3 millimètres, d'un noir bronzé bleuâtre ou verdâtre, avec la base des anteimes, les pattes et le bout des élytres roux, se trouvant sur les terrains secs, se prenant souvent, après la pluie, dans les ornières des chemins.

Le second groupe des espèces du genre Altica offre le corselet sans impressions transversales. Un sous-genre important par quelques espèces très-nuisibles est celui des Phyllotreta, Foudras, à tète petite, à antennes grêles, plus longues que la moitié du corps, avec front à carène saillante entre elles, à élytres sans stries. Les espèces sont nombreuses et paraissent vivre exclusivement sur les Crucifères ; certaines, par leur extrême multiplication, deviennent un fléau pour les potagers, pour les champs de Navette, etc. D'après la coloration, les espèces peuvent se partager en deux séries. Les' unes sont noires, avec des bandes ou des taches jaunes. Ainsi A. Brassicœ, Fabr., n'atteignant pas 2 millimètres, l'Altise à points ronges de Geoffroy, d'un noir un peu bronzé et dont les élytres ont chacune une bande rousse souvent étranglée en deux taches, les jambes et les antennes rousses, très-commun sur les Choux cultivés, en France, en Allemagne, en Angleterre ; VA. nemorum^ Linn., de 2 à 2,5 millimètres, noir à reflet verdâtre, avec les jambes, tarses et base des antennes roux, les élytres elliptiques plus larges que le corselet, ayant chacune une large bande d'un jaune-soufre, l'Altise à bandes jaunes de Geoffroy. Cette espèce, de toute l'Europe, vivant toute l'année, est la plus commune sur les diverses Crucifères des potagers. Ses larves, à anneaux bordés de jaune verdâtre, avec tubercules bruns, vivent dans l'intérieur des feuilles de Crucifères, et les évident à la manière des

808 COLÉOPTÈRES. — CHRYSOMÉLIENS.

chenilles de Microlépicloptères que Réaumur nomme Teignes mineuses de feuilles, ne laissant subsister que les deux épidermes. Elles se changent en nymphes en terre, et demeurent dans cet état pendant une quinzaine de jours. Dès les premiers jours d'avril, et aussitôt éclos, l'A. nemorum se porte sur les Crucifères ; on le voit se promener sur les cotylédons ( et les premières feuilles | des Choux qu'il ronge : les entailles qu'on remarque sur ces feuilles sont toujours l'œuvre de l'adulte.

D'autres Phyllotreta ont les élytres unicolores, noires, bleues, vertes, avec ou sans reflet cuivreux. Les Crucifères champêtres, notamment les Colzas du nord de la France et de la Normandie, sont souvent ravagées par l'yl. Lepidii, Hoffmannsegg, à corps oblong, subdéprimé, entiô-, rement d'un vert brillant, parfois bronzé, parfois à reflet bleuâtre, à antennes et pattes noires, de 2 millim. environ, avec la variété nigripes, de toute l'Europe et du Caucase. Les Crucifères de France, d'Espagne, d'Angleterre, souffrent aussi beaucoup de l'A. melœna, de toute l'Europe, et d'une autre espèce noire, A. atra, im peu plus grand, très-fréquent aux environs de Paris sur les Choux, les Radis, etc.

EiOUfGITARStTS, Latr. — Antennes longues et grêles jusqu'au bout; tête assez saillante. Élytres à points confus, recouvrant presque toujours des ailes. Pattes postérieures allongées, avec cuisses très-fortes, à profond sillon pour recevoir la jambe, celle-ci longue et creusée d'un sillon où se loge le tarse inséré à l'extrémité de la jambe ; tarse à premier article très- long.

Les Longitarses sont des Alticides très-sauteurs, comme l'indique la configuration des pattes postérieures. Les antennes sont plus longues que la moitié du corps, et parfois presque aussi longues que lui chez les mâles. Les espèces de ce genre sont nombreuses et difficiles à classer, à cause de leur ponctuation et de leur coloration très-variable, quoique de nuances peu variées. On trouve sur le Bouillon-blanc le L. Verbasci, de 3 à 3,5 millimètres, très-convexe, d'an fauve pâle brillant, ayant parfois les élytres bordées de brun, et sur la Vipérine, le L. Echit, de même taille, d'un bleu d'acier variant au brun bronzé, avec base des antennes et jambes fauves. Nous figurons le L. dorsalis, Fabr., bordé de jaune, de France, d'Allemagne, d'Espagne et d'Algérie (pi. Lix,fig. 10; 10 a, jambe et tarse postérieurs).

SPmBRODERllA^, Steph. — Corps presque hémisphérique, très-convexe. Élytres arrondies sur les côtés et au bout ; des ailes. Cuisses postérieures courtes, renflées ; premier article de tous les tarses dilaté chez les mâles.

Ces insectes sont facilement reconnaissables à leur forme semiglobuleuse, à leur corps lisse, à leur couleur uniforme, d'un rougebrique brillant. Les jambes postérieures ne sont pas sillonnées, et les

SPH^RODERMA, PLECTROSCELIS, PSYLLIODES. 809

tarses ne peuvent se renverser sur la jambe. Aussi ces espèces sautent moins bien que celles des autres Alticides. Elles paraissent vivre spécialement sur les Chardons. — E\. : S. tastaceum, de 3 millimùtres, fauve, à yeux noirs, l'Altise fauve sans stries de Geoffroy,

PI.ErTRO§>rKi.lS, Redtenb. — Corps ovalaireou ovale-oblong. Élytres à stries ponctuées ; presque toujours des ailes. Les deux premiers segments de l'abdomen soudés. Cuisses postérieures grandes et larges, fortement creusées en dedans pour recevoir les jambes, celles-ci creusées d'un profond sillon bordé de cils serrés; tarses à premier article de longueur normale.

■ Les Plectroscelis ont chez les mâles le premier article des tarses dilaté, très-large et épais ; les tarses postérieurs ne peuvent entrer complètement dans le sillon de la jambe, et forment avec elle un angle plus ou moins aigu. Le P. chlorophana, de 3 millimètres, un peu allongé, d'un vert métallique brillant, parfois bleucltre ou doré, avec les appendices roux en partie, très-ponctué, se trouve dans les endroits arides, sur les Graminées. Les insectes de ce genre vivent sur des plantes très-variées, • mais généralement assez basses ; ils sont plus nombreux en espèces dans les contrées méridionales de l'Europe, de même que les PsyUiodes qui vont suivre.

PSlfI.I.IODE:§i^ Latr. (apparence de Puce.) — Corps ovalaire ou elliptique, souvent atténué en arrière. Antennes de dix articles un peu comprimés, s'élargissant et grossissant vers l'extrémité. Élytres à stries ponctuées régulières ; presque toujours des ailes. Cuisses postérieures très-grosses et très-canaliculées ; jambes postérieures sillonnées pour recevoir le tarse inséré avant leur extrémité.

L'insertion du tarse postérieur sur le côté de lajambe (pi. ux, fig. IZi, jambe et tarse postérieurs d'un PsyUiodes) , dont le bout se prolonge ensuite en une sorte de cuillère étroite, à bords denticulés, et le nombre des articles des antennes, qui n'est plus de onze, comme d'habitude, distinguent complètement ce genre parmi les autres Alticides. Les Psyli/odes vivent sur des plaates très-variées, mais surtout sur les Solanées, les Carduacées et les Crucifères. Dans le nord de la France, les Colzas ont parfois à souffrir beaucoup des P. chrysocephala, de 3 millimètres, elliptique, très-convexe, d'un vert bronzé brillant, à appendices roux en partie, et P. nigricollis, de même taille, noir faiblement bronzé, à pattes et élytres rousses. Sur les Radis, les Navets des jardins, on trouve dans toute l'Europe le P. Napi, GylL, avec sa variété Rapœ, Redtenb., plus méridionale, de 2 à 3 millimètres de long, d'un bleu foncé brillant, ou bleu verdûtre, ou plus rarement v£rt bronzé ou cuivreux, avec la base des antennes et les pattes d'un jaune testacé. Les deux sexes ont des ailes. L'espèce fréquente encore divers Brassica et

810 COLÉOPTÈRES. — ÊROTYLIENS.

Sinapis; les plus grands individus sont des prairies marécageuses et des lieux ombragés.

Les derniers genres d'Alticides ne méritent de notre part qu'une mention, car leurs espèces vivent dans les bois et ne sont pas nuisibles.

LesApteropoda, Redtenb., sont oviformes, très-convexes, subglobuleux. Ils manquent d'ailes, et ont la tête très-inclinée en dessous et à peine visible en dessus ; leur prosternum est élargi et arrondi en sorte de mentonnière. Les cuisses postérieures sont épaisses et canaliculécs, les jambes dentelées comme chez les Psylliodes. Ces insectes sont tous d'un vert bronzé plus ou moins brillant, vivent dans les localités un peu humides, dans les bois sombres, ce qui est en rapport avec leurs yeux grands et convexes. Il est des Alticides qui habitent au milieu des Mousses, surtout dans les régions fraîches des pays montagneux : tels sont les Hypnophila, Foudras, à corps subglobuleux, à gros yeux, à abdomen très-convexe, comme le genre précédent, mais sans mentonnière prosternale, et à cuisses postérieures moins fortes, et le genre Mniophila, Steph., à corps globuleux, tête cachée en dessous, antennes ayant leurs trois derniers articles épaissis et formant une massue oblongue. Une espèce noire, à pattes et antennes fauves, de très-petite taille, un millimètre, le M. Mmcorum, Hoffmannsegg, a l'aspect d'un Agathidium.

Tribu des érotyi^iems.

Les limites exactes de la tribu des Érotyliens sont difficiles à préciser, comme cela n'arrive que trop souvent en histoire naturelle. Nous suivrons l'exemple de M. E. Blanchard, en y plaçant deux groupes dont la plupart des auteurs font des familles séparées, les Endomychides et les Érotylides. Ce sont surtout les analogies complètes de mœurs qui autorisent cette réunion. Tous ces insectes vivent en effet de ces végétaux très-azotés qui sont une espèce de nourriture animale, les Agarics, les Bolets, les Lycoperdon, etc., et ces productions fongueuses variées qui envahissent les écorces mortes ou malades. Les larves sont pourvues de pattes thoraciques fonctionnelles, le plus souvent blanchâtres, en raison d'une existence cachée à la lumière, et cyhndroïdes ; elles ont le môme régime que les adultes et se trouvent dans les Cryptogames.

La place des Érotyliens n'est nullement celle que leur donnait Latreille à la suite des Chrysoméliens, et que nous conservons pour obéir à l'habitude de la plupart des entomologistes ; cela tenait à une influence exagérée du système tarsal. Il faut complètement mettre de côté cette considération, si l'on veut avoir des affinités naturelles pour les Érotyliens. Ils se lient à des Coléoptères carnassiei's, ou du moins vivant de détritus animahsés, comme les genres Mycetœa, Cryptophagus, etc., et l'on

ENDOMYCHIDES. 811

peut les placer après les Colydiens et les Cucujicns. On terminera les groupes de ce type par les Coccinelllens, tribu qui offre pour presque tous ses genres des carnassiers de proie vivante. Au contraire, un groupe formé de Coléoptères phytophages les plus essentiellement tétramères qui existent comprendra les Curculioniens, les Cérambyciens, les Chry soméliens.

Les Érotyliens, comme nous les admettons, ne sont pas aussi étendus que dans la tribu de ce nom de M. E. Blanchard, qui y réunit d'autres types, ainsi les Ips, les Trogosita, les Monotoma, etc., que nous rangeons dans la tribu des Colydiens. Les Érotyliens comptent peu de représentants en Europe, mais beaucoup de leurs genres^ dans les Erotyles proprement dits, sont de la région médiane du double continent américain.

Voici les caractères généraux : Corps le plus habituellement oblong, ovale ou elliptique, plus rarement allongé et subparallèle, ou au contraire subhémisphérique. Tète petite, enfoncée dans le corselet, rétrécie en avant en museau court et tronqué. Antennes de onze articles, non rétractiles, les trois derniers en massue. Mandibules courtes et fortes ; mâchoires à deux lobes ; palpes maxillaires et labiaux de quatre et trois articles. Écusson visible. Élytres recouvrant tout l'abdomen; presque toujours des ailes. Abdomen de cinq segments en dessous. Pattes de longueur variable. Tarses ayant en dessous des poils ou des brosses, offrant trois, quatre ou cinq articles apparents, terminés par des crochets simples.

Outre les ouvrages généraux, on peut consulter pour la tribu des Érotyliens {pro parte) la Monographie des Érotyliens de Lacordaire, (Roret, Paris, 18Z|2), comprenant les espèces de tous pays, et un travail de M. Bedel {Abeille, 1868) sur les Érotylides européens.

L — ENDOMYCHIDES.

Caractères spéciaux : Dernier article des palpes maxillaires oblong ou ovoïde. Corselet à côtés minces et un peu aplanis, presque aussi large en avant qu'en arrière, avec deux sillons très-marqués en arriéré, ce qui explique le nom de Sulcicolles donné à ces insectes par certains auteurs. Élytres non striées, souvent atténuées en arrière. Pattes grandes, à cuisses sans sillon interne ; tarses de trois articles, le troisième ayant à sa base un très-petit nodule peu distinct. Corps oblong.

Les larves connues ont la tête subarrondie et aplatie, les yeux petits, des antennes courtes, coniques et rétractiles, de trois ou quatre articles. Les mandibules sont multidentées et cornées à leur extrémité. Le corps est mou, oblong, formé de douze anneaux, dont les trois premiers, plus développés, portent des pattes assez allongées, ayant un ongle court. Sauf chez les Endomychus, où les larves vivent moins cachées, elles ont

812 COLÉOPTÈRES. — ÉROTYLIENS.

des couleurs d'un blanc terne et livide. Les n^Tuphes ont le corps souvent muni d'épines courtes et presque membraneuses.

Ces Insectes à leurs premiers états se trouvent, les uns emprisonnés dans les Lycoperdon épars sur le sol, les autres cachés dans les plis des Agarics ou dans l'intérieur des Bolets implantés en parasites sur les troncs malades ou morts des Bouleaux, des Peupliers, des Saules ou des Sapins ; enfin plusieurs se réfugient sous les écorces de divers arbres, trouvant leur nourriture dans les productions fongueuses qui y végètent. Malgré la vie retirée de ces larves, des Carabiques savent les atteindre dans leurs retraites pour les dévorer, et des Ichneumoniens pour déposer leurs œufs dans leur corps.

Les adultes sont tantôt bruns, tantôt d'un fauve mêlé de jaune et de rouge ; parfois ils ont des couleurs plus vives, comme du corail obscurci ou même de l'écarlate. Les uns ont des taches ou gouttes noires symétriquement répétées (les Endomychus), d'autres une ceinture {Lycoperdina succincta) ou une croix noire {Mycetina cruciata). Dans le jour, on les trouve sur les productions cryptogamiques où ont vécu leurs larves, et ils ne s'envolent pas et se cachent souvent ; le soir, ils prennent leur essor, k la recherche de la nourriture. Ils aiment la fraîcheur des forêts, et sont surtout des régions froides ou tempérées et des montagnes. Leur rôle harmonique est de détruire les végétaux parasites, dans lesquels les femelles vont de'poser leurs œufs. Peut-être en outre, suppose M. Mulsant, par une harmonie contraire, ces insectes contribuent à transporter et à disséminer les imperceptibles spores des Cryptogames dont ils sont saupoudrés.

Les anciens auteurs, qui du reste connaissaient à peine d'Endomychides, les rangeaient parmi les Chrysoméliens, soit dans les Chrysomela, soit avec les Galeruca. C'est Helwig, cité par Panzer, qui créa le genre Endomychus. Il comprenait d'abord tous ces insectes. C. Duméril n'admet que ce genre unique dans ses Coléoptères oHgomérés ou paucitarses. Latreille, après avoir placé les Endomychides dans les Coccinelliens, y établit plusieurs genres, et en fit ensuite la famille des Fon- ' gicoles, nom qui ne peut être conservé comme tous ceux qui désignent un régime, les mœurs des insectes étant trop variées pour que les types les plus divers ne soient pas réunis au point de vue de leur alimentation. La sous-tribu actuelle ne renferme que peu de genres.

GENRES PRINCIPAUX

ElintORPHIJS^ Weber. — Antennes longues, de onze articles, trois très-allongés, neuf à onze dilatés en large massue comprimée. Élytres relevées au milieu en carène. Cuisses renflées à la jointure tlbiale ; jambes arquées.

Ces insectes, qu'on regarde comme .fongicoles, sont exotiques, du continent indien et des îles qui s'y rattachent. Ce sont les plus grands

ENDOMYCHIDES. — EUMORPHUS, DAPSA, ENDOMYCHUS. 815

Eiidomyques, curieux par le relief de leurs élytres eu profil triangulaire, avec un rebord plan chez la plupart des espèces. Ils ont en général un fond sombre relevé par des taches brillantes. Nous représentons l'E. hamatus, G.-Mén., de Java(pl. lx, fig. 7; 7 a, antenne grossie). Cetinsecte est d'un noir terne ; les élytres portent chacune trois tubercules lisses et rouges, une forte carène tranchante à l'épaule, une autre sur le tubercule rouge du milieu, celle-ci oblique et terminée en arrière par une pointe en crochet. Des formes tranchées sont l'apanage des Eumorphus. Les deux espèces les plus anciennement connues sont 1'^. immarginatus, Fabr., de Sumatra, à corps noir, à élytres noires, non bordées, ayant chacune deux taches jaunes, et YE. marginatus, Fabr., de la Nouvelle-Calédonie, un peu plus grand que le précédent, noir, à élytres violettes, bordées chacune avec deux points jaunes.

DAPi^A, Latr. — Corps oblong, pubescent, convexe. Antennes assez grêles, avec massue allongée, peu marquée. Corselet plus étroit que les élytres, celles-ci ovales - oblongues , obtusément arrondies à l'extrémité. Pattes assez fortes, à cuisses presque claviformes.

Nous figurons une espèce de ce genre, le D. denticollis, Germ. (pi. lx, fig. 8 ; 8 a, patte antérieure du mâle), d'Allemagne. Elle est fauve, avec macules noires au bout des élytres. On la trouve surtout en Hongrie, sous les écorces des Bouleaux. Le corselet est muni de chaque côté d'une dent arquée, ce qui la distingue d'une autre espèce, D. trimaculata, Motschoulsky, à corselet inerme, assez commune dans le Midi de la France, existant aussi dans l'Allemagne, la Russie méridionale et le Caucase.

t:i!KDOAlA'€Hi:<^, Panzer.— Corps ovalaire, assez convexe. Antennes terminées par une massue oblongue et comprimée de trois articles. Corselet trapézoïdal, rétréci en avant, plus étroit que les élytres, celles-ci ovalaires, arrondies séparément à l'extrémité, finement marginées. Jambes inermes ; tarses à pénultième article grand, subcordiforme, le dernier le plus long, terminé par deux crochets grands et simples.

Ces insectes ont le corps orné de brillantes couleurs, où le noir tranche sur le rouge ou le fauve vif. Le type est l'^. coccineus, Panzer, de l'Europe et du Caucase. On le voit surtout dans les parties froides. Il est assez rare ; mais quand on rencontre quelque Bolet ligneux hanté par cette espèce, on en prend d'ordinaire un assez grand nombre d'individus. C. Duméril dit qu'il le trouvait communément en famille sous les écorces et au pied des Bouleaux, dans la foret de Saint-Germain, derrière les Loges ; je crois qu'on le chercherait vainement aujourd'hui dans cet endroit. Ce Coléoptère est d'un beau rouge vermiUon, avec une tache noire sur le corselet, et deux autres noires sur les élytres.

S\U COLÉOPTÈRES. — ÉROTYIJENS.

La larve, décrite par MM. Curtis et Westwood, rappelle par ses anneaux larges et aplatis celles des Silplies et des Lampyres. Elle est d'un brun rougeàtre, à tète petite, inclinée, avec les antennes courtes et filiformes. Les anneaux de l'abdomen sont terminés latéralement de chaque côté par un appendice arque en arrière, et sont munis de taches jaunes sur les bords, ce qui rappelle les larves de Coccinelles. La nymphe est d'un jaune clair et saupoudrée d'une poussière farineuse. Nous représentons (pi. Lx, fig. 9), une espèce exotique, de Mexico, VE. tihialis, Chevr. ou circumdatus du Catalogue deDejean, d'un jaune fauve, avec grandes taches noires sur le corselet et les élytres, et appendices mi-partie jaunes et noirs.

I<YCOP£RDll[A, Latr. — Corps oblong, assez gros, glabre. Antennes de onze articles, le premier renflé, les trois derniers en massue peu marquée. Palpes robustes. Pattes grandes, cuisses claviformes, jambes arquées ; dernier article des tarses le plus long de tous, avec crochets simples.

On rencontre quelques espèces de ce genre aux environs de Paris : ainsi, au printemps, le L. Bovislœ, Gyll., de toute l'Europe et d'Algérie, fréquent dans le Lycoperdon Bovista. Il est le plus souvent d'un brun noirâtre uniforme, parfois avec les bords du corselet et des élytres roux et cette teinte pouvant s'étendre plus ou moins. Nous représentons les détails de cet insecte (pi. lx, 10, labre ; 10 b, mandibule, entière à l'extrémité; 10 a, mâchoire à lobe externe triangulaire, acuminé, cilié, aussi long que le palpe, à lobe interne grêle et court, avec palpe à dernier article ovoïde acuminé; 10 c, lèvre inférieure, avec menton hexagonal transverse, languette un peu cordiforme, ciliée en avant, palpes courts, à dernier article acuminé ; 10 d, antenne ; 10 e, patte postérieure). On peut trouver aussi, près de Paris, dans toute la France, l'Allemagne et l'Europe méridionale, le L. succincta, Fabr., rougeàtre avec le milieu du corselet noir et une large bande noire transversale sur les élytres, quelquefois remplacée par une simple tache noire. Cette espèce doit être surtout recherchée dans les localités froides et montagneuses, et vit avec sa larve dans les Vèsses-de-loup ou sous les écorces des arbres blancs. Nous figurons une espèce exotique, fauve, aplatie, à bords plans, le L. lata, Chevr., du Brésil (pi. lx, iig. 11). Dans un genre' très- voisin nous citerons le Mycetina cruciata, Fabr., espèce des contrées froides de l'Europe, qu'on trouve en France à la Grande-Chartreuse et dans les Alpes. Ce Coléoptère, d'un rouge jaunâtre, semble porter une croix noire sur les élytres réunies.

II, — ÉROT\XIDES.

Caractères spéciaux : Massue antennaire comprimée. Hanches postérieures très-distantes; prosternum et mésosternum larges ; tarses le plus

ÉROTYLIDES. 815

souvent subpentamères, à quatrième article plus ou moins visible. Corps plus ou moins convexe.

Ces insectes vivent à l'état de larves clans les Cryptogames de la classe des Champignons, surtout dans ceux qui sont épipliytcs. Les larves sont peu connues, car la plupart des espèces sont exotiques. Elles sont cylindroïdes, lisses, blanchâtres, S en raison de leur vie lucifuge, et laissent suinter un liquide d'odeur vireuse, comme les larves des Diapéris, etc. Une larve européenne, celle du Triplax russica, observée par M. Westwood, est donnée parce savant comme très-semblable à celle du Cohjdium sulcatum, fait important au sujet des affinités naturelles des ÉrotyUdes.

Les adultes se trouvent sur les Cryptogames où vivaient les larves, ou à peu de distance, sur les feuilles, et les broussailles, et non sous les écorces. Les espèces d'Amérique, observées par Lacordaire, paraissent avoir les mêmes mœurs que les espèces d'autres genres observées en Europe. Ces Érotylides ne semblent pas faire grand usage de leurs ailes, du moins dans le jour. Ils vivent ordinairement isolés, mais cependant certaines espèces se rassemblent quelquefois en grand nombre sur les troncs abattus. Quand on les saisit, ils simulent la mort en retirant les pattes sous le ventre. On ne connaît pas encore l'anatomie interne d'aucun de ces insectes. Leurs ditférences sexuelles externes sont habituellement nulles, c'est-à-dire ne consistent qu'en une taille un peu plus forte chez les femelles et. un aspect plus lourd ; parfois les mâles ont les cuisses plus renflées, les jambes plus courbes ou rugueuses, etc. Il faut remarquer que certaines espèces, principalement dans le grand genre américain Erotylus, paraissent très -peu fixes pour la couleur, la nuance du fond pouvant passer aux taches, et vice versa, comme on le voit pour les Coccinelles, pour certains Longicornes, etc. Les Érotylides adultes exhalent, surtout les grandes espèces, comme tous les insectes bolétivores, une odeur spéciale analogue à celle des Helops, Allecula, etc. Lacordaire est convaincu que tous les Érotylides, européens et exotiques, vivent à tous leurs états dans les Bolets, et se posent accidentellement sur les végétaux voisins sans en faire leur nourriture.

La distribution géographique des Érotylides est fort circonscrite, si l'on omet quelques exceptions. Environ les neuf dixièmes des espèces sont du continent américain, s'étendant de New-York à la Plata, aux environs de Montevideo. Peu nombreuses aux Etats-Unis, elles abondent au Brésil; à la Guyane, dans la Colombie, la Bolivie, le Mexique et les Antilles ; manquent au contraire ou sont rares au Pérou et au Chili. On comprend l'abondance de ces espèces dans toutes les régions à la fois chaudes et humides^ où les végétaux, constamment renouvelés, sont dévorés par des masses de Cryptogames parasites. Il existe une trèsfaible quantité d'Érotylides en Asie, en Afrique et en AustraUe. L'Europe ne compte actuellement qu'un peu plus de vingt espèces connues, dont aucune n'appartient aux genres à espèces de grande taille. Il en

816 COLÉOPTÈRES. — ÉROTYLIENS.

est deux, les Triplax russica, Liun., et Triioma bipiistulata, Oliv., qui se trouvent de la Laponie à la Sicile.

Les Érolylides ont d'abord été confondus, soit avec les Chrysomèles, soit avec les Coccinelles. C'est Fabricius qui créa en 1775 le genre Erotylus pour les grandes espèces de l'Amérique tropicale, envoyées fréquemment aux collectionneurs de la Guyane et du Brésil.

En France parut, en 1825, un mémoire intéressant, la Monographie du genre Erotyhis (1) par Duponcliel, entomologiste devenu célèbre depuis par son grand travail, continuant celui de Godard sur les Lépidoptères d'Europe. Duponcliel établit une subdivision artificielle, commode pour les collections, en trois groupes : 1° Érotyles ovales, à pattes plus ou moins allongées ; 2° Érotyles hémisphériques, à pattes plus ou moins courtes ; 3° Erotyles a llongés, à corselet subégal aux élytres. Puis de nombreux genres furent formés par les études plus approfondies qui suivirent.

On doit établir deux subdivisions dans les Érotylides, indiquées par Lacordaire et M. E. Blanchard. L'une est celle des Erotyles engidiformes, qui comprend en partie des genres pentamères, dont le quatrième article des tarses est presque aussi grand que le troisième, et qui ont alors en môme temps le dernier article des palpes maxillaires ovoïde, acuminé au bout, peu ou pas dilaté (genres Engis, Encaustes, Episcopha, Tri'platoma), tandis que d'autres sont tétramères ou plutôt subp entamères, ayant le quatrième article des tarses très-petit, nodiforme, à peine distinct dans l'échancrure du troisième, et le dernier article des palpes maxillaires très-grand, cupuliforme, sécuriforme ou cultriforme. Nous trouvons là des genres, les uns d'Europe, comme Triplax et Tritoma, d'autres exotiques, comme Dacne (Lacord.), Pselaphacus, etc. Ces genres amènent insensiblement aux Erotyles vrais, tétramères ou subpentamères et clavipalpes, ainsi que les désignait Latreille, à cause du dernier article de leurs palpes très-élargi ; leurs genres sont presque tous américains : ainsi Erotyhis, yEgythus, Coccimorphus, etc. Latreille, toujours préoccupé du système tarsal, avait dispersé presque tous les genres du premier groupe à côté des Ips, des Nitidules, des Cryptophages, et avait placé les autres, tantôt sous le nom d'Érotylènes, tantôt sous celui de Clavipalpes, à la suite des Chrysoméliens, terminant ainsi ses Tétramères et faisant la transition au genre Eumorphus, le premier de ses Trimères, et dont les espèces vivent aussi dans les Champignons. C. Duméril, à l'instar des anciens auteurs, met le genre Erotylus, formé des grandes espèces d'Amérique, dans ses Coléoptères tétramères phytophages, près du genre Cassida, et suppose à tort, avec doute du reste, qu'ils dévorent les feuilles et les fleurs.

(1) Mém. du Mus. d'hist. nalur., t. XII, p. 30 et suiv.

ÉROTYLIDES. — EROTYLUS. 817

GENRES PRINCIPAUX

EROTVXVi), Fabr. — Tête un peu convexe, terminée par un museau large et quadrangle. Corselet transversal, profondément échancré en avant, plus ou moins inégal en dessus, avec des fossettes. Pattes longues et grêles; cuisses comprimées ; tarses subpentamères.

Ce genre américain est le plus remarquable de la tribu par sa grande taille, ses couleurs variées et éclatantes. Il a de nombreuses espèces recherchées par les collectionneurs, et dont les dessins et les formes présentent de fréquentes variations, même dans une seule espèce. On serait très-aisément amené à faire de fausses espèces et môme des genres. On voit que les diverses espèces passent insensiblement de la forme la plus oblongue àla plus brièvement ovale, et que les élytres, de médiocrement convexes, peuvent devenir très-convexes et même gibbeuses ou pyramidales.

D'après Lacordaire les mâles ont parfois les cuisses antérieures plus ou moins renflées. Nous citerons les noms des espèces les plus fréquentes dans les collections : E. histrio, Linn. (pi. lx, fig. 5 ; 5 a, profil ; 5 6, antenne), de forme oblongue et naviculaire, avec les élytres séparément acuminées en arrière et très-gibbeuses en leur milieu, d'un noir brillant, avec mélange de points noirs et jaunes, chaque élytre ayant en outre deux taches rouges, une à la base, l'autre à l'extrémité ; trèscommun au Brésil, moins à la Guyane, se trouvant toujours, selon Lacordaire, immobile sur les Bolets ou sur les troncs d'arbres abattus et à demi décomposés. — E. yiganteus, Linn., très-largement ovale et trèsconvexe, noir, à élytres couvertes de nombreuses taches rouges, ayant de la tendance à se réunir, de sorte qu'on a peine à trouver deux sujets exactement semblables ; espèce commune à la Guyane, sur les Bolets et dans leur voisinage (voyez la figure précédente pour la taille de ces deux espèces, les plus grandes du genre). — E. nphacelatus, Fabr., ovale, large, acuminé en arrière ; noir, à élytres très-relevées en pyramide, avec deux bandes sur les élytres d'un gris bleuâtre pendant la vie, devenant jaunàtrjes sur les sujets secs, et des points noirs creux. De la province de Rio-Janeiro au Brésil, vivant en société sur les vieux troncs d'arbres couverts de Bolets, — E. gibbosus, Linn., ovale-oblong, noir, à élytres fortement et obtusément gibbeuses avant le milieu, d'un testacé verdàtre pendant la vie, flavescentes à l'état sec, avec une bande noire au milieu et une postérieurement, ponctuées de noir, commun à la Guyane, avec les mêmes habitudes que le précédent; etc. LinnîEUS plaçait dans les Chrysomèles les Erotyles qu'il connaissait.

818 u COLÉOPTÈRES. — ÉROTYLIENS.

CVRTOMORPHIJSS, Dej. — Dernier article des palpes maxillaires assez fortement dilaté et triangulaire; antennes assez robustes, au moins aussi longues que le corselet. Corselet très-court et très-déclive, échancré en avaat. Tarses subpentamères. Corps largement ovale ou ovale-elliptique, convexe .

Ce genre ne comprend que peu d'espèces, de la faune indienne. Ex. : C. bengalensis, G.-Mén., du Bengale ou plus probablement de Java, d'un fauve vif et brillant avec des taches noires (pi. lx, fig. 1; la, mâchoire et palpe; le, tarse postérieur ; 1 b, antenne à premier article gros, deux très-court et obcouique, trois au moins aussi longs que les deux suivants, Zi à 8 obconiques et décroissants peu à peu de longueur en grossissant, 9 à 11 en massue pubescente).

.EGYTHCS, Fabr. — Palpes épais, à dernier article fortement sécuriforme ; antennes à troisième article allongé. Corselet convexe, très-court, très-rétréci e t très-échancré en avant, coupé très-obliquement de chaque côté de sa base, de manière à ressembler à un V à branches très-largement ouvertes. Pattes peu robustes, de longueur variable ; tarses subpentamères.

La forme du corps de ces insectes, qui est largement ovale, subhémisphérique ou complètement hémisphérique, avait porté Linnseus à placer dans les Coccinelles l'espèce type qu'il connaissait, l'^E. surinamensis, Linn., ovale et hémisphérique, noir, avec les éiytres sans ponctuation, d'une couleur variant du rouge-brique au jaune pâle. L'espèce est répandue depuis le sud du Brésil jusqu'à l'Amérique centrale et paraît commune partout. C'est YjEgijthus qu'on trouve le plus fréquemment, dit Lacordaire, aux environs de Cayenne comme à Rio- Janeiro. Nous représentons ses détails analomiques (pi. lx, 2 a, bouche; 2 6, mâchoire et palpe; 2 c, mandibule; 1d, lèvre inférieure et palpe; 2e, antenne). Citons encore VjE. qaadrinotatus, Chevr. (pi. lx, fig. 2), ovale, noir, à éiytres jaunes, avec deux taches noires sur chacune, du Mexique. Le genre est américain.

TRIPIiAX, Payk. — Corps oblong, peu convexe ; dernier article des palpes trèsgrand, cupuliforme, sécuriforme ou cultriforme. Tarses subpentamères, à quatrième article très-petit, nodiforme, à peine distinct dans l'échancrure du troisième (iétramérie habituelle).

Les Triplax se trouvent dans l'ancien continent et dans l'Amérique du Nord. A l'étal parfait comme sous celui de larves, ils vivent dans les Champignons, Agarics, Bolets, etc., et plus rarement sous les vieilles écorces. On ne les rencontre guère isolés, dit M. Bedel ; presque toujours ils sont rassemblés par petits groupes, parfois au nombre d'une trentaine d'individus. Comme beaucoup-d'insectes fongicoles, ils exhalent une odeur caractéristique. Si l'on veut les saisir, ils cherchent à s'échap-

ÊROTYLIDES. — TRIPLAX. 819

per avec beaucoup de vivacité, ou bien ils se contractent et restent quelque temps immobiles, les antennes rabattues sur les côtés du cor^ selet, les jambes repliées sur les cuisses et les tarses en dehors. Leurs yeux formés de facettes relativement grosses, l'ensemble de leurs habitudes, indiquent des insectes nocturnes : ils fuient la lumière, et, quand on les place au soleil, s'envolent rapidement pour chercher un abri. Dans les bois, on les prend souvent au vol à l'entrée de la nuit, surtout par les temps chauds et orageux.

Le type du genre est répandu pendant la plus grande partie de l'année, notamment aux environs de Paris, généralement sur les Bolets ligneux des troncs d'arbres, plus rarement sous les écorces et dans la carie des arbres. C'est le T. russica, Linn. (pi. lx, fig. k, son antenne, à troisième article égal aux autres). Cette espèce est commune dans toute l'Europe, depuis la Laponie jusqu'à la Sicile. Elle existe dans l'Amérique du Nord, fait général pour un certain nombre d'insectes du nord de l'Europe, comme conséquence de la communication qui a eu lieu autrefois par les régions circumpolaires qui avaient un' climat plus doux qu'aujourd'hui. On la retrouve dans le Caucase et en Algérie, et cette dernière région contient environ la moitié des Triplax d'Europe. Le T. russica, long de 5 à6 millimètres, est d'un rouge ferrugineux, avec les antennes, la poitrine et les élytres d'un noir brillant, ces dernières ayant des stries ponctuées avec des intervalles à points très-fins. La larve ■ de ce Coléoptère, étudiée par L. Dufour, vit dans le Boletus hispidus., Bulliard, parasite des arbres, et se trouve abondamment en août, septembre, octobre. Elle est cylindrique, oblongue, subparallèle, d'un blanc roussâtre, munie de stemmates noirs, de très-petites antennes triarticulées, de mandibules cornées, robustes, bifides au bout. Les segments, hérissés latéralement de quelques poils courts, offrent dorsalement une bande brunâtre munie d'aspérités saillantes. Le dernier segment, atténué en arrière, spinuleux, se termine par une paire de petits crochets cornés et un anus saillant, conoïde. Six pattes courtes, dépassant à peine le corps, mais terminées par un fort crochet simple, donnent à cette larve une démarche assez agile. Parvenue à l'état adulte et longue de 9 millimètres, elle abandonne le Bolet qui l'a nourrie, et s'enfonce en terre pour devenir nymphe. Celle-ci, libre dans le terreau, estoblongue, atténuée en arrière, d'un blanc jaunâtre avec des yeux bruns, à segments abdominaux anguleux aux extrémités, le dernier plus étroit, terminé par deux pointes grêles. La peau de cette nymphe, longue de 6 milhmètres, s'ouvre par le dos lors de l'éclosion, et l'insecte qui en sort est d'abord d'un marron clair uniforme, ce qui avait donné lieu à une fausse espèce, T. castama, Marsh. Ce n'est qu'au bout d'une semaine environ que la couleur noire de la poitrine et des élytres a acquis toute son intensité.

820 COLÉOPTÈRES.— ÉROTYLIENS.— COCGINELLIENS.

ll§C!HVRU§i, Chevr. — Dernier article des palpes maxillaires dilaté en segment de cercle. Yeux grands, à forts granules ; antennes grêles, à troisième article grand, à massue petite. Élytres oblongues, plus ou moins allongées, peu convexes. Cuisses élargies et comprimées; tarses subpenlamères.

Ce genre, placé dans les Érotyliens engidiformes, contient de nombreuses espèces, toutes d'Amérique. Ce sont des Érotyliens qui tendent à s'aplatir, à couleurs mêlées de fauve ou de rouge avec des dessins noirs. Nous citerons 1'/. femoralis, Chevr., du Mexique (cet insecte était rangé autrefois près des Ips et Nitidules). Il est noir et oblong, avec la tête, le corselet, les élytres, les côtés de l'abdomen et la base des cuisses maculés de fauve rougeâtre (1).

EIVGI^^, Payk., ou Dacne, Latr. — Corps oblong, subparallèle, peu convexe. Dernier article des palpes ovalaire, obtus ou acuminé à l'extrémité. Tarses pentamères, à quatrième article presque aussi long que le troisième, à cinquième allongé, grêle.

Ce genre était pour les anciens auteurs confondu avec les Ips. Le nom Dacne de Latreille, quoique plus ancien, n'a pas prévalu, et il est à regretter que Lacordaire ait transporté ce nom à d'autres Érotyliens pentamères exotiques, car cela établit de la confusion. Les Engis ont trois ou quatre espèces en Europe. Ce sont de petits insectes vivant généralement en sociétés nombreuses dans les Bolets et sous les écorces couvertes de productions fongueuses. Ils sont surtout des parties froides et tempérées de l'Europe. Le type estr^. humeralis, Fabr., de toute l'Europe et du Caucase, se rencontrant pendant toute l'année, principalement sous les écorces d'Ormes attaquées par les Cryptogames, long de 3 millimètres environ. Il est reconnaissable par sa ponctuation fine, sa couleur d'un noir très-brillant, avec la tête, les antennes, le corselet, les pattes et un point humerai sur chaque élylre d'un rouge ferrugineux. Sa larve, longue de Zi™™,5 a été décrite par M. Bedel. Elle est subcylindrique, oblongue, d'un blanc légèrement jaunâtre, de onze segments apparents, la tête non comprise. Celle-ci est arrondie, dégagée, avec un stemmate noirâtre, des mandibules cornées, noirâtres, bifides ; le prothorax est assez gros et large ; le dernier segment du corps est muni de deux crochets cornés, recourbés, et porte un tube anal saillant. Le corps n'a que quelques poils très-fins ; le thorax est muni de six pattes courtes, terminées par un crochet simple.

Tribu des COCCIMELLIEMS.

Bien que les Coccinelliens, par l'aspect de leurs larves et le régime phytophage de quelques-unes, aient des rapports réels avec les Chrysoméliens, et que la configuration du corps des adultes les en rapproche

(1) Voyez Iconogr. G,-Mén., pi. xviii, fig. 10, sous le nom Daone femoralis.

COCCINELLIENS. 821

aussi, nous croyons devoir placer cette tribu à côté des Érotyliens. Les palpes, les tarses, les antennes, sont analogues ; les couleurs présentent le même genre de variations individuelles, tantôt offrant des taches noires sur un fond coloré, tantôt l'inverse, sans qu'on change d'espèces. La nourriture est de même, le plus généralement, azotée, puisque la plupart des Coccinelliens vivent de Pucerons et parfois de Cochenilles. Les Coccinelliens doivent se ranger dans les Coléoptères carnassiers de proie vivante, avec ces exceptions d'espèces végétivores dont les Carabiens et les Silphiens nous ont présenté des exemples. On a l'habitude dans les catalogues de les mettre à la fin de l'ordre des Coléoptères, par suite de la classification tarsale. Ils font partie en effet des Trimères de Lamarck, des Oligomères, Paucitarses, Tridacttjles de C. Duméril. Ce sont les Aphidiphages de Latreille, nom peu heureux, puisqu'il ne s'applique pas à toute la tribu. Le nom de Coccinelliens vient de coccum, graine, en raison de leur forme le plus souvent hémisphérique.

Les Coccinelliens adultes se reconnaissent aux caractères généraux qui suivent : Corps hémisphérique ou ovalaire. Tète presque toujours enchâssée dans le corselet. Veux ovalaires ou oblongs. Antennes presque toujours de onze articles, les trois ou quatre derniers en massue comprimée ou fusiforme, grêle et courte ; elles sont rétractiles sur les côtés du corselet, ce qui les distingue des Endomyques. Mandibules courtes, robustes, fortement arquées, avec une bordure interne membraneuse ; mâchoires à deux lobes, à palpes de quatre articles , le dernier gros, le plus souvent dilaté et fortement sécuriforme ou tronqué obliquement. Ce caractère, qui se retrouve chez la plupart des Érotyles, et n'existe pas au contraire chez les Endomyques, a fait donner aux Coccinelliens le nom de Sécuripalpes par M. Mulsant. Languette entière ou échancrée, avec palpes de trois articles, le premier petit (pareillement aux Endomyques), le troisième fusiforme. Corselet transversal, presque toujours largement échancré au bord antérieur ; à côtés généralement très-décUves et convergeant fortement en avant, à surface unie, sans sillons (distinction d'avec les Endomyques) ; écusson petit, parfois presque indistinct. Élytres ovalaires ou presque arrondies, trèsrarement striées, recouvrant et même emboîtant l'abdomen ; des ailes en dessous chez toutes les espèces carnassières , pouvant s'atrophier ou manquer chez les phytophages. Abdomen de cinq segments en dessous, tous libres, le premier grand, les autres diminuant peu à peu, et un sixième petit segment chez les mâles ; cavités cotyloïdes des hanches ouvertes en arrière. Pattes courtes, comprimées, assez robustes, rétractiles contre l'abdomen sous les élytres, avec cuisses sillonnées en dedans pour recevoir la jambe. Tarses de trois articles, garnis en dessous des deux premiers de brosses soyeuses, le troisième ayant à la base un petit nodule à peine distinct ; crochets des tarses presque toujours dentés ou bifides (ce qui n'a pas lieu chez les Endomyques).

Quelques détails supplémentaires d'organisation se lient aux mœurs

822 COLÉOPTÈRES. — COCCINELLIENS.

des Coccinelliens. Le premier segment de l'abdomen, le plus grand, présente presque toujours ce qu'on nomme les plaques abdominales, dont les classiflcateurs ont cherché à tirer parti pour la distinction générique de cette tribu d'étude si difficile. Cet arceau est en effet bordé d'un filet ou ligne élevée, indiquant la limite où se renferment au repos la cuisse et la jambe repliées. Il en résulte de chaque côté la circonscription d'une plaque abdominale en forme d'U ou de V, dont le sommet de l'angle se rapproche du bord postérieur du segment, tantôt sans l'atteindre {Epilachna) , tantôt en y arrivant (certains Coccinella, etc.). Le développement de ces plaques abdominales est d'autant plus grand, que les pattes sont plus courtes et les cuisses plus renflées.

Chez un grand nombre d'espèces, surtout les Coccinelles proprement dites, les cuisses offrent à l'extrémité, à l'articulation fémoro-tibiale, une ouverture par laquelle l'insecte, inquiété ou saisi par un ennemi, laisse suinter vm liquide aune, mucilagineux, d'odeur très-désagréable. Nous retrouverons les odeurs infectes chez d'autres mangeurs de Pucerons, les Hémérobes (Né^roptères). Ce fluide doré fut préconisé dans l'ancienne pharmacopée contre le mal de dents. L'ouverture de sortie est très-visible chez les grandes espèces, quand l'insecte a la jambe repliée sur la cuisse.

Les tarses offrent quelques particularités dignes d'intérêt. Dans le plus grand nombre des espèces, les tarses antérieurs ont les deux premiers articles munis en dessous de ventouses chez les mâles, afin de permettre à ceux-ci de se tenir sur la carapace lisse et bombée des femelles lors de la copulation. Dans tous les tarses le second article s'insère dans une légère échancrure du sommet du premier. Il est trièdre ou subcordiforme, et loge dans une gouttière le troisième article terminal, grêle et portant les ongles. De même qu'on l'a vu pour les tarses plus complets des Cérambyciens et des Chrysoméliens, à la base de ce troisième article est un nodule ou article rudimentaire, signalé autrefois par de Geer comme objection au système tarsal de Geoffroy. De là les noms que certains auteurs donnent aux Coccinelliens, les appelant Subtétramères {LacoTda.iTe, Chevrolat), Pseudotrimères (Westwood, Stephens, Redtenbacher).

Nous ne parlerons pas actuellement des larves, à cause des différences qu'elles présentent dans les divers groupes, surtout selon qu'elles se nourrissent d'Hémiptères succulents ou de végétaux. Nous dirons seulement ici qu'elles sont toujours munies de six pattes thoraciques, et plus ou moins agiles. Leur corps, allongé dans le premier âge, se raccourcit à chaque mue, et, après la nymphose, est devenu presque toujours hémisphérique, le plus souvent lisse et comme vernissé, parfois revêtu d'un duvet court et presque soyeux ; les tubercules, les poils, les épines des larves, ont disparu. M. Mulsant célèbre, dans un langage imagé, la richesse des teintes des Coccinelles.

« Tantôt, écrit-il, on dirait des gouttes de lait tombées sur un fond de

COCCINELLIENS. 823

eorail ; tantôt on croirait des taches de sang semées sur une cuirasse de jais; d'autres foison penserait voir des points d'encre disposés avec plus ou moins de symétrie sur un manteau écarlate ou orpiment. Là ces mouchetures sont simples, ici elles sont ocellées ou entourées d'une auréole. Souvent elles sont isolées ; mais quelquefois, chez les divers individus de la même espèce, quand des circonstances favorables ont permis à la matière noire de s'étendre, elles se hent et s'unissent de mille manières différentes, présentent alors des dessins singuliers ou gracieux, imitent la bigarrure d'un feuillet de plain-chant, forment des sortes d'hiéroglyphes incompréhensibles, des arabesques capricieuses ou fantastiques; parfois môme la couleur noire envahit des espaces plus considérables et transforme en vêtements de deuil des élytres qui, dans l'état normal, semblaient parées pour des jours de fête. »

Les Coccinelliens sont de taille petite, à peine moyenne pour quelques espèces. Ils sont tous terrestres et ne nagent pas, même pour les espèces des végétaux aquatiques. La gracieuse courbure de leurs téguments hémisphériques ou demi-ellipsoïdaux, leur apparition au début du printemps, leurs jolies couleurs, donnent aux Coccinelles un air d'apparente douceur, fort peu en rapport avec les mœurs de la plupart. Aussi les enfants, ces destructeurs nés des insectes, les aiment et les tespectent. Il est bien à désirer que les instituteurs primaires reçoivent une instruction qui leur permette d'apprendre à leurs élèves la protection due à bien d'autres carnassiers non moins utiles que les Coccinelliens. Une foule de noms populaires indiquent la faveur dont ils jouissent, et combien on les a toujours remarqués : Bêtes du bon Dieu, Bêtes ou Vaches à Dieu, Bêtes de la Vierge, Chevaux de la Vierge, Vaches de la Vierge, Scarabées hémisphériques. Tortues, Vole-midi ; enûn, dans quelques localités : Martines, Pernettes, Catherinettes.

A l'état adulte, les Coccinelliens ont la môme nourriture que leurs larves, soit en végétaux, soit en Pucerons, avec cette réserve que dans ce dernier cas, le temps et les recherches qu'exige la fonction de reproduction diminuent singulièrement les services de cette utile voracité. Lors du danger, le plus grand nombre des espèces, celles à pattes courtes et très-rétractiles, replient, comme les Tortues, leurs pattes et autres appendices sous la carapace , c'est-à-dire sous les rebords du corselet et des élytres, se collent au rameau ou à la feuille, et, si on les détache par une secousse, simulent la mort. D'autres , à pattes plus longues, cherchent à fuir. Toutes tentent plus ou moins de s'envoler quand le soleil est vif, à l'exception des espèces phytophages, souvent aptères ou en partie.

On trouve des Coccinelliens dans toutes les parties du monde. Les exotiques ont été peu étudiés jusqu'ici. En Europe, et particulièrement en France, beaucoup d'espèces sont de toutes les régions, certaines spéciales au Midi, quelques-unes aux montagnes élevées. U en est qui se rencontrent sur tous les végétaux, arbres, arbustes ou plantes basses,

824 COLÉOPTÈRES. -^ COCCINELLIENS.

infestés de Pucerons, indifférents aux espèces de ceux-ci et n'y cherchant qu'une pâture fraîche. Au contraire, d'autres ne se trouvent que sur les plantes basses des champs, d'autres dans les prairies qui bordent les ruisseaux, d'autres sur les arbres seulement et avec des espèces spéciales aux Conifères ; enfin, certaines espèces vivent sur les Roseaux et autres plantes aquatiques. Elles ont alors des pattes plus longues, afin de se mieux cramponner à des végétaux si mobiles au caprice du vent.

LesCoccinelliens carnassiers vivent d'habitude isolés, comme presque tous les carnassiers de proie vivante. Cependant la sociabilité extrême des Pucerons et des Coccides fait que leurs larves se trouvent souvent forcément rapprochées, sans contracter pour cela aucune association, car parfois elles se combattent et se dévorent. Il arrive assez fréquemment qu'on trouve les adultes en troupes considérables en automne, s' agitant dans les airs en essaims et se laissant transporter par les vents, peut-être après avoir dépeuplé un canton de ses Pucerons. Les rivages des fleuves, les bords de la mer, en sont quelquefois couverts, et les navires en reçoivent sur le pont. A l'entrée de l'hiver, ils se retirent sous l'écorce des arbres, au pied des plantes, dans les fentes de divers corps ; ils se cachent dans les poteaux, les palissades, dans les embrasures des fenêtres et môme à l'intérieur des maisons. On les voit sortir de leurs retraites dès le mois d'avril. Les herbivores gagnent les plantes et déposent leurs œufs. Les autres cherchent les plantes garnies de Pucerons, et offrant par là même une nourriture assurée à leur descendance. Les femelles pondent leurs œufs, isolés ou en petits groupes, et meurent quelques jours après.

Nous donnerons assez d'extension à l'étude de la tribu des Coccinelliens, en raison des grands services que nous rendent les espèces carnassières; et nous conseillons, ainsi que le docteur Boisduval, à tous les amateurs de jardins, non-seulement de ne jamais détruire les Coccinelles, mais de transporter dans les jardins, et surtout dans les serres chaudes et tempérées et sous les châssis des couches, les individus qu'on rencontre à l'automne, afin de les y naturaliser par l'hibernation. Ces insectes feront la chasse aux Pucerons et aux larves de Thrips.

La classification des Coccinelliens est fort difficile. La similitude des formes et les variations considérables ont rebuté les auteurs monographes. En 1758, Linnœus réunit tous les Coccinelliens connus de son temps dans son genre Coccinella, en y établissant quatre coupes en raison du nombre considérable des espèces : 1° élytres rouges ou jaunes, tachée^ de points noirs; 2° élytres rouges ou flaves, à taches blanches ; 3" élytres noires à taches rouges; k° élytres noires à taches flaves ou blanches. En principe, ce groupement artificiel en valait un autre ; on ne tarda pas à reconnaître que dans l'application il conduisait à une foule de fausses espèces, en raison des variations de couleurs et surtout de leurs inversions entre le fond et les dessins. Aussi on essaya des

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subdivisions par la forme du corps, en oblongues, subglobuleuses, comprimées, méthode que devait plus tard reprendre Duponchel pour les Érotyliens. De petites espèces pubescentes, inconnues à Linnœus, furent découvertes (genre S'cî/mnws, Kugelann,179Zi); puis on reconnut que certains genres sont phytophages. Les auteurs modernes qui ont le plus étudié les Coccinelliens sont Stephens en Angleterre (1831), M. Redtenbacher en Allemagne, dans sa Faune autrichienne; MM. Chevrotât et Mulsant en France. Nous conseillons d'étudier le travail approfondi et consciencieux du savant entomologiste lyonnais, dont la 2^ édition fait partie de ses Coléoptères de France; on peut toutefois n'admettre qu'au rang de sous-genres une partie des genres de M. Mulsant, établis sur de légers caractères distinctifs. La subdivision d'un groupe aussi homogène est forcément artificielle. La meilleure nous paraît celle de M. Redtenbacher, par le rapport plus complet de l'organisation et des mœurs. La première série comprend les Coccinelliens à mandibules simples ou bifides à Textrémité , avec les genres principaux Hippodamia, Anisosticla, Coccinella, Chilocorns, Micraspis, Hyperaspis , Scijmnus, etc., qui sont des carnivores, peut-être à de rares exceptions pour quelques espèces. La seconde série, formée de végétivores, présente les mandibules multidentées à l'extrémité , avec les genres Epilachna , Lasia, Cynegetis. Nous adopterons cependant un autre groupement, parce qu'il est en usage chez les auteurs français. La première idée en vient de Paykull et d'IUiger. Deux groupes seront établis dans les Coccinelliens, les Glabres ou Gymnosomides, Muls., ayant le dessus du corps dépourvu de poils, au moins pour le corselet et les élytres (genres Coccmella, Chilocorus, Hyperaspis, etc.) ; les Pubescents ou Trichosomides, Muls., ayant le dessus du corps couvert d'un duvet court (genres Epilachna, Scymnus, Coccidula, etc.). On ne retrouve plus ici de différence tranchée par le régime, le second groupe ayant des carnassiers et des phytophages. La distinction a l'avantage d'être plus facile à saisir pour les collectionneurs ; cependant il y a pour certains genres de grandes difficultés à cet égard, par l'absence de limite bien tranchée entre la nullité absolue ou l'existence d'une très-légère villosité. Ainsi M. Mulsant place dans les Gymnosomides les genres Anatis et Mysia, que M. de Marseul {Catal., p. 285) range au contraire dans les Trichosomides. M. L. Fairmaire, en raison de cette difficulté, n'a pas adopté ces deux divisions, et a rejeté beaucoup des genres de M. Mulsant.

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