AMMOPHILA
les ongles des tarses, existant dans la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, l'Algérie ; le mâle a beaucoup plus de duvet argenté, et son abdomen entier a un reflet argenté. Les grands sujets atteignant 25 millim. sont d'Algérie. L’A. holosericea, Fabr., Germar, de France, d'Allemagne, de Dalmatie, tout couvert de duvet soyeux, est une espèce moins commune et plus méridionale, manquant en Angleterre et dans le nord de l’Europe. On la trouve dans toute l'Algérie en mai, sur les fleurs de l’Asphodelus ramosus.
Nous représentons une espèce de la Havane, l’A. apicalis, G.-Mén. (pl. zxxiv, fig. 3), de la taille d’A. sabulosa, à qui elle ressemble beaucoup, mais qui en diffère par l'écaille et les nervures des ailes supérieures fauves et non noires et l'abdomen ayant plus de fauve.
Les Ammophiles sont des Hyménoptères trs-utiles, et qu'on doit protéger contre la destruction, non-seulement parce qu'ils butinent beaucoup sur les fleurs, ce qui favorise la fécondation, mais surtout parce qu'ils chassent aux chenilles pour nourrir leurs larves, et peuvent ainsi limiter l'extension d'espèces nuisibles aux forêts et aux champs. Ce sont des insectes qu'il faut chercher à introduire dans les jardins secs et sablonneux, en respectant leurs nids.
C'est Linnæus qui le premier a décrit brièvement les mœurs de son Sphex sabulosa (Ammophila). 11 habite, dit-il, dans la terre sablonneuse, où, à la façon d’un chien, il creuse un terrier avec ses pattes de devant et y enfouit la chenille d’une Phalène à moitié morte. Latreille a repris ces observations. Les trous, assez profonds, sont creusés au bord des chemins, les chenilles blessées mortellement par l’aiguillon. Une fois l'œuf pondu, l'entrée du trou est fermée avec des grains de sable ou de petits cailloux. L’Ammophile des sables attaque toujours des chenilles de papillons hétérocères, et s'empare de celles des Bombyciens, malgré les longs poils qui protégent leur corps. Elle a souvent une grande peine à transporter une proie d'ordinaire beaucoup plus lourde qu'elle, et pourtant ne se rebute jamais. Elle la tient fortement avec ses mandibules, en la soutenant en même temps à l’aide de ses pattes postérieures, les quatre autres lui servant à marcher à califourchon sur sa chenille; elle va la ressaisir si des obstacles en déterminent la chute. L’A. viatica où hirsuta, plus grosse et plus forte qu'A. sabulosa, offre absolument les mêmes mœurs. Chaque ouverture parait ne jamais aboutir qu’à une seule cellule, et l'insecte fait entendre un fort bourdonnement lorsqu'il creuse la terre. Les chenilles des Rhopalocères et des Sphingiens ne semblent pas lui servir jamais de nourriture pour ses larves ; bien qu'il y ait souvent près de l’'Ammophile des Orties et des Chardons avec des chenilles de Vanessa Urticæ et Pyramois Cardui, elle les laisse en repos, s'adressant à des chenilles rases ou poilues d'Hétérocères, ainsi, fréquemment, aux chenilles si nuisibles du Liparis dispar. M. H. Lucas a vu cette espèce, sur les dunes de Lion-sur-mer (Calvados), transportant les chenilles tuméfiées de Xyl0-
phasia lithoxylea (Noctuo-Bombycides). D’après M. Fabre, l'A. holosericea ne chasse pour ses larves que les chenilles de Phalénides.
Les chenilles, saisies au dos par les mandibules des Ammophiles, sont piquées centralement, au segment 5 ou 6, qui est sans pattes, et une pointe d'aiguille fait voir que la sensibilité va en croissant de ce point vers la tête ou vers l'anus; au bout de quinze jours, toute la chenille est insensible, mais la fraicheur des viscères internes persiste environ un mois. L’œuf blanc, cylindroïde, un peu courbé, des Ammophiles, est déposé sur la face ventrale de la chenille, entre les segments 6 et 7. Shuckard assure avoir vu les À. sabulosa et hirsuta traînant de grandes Araignées noires ; les chenilles ne seraient pas leur seule proie.
Le genre Miscus, Jurine, diffère des Ammophila par le premier segment dorsal de l'abdomen comprimé, et surtout par la troisième cellule cubitale de l'aile supérieure pétiolée, tandis qu'elle est non pétiolée, mais seulement un peu rétrécie supérieurement chez les Ammophila. Le type est le M. campestris, Jurine, ressemblant à l'A. sabulosa, mais plus petit, de 12 à 15 millim., les deux segments de l’abdomen qui suivent le pétiole noirs, ferrugineux, le bout de l'abdomen à peine bleuâtre, moins que chez les Ammophila. L'espèce est de France et des environs de Paris, de Belgique, de Grande-Bretagne, dans les bruyères sablonneuses, de Suède, de Laponie. Lepeletier S'-Fargeau dit avoir vu cette espèce entrer dans les nids des Ammophila et l'en suppose parasite sans aucune preuve, car beaucoup de nidifiants visitent d’autres nids, dans le but, s'ils sont vides, de les approprier à leur usage.
PÉLOPÉINES.
Prothorax rétréci en forme de nœud, constituant une sorte de cou. Mandibules sans dentelures, striées. Tarses antérieurs des femelles, à articles élargis vers l’extrémité, triangulaires, propres à maçonner leurs jambes postérieures munies d’un petit nombre d’épines courtes. Pédicule de l'abdomen très-long.
Les caractères anatomiques seuls ne motiveraient pas la séparation de ce groupe, si l'on n'avait à y joindre une importante considération biologique. De même que les Osmies, surtout les Chalicodomes, dans les Apiens solitaires, sont des maçonnes, parmi les Hyménoptères à larves insectivores, auxquels on a trop spécialement réservé le nom de Fouisseurs, le groupe des Pélopéines fouille la terre avec ses mandibules, non pour y creuser des trous, mais pour arracher des parcelles qui serviront, avec une salive agglutinative, à faire des nids de mortier terreux, sorte de poterie séchée à l'air et au soleil, résistant au moins, pendant assez longtemps, à l’action de la pluie.
PELOPOEUS. 971
GENRES PRINCIPAUX
PELOPŒUS, Latr. (syn. partie des SPnex, Linn., CHALYBION, Dahlbom). — Corps long et grêle. Antennes enroulées chez les femelles (sujets secs). Mandibules arquées, sans dents ou unidentées au côté interne; palpes maxillaires plus longs que les labiaux. Aïles supérieures ayant une cellule radiale et trois cellules cubitales, la seconde recevant les deux nervures récurrentes. Pattes longues, avec les jambes assez courtes. Abdomen ovalaire, supporté par un grêle et long pédicule.
Les Pélopées sont des Sphégides des régions chaudes de toute la terre. L'espèce qui remonte le plus en Europe un peu au-dessus de 45 degrés de latit., est le P. spirifeæ, Linn., qui se rencontre aussi dans toute l'Algérie, assez commun en avril et mai. La femelle, qui atteint de 24 à 30 millim., a la tête noire, velue; les antennes noires, avec le premier article d’un fauve brunâtre en dessous; le corselet noir et velu, sans taches; les écailles des ailes noires, celles-ci transparentes, un peu enfumées au bout, les pattes variées de noir et de jaune. Cette espèce construit un nid en terre mêlée de très-petits graviers, constitué par des tubes accolés obliquement ayant dans l'ensemble une disposition spiralée, ressemblant à des torsades d'épaulette d'officier supérieur. Peut-être l'espèce doit-elle son nom à cette forme de nid, ou bien à ce qu'elle fait souvent des tours en volant (d’où le nom de gyrator ou tornator qu'on lui donne parfois), fait commun aussi aux Sphex et aux Ammophiles qui chassent. Chaque tube contient un œuf et une provision d’Araignées anesthésiées par le venin, devant servir de nourriture à la larve. Ces nids du P. spirifex, à la façon de ceux de Chalicodoma muraria, sont placés contre les murs, sous les corniches, les toitures, dans les hangars, les granges, les pigeonniers, etc. Aussi l'espèce est fréquente dans les villes, les villages, les maisons de campagne du midi de la France. J'ai vu souvent à Cognac (Charente), lors de ma mission en 1874 pour l'étude du Phylloæera, le P. spirifex voltigeant au-dessus des ruisseaux de la ville pour chercher la terre fine de sa maçonnerie. Il est très-commun en été à Toulouse, sur les Apocyns du jardin botanique, et en automne le long des rigoles alimentées par les bornes-fontaines, où il fait sa provision d'argile et de sable pour la construction de son nid; il est également commun à Montpellier. M. H. Lucas à eu l’occasion d'examiner soixante-dix Araignées provenant d’un nid de P. spirifex trouvé près de Draguignan au mois de mai (1). Presque toutes les espèces appartenaient au genre
(1) H. Lucas, Un mot sur le Pelopœus spirifex ef sur les Aranérides destinées
à servir de nourriture aux larves (Ann, Soc. entom. France, 1869, p. 427).
Epeira et un très-petit nombre au genre Clubione où Cheiracanthium : toutes ces Aranéides étaient jeunes et non adultes, soit en raison de l'époque peu avancée de la saison où elles furent recueillies, soit que l'Hyménoptère eût lieu de redouter la résistance et le venin d'Araignées agées.
Une seconde espèce, plus méridionale, est le P. pensilis, Latr., ou destillatorius, Wlig., à scape des antennes jaune dessus et dessous, à écaille jaune, à pétiole abdominal noir, se trouvant à Toulouse, mais rarement, aux environs de Jarnac (Charente), à Cette, à Montpellier, etc. Il est agreste et non citadin, faisant son nid de tubes accolés sur les pierres et les rochers, où il chasse aux Araignées. Il est plus commun en Espagne et en Portugal que le précédent; se trouve aussi dans le midi de l'Allemagne, en Italie, en Sicile, en Albanie, dans la Russie méridionale. Le P. pensilis est beaucoup plus commun en Algérie que le spirifex existant aux mêmes mois dans les mêmes lieux. D’après M. Lichtenstein, qui a eu souvent l’occasion d'observer les deux espèces aux environs de Montpellier, le nid de terre, non spiralé, décrit et figuré par M. H. Lucas dans les Insectes de l’'Exploration de l'Algérie, est celui du P,. pensilis. Il trouvait ces nids près d'Oran, dans les ravins, ordinairement en janvier, à la partie inférieure, sur les côtés des grosses pierres. fs sont de terre ou de sable gàché avec soin par l’insecte, de construction grossière, irréguliers et convexes, chacun avec cinq ou six cellules contenant des larves jaunes à tête recourbée, qui avaient à cette époque tout leur développement et étaient renfermées chacune dans un cocon formé d'une soie fine, serré et revêtu d'une couche gommeuse. Une troisième espèce plus petite, et ayant plus de jaune, qui se rencontre à Montpellier, est le P. pectoralis, Rossi, faisant un nid de terre de la grosseur d’un œuf de poule, et l’attachant aux arbres, principalement aux branches des Chênes verts. M. Marquet a pris la même espèce en août, près de Cette, aux bords d'une source d’eau douce, et, en septembre, à Narbonne, sur des Xanthium spinosum, où ils faisaient la chasse à de petites Araionées.
Nous figurons une espèce des Antilles, le P. lunatus, Fabr. (pl. Lxx1v, fig. 5), ayant le thorax à plusieurs taches jaunes, les cuisses en partie jaunes, ainsi que le pétiole de l'abdomen et le commencement de la partie renflée. Il est très-probable que c'est le nid terreux et spiralé de cette espèce qui est figuré par Réaumur (Histoire des Insectes, t. VI, mém. 9, pl. xxvin, fig. 4, 5, 6), qui l'avait reçu de Saint-Domingue Haïti), où il était attaché au plafond d'une chambre.
Les Pélopées paraissent fous, ou au moins le plus grand nombre, approvisionner leurs nids d’Araignées, qui sont souvent utiles pour détruire les Diptères des maisons, des granges, des étables. Ce sont des insectes, à l'inverse des Ammophiles, qu'il est préférable de détruire. Il y a en Eurcpe et en Algérie une demi-douzaine d'espèces de Pélo-
AMPULEX. 973
pées ; les autres, au nombre de près d’une trentaine, sont des régions chaudes et tempérées des deux continents et d'Australie.
AMPULEX, Jurine (syn. CHLORION, Fabr.). — Antennes insérées sur le front. Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux; labre toujours caché par le chaperon, non apparent; mandibules sans dents; chaperon denté. Ailes supérieures ordinairement à trois cellules cubitales, la première recevant la première nervure récurrente et la troisième la seconde. Pédicule abdominal bien moins long que chez les Pelopœus.
L'espèce la plus anciennement connue de ce genre est l’A. compressus, Fabr., la Guépe ichneumon de Réaumur, des Indes, de Chine, des îles Maurice et Bourbon, de Java. Elle est en entier d'un beau vert doré changeant en bleu, avec les antennes et les pattes en partie ferrugineuses. Les ailes supérieures, d'après M. Fr. Smith, particulièrement dans les petits exemplaires mâles, n’ont parfois que deux cellules cubitales au lieu de trois.
On peut dire que cette espèce, et probablement d’autres du même genre, rend de très-grands services dans les régions de la faune indienne infestées par les Blattiens. Il paraît qu'elle construit des nids macçonnés analogues à ceux des Pélopées, ou au moins, à la façon des Osmies, accommode avec du mortier terreux des trous destinés à l’élevage de sa postérité. Réaumur rapporte des observations faites à l'île de France sur cette espèce commune aux îles Mascareignes. Elle vole avec agilité, ne craignant pas la présence de l'homme, se glissant dans les plis des rideaux, et dardant bien plus loin que les Abeilles ou les Guêpes un aiguillon redoutable sur la main qui chercherait à la saisir. La femelle livre de vrais combats aux Kakerlacs, notamment au Periplaneta orientalis, Linn. Elle rôde de tous côtés, soit en volant, soit en marchant, pour découvrir son gibier. Dès qu'elle aperçoit la Blatte, elle s'élance sur elle, saisit le bout de sa tête avec ses mandibules, et se replie ensuite sous son ventre pour la percer de l’aiguillon; puis, quand l’anesthésie est complète, revient la chercher, l& saisit par la - tête et la traîne à reculons jusqu’à quelque trou de mur où est préparé son nid. L'ouverture du trou étant trop petite pour laisser entrer librement le large Blatlien, l’'Ampulex ressort, lui coupe les élytres, les ailes si elles existent, parfois lui arrache quelques pattes, et, rentrant à reculons dans le trou, y tire la Blatte avec ses mandibules, lui comprimant le corps, comme à la filière, afin de la forcer à passer.
Nous représentons une espèce voisine, du Sénégal, l'A. compressiventris, G.-Mén. (pl. Lxxiv, fig. 4), long de 27 millim., d'un riche vert, semblable à l’A. compressus pour la forme générale, mais ayant le thorax plus épais et moins allongé, les pattes vertes, avec l'extrémité des jambes et les tarses bleus. Cette espèce est très-probablement identique
à l'A. cyanipes du Cap, décrit antérieurement par M. Westwood (Trans. Soc. Entom. of London, 1841, Proceedings, décembre, p. 16).
Le genre Ampuleæ est représenté en Europe par une très-rare espèce, VA. fasciatus, Jurine (syn. europœus, Giraud), ainsi que la reconnu M. Kriechbaumer. C’est un petit insecte long de 8 à 10 millim. dans les deux sexes, noir, à tête très-ample, les antennes, les mandibules, les pattes en partie testacées ou ferrugineuses, les ailes à deux cellules cubitales, l'abdomen ovalaire, à pétiole délié et aplati. Il a été trouvé près de Genève, en juillet et août (1), sur les vieux montants de chêne des portes de clôture des terrains champêtres entourés de haies vives. Le docteur Giraud (2) a d'abord capturé près de Vienne, sur un vieux mur, des femelles qui couraient très-vivement en furetant dans les fissures et volaient peu. Certaines détachaient avec les mandibules des parcelles de mortier, destinées sans doute à construire le nid terreux qui rentre dans les habitudes du genre Ampulex. Des mâles furent pris sur le vieux mur et un autre au Prater, à Vienne, voltigeant autour du tronc d'un vieux Saule. Les mâles ressemblent beaucoup aux femelles, sauf les caractères sexuels du nombre d'articles des antennes et de l’abdomen. Enfin, plus récemment, M. Kriechbaumer (Ueber die Gattüng Ampulex, etc., Stettin entomol. Zeitung, 1874, p. 1), ayant capturé quatorze exemplaires à Munich, sur de vieux Chênes, réunit les deux espèces supposées en une seule, et de plus propose de les faire sortir du genre Ampulex pour les placer dans le genre Rhinopsis, Westwood (Catal. du Brit. Mus. de Smith, t. IV, p. 275, pl. vu, fig. 2). Il résulte des indications de localité qui précèdent que les amateurs devront rechercher en France ce rare insecte dans le S..E., avec espérance légitime de le rencontrer.
Le genre Ampulex, presque exclusivement exotique, compte en outre uue douzaine d'espèces des régions les plus chaudes des deux continents. M. E. Blanchard, dans ses ouvrages de classification, n’a pas séparé ce genre d'avec le genre Chlorion.
Nous mentionnerons seulement, au point de vue de la classification systématique, le groupe des Dolichurines, fondé sur une seule et rare espèce, le Dolichurus corniculus, Spinola, faisant le passage entre les Sphégides et les Pompilides, long de 5 à 6 millim., noir ainsi que les appendices, avec un tubercule obtus au milieu du chaperon, qui est le plus souvent marqué de deux taches blanches chez les mâles. La place des Dolichurines est fort incertaine. Le docteur Giraud remarque
(1) Fr. Chevrier, Hyménoptères nouveaux ou rares du bassin du Léman (Mittheilung. der Schweiz. entomol. Gesellschaft, août 1867, p. 232).
(2) D' Giraud, Note sur un Hyménoptère nouveau du genre Ampulex, trouvé aux environs de Vienne (Verhandl. :0ol,-botan. Gesellsch. in Wien, 1858, t. VIE, p. 441, et Note sur quelques Hyménopt. très-rares découverts en Autriche, même recueil, 1863, t. XIII, p. 1308).
DOLICHURINES. — POMPILIDES. 975
que les Ampulex européens ont de grands rapports avec le très-rare D. corniculus, Spin., dont les mouvements sont très-rapides, et par suite la capture fort difficile. Ce n’est pas probablement un parasite, car il a pris des femelles occupées à fouir le mortier tombé en poussière d'un vieux mur. Chevrier rapporte que fréquemment, près de Genève, les Dolichurus et les Ampulex se trouvent mélangés. Son parasitisme était supposé, mais sans preuves, par Lepeletier S'-Fargeau, qui l'avait souvent vu entrer dans les nids où les Pompilides amassent des proies pour leur postérité, et dit que ce genre est, de tous les Fouisseurs, le plus dénué des moyens äe creuser la terre ou le bois, ou à charrier des proies.
POMPILIDES,
Corps à ponctuation fine, peu velu ou non velu. Antennes le plus souvent longues, sétacées ou filiformes, très-rarement un peu épaissies au bout, à articles lâches, contournées dans les deux sexes dans les sujets secs. Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux. Pronotum non rétréci en cou, subrectangle, soit transversal, soit longitudinal, pas plus étroit sur les côtés que le pronotum. Ailes supérieures à trois cellules cubitales, la seconde recevant la première nervure récurrente; ailes inférieures à lobe basal distinct. Hanches grandes, les intermédiaires contiguës, subcarrées; jambes et tarses ordinairement munis d’épines ou au moins de cils, les jambes intermédiaires avec deux calcars au bout. Tarses antérieurs élargis, propres à fouir la terre ou au moins à déblayer la sciure de bois. Pattes allongées, surtout les postérieures, grêles. Abdomen à pédicule court, le plus souvent d’aspect subsessile.
Les Pompilides sont tous, ou au moins presque tous, des Fouisseurs ; ceux dont les mœurs sont connues approvisionnent leurs larves d'Araignées de tous les genres, et on les voit continuellement voler et surtout courir sur le sol, agitant leurs grêles antennes sur les sables, visitant les trous des murs et des rochers, à la recherche de leur proie. Ce sont donc des insectes qu'on peut qualifier de nuisibles, en ce qu'ils détruisent des Articulés qui nous rendent souvent des services contre tant d'espèces ennemies de nos légumes, de nos fruits, de nos animaux domestiques, etc. Dans les genres Pompilus, Calicurqus, Panzer, Priocnemis, Schiôdte, les jambes postérieures sont garnies d'épines, et en outre dentées en scie dans les deux derniers, ce qui permet le transport des proies. Les Calicurgus ont les tarses antérieurs pectinés et munis de fortes épines, qui leur servent à creuser des nids dans la terre, ou dans le terreau des arbres pourris. Les Pompilus ne portent pas aux tarses antérieurs d'aussi forts outils pour fouiller ; aussi né peuvent-ils guère que creuser le sable, et principalement perlorer
avec leurs mandibules des tuyaux cylindriques dans le vieux bois. Leurs tarses antérieurs ont ordinairement des cils, c'est-à-dire des poils flexibles pour balayer les parcelles de bois détachées par les mandibules.
GENRE PRINCIPAL
POMPILUS, Fabr. — Tête courte, convexe, non aplatie, aussi large que le thorax; ocelles en triangle sur le vertex. Antennes longues, sétacées, rapprochées à leur base, ayant le premier article épais, le second gros et court, les autres cylindriques. Mandibules unidentées ou bidentées au côté interne. Thorax gibbeux, cylindroïde, le prothorax échancré postérieurement. Ailes supérieures dont la seconde cellule cubitale recoit la première nervure récurrente et la troisième cellule la seconde, le stigma petit; ailes iuférieures avec la nervure transverse ordinaire très-oblique. Hanches antérieures atteignant presque la base des intermédiaires ; jambes épineuses ; tarses antérieurs ni dentés, ni peclinés, souvent ciliés. Abdomen ovalaire dans les femelles, et offrant chez elles le second segment convexe au milieu, cet abdomen plus allongé dans les mâles.
On peut consulter pour les Pompilides : Dahlbom, Monographia Pompilorum Sueciæ (Berlin, 1829); Hymenoptera Europæ, præcipue borealia, etc. (1843-1845, t. 1, Sphex). — Schiôdte, Sammenstilling af Danmarks Pompilidæ, à Krôjers Naturhistorisk Tidskrift, 1837. C'est une monographie des Pompilides danois, dans les Annales d'histoire naturelle de Copenhague.
Les Pompiles constituent le genre le plus nombreux en espèces des Fouisseurs. Le Catalogue du British Museum, qui n’en sépare pas les genres Priocnemis, Pogonius, Agenia, en compte deux cent trente-six espèces, dont soixante-six européennes. On trouve pour l'abdomen, en y comprenant les genres annexes ou sous-genres, toutes les combinaisons de couleurs, tantôt entièrement d'un noir terne (P. plumbeus), ou violacé ou bleuâtre, tantôt noir à bandes jaunes, ou bien noir à taches blanches (P.'‘rufipes), on noir à bandes rougeâtres (P. viaticus), enfin entièrement rougeâtre (Priocnemis abdominalis, Dahlbom), ou rougeälre mélangé de brun et de blanc jaunâtre. On établit d’après cela des groupes de catalogue commodes pour l’arrangement des collections.
Dans les espèces à abdomen unicolore, nous citerons le P. plumbeus, Fabr., long de 6 à 8 millim., noir, à calcars blanchâtres, la face, les paltes, les segments dorsaux de l'abdomen comme recouverts d’un glacis plombé, les ailes transparentes, les tarses antérieurs avec deux séries d'aiguillons, les ongles munis d’une petite dent et d'un peigne apparent. Le mâle a le corps plombé en entier. Cette espèce est de toute la France, du sud de l'Angleterre et de l’île de Wight, de Suède, de Danemark, d'Allemagne, d'Italie, d'Algérie, de Port-Natal. Elle aime