II. — Fonctions de la vie animale
Système tégumentaire et muscles.
La locomotion des Insectes est assurée par un système de pièces solides, de consistance plus ou moins coriace, formées par une peau durcie et constituant un véritable scléroderme ou squelette cutané extérieur, auquel les muscles viendront s'insérer par-dessus; c'e?^ donc
l'inverse des Vertébrés, qui offrent aussi un squelette de pièces dures, mais s'articulant à l'intérieur. Ces pièces tégumentaires limitent en même temps les cavités viscérales qui contiennent les organes de la vie végétative. Une partie des sclérodermites constituent les anneaux ou zoonites, disposés selon l'axe du corps; et d'autres, latéralement placés, forment un système appendiculaire plus ou moins perpendiculaire au système axile.
Parmi ces appendices, certains, destinés à la locomotion, sont les pattes et les ailes; d'autres sont des organes de sensation; il en est qui, appropriés à la préliension et à l'introduction des aliments, deviennent les pièces buccales; les derniers, enfin, dépendant des anneaux ultimes, sont des armures génitales permettant l'accouplement , la ponte des œufs, certains actes défensifs.
, il est naturel d'examiner ensemble ces appendices à fontions si variées, vu leurs remarquables homologies ; et, comme ce sont les appendices locomoteurs qui présentent le développement le plus complet, ils entraînent philosophiquement dans leur étude les autres appendices plus réduits et d'un tout autre usage.
Le tégument des Insectes est formé par une peau divisée en deux couches principales: en dessous, le chorion, assez mou; en dessus, l'épidcrme, dur et épais, se renouvelant par les mues, présentant, soit en dessous, soit extérieurement, une sorte de corps muqueux dont les cellules produisent des matières colorantes variées , des huiles plus ou moins solubles dans l'alcool et l'éfher. Cette peau offre dans sa constitution un principe immédiat fondamental, d'abord étudié par Braconnot, puis par MM.Odier,Lassaigne, etc., la chitine, à propriétés spéciales. La peau des Vertébrés, les cornes, les ongles, les poiis, fondent plus ou moins quand on les calcine, et répandent une forte odeur. Le tégument des Insectes se carbonise en brûlant, et conserve sa forme sans odeur sensible, Les parties tégumentaires des Vertébrés sont profondément altérées par l'action dune solution concentrée de potasse caustique, et s'y désorganisent; par ce genre de macération, et surtout en chauffant, on détruit dans le tégument des Insectes tout ce qui n'est pas la chitine, et cette substance finit par demeurer intacte en forme de pellicule blanche plus ou moins ép&isse, conservant fidèlement la forme et le dessin superficiel des sclérodermites. La chitine est un caractère essentiel de l'embranchement des Annelés, manque chez les Mollusques, les Rayonnes et les Spongiaires, comme chez les Vertébrés; se trouve en mince pellicule chez les Annélides, plus épaisse dans les Insectes, les Myriapodes, les \rachnides, les Crustacés, durcie chez ces derniers, par une incrustation de carbonate de chaux. On enlève ce sel par une macération dans l'acide chlorhydrique très-étendu d'eau; puis, on traite le Crustacé par la solution de potasse, et l'on voit apparaître la chitine comme chez l'Insecte. Cette insolubilité dans la potasse ainsi que son aspect avaient fait assimiler la chitine à la cellulose, prin-