POMPILUS
les terrains sablonneux et surtout les dunes. Je l'ai souvent observée au mois de septembre, sur les dunes de nos côtes normandes, où la femelle se creuse des galeries pour y établir son nid. Elle vole peu et à trèscourte distance, mais court sans cesse en tous sens, avec vivacité, faisant souvent de petits sauts, cherchant des Araignées. Ses mœurs sont pareilles à l’autre bout de la France, sur les dunes de Cette (M. Marquet).
Dans le nombreux groupe d'espèces ayant l'abdomen noir, plus ou moins varié de roux à la base, nous trouvons le P. viaticus, Linn., commun aux environs de Paris et dans toute la France, sur les tertres et les bords des chemins sablonneux, où il creuse ses terriers, aimant à voler sur les Eryngium. Il est aussi de Grande-Bretagne, de Danemark, de Suède, de Laponie, d'Allemagne, d'Italie, de Morée, de toute l’Algérie, en mars et avril, volant sur le bord des routes et sentiers sableux. Le P.viaticus (pl. Lxx1v, fig. 1 a, mandibules ; 1 b, labre: 1 C, nàchoire et palpe; 4 d, lèvre inférieure et palpes: 1 e, antenne); esl long de 10 à 14 millimètres et a le corps assez épais et robuste, noir et poilu ; les ailes supérieures rembrunies et à bout noirâtre, avec la troisième cellule cubitale triangulaire et plus petite que la seconde; les tarses antérieurs de la femelle avec d'assez longs aiguillons et un peigne unguiculaire long et épais; l'abdomen avec les trois premiers segments d’un rouge ferrugineux, ayant le bord postérieur bordé de noir, s'élargissant en pointe vers le milieu, surtout au troisième, Une variété femelle de Suisse a les cuisses postérieures plus ou moins ferrugineuses. Le mâle, plus grêle, a les segments ferrugineux de l'abdomen couverts d’un duvet soyeux brillant. L'espèce est de France et des environs de Paris, de Suède, etc.
Le sous-genre Priocnemis, Schiôdte, se distingue des Pompilus par les jambes postérieures dentées en scie, au lieu d'être hérissées d'épines. On y rencontre de grands Pompilides, à ailes jaunes, variant énormément pour la taille et les couleurs : l’un d'eux est le P. luteipennis, Fabr., Dahlb.?, magnifiquement teinté de brun foncé et de roux doré, qu'on rencontre fréquemment par les chemins, près de Toulouse, de Béziers, etc., volant sur les Ronces et les Clématites.
Les Pompiles ont une piqûre très-douloureuse et brûlante, ainsi que je l'ai éprouvé en saisissant le Pompile des chemins ; elle cause une enflure qui peut durer plus d'un jour. La plupart chassent aux Aranéides errantes, comme les Lycoses, les Saltiques, etc., et les emportent au vol, anesthésiées par le venin, les pattes repliées sous le ventre, qui est accolé à celui du ravisseur. Souvent un Pompile pose son Araignée au haut d’une grande herbe et non pas à terre, où un camarade la lui enlèverait pendant qu'il fouit, revient de temps à autre regarder son Araignée, la touche de la tête, et, satisfait, reprend son travail. On voit les Pompiles parcourir avec rapidité la surface des terrains sablonneux exposés au midi, entrer en furelant dans tous les trous qu'ils rencon-
trent et en sortir aussitôt, ou bien fouiller le sable avec les tarses antérieurs, à la manière des chiens qui grattent la terre, y creuser un petit entonnoir et s'enfuir bientôt, abandonnant l'ouvrage commencé. Ils cherchent des Araignées dans les galeries ouvertes et dans le sable, et paraissent obligés à ces perquisitions multiples par des sens peu développés.
Il y a des Pompiles, et parmi eux le P. viaticus, qui s’attaquent aux Araignées formant des toiles, et ces filets tendus, qui entrelacent même des Abeilles et des Guêpes, ne les arrêtent pas, et ils y marchent avec assurance. Des Pompiles entrent dans les bâtiments ruraux et se dirigent en marchant vers les encoignures de murs garnies des toiles de l’Araignée domestique (Tegenaria domestica, Walckenaer).Les intrépides chasseurs, arrivés au bord de la toile, n'hésitent pas à monter sur celle-ci, se dirigeant vers le coin où se tient la Tégénaire. Si la toile n’a plus d'habitant, il remonte ou descend à une autre toile. Quand la toile est habitée, l’'ébranlement qu'elle reçoit par la marche brusque du Pompile fait sortir de son tube la Tégénaire, croyant courir à une proie désirée et souvent longtemps attendue ; mais en voyant son ennemi l'Araignée s'arrête, comme paralysée par la frayeur. Le Pompile fond aussitôt sur elle, et, recourbant son abdomen, la perce du fatal aiguillon. Les Araignées montrent encore au bout de trois semaines de légers signes de vie, par le mouvement des pattes et la souplesse des articulations. Le vengeur de la race des insectes saisit l'Araignée avec ses mandibules et la porte à son nid.
Le plus souvent les nids des Pompiles sont placés dans les vieux bois, soit qu'ils y creusent eux-mêmes un tube, soit qu'ils profitent des galeries antérieures de larves de Coléoptères. Arrivé à l’entrée de son nid, le Pompile pose sa proie sur le bord du trou et la pousse avec le devant de sa tête au fond du trou, où il pond un œuf d’où sortira la larve, objet des soins qu'il vient de prendre. Sept ou huit Araignées forment sa provision au complet ; puis il bouche l'entrée du nid avec de la sciure de bois empilée en tampon.
On peut dire que le genre Pompilus est réellement cosmopolite, des pays froids, tempérés et chauds, des continents et des grandes îles.
On a détaché de l’ancien genre Pompilus des genres ou sous-genres ayant pour caractère principal une réduction considérable des organes fouisseurs, épines et cils des pattes. Dans le genre Pogonius, Dahlbom, les maxilles des femelles sont barbues à la base, leurs jambes à peine épineuses, leurs mandibules tridentées au bout.
Dans les deux sexes les ailes supérieures sont marquées de bandes brunâtres. Nous citerons le P. bifasciatus , Fabr., et le P. variegatus, Linn., non Fabr., espèces de toute la France et du sud de l'Angleterre, répandues de Suède en Algérie. Le genre Agenia, Schïodte, a les ailes sans bandes brunâtres et les maxilles non barbues à la base. Le type est l'A. punctum, Fabr., de 6 à 9 millimètres, noir, ayant chez le mâle