ACRIDIENS. — ANATOMIE EXTERNE
le plus souvent cylindriques, poilus, les deux premiers plus courts; la languette, attachée au menton, est largement cordiforme, profondément fendue, avec palpes de trois articles, le premier très-petit.
Le pronotum a son disque ordinairement plan, les côtés presque toujours rabattus ; le prosternum court, le mésosternum et le métasternum ordinairement très-plans, larges, en forme de plastron.
De même que chez les Locustiens, les élytres et les ailes des Acridiens présentent tous les degrés de développement, soit dans les genres, soit dans les espèces d’un même genre, soit dans les sexes d'une même espèce, ou enfin suivant les sujets d’un même sexe, diversité qui a souvent amené à faire de fausses espèces. Les élytres, toujours plus ou moins étroites, quand elles sont tout à fait développées, recouvrent l'abdomen ou le dépassent, et se composent des trois champs accoutumés, l’anal appliqué horizontalement sur le dos, les deux autres, intermédiaire et marginal, rabattus à angle droit sur les flancs, de sorte que les trois champs recouvrent les ailes repliées ; tantôt l’élytre droite, tantôt la gauche recouvre l'autre. Les élytres sont submembraneuses ou coriaces, en général plus opaques à la base. Dans le genre si compliqué des Stenobothrus la disposition des nervures peut servir à distinguer les espèces. La largeur des aréoles situées entre les nervures principales varie avec le sexe, et la nervulation des élytres des Acridiens est d’un type assez fixe pour qu'on puisse reconnaître aux élytres les espèces fossiles. Les Acridiens mâles n'ont pas, comme les Grylliens et les Locustiens, d'organes propres de stridulation sur leurs élytres, mais, dans les espèces sonores, sont certaines aréoles dilatées, toujours sur le champ marginal ou sur l'intermédiaire, ou sur tous deux à la fois ; ces aréoles sont bien moins larges et ont d’autres formes chez les femelles muettes. Il n'y a pas d'écusson entre les élytres. Les aïles ont une amplitude variée et tous leurs champs membraneux, le marginal et le discoïdal étroits, répétant, moins ramifiées, les nervures des champs homologues des élytres ; le champ anal très-large, séparé par un sinus du bord extérieur des champs précédents, ses nervures radiées partant d’un limbe corné sinueux. La couleur du disque des ailes ne fournit que d’assez médiocres caractères spécifiques; car on sait maintenant que chez l'OŒEdipoda fasciata Les couleurs miniacée, bleue et plus rarement coccinée se remplacent ; les mêmes variations ont lieu entre les nuances de la couleur rouge ou entre les couleurs rouge, jaune et hyaline chez les OEdipoda variabilis et insubrica, chez les Tryxalis et Pyrgomorpha. Les bandes des ailes sont constantes dans certaines espèces, différentes dans d’autres, ou tendent à s'effacer, ou deviennent nulles, Il y a des genres où les élytres et les ailes manquent tout à fait (Proscopia, Batrachotettiæ), ou bien restent en général avortées (Porihetis, Pezotettiæ, etc.), sauf de très-rares sujets, où elles ont leur plein développement, Dans les espèces des genres Stenobothrus et Chrysochraon, le degré d'avortement des organes alaires varie selon le sexe et
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selon les individus (S. pratorum, Fieber, C. brachypterus, Ocskay), de même que dans le genre Decticus des Locustiens ; la pleine évolution de l'appareil du vol dans ces espèces est {toujours une exception.
Les pattes se ressemblent beaucoup, par leur structure, dans tous les genres des Acridiens : les quatre antérieures sont courtes, à cuisses mutiques; les jambes subcostées, mutiques en avant, épineuses en arrière, les cuisses postérieures quadricarénées, longues, renflées ou au moins dilatées à la base ; sauf chez les Pneumora, où elles ne sont pas plus épaisses, les jambes quadricostées, épineuses, avec de longues épines apicales recourbées, et les ongles des tarses ayant, le plus souvent, une pelote intercalée.
L'abdomen est subconvexe en dessous, subcomprimé et caréné en dessus, sensiblement atténué de la base vers le sommet chez les femelles, subrenflé souvent au sommet chez le mâle, composé de deux segments distincts dans les deux sexes, les parties génitales externes librement proéminentes. :
Le premier segment abdominal, très-intimement lié au métathorax, est très-reconnaissable dans les deux sexes à son tympan, grande membrane pellucide, tendue de chaque côté sur une cavité semi-circulaire, et qu'on ne voit que lorsque les élytres et les ailes sont enlevées. Tantôt la cavité est très-enfoncée dans l’abdomen et cachée, en partie, comme par une conque, sous le bord postérieur voûté et corné (Acridium); tantôt elle est bien découverte, et la membrane à fleur de peau (Pezotettix), entourée d'un simple anneau corné. On trouve avant ce tympan, à son angle antérieur et inférieur, le stigmate du premier segment; les huit autres segments, à l'exception du dernier où il manque, ont le stigmate au bord inférieur et vers l’angle antérieur de la lame dorsale. Les lames dorsales, beaucoup plus larges que les ventrales, se réunissent à celles-ci en ligne droite sur les flancs de l'abdomen. Les parties génitales externes se ressemblent beaucoup dans les divers genres d'Acridiens. La plaque suranale du mâle est courte, subtrigone, recouvrant l'orifice de l'anus, portant des cerques non articulés (biarticulés chez les Tettix, d'après L. Dufour), courts, coniques ou subulés, rarement allongés, courbés, propres à retenir la femelle dans le coït. La plaque subgénitale du mâle est en valvule obtuse ou en cône aigu, recevant les parties génitales, toujours dépourvue de styles. La femelle a la plaque suranale semblable à celle du mâle, à cerques toujours simples, courts, subulés. L'appareil de l’oviscapte est réduit à quatre valvules crochues, subdroites ou sinueusement recourbées, les deux supérieures et les deux inférieures se mouvant d'ordinaire ensemble par oscillations. La forme de ces valvules est assez diverse dans certains genres, suivant les espèces ; elles servent à creuser la terre et à façonner l'espèce de coque terreuse qui entoure souvent les œufs.
L'anatomie interne des Acridiens a eu pour sujets principaux d'inves-