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SPHEX

d’épines et de cils roides ; tarses antérieurs des femelles à articles biépineux, propres à fouir la terre, leurs articles élargis vers l'extrémité . et triangulaires. Base de l'abdomen rétrécie en un pédicule de longueur variable, assez court (Sphex), moyennement long (Chlorion), très-long (Ammophila).

GENRES PRINCIPAUX

SPHEX, Fabr, (syn. PEpsis en partie, Fabr.). — Corps allongé, moins grêle que chez les Ammophila. Tête large; antennes filiformes ; ocelles en triangle sur le vertex. Mandibules larges, arquées et bidentées; palpes maxillaires de six articles, à peu près de la longueur des labiaux, qui sont de quatre articles; màchoires et lèvres plus courtes que la tête et fléchies tout au plus à extrémité. Thorax ovalaire, atténué antérieurement ; écusson large; métathorax fortement incliné, tronqué postérieurement. Ailes supérieures ayant une longue cellule radiale et trois cellules cubitales, la seconde subcarrée, recevant la première pervure récurrente, la troisième recevant dans son milieu la seconde nervure récurrente. Pattes assez longues, à tarses antérieurs ciliés, à jambes intermédiaires et postérieures offrant une double rangée d’épines. Abdomen ovalaire, brusquement rétréci en avant en pédicule court.

Le genre Sphex offre environ cent dix espèces répandues dans les régions tropicales ou tempérées chaudes de toutes les parties du monde; en y comprenant les îles Sondaïques et Mélanésiennes, les Philippines, les Moluques, l'Australie, la Tasmanie, etc.

Le type des espèces européennes est le S. flavipennis, Fabr. (syn. mazæillosus, Fabr.), dont l’existence est fort douteuse dans le sud de l'Angleterre et aux environs de Paris, qui est du midi de la France et de l'Allemagne, d'Italie, de Portugal, de Grèce, l'espèce la plus abondamment répandue dans toute l'Algérie, particulièrement pendant tout le printemps et une grande partie de l'été. Long de 16 à 20 millim., il a le corps noir, finement ponctué et pubescent; les mandibules ferrugiueuses avec leur extrémité brune et la face couverte d'une pubescenc£e dorée ; le thorax avec une dépression longitudinale au milieu et l’écusson proéminent; le métathorax couvert d'un duvet gris; les ailes d'un jaune rembruni ; les pattes noires avec les tarses ferrugineux; l’abdomen ayant le pédicule noir, ainsi que la base du premier segment el l'extrémité anale, les segments 2 et 3 en entier ferrugineux, 1 et 4 en partie. On prend à Toulouse, où l’espèce est assez rare, une variété à pattes complétement noires. L'espèce est très-commune près d'Avignon; de Cette, de Montpellier. Elle butine ordinairement pour se nourrir sur les Eryngium et chasse pour ses larves des Grillons, des Acridiens et aussi des Locustiens ; car M. Marquet a plusieurs fois surpris la femelle piquant de son aiguillon des Decticus d'un volume et d’un poids supérieurs à elle, et, malgré cela, s’envolant vers son nid en emportant sa lourde victime.

L'appareil à venin du Spheæ flavipennis offre deux glandes élégamment ramifiées, dont les conduits sécréteurs aboutissent séparément dans un réservoir commun en forme de poire. Il en part un conduit régulier, conduisant le venin dans l'axe de l’aiguillon, celui-ci exigu, lisse et sans dentelures, qui rendraient difficile sa sortie des victimes engourdies, car ici l’aiguillon n'est plus exclusivement une arme défensive, comme chez l’Abeille et la Guêpe. La piqûre du Sphex est aussi beaucoup moins douloureuse pour l’homme que celle de l'Abeille ou de la Guêpe, et ilen est de même pour les Cerceris, Philanthes, Palares, etc. Par exception, la piqûre des Pompiles est brûlante et très-douloureuse. En outre les Sphex, comme les Cerceris, sont pacifiques, piquent très-rarement l’homme, même quand il bouleverse leurs demeures; ils ne piquent que si on les saisit.

Nous avons en Algérie un Sphex qui rappelle les riches espèces tropicales : c’est le S. afer, L. S'-F., qui parait en juin et dont la femelle atteint 28 millim. de longueur. Il est noir, avec les trois premiers segments abdominaux ferrugineux ; les pattes noires, les ailes noires, avec un beau reflet violet. On y trouve également, aux environs d'Oran, une espèce qui est aussi du midi de la France, sur les Eryngium et les Echinops des environs d'Avignon, de Montpellier, de Toulouse, de Cette, du Piémont, d'Albanie, de Port-Natal et du Cap, le S. albisectus, L. S'-F. et Aud.-Serv. (genre ou sous-genre Parasphexæ, Smith, syn. Enodia, Dahlbom). De 18 millim. de long, il est noir, à pattes noires, avec trois segments abdominaux ferrugineux, le petit bout postérieur de tous les segments blanchâtre, d'où lui vient son nom; les ailes transparentes, un peu enfumées vers le bout. Lepeletier S'-Fargeau fait la remarque que ces trois espèces sont très-utiles en Algérie parce qu’elles approvisionnent leurs nids creusés en terre d'Acridiens, si nuisibles par leurs migrations dévastatrices ; malheureusement nous n'avons guère le moyen de multiplier les insectes carnassiers, toujours bien insuffisants contre de pareils fléaux.

Nous représentons une espèce américaine, le S. Lanieri, G.-Mén. (pl. LxxIV, fig. 2), remarquable par ses riches teintes dorées, et qui est de la Havane. Long de 18 à 27 millimètres, il a les antennes, la tête et le thorax noirs, avec de grandes taches couvertes d’un duvet soyeux doré, les ailes transparentes, les paltes et l'abdomen d’un fauve rougeâtre.

M. Fabre (1) a étudié avec soin la biologie de l’espèce qui sert de type au genre Spheæ et qu'il observait aux environs d'Avignon. Le S. flavipennis éclôt à la fin de juillet, en déchirant le cocon qui abritait la larve développée, et la nymphe butine en août sur les fleurs, principalement les capitules épineux de l’Eryngium campestre, et dès séptembre

(1) L. Fabre, Étude sur l'instinct et les métamorphoses des Sphégiens (Ann. sc. nalur., Z00L., 1856, t, VI, p. 137 à 189).

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