I. — COCCINELLIENS GLABRES (ou à très-peu près
HIPPODAMIA, Chevr. — Pas de plaques abdominales. Pattes longues, à cuisses grêles. Corps oblong ; ongles bifides.
Ce genre comprend les Coccinelles les plus éloignées de la forme hémisphérique. L'allongement des pattes, dont les jambes se replient mal
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contre les cuisses, rendait inutiles les plaques abdominales. Aussi, en cas de danger, ces insectes fuient au lieu de simuler la mort. On trouve dans foute l'Europe, sur les plantes aquatiques, VH. tredecimpunctata, Linn., ayant le corselet noir à bords fauves, et les élytres d'un fauve rouge, chacune avec six points noirs et un scutellaire. C'est la Coccinelle rouge à treize points noirs et corselet rouge à bande de Geoffroy.
Dans les genres suivants existent des plaques abdominales plus ou moins développées.
AIMSOSTICTA, Chevr. — Ongles simples ; cuisses assez longues, débordant le corps. Corps oblong.
Le type de ce genre est 1*^4. novemdecimpunctata, Linn., jaune, avec six points noirs sur le corselet et dix-neuf sur les deux élytres, avec variations par réunion ou réduction des points noirs. Cette espèce, de toute l'Europe et d'Asie, se trouve dans les prés humides, sur le bord des eaux, et surtout sur les plantes aquatiques. La larve est d'un blanc grisâtre, avec deux plaques noires sur les anneaux du thorax et six rangées de tubercules noirs et poilus sur les anneaux de l'abdomen, et les pattes annelées de blanc et de noir. Elle vit de proie sur les plantes aquatiques.
COCCIMELLA, Linn. — Antennes de longueur variable, de onze articles, avec massue de trois, tantôt courts et transversaux, tantôt allongés. Corps plat en dessous, convexe en dessus, à contour elliptique ou subcirculaire, à section droite médiane circulaire. Ongles variables.
Nous donnons à ce genre la môme extension que M. L. Fairmaire, en y comprenant beaucoup de sous-genres de M. Mulsant. La grande difficulté de classer ses nombreuses espèces tient à d'innombrables variations de couleuç, les taches pouvant prendre la couleur du fond, et vice versa, ou confluer par excès de leur pigmentum colorant, ou au contraire disparaître en tout ou en partie. Les caractères de leurs larves s'appliquent en majorité aux larves de tous les Coccinelliens. Leur tête est arrondie et subcornée, portant de courtes antennes coniques en partie réfractiles, et , en général , derrière chacune , trois stemmates lenticulaires en triangle. Les mandibules sont tranchantes, bifides au plus à l'extrémité, et ayant des dents pointues à la base. Les palpes maxillaires sont longs, de quatre articles, les labiaux .courts de deux à trois. Le corps a treize segments et un contour subelliptique. Il s'élargit de la tête au métathorax, puis se rétrécit jusqu'au dernier segment, portant en dessous un mamelon au moyen duquel la larve se fixe pour la nymphose. Ces larves, devant se déplacer en quête des Pucerons, ont six pattes thoraciques assez allongées, chacune de trois pièces, avec un tarse cilié en dessous et terminé par un ongle court. On les voit saisir les Puce-
COCCINELEA. 827
rons un à un entre leurs pattes antérieures et les dévorer, et parfois traiter ainsi les larves plus jeunes de leur propre espèce. Elles diffèrent d'une espèce à l'autre par les couleurs, les dessins, les appendices divers. Le corps, quelquefois uniformément d'une teinte grisâtre, porte le plus souvent des couleurs vives et tranchées. Tantôt ce sont des taches lactées ou orangées sur un fond cendré ou ardoisé, ou bien des gouttes noires symétriquement disposées sur une robe citron. Certaines de ces larves offrent des épines peu ramifiées; la plupart n'ont que des tubercules piligères, ou simplement des plaques d'un noir velouté, ou des taches d'où naissent quelques poils. Au bout de trois semaines environ, elles sont prêtes à la nymphose. Elles se collent alors sur une feuille ou sur une- branche par le mamelon anal devenu gluant ; leur corps se raccourcit, puis la peau se déchire sur le dos, glisse et se replie chiffonnée autour des derniers anneaux. Les nymphes récentes sont souvent de couleur claire, mouchetées de noir, mais leur teinte ne tarde pas à se flétrir. Elles se redressent brusquement si on les touche, comme une momie qui sortirait de son suaire, dit M. Mulsant, et souvent se haussent et s'abaissent alternativement à la façon d'un marteau à ressort. Les adultes éclosent, en général, au bout de six à douze jours.
Nous prendrons comme type du genre le C. septempunctata, Linn., espèce si connue de tout le monde, et à laquelle on donne le plus vulgairement le nom de Bête à bon Dieu. La Coccinelle rouge à sept points noirs de Geoffroy est très-commune pendant toute la belle saison, et peut se trouver partout, en Europe, en Asie et sur tous les végétaux. Elle est subhémisphérique , à corselet noir taché de blanc sur les bords, à élytres rouges, avec trois points noirs et une tache noire, dite scutellaire contre l'écusson. La larve, longue d'environ un centimètre, quand elle a toute sa croissance, est d'un ardoisé noirâtre, avec le devant de la tête jaune, des taches rouges ou jaunes sur le thorax, des tubercules noirs poilus en six rangées sur les segments abdominaux, avec marques jaunes aux segments ù et 7. La nymphe est orangée, avec une double rangée de taches noires. — Nous citerons aussi le C. bipunctata, Linn., du sous-genre Àdalia, Muls., tantôt, dans le type, à élytres rouges, avec un point noir sur le disque, la Coccinelle rouge à deux points de Geoffroy, tantôt noires, avec tache rouge et le rebord rougeàtre, la Coccinelle noire à points rouges de Geoffroy. Cette espèce, très-commune sur les arbres et les plantes herbacées à Pucerons, dans toute l'Europe et le Caucase, a une larve qui ressemble beaucoup à la précédente, ayant le corps ardoisé, paré de taches noires, formant six rangées sur l'abdomen, et de quelques taches jaunes. D'autres espèces présentent des types un peu différents. — Le C. ocellata, Linn., de Suède, de France et d'Allemagne, du sous-genre Anatis, Muls., a le corselet noir, avec deux taches et bordure blanches, et, sur les élytres d'un rouge fauve bordées de noir, une tache scutellaire, avec sept à neuf points noirs généralement entourés d'un cercle jaune. Dans le nord de l'Eu-
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rope et de l'Asie on trouve de belles variétés de cette espèce, où les taches confluent de manière à former sur chacune des élytres trois bandes longitudinales noires. La larve est ardoisée, avec des taches et des raies jaunes, des plaques noires sur le mésothorax, et des épines noires sur l'abdomen. Elle vit de Pucerons sur l'Aulne (de Geer), le Chêne, le Pin, le Sapin (Mulsant). Nous représentons les détails anatomiques de cette espèce (pi. xvi, fig. 2, antenne ; 2 a, labre ; 2 6, mandibule ; 2 c, mâchoire et palpe à dernier article sécuriforme ; 2 d, lèvre inférieure et palpes; 2 e, patte antérieure). — Dans les bois des environs de Paris, en secouant les branches des arbres à demi défeuillés en octobre et en novembre, on fait tomber fréquemment le C. oblongo-guttaia, du sous-genre Mysia, Muls. Cette espèce est ovale, blonde ou d'un roux faune partout, à corselet bordé de blanc jaunâtre, avec les élytres ornées de lignes de taches oblongues de même couleur. Cette espèce, qui a plusieurs générations dans l'année, se trouve aussi, selon M. Mulsant, sur les Pins et Sapins. Elle habite, outre la France, la Suède et l'Allemagne. La larve est d'un blanc cendré, avec la tête et les pattes noires, deux taches noires sur chaque anneau du thorax, et six rangées de taches noires veloutées sur les segments abdominaux. Elle est aphidiphage. La nymphe est blanche à taches noires et taches jaunes sur les côtés des segments 1 et Zi de l'abdomen. — Une autre espèce commune, de couleur jaune pâle, est le C. quatuor decimpunctata, Linn., de toute l'Europe (sous-genre Propylea^ Muls.), avec six taches noires sur le corselet, les élytres flaves, avec sept points noirs quadrangulaires, ou au contraire noires, à taches jaunes. C'est la Coccinelle à l'échiquier àe Geoïfroy. — Une des plus petites espèces, du sous-genre Thea, Muls., de toute l'Europe, de l'Algérie, du Caucase, la Coccinelle jaune sans suture de Geoffroy, constitue le C. vigintiduopunctata, Linn., brièvement ovale, d'un jaune-citron, avec cinq points noirs sur le corselet et onze sur chaque élytre. La larve, qu'on observe à la fois sur les arbres, les haies, les plantes basses, est d'un jaune-citron, avec deux rangs de taches noires à tubercules piligères.
Les espèces très-fréquentes que nous avons choisies donnent l'idée des divers modes de coloration du genre Coccinella. Il faut y joindre le C.hieroglyphica, L., ovale, jaune rougeâtre, avec points et traits noirs variés. Use trouve en Suède, en France, en Allemagne, pendant l'été et le commencement de l'automne, sur les Bruyères. La larve est noire et épineuse, à taches jaunes, et la nymphe, brune ou noire, aussi à taches d'un jaune pâle. Ce qui nous fait mentionner cette espèce, c'est que, d'après M. Redtenbacher, par une exception de régime curieuse dans le genre Coccinella, la larve est phytophage et vit des feuilles de Bruyère. Enfin, signalons pour terminer une jolie espèce exotique, noire, bordée de jaune sur chaque élytre. C'est le C. furcifera, G.-Mén., de la Nouvelle-Hollande (pi. XVI, fig. 1), du sous-genre Ciseis dans la Monographie des Coccinellides de M. Mulsant.
MIGRASPIS, CHILOCORUS, EXOCHOMUS. 829
lllIcn.%!§PIS^ Chevr. — Forme subhémisphérique des Coccinella. Antennes courtes; très-petit écusson.
Ce genre n'a que peu d'espèces européennes, toutes d'un jaune pâle, avec taches ou bandes noires et la suture des élytres noire. Le type est le M. duodecimpunctata, Linn., avec six points noirs sur le corselet et six taches noires sur chaque élytre. On trouve cette Coccinelle jaune à suture de Geoffroy dans toute la France, sur les Pommiers et aussi sur les plantes basses. L'espèce vit également en Allemagne, en Espagne, en Italie et dans la Russie méridionale.
CHII.OCOR1JS, Leach. — Tête munie d'un chaperon prolongé comme une visière; antennes de onze articles avec longue massue fusiforme. Élytres trèsconvexes, souvent comprimées. Jambes inermes.
On reconnaît les Chilocores à la coupe perpendiculaire de leur corps, qui forme l'ogive et non plus le cercle. Ils sont lisses et luiaants, noirs, parfois avec quelques taches sanguinolentes. Le corselet est étroit, presque enchâssé dans la base des élytres. Ces insectes, dans les moments d'effroi, se collent immobiles au végétal qui les porte, et, si on les fait tomber, simulent en général plus longtemps la mort que les Coccinelles. A l'état de larves, les Chilocores sont très-utiles aux ardins, en s'attaquant, outre les Pucerons, spécialement aux Gallinsectes qui épuisent tant les plantes en y adhérant en nombre immense. Ces larves ont la couleur généralement noire et le corps hérissé de six rangées d'épines rameuses. Il y a quelque chose de particulier dans leur passage à l'état de nymphe. Leur peau, au lieu de se replier en chiffon sur les derniers anneaux de l'abdomen, reste entière et devient pour la nymphe une sorte de tombeau. A mesure que le corps s'en détache, elle se flétrit et se fend en long, offrant ainsi une ouverture elliptique qui permet de voir la nymphe reposant dans la dépouille desséchée de la larve, immobile sur le plan de position, et n'éprouvant que quelques tressaillements. L'éclosion a lieu au bout de huit à dix jours. L'espèce la plus commune de ce genre, qu'on trouve dans toute l'Europe, l'Algérie, le Caucase, sur les Genévriers et divers autres arbres, est le C. bipustulatus, Linn., d'un noir brillant, très-convexe, subcomprimé, avec trois taches rouges punctiformes contiguës sur les élytres. C'est la Coccinelle tortue à bande rouge de Geoffroy.
E'X.OCHOIfUS^ Redt. — Caractères analogues à ceux du genre précédent. Chaperon et plaques abdominales moins développés. Jambes inermes.
Le type est la Coccinelle tortue à quatre points rouges de Geolfroy, ou E. quadripustulatus, Lhm., de toute l'Europe, commun dans toute la France, noir ou brun, avec deux taches rouges ou orangées sur chaque
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élytre. Cette espèce est une de celles qu'on trouve le plus souvent dans les vergers parisiens, sur les Pruniers, au milieu des colonies de Pucerons. Les Exochomes ont de chaque côté du corselet une tache pâle qui manque dans le genre précédent. Les mœurs sont pareilles.
IL — GOCCINELLIENS PUBESCENTS.
Dans ce groupe nous rencontrons d'abord trois genres constitués par des espèces phytophages pendant toute leur vie, et dont les larves présentent certaines particularités. Les mandibules des adultes et des larves sont pluridentées à l'extrémité, et munies au côté interne de dentelures et de crénelures. II en résulte sur les feuilles entamées l'apparence de deux sillons parallèles séparés par une côte de parenchyme non enlevé; ces tracés, ressemblant à la réglure d'un papier de musique, se répètent dans toutes les directions. Quand ces blessures sont récentes, la teinte blanche des sillons est rendue plus apparente par la couleur verte des côtes qui les séparent ; puis, au bout de quelque temps, tout pâlit, et il ne reste plus qu'une tache livide sur laquelle se dessinent encore les stries. Ces larves herbivores sont lentes et sédentaires et flavescentes, comme les parties des feuilles flétries par leurs morsures. Leur corps est hérissé d'une forêt de longues épines membraneuses et branchues, bien plus ramifiées que pour les larves épineuses des autres groupes. Ces singuliers appendices servent probablement de protection contre les Hyménoptères et Diptères parasites. Ils sont disposés sur chaque anneau en ligne transversale, au nombre de six par anneau, sauf le prothorax et ravarit-dernier segment abdominal, qui n'en ont que quatre. Les ramifications de ces épines sont terminées par un poil obscur, et leur base est entourée d'une sorte de cartouche qui les enclôt, soit deux à deux, soit isolément. La nymphose se fait comme chez les Coccinelles. La partie postérieure de l'abdomen se colle à la feuille, et la dépouille flétrie de la larve se replie en chiffon sur les derniers anneaux. Les Coccinelliens phytophages adultes ont le corps d'un jaune plus ou moins rougeâtre, avec les élytres ornées de points noirs en nombre variable.
EPILACBliA, Chevr. — Corps très-convexe, presque hémisphérique, finement velu. Antennes de onze articles, avec massue de trois articles en triangle renversé. Élytres débordant à la base le corselet.
L'a pubescence distingue ce genre deè Coccinelles, qu'il rappelle par la forme et la coloration. Il est formé d'insectes de grande taille pour la tribu, vivant particuhèrement aux dépens des Cucurbitacées.
On trouve dans toute l'Europe, l'Algérie, le Caucase, \'E. Argus, Geoffr., ou Coccinelle Argus de Geoffroy, presque-gibbeux, à corselet sans taches, à élytres marquées chacune de six points noirs souvent ocellés ou en-
LASIA, GYNEGETIS, SCYMNUS. 831
lourcs d'un cercle pâle. La larve, découverte à Sèvres, près do Paris, par V. Audouin, est d'un jaune pâle terne, à épines jaunâtres à base bordée de brun. La nymphe est jaunâtre, avec poils et points noirs. Dans le midi de la France et de l'Europe et en Algérie, se trouve une espèce très-analogue à tous ses états, l'E. chrysomelina, Fabr.
Ii.%SI.%, Hope. — Forme et caractères des Epilachna. Corps plus hémisphérique, moins atténué en arrière, velu.
Dans toute l'Europe, l'Algérie, le Caucase, se trouve le type du genre, le L. globosa, Schneider, très-globuleux, d'un rouge fauve, avec points noirs en nombre très-variable, pouvant manquer surtout chez les femelles. Cette espèce est parfois très-nuisible en attaquant, en larve comme adulte, les Trèfles, les Luzernes, les Vesces, en laissant des traces de son passage comme celles que ferait un peigne à quatre dents. Les ailes peuvent avorter en partie. Au printemps, pendant huit à dix jours, chaque femelle dépose sur les plantes environ cinquante œufs jaunes, ovoïdes, collés par le gros bout, isolés ou par petits groupes. Bientôt éclôt la larve vivant du parenchyme. Elle est d'un jaune pâle, avec épines rameuses |de même couleur en rangées transverses, entourées de brun à la base en dessins variés. Elle devient nymphe en moins d'un mois, et, une semaine après, adulte. On peut employer contre cet ennemi des fourrages artificiels la machine Badoua, dont nous avons parlé à propos des Chrysoméliens, et qui est destinée au Négril des Luzernes du Midi. On peut arriver à détruire ce Lasia par une alternance de culture, car, si on le rencontre sur divers arbres, il ne paraît pas attaquer les Graminées.
CYMEGETIS, Redt. — Forme hémisphérique avec élytres ne débordant pas
le cofselet.
Une seule espèce, aptère, à élytres rouges ou jaunes, ou unicolores, ou avec quelques taches noires, le C. impunctata, Redt. , existant en France, mais surtout en Allemagne, dans les lieux marécageux.
Les autres genres de Coccinelliens pubescents sont aphidiphages.
SCVMUIJS, Kugel, —Antennes de dix articles, courtes; mandibules bifides. Élytres moins convexes que chez les Coccinelles, souvent obtuses postérieurement, marginées. Pattes courtes ; crochets des tarses bifides, surtout chez les mâles.
Ce genre est formé par les plus petits Coccinelliens. Ils sont velus, de couleurs peu variées, ordinairement noirs, souvent avec taches rouges ou jaunes. Les mâles ont souvent la tête, une partie du corselet et des
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pattes d'une autre couleur que les femelles. Ces insectes sont assez agiles et simulent la mort, mais s'envolent si le soleil est ardent. Ils sont apliidiphages à toutes les phases de leur vie active, très-nombreux en espèces, lesquelles sont surtout du sud et de l'est de l'Europe. Les larves, ainsi que celles des genres annexes Platynaspis et Rhizobius, ressemblent par la forme du corps aux autres larves de Coccinelliens ; mais, au lieu de tubercules épineux, elles offrent six rangées longitudinales de petites fossettes d'où sortent de longues toufTes de peluche d'une blancheur neigeuse. Aussi Réaumur, qui a découvert ces singuliers êtres, les appelle petits Bichons, Hérissons blancs, Barbets blancs. La plupart de ces touffes sont courbées en arrière à leur extrémité ; les antérieures du prothorax seules retombent en avant, comme les poils sur la tête des Épagneuls. Ces touffes sont formées de filaments composés de gouttelettes cireuses agglutinées qui sont sorties de trous de la peauj de même que chez beaucoup d'Hémiptères homoptères, lesLystra, les Phenax, certains Fulgores, certains Coccides {Dorthesia, Coccus), le Puceron lanigère du Pommier, etc. Il suffit de passer le doigt sur l'enduit cireux des larves de Scymnides pour l'enlever ; ainsi dépouillée, la larve paraît très-petite et de couleur vert tendre, avec la tête brunâtre. La peau suinte bientôt un nouvel enduit, et paraît blanche au bout d'un quart d'heure ; au bout de deux heures, les touffes renaissantes sont marquées et ont acquis à peu près leur longueur ordinaire au bout d'une demi-journée. Ces larves courent sur les feuilles et les rameaux infestés de Pucerons, et se changent en nymphes au bout de deux à trois semaines. Celles-ci restent collées par la partie postérieure, qu'entoure la peau chiffonnée de la larve, et bientôt éclôt l'adulte.
Bornons-nous à citer : le S. pygmœus, Fourcroy, ou Coccinelle velue à tache rouge au corselet de Geoffroy, de toute l'Europe et d'Algérie, à femelle noire, à mâle offrant la tète, et une partie du corselet fauves ; — le S. marginalis, Rossi, d'une partie de l'Europe, noir, avec une tache d'un fauve jaune au côté externe de VélYiTe, la Coccinelle velue à bande interrompue de Geoffroy, près de Paris et de toute la France ; — le S. frontalis, Fabr., de toute l'Europe et d'Algérie, noir, ordinairement taché d'une ou deux macules rouges, assez commun dans les pépinières, sur les arbres fruitiers; —le S. fasciatus, Fourcr., de France, d'Allemagne, d'Espagne, à élytres rouges, bordées et barrées de noir, la Coccinelle velue à bandes de Geoffroy. — Nous figurons le S. quadrilunulatus, Illig., de Suède, de France et d'Allemagne (pi. xvi, fig. U) noir, à pattes fauves, avec deux taches en croissant rouge sur chaque élytre.
PLATV1VA!§PIS, Redt. — Antennes de onze articles, cachées à leur base
par un chaperon.
Une seule espèce de toute l'Europe, trouvée aussi près d'Oran,leP.î;î/losa, Fourcroy, médiocrement convexe, à élytres brusquement rétrécies
KHIZOBILS, CUGCIUULA, NO TlOl'HÏGUS. 833
postérieurement, le corselet noir ou bordé de rouge jaunâtre, la tète rouge chez le mâle, noire chez la femelle. C'est la Coccinelle velue à points de Geotlroy.
RHIXOBirs», Steph. — Antennes longues, de onze articles. Pattes assez longues. Corps ovalaire, ponctué, mais non en stries.
Les insectes de ce genre sont d'une couleur roussàtre, avec des traits ou macules d'un brun noirâtre. On les trouve sur différents arbres, et notamment les Pins. — Ev. : R. liiura, Fabr., d'Europe et d'Algérie (pi. xvr, fig. 3).
COCCIOIJLA, Kugel., ou Cacidula, Curtis. — Antennes longues, de onze articles ; tête en triangle. Corps oblong ovalaire, peu convexe, à pubescence assez rare. Élylres oblongues, avec des stries de points, s'élargissant insensiblement, puis s'arrondissant. Pattes assez longues.
Le corps des Coccidules, plus allongé que chez les autres Coccinelliens, leurs élytres assez déprimées, presque parallèles, leur corselet bien plus étroit qu'elles, et à peine rétréci en avant, leur donnent un aspect anomal dans une tribu où le corps est généralement court et très-convexe ; mais ils présentent les impressions fémorales et les plaques abdominales caractéristiques. Ils aiment le bord des eaux dormantes, et on les trouve souvent dans les détritus végétaux, au bord des marais. Dans les jours froids et humides, ils restent cachés au pied, des végétaux aquatiques ; mais, dès que l'air est plus doux, ils parcourent les roseaux et les diverses plantes des marécages pour faire la guerre aux Pucerons et aux autres petits Articulés dont ils peuvent s'emparer. Leurs ongles leur permettent de se cramponner fortement aux feuilles et aux tiges, et, si un accident les précipite dans l'eau, la pubescence de leur corps les empêche d'enfoncer et leur permet de regagner à la nage un appui solide. La principale espèce, de France, d'Allemagne, de la Russie méridionale, est le C. scutellata, Herbst, d'un rouge jaune, avec une tache scutellaire et deux taches punctiformes d'un noir bleuâtre sur chaque élytre. — Détails : pi. xvi, flg. 3 a, antenne; 3 6, labre; 3c, mâchoire et palpe; 3d, lèvre inférieure et palpes. — On trouve cette espèce près de Paris.
iliOTlOPHYGCS*, Gory. - Corps hémisphérique. Antennes grêles et filiformes, de dix articles, le dernier article gros, en massue. Corselet non rebordé.
Ce genre a été étabU pour des Coccinelliens de l'Afrique australe, confondus par Latreille avec les Lithophilm, qui ont le corselet muni d'un rebord. Gory {Ann. Soc. entom. de France, 1^'^ série, 183Zi, p. ^53] en a décrit brièvement cinq espèces, dont la taille varie de 2 à 6 millimètres environ. Les élytres sont bombées, arrondies, plus larges que le corselejt;
S'ik • COLÉOPTÈRES. — COCCUNLLLltNS.
ils sont t'ii général pubesoents, noii-s, un plus souvent d'un gris cendré, avec des granulations serrées, ou parfois des points enfoncés, aspect qui les distingue de tous les autres Coccinelliens. Les tarses ont trois articles, les deux prenaiers très-courts, le troisième beaucoup plus long et armé de deux petites épines. Quant aux mœurs, Gory dit seulement, par opposition aux Lithophiles qui vivent sous les pierres, que les Notiophyges fuient l'humidité et se trouvent sur les plantes.
La méthode tarsale suivie par Latreille avait conduit à confondre avec les véritables Coccinelliens de petits Coléoptères trimères ou subtrimères, dont les auteurs récents ont fait une petite famille, les Corylophides. Nous avons déjà signalé à plusieurs reprises combien il est fâcheux de voir les entomologistes systématiques multiplier ainsi les divisions fondamentales, souvent sur un seul genre ou même sur une seule espèce, au eu de se borner à y voir des formes aberrantes des grandes tribus bien définies et à genres nombreux.
Erichsou ne séparait pas ces insectes des Coccinelliens. Une petite famille, les Clypéastres ou Corylopliides, fut établie par Redtenbacher; mais elle restait pour lui toute voisine des Coccinelles. Plus tard une observation anatomique plus attentive de ces êtres minuscules et de leurs larves, la différence des mœurs, en firent tout à fait changer la place. On les rapprocha des Trichoptérygiens. Jacquelin du Val les range près des genres Mycetea et Latridius. Ce sont de très-minimes Coléoptères, n'offrant que peu d'espèces, qu'on trouve sous les écorces humides et dans les détritus végétaux chargés de moisissures. Nous ferons remarquer aux amateurs comment ils doivent s'y prendre pour rechercher tous ces atomes animés qui vivent dans la terre azotée et comme animalisée par les Cryptogames. On tamise la terre et on la met dans une boîte de métal qu'on chauife par-dessous : les petits insectes, si difficiles à voir dans les grains de terre meuble, ne tardent pas à venir se réfugier sous le couvercle.
8ACIIJJII, Le Conte (bouclier). — Tête entièrement ciichée sous le bord antérieur du corselet largement arrondi en avant; antennes de onze articles, avec massue oblongue de trois. Tarses subtrimères, offrant un article pénultième, non caché dans le précédent, mais très- petit. Corps ovale.
Le type du genre est un fort minime Coléoptère, le 8. pusillum, Gyll. (pi. XVI, iig. 5), de France, de Suède, d'Allemagne, irayant que 1 1/3 à 1 1/2 millimètre. Il est couvert d'une courte pubescence grise, un peu déprimé, d'un noir de poix, avec le bord antérieur du corselet et deux macules oblongues d'un testacé pellucide, le bout de l'abdomen dépassant un peu les élytres, les appendices 'bruns.
Une incertitude analogue règne sur le genre suivant, Lithophilus, M. de Marseulle laisse dans les Coccinelliens, après le genre Coccidula. Au contraire; Jacquelin du Val, guidé surtout, je crois, sans le dire, par la considération physiologique des mœurs et de la nourriture, place ces insectes dans sa petite famille des Mycétéides. L'aspect est celui des Coccidula; les palpes maxillaires, les antennes, les plaques abdominales, sont analogues à ceux des (Coccinelliens, mais les tarses en diffèrent notablement.
l.lTHOPHil>lJ<S, Frœhl. — Corps ovale-oblong, aptère. Antennes de dix articles, avec massue, se repliant sous la tête. Abdomen de cinq segments ventraux, le premier plus grand que les autres; tous lès tarses de quatre articles.
Le type est un petit insecte de 3 millimètres environ, d'un brun un peu violacé, à corselet rebordé, fauve, ainsi que les appendices, et qu'on trouve sous les pierres. C'est le L. connatus, Panzer (pi. i.x, fig. 12 ; 12 a, palpe maxillaire ; 12 b, antenne ; 12 c, tarse antérieur!; 12(/, tarse postérieur), d'Allemagne et de Syrie, parfois en entier d'un fauve livide. Les palpes maxillaires sont très-grands, de quatre articles, le dernier énorme, large, triangulaire, fortement sécuriforme. Il y a une seconde espèce d'Espagne méridionale.