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PERLA

des nervures transversales, les nervures longitudinales de la même partie souvent irrégulières ; la tête petite, les ailes longues et arrondies, les mâchoires multidentées, et le plus souvent le corps de couleur foncée, marquée d’une raie jaune longitudinale sur une portion de la tête et du thorax. Les espèces, très-peu différentes entre elles, sont souvent confondues dans les collections sous le nom de bicaudata, Linn. On trouve à Paris, dès les premiers jours du printemps et par milliers, le long des quais, le P. parisina, Rambur, la Perle brune à raie jaune de Geoffroy, atteignant 30 à 40 millimètres d'envergure, remarquable par une bande dorsale jaune sur le thorax; la tète, étranglée en deux parties, ayant à sa base une tache jaune ou rouge, faisant suite à la bande thoracique; l'abdomen presque entièrement noir en dessous chez le mâle, jaunâtre obscurci chez la femelle, avec une large plaque vulvaire qui recouvre les deux derniers segments, les ailes longues dans les deux sexes, un peu plus courtes chez le mâle, légèrement teintées de roussàtre.

Une autre espèce de Laponie, d'Angleterre, d'Allemagne, de France, de Suisse, du Piémont, est le P. microcephala, Pictet, probablement le 12 eee de Rambur, d’un brun noirâtre avec ligne thoracique et taches d’un jaune orange, les ailes transparentes, légèrement rembrunies, beaucoup plus courtes chez le mâle que chez la femelle, parfois même atrophiées au point de ne recouvrir qu’une partie de l’abdomen. La larve a une forme assez différente de celle des Perles proprement dites ; la tête, plus grosse, est séparée d’un prothorax plus petit et ovale par un étranglement plus marqué, le reste du thorax et l’abdomen étant aussi un peu plus grêles. La couleur générale est fauve, passant au rougeûtre sur les parties antérieures et au verdâtre sur l'abdomen ; les appendices divers sont fauves, la tête et le prothorax marqués de traits noirs. Dans le sous-genre Chloroperla, Newman, la partie terminale du champ submarginal est sans nervures transverses ; la nervure accessoire de la sous-costale est simple ou bifurquée. Les espèces euro péennes forment un groupe très-naturel, facile à distinguer des Perla propres par sa couleur jaune ou verte. Le type est une petite espèce, de taille très-variable, le corps ayant une lougueur de 4 1/2 à 9 millimètres, et l’envergure des ailes de 22 à 27, le P. virescens, Pictet, de la plus grande partie de l’Europe, y compris probablement la Laponie. Le corps est jaunâtre ; la tête, fauve ou jaune, avec les yeux et les ocelles noirs, ces derniers étant compris dans une tache noire en fer à cheval, les antennes fauves et noires au bout; le corselet de la même couleur, bordé de noir antérieurement et postérieurement ; les pattes et l'abdomen fauves, celui-ci noir en dessus, avec les deux derniers anneaux fauves ; les ailes ou incolores ou verdûtres, avec les nervures d'un vert plus ou moins brunâtre, les soies caudales fauves à la base, noires à l'extrémité. La larve offre le fond de la couleur d'un jaune-citron, la tte fauve antérieurement avec une ligne transverse noire, le prothorax

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avec deux points noirs au milieu et bordé de noir, les rudiments alaires moins développés que dans les grandes espèces, le thorax sans organes respiratoires externes, les anneaux de l'abdomen bordés et ponctués de noir en dessus. Elle vit dans les eaux courantes, en cherchant en général les parties médiocrement rapides ; elle commence à donner l'adulte en avril. Enfin le sous-genre /sopteryæ a le champ anal des ailes postérieures presque nul, de sorte que les quatre ailes sont à peu près égales, sans repli des postérieures. Ce sous-genre offre en outre le dernier article des palpes maxillaires et labiaux très-pelit et très-grêle ; ilne me paraît pas différer du genre Leptomeres, Rambur, établi sur des espèces des lieux humides des environs de Paris. Les Zsopteryæ constituent un groupe très-naturel d'espèces de petite taille, jaunes ou fauves, Ils n'ont en général que les yeux et les ocelles, une raie sur l'abdomen, l'extrémité des antennes et quelquefois des soies caudales noirs. Signalons le P. flava, Fourcroy, la Perle jaune de Geoffroy, de 7 millimètres de longueur, l’envergure de 16 à 20, espèce mince et grêle, d'un jaune verdâtre qui passe souvent au fauve par la dessiccation. Les yeux, les ocelles sont noirs, ainsi que les antennes à partir du quart de leur longueur. Le prothorax est entouré d'une très-mince ligne noire; une bande de même couleur oceupe la plus grande partie de la ligne dorsale de l'abdomen; les soies caudales sont médiocres et entièrement fauves. Les ailes, d’un jaune verdâtre, ont la cellule costale un peu plus foncée et les nervures verdâtres. Cette espèce habite une grande partie de l'Europe, de la Laponie inclusivement à la Carniole ; se trouve en Angleterre, en France près de Paris, en Suisse, etc. Citons enfin, en terminant le genre Perla, une espèce d'Algérie, le P. Picteti, Lucas, en avril, dans les grandes herbes, sur les bords du lac Houbeira, dans le cercle de la Calle.

Cabnia, Piclet. — Palpes filiformes, composés d’anneaux ovoïdes où arrondis, dont le dernier a un diamètre au moins égal à celui du précédent ; extrémité des ailes dépourvue ou munie de nervures transversales. Abdomen terminé par

deux soies caudales longues.

Les Capnies sont formées d'espèces intermédiaires entre les Perles et les Némoures, car elles ont les soies caudales des premières et les palpes en fil des autres. Ce sont des Némoures qu'elles se rapprochent cependant le plus; elles en ont l'aspect général et sont toutes de couleur noire ; quelques espèces ont des mâles à ailes courtes, Pictet donne le nom de Capnia propres aux espèces dont l'extrémité de l'aile est dépourvue de nervures transversales. Le type est le C. nigra, Pictet, espèce de France, de Suisse, qui paraît à l'état adulte au premier printemps, et même en hiver, si celui-ci est doux. Le mâle, long de 4 1/2 millimètres, a 15 millimètres d'envergure, ét la femelle 20 millimètres sur 7 de lon: gueur du corps, Tout le corps est noir, le prothorax mat et un peu ru-

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gueux, les antennes minces, noires ainsi que les pattes. L'abdomen est tout noir dans le mâle et jaune en dessus chez la femelle vivante. Les ailes, bien développées dans les deux sexes, sont grises, obscurcies à la base et le long de la côte, peu transparentes, à nervures fines et noires, translucides à l'extrémité. L'espèce vole peu et court très-vite sur les pierres qui se trouvent au bord des rivières. La larve est petite et grêle, et varie de couleur aux diverses époques de sa vie. Jeune, elle est d’un fauve presque uniforme, avec les segments du thorax carrés, les deux derniers étant marqués en dessus d'une tache fauve en forme de V. Lorsque naissent les rudiments d'ailes, la couleur devient plus foncée, et, quand elle est à la fin de sa vie de nymphe, le prothorax est noir en dessus. Les taches en V sont alors d’un brun très-foncé, les fourreaux alaires noirs, très-apparents et développés, et l'on voit des points noirs sur l'abdomen. La démarche de ces larves est singulière ; elles rampent sous l’eau à la façon des Reptiles, en faisant décrire des sinuosités à leur abdomen.

Dans le sous-genre Gripopteryæ de Pictet, fondé sur deux espèces du Brésil, les nervures longitudinales des ailes ressemblent par leur disposition à celles des Némoures, et sont entrecoupées par de nombreuses transversales, comme dans les genres Pteronarcys et Eusthenia ; V'extrémité de l'aile est réticulée de nombreuses nervures transverses, et l’abdomen de la femélle offre la slaque tectrice du huitième arceau ventral de l'abdomen portant deux petites massues dirigées en arrière,

NEMOURA, Latreille, — Palpes maxillaires et läbiaux plus courts que dans les genres précédents, filiformes, le dernier article ovoïde, d’un diamètre au moins égal à celui du pénultième ; labre très-apparent; mandibules terminées par trois à six dents aiguës; antennes sétacées, un peu plus longues que le corps. Articles des tarses longs et grèles. Abdomen dépourvu à l'extrémité de soies caudales chez l'adulte ou les ayant rudimentaires, ces appendices existant développés dans les états antérieurs.

Les Némoures, si distinctes des Perles par l'absence de sotes caudales, ont aussi la tête plus petite, plus ronde et moins aplatie, Les mâchoires, assez fortes et dures, sont terminées par quelques dents, comme les mandibules, ou par des soies très-roides; elles sont recouvertes en dehors par un galea qui les dépasse souvent, et leurs palpes ont les deux premiers articles courts et les trois derniers subégaux. La taille de ces insectes est au-dessous de la moyenne, l'aspect plus grèle et plus délicat que celui des Perles; les ailes ont, dans plusieurs espèces, une tendance à s'enrouler. Leur couleur générale est un gris plus ou moins fuligineux où brunâtre ; celle du corps est noire, mêlée quelquefois de jaune ou de brun. Les deux sexes sont souvent presque identiques ; mais il arrive aussi que les males sont plus petits que les femelles et ont les ailes bien plus courtes. Les sujets immatures ont des couleurs

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plus claires que les sujets âgés, et les individus pris sur les montagnes sont souvent plus petits et plus noirs que ceux des plaines.

Les larves des Némoures, à deux longues soies caudales, ont de la ressemblance avec les larves d'Éphémères, mais elles n'ont pas, à beaucoup près, l'agilité de ces dernières, car elles ne font que marcher très-lentement à l’aide de leurs pattes; leurs longues antennes les en séparent encore, car celles des larves d'Éphémères sont très-courtes.

D'après Pictet, les Némoures proprement dites se reconnaissent trèsbien à la forme de la ligne principale des nervures transverses de l’aile, qui simule, par accolement de diverses nervures et dans la région ordinaire du pterostigma, un dessin noir {rès-apparent en forme de x. Les palpes labiaux sont courts et rapprochés; l'abdomen, tout à fait dépourvu de soies caudales, est muni parfois, chez les mâles, de deux crochets; le premier et le troisième article sont allongés, le second très-court, et les ailes ordinairement à plat sur le corps, ne s’enroulant pas en demicylindre. Les larves sont plus grosses et plus courtes que dans les deux autres sous-genres; elles sont aussi plus velues, et quelques espèces vivent plus facilement dans les eaux croupissantes. Un premier groupe d'espèces offre Le prothorax à bords arrondie, mat, granuleux, à points saillants très-petits, les mâles ayant l'abdomen terminé par deux forts crochets, et les larves manquant de branchies externes. À ce groupe apparlient le N. variegata, Oliv., se trouvant dans les énvirons de Paris, commun dans la plus grande partie de l'Europe, à peu près pareil en grandeur dans les deux sexes, à corps brun, le premier article des antennes jaunes, le dessus du thorax noirâtre, les ailes assez opaques, d’un gris brun, à nervures noirâlres. La larve, longue de 9 millimètres, est courte, assez grosse, à pattes minces et non velues, et présente sur la tête et le prothorax un petit trait blanchâtre; les soies abdominales ont chacun de leurs anneaux terminé par un petit verticille de poils. Dans le jeune âge, elle est toute d'un fauve sale; un trait blanchâtre marque la partie postérieure de la tête et le milieu des trois anneaux du thorax. Elle brunit avec l’âge, et la ligne blanchâtre ne reste visible que sur le mésothorax et le métathorax; les fourreaux alaires, d'abord à peu près de la longueur du corps, deviennent noirs ; les soies abdominales changent peu.

Le second groupe des Némoures vraies est composé d'espèces dont le prothorax a ses bords presque droits, et qui est brillant, lisse et marqué de gros points saillants. Les larves connues ont sous le prothorax six sacs respiratoires en cæcums. L'espèce la plus commune, dans la plus grande partie de l'Europe, est le N. cinerea, Oliv., présentant de trèsnombreuses variations, à tête et thorax noirûtres, à prothorax plus large que long, ayant en son milieu quatre points saillants, à abdomen brun, à pattes brunes. Les ailes, d'un gris cendré hors de l’éclosion, deviennent d'un brun foncé, quoique transparentes, fortement irisées, les nervures en 7 très-noires. La larve, à tête plate, courte et large, de 9 mil-

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limètres de long, est d'un brun uniforme. Sous le prothorax sont six sacs cæcaux blanchâtres, ayant à peu près sa longueur, quatre naissant du bord antérieur, les deux autres de la peau qui unit le prothorax à la tête. Les pattes sont écailleuses, déprimées, d’un fauve verdâtre, avec les articulations et les tarses noirs. Ces larves carnassières, mais peu voraces, recherchent les eaux courantes et se cachent sous les pierres.

Les deux autres sous-genres des Némoures n'offrent pas les nervures transverses, à la hauteur du pterostigma, dessinant la lettre grecque x. Dans le sous-genre Tœniopteryæ, Pictet, les palpes labiaux sont médiocres et écartés, l'abdomen terminé par des soies caudales très-courtes, rudimentaires, triarticulées, les tarses ayant les trois articles allongés et subégaux. Les ailes, assez longues et amples, sont un peu courbées au repos en demi-cylindre autour du corps; les pattes sont longues et minces. Le prothorax, mat et granuleux, a les côtés un peu sinueux, relevés, séparés de la partie centrale par un sillon longitudinal. Les mâles ont les ailes tantôt aussi longues que les femelles, tantôt plus courtes, et ces ailes, caractère exclusif à ce sous-genre, sont souvent marquées de bandes alternatives grises et blanchâtres. Le N. nebulosa, Linn., peut- Ôtre la Perle brune à ailes päles de Geoffroy, se trouve dans une grande partie de l’Europe, commun sur les bords de la Seine, aux environs de Paris, et même dans la ville, couvrant quelquefois les quais et les murs des maisons. Le mâle a les ailes bien plus courtes que la femelle, mais non rudimentaires. Le corps est noir, avec les antennes brunes, les cuisses brunes, jaunes en dessous et au bout, les jambes jaunes à base brune, les tarses noirâtres. Les ailes, grandes chez la femelle, légèrement opaques, ont des bandes grises transversales séparées par du blanc jaunâtre, le tout devenant fort confus et nébuleux après dessiccation. Une autre espèce, plus caractérisée, est le N. trifasciata, Pictet, de taille plus petite que la précédente, et dont les ailes supérieures grisâtres sont marquées nettement de trois bandes transversales d'un blanc jaunätre, la première placée un peu avant leur milieu, la seconde un peu au delà, la troisième près de l'extrémité. Le mäle est, de tous les Perliens, celui dont les ailes sont le plus réduites et tout à fait inaptes au vol, les antérieures étant devenues deux courtes écailles, les postérieures très-amincies, et à peu près de la longueur de l'abdomen. La larve, longue de 10 millimètres, est moins large et plus svelte que celle des Némoures proprement dites, à pattes plus minces et plus longues. Le prothorax, subrectangle transversalement, ne porte pas en dessous de sacs respiraloires. Les antennes et les soies caudales sont longues. La couleur générale est jaune, la tête ayant sur le front une tache noire en X, le thorax ayant sa couleur jaune qui passe au brun vers le bord, au rougeâtre vers le milieu. Les anneaux de l'abdomen sont jaunes, à base grise, les pattes fauves. Avec l’âge les fourreaux des ailes noircissent et le prothorax devient presque entièrement noir. Ces larves habitent dans les rivières et donnent l'adulte au milieu d'avril. Elles vivent

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sous les pierres, et l’insecte parfait court sur les cailloux hors de l’eau, et se met souvent à l'abri sous eux, recherchant surtout ceux qui sont placés sur un terrain humide.

Le troisième sous-genre, Leuctra, Stephens, également sans la marque x au pterostigma, a les palpes labiaux très-courts, l'abdomen complétement dépourvu de soies caudales, les tarses à second article trèscourt, un peu dilaté en dessous, le premier et le troisième article allongés, les ailes étroites, ordinairement enroulées en demi-cylindre autour du corps. Les Leuctres sont toujours des Némoures de petite taille, minces, à tête et prothorax petits. Celui-ci, qui varie de forme, a pour caractère presque constant d'avoir en dessus une ligne médiane longitudinale élevée, flanquée de deux lignes arquées tuberculeuses, qui sont la limite interne d’un espace fortement granulé, occupant le milieu de chaque moitié du prothorax. Plusieurs de leurs espèces sont plus velues que les autres Némoures. Chacun des anneaux des antennes est terminé par des soies roides, et les pattes et le corps ont souvent de longs poils, apparents même à l'œil nu. Si l'abdomen des Leuctres ne porte pas de soies caudales, même rudimentaires, un autre appareil semble les remplacer dans les mâles. Le dernier segment, recourbé et relevé en dessus, porte à son bord inférieur une petite plaque écailleuse, terminée par deux appendices allongés et un peu recourbés en dessus, en forme de crochets, La plupart des espèces sont d'Europe, surtout du nord des montagnes.

M. R. Mac Lachlan a établi un nouveau genre de Perliens, sous le nom de Stenoperla, pour une espèce de la Nouvelle-Zélande, le S. prasina, Newm., à ailes antérieures allongées et très-étroites, à abdomen grêle, à soies anales courtes et grêles. Ce genre se rapproche des Eusthenia par la forme de ses palpes maxillaires et les nombreuses nervures transverses des ailes, tandis qu'il est voisin du sous-genre Leuctra par l'enroulement cylindrique autour du corps des ailes en repos.

TRIBU DES KEBELLUELIENS OU ODONATES,

Les Névroptères carnassiers auxquels la nomenclature uniforme que nous suivons impose le nom de Libelluliens forment, dans la classification de Fabricius, un groupe séparé, les Odonata, les autres Névroptères restant réunis sous la dénomination de Synistata. Latreille, dans ses Subulicornes, insectes dont les antennes sont très-courtes, sétiformes et composées au pius de 6 ou 7 articles, établit deux groupes, les Libellules, à mandibules et mâchoires très-fortement dentées, et les Ephémeres, ayant ces organes rudimentaires ou incomplets, groupes qui répondent à deux de nos tribus. C. Duméril établit trois groupes dans les Névroptères, ce nom étant pris avec toute l'extension des auteurs français :

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les Libelles ou Odonates, à mandibules très-distinctes, recouvertes par les lèvres, en faisant remarquer que le nom de Fabricius est fort altéré, et devrait s’écrire Odontognathes; les Agnathes où Buccellés, à mandibules non visibles, la bouche indiquée par les palpes (ce sont les Ephémères et les Phryganes); les Tectipennes ou Stégoptères, à mandibules distinctes et découvertes, renfermant tous les autres Névroptères, tant Pseudorthoptères que Névroptères vrais.

Les Libelluliens adultes ont ordinairement la tête très-grosse, profondément excavée à la partie postérieure, où pénètre une saillie du prothorax, s'appuyant latéralement sur deux sortes de condyles, sur lesquels elle glisse, de sorte qu'elle a une grande mobilité. Antérieurement est une région saillante ou déprimée (Agrion), séparée par une suture transverse en épistome, qui s’unit en dessous aux pièces buccales, et en front; supérieurement est le vertex, portant trois ocelles, deux de chaque côté de sa base, le troisième, ordinairement le plus gros, sur le milieu et en avant; la portion moyenne est très-variablement absorbée par les yeux, indistincte du vertex chez les Agrions, transverse, étroite et linéaire chez les Gomphus, à peu près nulle dans les genres Anax, Æschna, Cordulegaster, en petit triangle chez les Cordulia et Libellula. Les yeux, très-saillants, sont souvent ovalaires et contigus supérieurement dans une étendue variable (Libellula, Æschna), parfois au contraire à peine contigus ou même assez écartés l'un de l’autre (Gomphus), enfin très-éloignés, arrondis et comme pédicellés (Calopteryæ, Agrion) ; ils sont finement réticulés, à facettes hexagonales visibles à la loupe, et le réseau, chez les Libellula, les Æschna, beaucoup plus large dans la région supérieure, ce qui indique des distances variées de vision pour les cornéules de cet organe panoramique. Il y a des cornéules presbytes, d'autres myopes. Postérieurement entre les yeux se trouve l’occiput, dont la face postérieure fait partie de l'excavation articulaire ; il est Le plus souvent triangulaire, avec sa pointe antérieure plus ou moins allongée, en forme de coin; presque carré chez les Gomphus, linéaire ou transverse dans les Agrion, parfois saillant et même élevé en pointe (Phenes).

Les pièces buccales nous offrent un labre un peu arrondi sur Les côtés et à son bord inférieur, qui est quelquefois échancré et divisé en deux par un sillon; puis des mandibules très-épaisses, courtes, allongées au sommet, qui est trifide ; leur large bord interne porte des dentelures en triangle, réunies à leur base et disposées en forme de Z. Latéralement, sur un coude dû à l'articulation de deux pièces, se trouve portée la maxille, très-forte, armée de dents très-longues, ordinairement au nombre de cinq, ressemblant à des épines et dont la plus grande forme l'extrémité; au côté externe est un galea assez épais, à peu près de la longueur de la maxille; le palpe maxillaire manque, représenté quelquéfois par le rudiment de son support ou palpigère (Brullé). La lèvre inférieure, portée sur un menton rudimentaire ou peu développé, esl

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très-anormale, tantôt réduite à sa partie médiane courte, simple, presque semi-circulaire (Libellulides), tantôt allongée et bifide (Agrionides). Deux parties latérales énormes, hypertrophiées, de forme exceptionnelle, sont les palpes labiaux, à deux ou trois articles, le premier basilaire et soudé, le moyen souvent extrêmement large, foliacé, recouvrant avec le labre la bouche, et presque entièrement les mandibules, au contraire bien plus étroit et éloigné de son congénère chez les Agrionides, le dernier ou nul (Libellulides), ou, quand il existe, étroit, linéaire (Æschna, Gomphus, Calopteryx, Agrion), formant avec une épine du large article une petite pince pour retenir les faibles proies. On remarque une sorte de langue ou ligule, membraneuse, élargie et arrondie à son extrémité, placée au milieu de la bouche.

Le thorax, subcarré, déprimé antérieurement, présente un prothorax rétréci et grêle, en partie caché dans l’excavation postérieure de l’occiput, et dont le dessus est divisé en trois lobes; les deux autres segments thoraciques, unis intimement, offrent une forme de losange, à angles arrondis; en avant des ailes sont les sinus antéalaires. Les côtés présentent deux sutures transverses, la première presque sur le milieu du mésothorax, la seconde unissant les côtés de celui-ci au métathorax; elles sont souvent marquées de brun ou de noir, et, inférieurement, entre les deux sutures, on voit un stigmate. La partie supérieure comprend l'espace interalaire, sur lequel on remarque plusieurs petites saillies arrondies.

Les ailes, au nombre de quatre, sont toujours membraneuses, inégales aux deux paires chez les Anisoptères (types Libellula, Æschna, Gomphus), pareilles chez les Zygoptères (Calopteryæ, Agrion). Dans le premier groupe, la première paire d'ailes peut suffire seule à un vol affaibli, auquel la seconde paire seule est impuissante ; chez les Agrions, le vol, toujours peu énergique, peut se faire avec la paire antérieure ou la paire postérieure. Il est bien entendu que dans ces expériences ilne faut pas arracher, mais couper délicatement les ailes à leur base. Ces ailes grandes, allongées, plus ou moins étroites, sont tantôt rabattues horizontalement au repos, tantôt relevées et contiguës (la plupart des genres de Zygoptères), jamais croisées. Avec un peu d'attention on retrouve dans le réseau de gaze de ces ailes la nervulation générale. Les cinq nervures principales ordinaires partent de la base et s'étendent en long sur l’aile, et les cellules principales peuvent aussi se rapporter au type. La nervure costale longe le bord antérieur de l’aile, et se trouve divisée par une articulation ou point cubital ou nodus, dont la position fournit de bons caractères de classification. Chez les Libellulides, les Gomphines et les Æschnines, il est placé au milieu de la costale, sur les ailes supérieures, un peu plus près de la base aux inférieures; les Agrionides, au contraire, ont toujours ce point placé plus près de la base que de l'extrémité, et la partie qui se trouve entre lui et l’attache de l'aile ne forme le plus souvent que le tiers de la longueur, ou même

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beaucoup moins; intérieurement au point cubital se trouve l’espace huméral ou premier. espace costal, traversé par un nombre de nervules très-variable, réduit à deux chez une grande partie des Agrionides. Extérieurement vient l’espace cubital ou second espace costal, divisé en deux avant l'extrémité par le pterostigma, que nous avons déjà mentionné chez les Psociens : c’est une tache plus ou moins allongée, en quadrilatère ou en losange, parfois irrégulière et dilatée, bornée le plus souvent de chaque côté par une nervule plus ou moins oblique, de couleur variable, très-rarement nulle dans les deux sexes, parfois visible seulement dans les femelles (Calopteryæ). La sous-costale offre sa première partie aboutissant à une forte nervule transverse, qui unit au point cubital la costale à la seconde partie de la sous-costale, celle-ci se rendant au pterostigma et finissant au sommet de l'aile. On trouve ensuite la médiane, jointe bientôt à la sous-costale par une nervule transverse, puis la sous-médiane, assez rapprochée de la précédente, et enfin l'anale, qui nait de la sous-médiane et gagne bientôt le bord postérieur de l'aile qu'elle suit. Chez les Anisoptères, le disque de l'aile présente un espace circonscrit par des nervules et bien caractéristique, le triangle, dont un côté est formé par un rameau supérieur de la nervure sous-médiane. Chez les Libellulides, à l'aile supérieure, le sommet du triangle est tourné vers le bord postérieur et la base vers le bord costal, tandis que, dans l'aile inférieure, le triangle plus petit est disposé tout différemment, sa base regardant la base de l'aile et son sommet l'extrémité : cette disposition des deux triangles fait distinguer au premier coup d'œil une Libellulide. Chez les Gomphines, ils sont tantôt à peu près comme ci-dessus (Gomphus), ou bien presque comme chez les Æschnines, où les deux triangles sont à peu près semblables, ayant la base vers celle de l’aile, et le sommet tourné vers l’extrémité. Dans les Zygoptères, la nervure sous-médiane manque de rameau supérieur, de sorte que le triangle disparaît, remplacé dans le type Agrion par un quadrilatère plus ou moins régulier. L'aile inférieure reproduit à peu près la supérieure, surtout chez les Zygoptères ou Agrionides, dont le réseau présente beaucoup plus d’aréoles quadrilatères que chez les Anisoptères, les nervules étant le plus souvent perpendiculaires aux nervures. Enfin il faut citer la membranule, manquant chez les Zygoptères, à peine sensible aux ailes supérieures des autres, mais formant aux ailes inférieures un repli en dessous du bord anal interne, souvent d’autres consistance et couleur que le tissu de l'aile, et présentant l’analogue de la gouttière de l'aile inférieure de beaucoup de Lépidoptères diurnes, si développée chez les Vanesses. Les pattes, après un trochanter articulé obliquement à la cuisse, offrent des cuisses de longueur variable, les antérieures les plus longues, les postérieures les plus courtes. Elles sont cylindriques où subélargies. souvent ciliées de poils, ayant en dessous une dépression bordée de poils roides, où se loge la jambe dans la flexion. Les jambes,

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tantôt plus courtes que lescuisses, tantôt plus longues (Agrionides), ont de chaque côté deux rangées inférieures d'épines plus longues qu'aux cuisses; ordinairement cylindroïdes et subégales partout en grosseur, elles ont parfois, aux paires intermédiaire et postérieure, surtout chez les mâles, deux larges expansions latérales (Platycnemis) ; les tarses sont ” courts et composés de trois articles épineux sur les côtés, dont le premier est le plus court et le dernier le plus long, celui-ci terminé par deux ongles grands, peu courbés, ayant au bord interne une dent qui les fait paraître bifides, sans pelote entre eux.

L'abdomen des Libelluliens, parfois aplati et déprimé (Libellula depressa), le plus souvent cylindroïde, est caractérisé entre tous les insectes par sa grande longueur, parfois véritablement démesurée dans certains Agrionides de l'Amérique méridionale. Il se compose de dix segments bien distincts, le dixième petit et dépendant du neuvième, mais très-important par les appendices dont il est muni. Souvent la base de l'abdomen offre un renflement qui comprend les trois premiers segments, et il présente des arêtes variées; on y voit très-distinctement les dilatations et contractions des mouvements respiratoires. Le second segment est épais et saillant en dessous, portant là chez les mâles le pénis et les crochets copulateurs, parfois tuberculé latéralement ; le huitième segment offre en dessous l'ouverture vulvaire des femelles, et le neuvième l'issue spermatique des mâles. Les segments terminaux sont parfois dilatés sur les côtés, surtout chez les mâles, ce qui déprime et excave le ventre dans la région correspondante, tantôt aux segments sept, huit, neuf, tantôt seulement au huitième, parfois au neuvième chez les femelles. Dans les deux sexes, le dixième segment porte toujours deux appendices anaux, plus développés chez les mâles, où ils servent à saisir la femelle au prothorax pour les préludes de l'accouplement et pour la ponte. L’anus termine le dixième segment, son ouverture située entre trois pièces terminales : la supérieure, conique chez les femelles et entourée des deux appendices anaux supérieurs, paraît l'analogue du troisième appendice anal ou inférieur des mâles ; les deux inférieures, aplaties, obtuses, triangulaires, ressemblant à des valves, surtout chez les Æschnaæ et les Agrionides. Chez ces derniers, elles constituent les appendices anaux inférieurs des mâles, qui ont rudimentaire ou nul l'’appeudice inférieur du même sexe des Anisoptères, double caractère qui suffirait pour distinguer nettement les Zygoptères des autres familles.

Si nous passons à l’organisation interne des Libelluliens, nous trouvons un appareil digestif dépourvu de glandes salivaires, sensiblement de la longueur du corps, comme chez les Acridiens, sans inflexion notable de la bouche à l'anus, et d'une texture délicate musculo-membraneuse. L’æsophage est, où un long conduit filiforme qui ne change pas de calibre jusqu'à l'ouverture de l'estomac (les Æschnes, ainsi Æ. grandis), ou, le plus ordinairement, un tube qui se dilate, dans le méta-

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thorax ou à la base de l'abdomen, en un jabot ellipsoïdal (les vraies Libellules, L. depressa). Une valvule pylorique, formée de tubercules charnus, pénétrant en museau saillant et à fente cruciale dans l'intérieur du jabot, sépare le plus souvent l'estomac du jabot. L'estomac est marqué de bandelettes annulaires, plus ou moins saillantes suivant son degré de contraction. Tout autour de son extrémité postérieure s’implantent directement une quarantaine de canaux de Malpighi courts, souvent déjetés en arrière sur la première dilatation intestinale, à laquelle ils adhèrent par d'imperceptibles trachéoles; chacun d'eux s'accompagne d'une fine trachée resplendissante, L'intestin des Libelluliens est court, et forme tout au plus le quart de la longueur totale du canal alimentaire. Il est le plus souvent divisé, vers sa partie moyenne, par une simple contracture, en deux renflements variables, tantôt parcourus par six colonnes musculaires longitudinales, comme on l'observe à la dilatation postérieure ou rectum, tantôt, et particulièrement la poche antérieure, couvert de granulations ou de bosselures, probablement expansibles en dilatations, destinées à multiplier la surface absorbante pour faciliter l'élimination nutritive.

Le système respiratoire est surtout tubulaire, n'offrant que de trèsfaibles ampoules aériennes, et l'appareil nerveux, participant à la forme générale du corps, est allongé, ce qui indique un degré médiocre dans l'échelle. La chaleur dégagée par les grandes Libellules est moyenne, pas aussi considérable que chez les Hyménoptères et les Sphingiens (Lépidoptères), c’est-à-dire chez des insectes à grandes vésicules aériennes.

Les différences sexuelles, l'organisation anatomique de l'appareil génital, l’accouplement et la ponte présentent des particularités sineulières et d'un grand intérêt. Les testicules du mâle, bien séparés, occupent les flancs de la cavité abdominale, ne dépassant pas son tiers antérieur et au-dessous du canal digestif. Chacun d'eux se montre comme un boyau allongé, cylindroïde, d’une teinte grisâtre, plus ou moins bosselé à sa surface, suivant son degré de turgescence séminale. Une très-mince tunique, où rampent d'imperceptibles trachéoles rembrunies, entoure l’amas en grappe serrée des capsules spermifiques, en nombre extrême, très-petites, à paroi très-fragile. IL s'y forme des faisceaux de spermatozoïdes d’un blanc de lait qui se désagrégent au contact de l’eau, et laissent voir, chez les Agrionides, les Æschnines et les Gomphines, des filaments très-allongés, fins et très-agiles, comme des crins, qui se frisent en spirale au contact de l’eau. Les Libellulides ont des spermatozoïdes en forme de bâton et immobiles, peut-être des spermatophores. Le conduit déférent nait brusquement de l'extrémité postérieure du testicule, plus mince que lui et d'un jaune pâle, d'abord filiforme et plus ou moins droit, puis présentant une ou deux flexuosités avant de se réunir à son congénère pour former le canal éjaculateur, très-court, en vésicule arrondie, à parois fermes. débouchant

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au milieu du neuvième arceau ventral, dans une ouverture munie de deux panneaux en demi-écusson et saillants. C'est sous le second anneau de l’abdomen que se trouve une vésicule séminale, communiquant au pénis triarticulé, muni d'une gaine, avec un gland de forme variée et entouré d'une armure génitale de crochets copulateurs. D'après M. Hagen, les Libellulides ont la gaine réunie au pénis et une seule paire d'hameçons, la paire antérieure manquant, les Æschnides la gaine réunie au pénis et quatre hamecons libres, les Agrionides la gaine séparée du pénis et deux paires d'hameçons, les antérieurs réunis à une pièce antérieure. Il faut remarquer que chez tous les Libelluliens le rut ne commence que quelques semaines après la métamorphose, de sorte que les jeunes sujets ont les testicules vides et les ovaires des femelles très-peu développés ; avant le rut, la vésicule séminale et les trois pièces du pénis ne contiennent jamais de spermatozoïdes. Ce rut tardif est en rapport avec les changements de coloration que présentent les sujets des deux sexes, et surtout les mâles, suivant qu'ils sont immatures ou âgés, ce qui a souvent donné lieu à la création de fausses espèces.

Les ovaires des Libelluliens sont constitués par deux longs faisceaux de gaines ovigères, qui remplissent presque toute la cavité abdominale et cachent tous les viscères digestifs, si la gestation est avancée. Une forte trachée, qui règne le long de leur face supérieure, y étale de riches broderies. Le calice est unilatéral et aussi long que l'ovaire, dont il occupe la face externe et supérieure; sur une seule de ses parois s'insèrent une multitude de gaines ovigères, très-pressées, multiloculaires, les œufs mûrs de la base bien visibles, les autres très-petits et immatures. Les gaines ovigères convergent vers le ligament suspenseur des ovaires, qui se fixe à l’intérieur du thorax. Les œufs à terme sont allongés, pointus aux deux bouts chez Libellula depressa, atténués à un bout chez Æschna grandis; dans le calice où ils tombent ils ont une teinte roussâtre. Les deux cols confluent en un court oviducte, qui reçoit les ouvertures de la poche copulatrice et du réceptacle séminal. Ce dernier, chez les Libellula, Gomphus et Æschna, est formé de deux tubes cæcaux, parfois contournés ou courbés, parfois avec l'extrémité fermée dilatée et piriforme. Dans les Calopteryx, il y a transition, et le réceptacle séminal est constitué par deux petits tuyaux en cul-desac, flexueux, s'ouvrant dans l'oviducte par un canal commun assez long; enfin chez les Agrion il se compose d’un seul tuyau cæcal, en dessous de la poche copulatrice. Après l'accouplement, le réceptacle est gonflé de sperme, et les spermatozoïdes, non plus en faisceaux, mais pêle-mêle, y sont si serrés, que c'est à peine si ceux qui sont mobiles peuvent y exécuter leur tremblotement, qui se produit aussitôt qu’on les dégage de cette demeure si étroite; dans la poche copulatrice on trouve assez souvent des spermatozoïdes encore en faisceaux.

L'oviducte aboutit sous le huitième segment de l'abdomen à une

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vulve, très-variée suivant les groupes et souvent très-compliquée, en rapport avec les différences dans la ponte. Elle est prolongée parfois en gouttière, où les œufs se rassemblent en masse. Chez les Agrionides, elle devient une sorte d'oviscapte à deux valves, ayant à l'extrémité un petit appendice articulé, et qui renferment quatre appendices ensiformes dentelés en scie, pour perforer le parenchyme des plantes aquatiques à la façon des Tenthrédiniens (Hyménoptères). La disposition de la vulve est analogue chez les Æschna.

Les différences sexuelles, outre les pièces génitales externes et leurs ouvertures distinctes dans les deux sexes, s'accusent encore par des couleurs et des taches ordinairement différentes du mâle à la femelle, des enduits cireux pulvérulents dont se recouvre l'abdomen des mâles de certaines espèces, ou seulement certains segments, ou au contraire le dessous du corps chez diverses femelles, et enfin les appendices anaux, Outre les deux supérieurs; existant dans les deux sexes, les mâles des Anisoptères ont un troisième appendice anal inférieur, parfois plus ou moins divisé en deux et qui n’est autre que la plaque dorsale rudimentaire d’un onzième segment. Chez les Zygoptères, les deux appendices inférieurs, que les mâles ont en supplément, appartiennent à la plaque ventrale du même segment rudimentaire.

La copulation, aisée à constater chez les Agrionides à vol lent, et où elle s’accomplit au repos, est au contraire difficile à voir chez les Anisoptères, car elle s'y opère au vol, qui est rapide, et £es insectes sont farouches. On a cru longtemps, avant la connaissance de l'anatomie interne, que les testicules apportaient le sperme au pénis sous le deuxième segment ; puis le rôle de cet organe fut méconnu et on le regardait comme simplement destiné à exciter la vulve de la femelle, sans qu'on précisat l'accouplement. Celui-ci est en réalité précédé d’une opération préliminaire, accomplie par le mâle seul. Il commence par charger de sperme sa vésicule, qui communique à une fissure ou gouttière du pénis. Pour cela, soulevant son corps sur ses pattes posées sur un appui, et recourbant son abdomen en dessous, il amène l'ouverture du neuvième segment à son pénis, qui est sous le deuxième. Son corps est alors agité d’une sorte de tremblement à chaque fois que ce rapprochement se répète, puis l'insecte s'envole. A l'époque de l’accouplement, on rencontre, sur les Joncs et les buissons, une foule de mâles remplissant cette fonction, et, lorsqu'on les trouble, ils s'envolent, l’abdomen encore courbé. Comme l'insecte ne se laisse pas approcher pendant cette opération, on ne sait pas au juste comment le sperme pénètre dans la vésicule séminale, soit que le gland du pénis, qui arrive dans la gouttière de la gaine chaque fois que le mâle recourbe son abdomen, serve à l'absorption, soit que le liquide entre par une fissure de la seconde partie du pénis, pour aller de là dans la vésicule. Puis, la vésicule étant remplie de spermatozoïdes, le mâle saisil la femelle au prothorax avec ses forceps anaux, et la traine quelque temps

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derrière lui, le couple volant les corps parallèles et de même sens: Après des préludes plus où moins longs, la femelle recourbe son abdomen au-dessous de celui du mâle et approche la vulve du huitième segment sous le deuxième segment du male. Elle est saisie par les hameçons qui entourent le pénis, et celui-ci, chargé de sperme et en érection, s'introduit dans la vulve et alimente le réceptacle séminal et la poche copulatrice de la femelle, de sorte que les œufs seront ensuite fécondés au passage lors de la ponte. Chez les Anisoptères, la copulation se fait au vol et dure souvent à peine une demi-minute ; parfois le couple se repose ensemble après l’accouplement, mais, à l'ordinaire, la séparation a lieu tout de suite. Il en est de mème du Calopteryx splendens, où il se consomme en l'air, dure (rès-peu de temps et avec séparation immédiate. Les choses se passent autrement pour les Agrions proprement dits. Après des heures entières de préludes, le coït ne s'opère que lorsque les insectes sont posés sur quelque plante, et l'acte se réitère assez souvent, le mâle et la femelle restant très-longtemps ensemble. Il est probable que cela tient à ce que la verge, sans gaine et très-mince, ne peut pas recevoir en une fois tout le contenu de la vésicule séminale, que le mâle doit la remplir à plusieurs reprises, ce qui l'oblige à lâcher sa femelle,

La ponte se fait le plus ordinairement dans l’eau et sans attention pour la plupart des Anisoptères. Les œufs tombent, ou isolément ou par groupes, lorsque la vulve se prolonge en gouttière.Tantôt les femelles planent au-dessus de l’eau et laissent tomber leurs œufs ; parfois, ainsi chez les Libellula depressa et quadrimaculata, elles y trempent sans cesse leur abdomen par un mouvement de pendule. Le L. scotica, espèce qui se trouve près de Paris, est très-curieux à observer, car le mâle seconde la femelle dans la ponte. Il ne la quitte pas après l’accouplement et vole avec elle, la tenant par le prothorax jusqu'à un lieu propice, dans une eau stagnante, au milieu des plantes aquatiques. Il imprime alors à son abdomen un mouvement oscillatoire dans la direction verticale, à la même place, et tellement combiné, que la femelle trempe à chaque fois le bout de son abdomen dans l’eau, de sorte que les œufs qui ont dépassé la vulve passent soudainement dans le milieu propre à leur évolution, Les Agrions, et probablement aussi les Calopteryx et les Æschnes, ont un mode de ponte tout différent, observé en détail par de Siebold sur le Lestes sponsa. Le male et la femelle maintenue par les forceps se rendent après l'accouplement sur les tiges des Scirpes ou des Sagiltaires ; la femelle courbe son abdomen contre la plante, de haut en bas, et, ouvrant ses lames vulvaires, entaille le parenchyme avec ses soies, loge un œuf à chaque lésion, dont elle referme l'ouverture ensuite autour de l'œuf, Celui-ci est cylindrique, avec un bout arrondi, qui est d'abord enfoncé dans le tissu du Jonc, et l’autre pointu, qui reste tourné vers le dehors. On y voit par transparence, au bout de quelque temps, les yeux noirs de la larve courbée, avec les antennes, le masque ou

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lèvre inférieure, les six pattes rapprochées de l'abdomen, la queue en trident se recourbant dans l'extrémité arrondie de l'œuf et atteignant la tête. Quand la femelle, le couple descendant le long de la plante, arrive à la surface de l’eau, elle s'enfonce dans l’eau, ainsi que le mâle, et continue la ponte jusqu’à la base de la plante, Avant de s’immerger, et parfois d'un quart d'heure à une demi-heure, les deux insectes rapprochent l’une contre l’autre leurs quatre ailes, et la femelle ne continue à pondre dans les incisions du Jonc que lorsque le mâle est tout à fait immergé avec elle. Celui-ci replie son abdomen comme elle, de sorte que leurs corps forment deux courbes; revenus au contact de l'air, ils s'envolent sur une autre plante, et recommencent ce curieux manége. Un certain nombre d'œufs sont ainsi placés hors de l’eau ; mais dans une plante à parenchyme très-humide ils se développent comme les autres, et Les jeunes larves gagnent l'eau après leur éclosion, Il est très-probable que d’autres Agrions ont la même ponte. Les Æschnes femelles, à vulve de même conformation, se posent aussi sur les tiges des plantes âquatiques, un peu au-dessus de l'eau, et, trempant leur abdomen jusqu'au tiers environ de sa longueur, exécutent sur la plante des mouvements réitérés de haut en bas, soit pour placer leurs œufs dans des entailles, soit pour les coller à la tige par quelque substance glutineuse, ou peut-être simplement pour les laisser tomber dans le liquide : on ne les a pas vues se plonger en entier sous l'eau.

Les Libelluliens n’ont que des métamorphoses incomplètes, et l’on peut déjà voir, à l'aspect des larves agiles et carnassières, si l'adulte aura l'abdomen déprimé ou cylindrique. Elles paraissent vivre une année, tant larves aptères que nymphes à fourreaux d'ailes. Elles sont poilues, à ventre gonflé, souvent salies de débris, aimant en général les eaux stagnantes et s’enfonçant dans la vase. Elles subissent plusieurs mues avant l'apparition des rudiments d'ailes. La tête est plus aplatie que chez l'adulte, les parties frontales saillantes étant déprimées ; les yeux composés existent déjà sur la larve, mais moins saillants, moins rapprochés, à réseau moins complet ; les stemmates n'apparaissent qu'à l'état de .nymphe. Les pièces buccales ressemblent à celles de l'adulte, mais avec un développement considérable de la lèvre inférieure, qui peut se projeter en avant et saisir une proie à distance, l'animal n'ayant que fort peu d’agilité. Le menton, sur lequel elle s'articule, en formant avec lui un coude très-saillant lorsqu'elle est pliée, est lui-même trèsallongé et rabattu sous le prothorax, ce qui donne à la lèvre, plus longue que la tête, la faculté de s'appliquer sur la bouche et de la cacher ; d’où ce nom de masque que lui donne Réaumur, Arrivé à portée d'une proie, l'animal l’étend subitement au delà de la tête, de façon à saisir la victime par le crochet que forme le dernier article du palpe labial. Sur la languette (mentonniere de Réaumur) s'insèrent deux palpes de forme variée selon les familles, offrant un article hypertrophié et qui constitue, suivant son aspect, les volets où les crochets du

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masque; il porte latéralement un très-petit article spiniforme. Ces palpes labiaux sont munis, chez les Gomphines, les Æschnines et surtout les Agrionides, de plusieurs épines aiguës et allongées, dont celles d'un côté s'entrecroisent avec celles du côté opposé, de manière à maintenir la proie dans un véritable étau, quand la lèvre, se repliant, la ramène vers la bouche.Chez les Libellules propres, ces palpes labiaux énormes constituent à eux seuls presque toute la lèvre où masque, et couvrent toute la bouche jusqu'au front; l’article terminal est dentelé en scie et saisit la proie avec son congénère. Les Æschnes n’ont plus en ces palpes que des crochets insuffisants pour cacher toute la bouche; mais alors la languette, par balancement organique, est devenue plus grande, et les palpes se replient, dans le repos, à son extrémité. Les larves des Agrions ont la languette fendue à son extrémité (elle l’est complétement chez l'adulte), constituant le masque plat percé de Réaumur, et les palpes labiaux sont encore moins grands que dans les Æschnides ; la bouche resterait béante, sans la langue ou ligule, organe central et interne qui achève la fermeture (1).

La respiration des larves de Libelluliens est en partie aérienne, en partie et surtout aquatique, par l'air dissous dans l’eau. Réaumur a découvert chez les larves des Libellules et des Æschnes, mais non des Agrions, des branchies ou trachées extravasées, qui sont logées dans une cavité d'emprunt. Au lieu de se placer dans la cavité pharyngienne, comme chez les Tuniciers (Molluscoïdes), c'est dans la cavité rectale, aux parois du gros intestin. L'eau entre et sort par des mouvements alternatifs, et ces branchies sont semblables à celles qui, chez d’autres larves, garnissent lextérieur de l’abdomen. L'ouverture anale des larves est munie de cinq pièces mobiles, dont trois l'entourent immédiatement, et s’'écartent ou se rapprochent alternativement pour l’ouvrir ou la fermer, Les parois du rectum offrent six bandes musculaires longitudinales, portant chacune une double série de lamelles transversales, formées par des replis de la membrane muqueuse intestinale, et logeant des trachées dans leur intérieur. Le nombre de ces feuillets branchiaux varie selon les espèces : on en compte une vingtaine par rangée chez les Æschna, et plusieurs centaines dans la larve aplatie de Libellula depressa, tantôt glabres, tantôt bordés d’une frange papilleuse. Les trachées, qui se ramifient en grand nombre dans l’intérieur de ces lames branchiales, envoient des appendices-dans chacun des filaments de leur bordure. Tous ces canaux aérifères naissent des deux grosses

(4) A. Brullé, Observations sur la bouche des Libelluliens, dans Ann. Soc. Fr., Arc série, 1833, t, IT, p. 343. — L. Dufour, Recherches anatomiques et physiologiques sur les larves des Libellules(dans Ann. se, natur., 3° série, Zoo2., t, XNIIL, p. 65, pl. 3, 4,5).— Gerstäcker, Sur la formation de la bouche des Libellulidées ; Zur Morphologie der Orthoptera amphibiotica. Berlin, 1873, gr, in-4°.

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trachées longitudinales qui occupent comme d'ordinaire les côtés du corps, et qui fournissent dans la partie postérieure de l'abdomen une multitude de branches transversales destinées aux parois du rectum. On voit l’eau entrant dans la cavité rectale et en sortant ensuite, parfois mèêlée de bulles gazeuses. En outre, ces larves ont deux paires de stigmates au prothorax et au métathorax, plus petits et plus cachés chez les nymphes ; mais la respiration aérienne paraît peu importante à côté de la branchiale. En effet, Réaumur a pu huiler les stigmates sans amener l'asphyxie, et L. Dufour a vu que ces larves sont capables de rester sous l'eau sans inconvénient pendant plusieurs jours.

Les rudiments d'ailes appliqués sur la partie dorsale des nymphes forment deux paires, en triangles écailleux. Les pattes, parfois velues, ne sont pas épineuses, et leurs tarses, à trois articles, se terminent par des ongles simples. L’abdomen est toujours beaucoup plus court que chez l’adulte, quelquefois épineux sur les côtés, vers l'extrémité; les pièces anales sont représentées par des appendices piquants, dont trois principaux plus allongés, et qui paraissent pouvoir servir de défenses. Chez les Agrionides, ces trois principales pièces sont aplaties, molles et - beaucoup plus longues, ainsi que l'abdomen.

M. de Selys-Longchamps a remarqué que des nymphes d'Æschna sorties de l’eau pour se métamorphoser ont pu vivre auparavant une dizaine d'heures hors de l’eau, et il est assez porté à croire que, pour certains genres ou espèces, les larves vivent dans les terres humides des marais. Les nymphes, parvenues à toute leur croissance, quittent l’eau et se fixent sur une tige, au moyen des crochets tarsaux. La peau se fend sur le dos, l’insecte parfait sort, et étale promptement ses grandes ailes. En se promenant sur le bord des marais on voit souvent les jones couverts de dépouilles fendues qui gardent la forme nymphale. Les ailes sont d'abord blanchâtres, et mettent plusieurs heures à acquérir leur solidité. Les couleurs du corps sont ordinairement plus vives, surtout pour le jaune, que par la suite, et les ailes n'ont souvent pas alors toutes leurs nuances définitives; les enduits glauques de diverses espèces ne sont pas encore sécrétés.

Les Libelluliens adultes sont carnassiers comme à leurs états antérieurs, et bien connus de tout le monde sous le nom vulgaire de Demoiselles. Hs saisissent au vol les insectes ailés à leur portée, passant et repassant constamment aux mêmes places, dans les grandes espèces, le long des haies, sur les routes, dans les allées des bois, etc., chaque sujet ayant, en quelque sorte, son territoire de chasse. La proie n'est pas introduite dans la cavité buccale à mesure que les mandibules et les mâchoires la déchirent ; mais, à l’aide de la lèvre inférieure, des palpes et du ligule, linsecte en forme une sorte de bol alimentaire, qu'il avale après l'avoir suffisamment trituré. En Europe, on voit apparaître les espèces aux diverses époques de l’année, et il y a quelques cas d'hibernation des adultes. Les mâles sont toujours en plus grand

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nombre que les femelles. On rencontre les Libelluliens à l’état parfait d'avril à octobre, et même quelques espèces se montrent encore en novembre, à moins que de fortes gelées précoces n'aient amené leur mort. Les adultes de certaines espèces ne s'écartent guère des eaux qui leur ont donné naissance, tandis que d'autres, s’éloignant davantage, se répandent dans les jardins, les prairies, les marais ou les bois, el même parfois à de grandes distances des lieux qu’elles habitaient à leurs deux premiers états : c’est ce que nous voyons pour les Libellula vulgata, Æschna grandis, maculatissima, mixta, etc. Les espèces se succèdent assez généralement les unes aux autres, et, de telle façon, que celles du printemps font place aux espèces d'été, comme celles-ci disparaissent à leur tour à l'époque où les Odonates d'automne viennent à se montrer. Quelques-uns, à deux générations, reparaissent une seconde fois dans la belle saison; toutefois, pour se procurer toutes les espèces d’un pays, il faut en faire la recherche au moins six mois de l’année.

Les petites espèces, ainsi les Calopteryx et surtout les Agrionines, volent à de faibles distances et se reposent souvent; elles sont peu craintives et se laissent facilement approcher. Celles d’une moyenne taille, ainsi Libellula vulgata, flaveola, etc., sont plus défiantes que les premières ; et enfin les grandes espèces, sauvages et à vol très-rapide, ne se laissent prendre qu'avec beaucoup de difficulté. En visitant les lieux que fréquentent ces insectes, le soir ou le matin, un peu avant le coucher ou un peu après le lever du soleil, il devient assez facile de les prendre au filet, car ils volent alors lentement et se reposent souvent. De grand matin et le soir, avant ou après l'influence du soleil, les Libelluliens sont engourdis, et dans un état quasi léthargique. La présence du soleil est tellement nécessaire à l'animation des Odonates, que, lorsque cet astre vient à disparaître par l'interposition de quelques nuages, on les voit presque aussitôt cesser de voler, et chercher immédiatement un refuge dans les herbes, les buissons ou les arbres. En effet, en raison de leurs ailes délicates, le froid, le vent ou la pluie ne leur conviennent nullement. Dans leurs vols rapides sous le soleil, on observe souvent que les Libelluliens se posent quelques instants à l'extrémité d’une branche ou sur des fagots, étalant leurs ailes et se chauffant au soleil avec une véritable volupté. Ils sont du reste sur leurs gardes et s'envolent au moindre bruit. Les Libelluliens, à titre de carnassiers, sont des insectes utiles, et qu'on ne doit pas détruire, sauf toutefois dans le voisinage des ruches, car les grandes espèces attaquent et mettent en pièces les Abeilles.

La distribution géographique des Libelluliens s'étend, on peut le dire, à toute la terre, y compris les régions subarctiques, comme la Laponie. On rencontre ces insectes mème dans les îles et archipels isolés, ainsi les îles Sandwich. Beaucoup d'espèces ont une extension considérable, ce qui est le propre des insectes des eaux, car

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la température de celles-ci est beaucoup plus uniforme que celle de l'air.

La préparation des Libelluliens pour les collections présente certaines difficultés, car, après la mort, leurs dessins élégants et leurs vives couleurs rouges, vertes, bleues, s’altèrent sous une teinte rembrunie uniforme. Il faut en excepter toutefois les espèces des genres Cordulia, Macromia, Calopteryx et Lestes, aux reflets plus ou moins métalliques et dont les couleurs ne changent pas. Nous renvoyons à l'Introduction (tome I, p.150) pour certains détails. Le mieux est d'opérer par le procédé Millet, perfectionné par M. H. Delamain. Après la mort de l'insecte au moyen du flacon à cyanure, il ne sépare pas l'abdomen du thorax pour le recoller ensuite, mais le vide par pression au moyen d'une incision longitudinale pratiquée er: dessous vers le milieu, en respectant la base et le sommet, si importants pour les appendices génitaux; il entre par l'incision la tige de gramen, et, au besoin, le petit rouleau de papier de : la couleur des taches. Pour les grêles Agrions à abdomen rougeâtre, M. Millet conseille de tremper le gramen ou la feuille aciculaire de pin dans du minium. Le même auteur remplit le thorax vidé de coton imprégné d'une solution alcoolique de bichlorure de mercure, et donne à l'intérieur de l'abdomen une couche de la même préparation, s'il s’agit d'une Libellule à abdomen pulvérulent, ou d'essence de lavande si l'espèce a l'abdomen lisse et transparent. En effet, le bichlorure de mercure laisse en séchant une tache grisâtre qui nuirait à la vivacité des couleurs dans ces dernières espèces. Les petites espèces se vident seulement par le passage d'une mince tige de graminée, qu'on remplace ensuite par la tige, ou le fil de platine, devant rester définitivement, Quand l'insecte est sec, on applique au pinceau, au-dessous du thorax et de l’abdomen, la préparation mercurielle indiquée plus haut, ou du savon arsenical de Bécœur délayé en bouillie claire. On a eu soin préalablement d’étaler et de donner la pose (4).

Les ouvrages en français utiles à consulter pour l'étude spéciale des . Libelluliens sont les suivants : Boyer de Fonscolombe, Monogr. des Libellules des environs d’Aix en Provence, Ann. Soc. entom. fr., 1837, 1838, 1839, — Millet, Recherche des Odonates ou Libellulidées de Maine-et-Loire. Angers, 1847. Extr. des Mémoires de la Soc. d’agric., sciences et arts * d'Angers. — De Selys-Longchamps, Monogr. des Libellulidées d'Europe, 1 vol, in-8°, avec 4 pl. Bruxelles, 1840. — Notices sur les Libellulidées. Extr. des Bull. Acad. royale de Belgique, in-8°, avec 3 pl., 1839 à 1843. — (Avec Hagen) Revue des Odonates ou Libellules d'Europe, 1 vol. in-8°, avec 11 pl. Extrait des Mémoires de la Société royale de Liège. —

(1) Voyez encore : Blisson, Mémoire sur la préparation des Æschnes et des Libellules (Ann. Soc.entom. Fr., séance du 4 novembre 1840, et Supp/., 1841, même recueil).— Mac Lachlan, Instructions for the collection and preservation of Neuroplerous Insect (Entomologists Monthly Magazine, {. IX, 1873).

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(Avec Hagen) Monogr. des Caloptérygines, 4 vol. in-8°, avec 14 pl. Extr. Mém. de: la Soc. royale de Liége. — (Avec Hagen) Monogr. des Gomphines, À vol. in-8°. Paris, Roret, 1857. Extr. Mém. de la Société royale de Liége. — Synopsis des Caloptérygines (1853, Bull. Acad. royale de Belgique, et Addit. même Bull, 2° série, t. VIE, n° 7, t. XXVII, n° 6, 1869, et t. XXXV, n° 5, 14873). — Synopsis des Gomphines (Bull. de l’'Acad. royale de Belgique, 1854; Add. même Bull., 2 série, t. VIT, n° 8, 4859, et années 1869 et 1873, t. XXXV, n° 5). — Synopsis des Agrionines, 6 broch. Extr. Bull. Acad. royale de Belgique. Légions des Pseudostigma, 1860; Lestes, 1862; Podagrion, 1862 ; Platycnemis, 1863; Agrion, 1865 ; Protonevra, 1860.

ANISOPTÈRES (LIBELLULIDES et ÆSCHNIDES).

LIBELLULIDES

Tête globuleuse, à yeux sessiles, presque toujours contigus et grands. Palpes labiaux de deux articles, le second très-large, fermant à peu près la bouche, muni d'une petite pointe à l'angle supérieur et interne, mais qui n’est pas un rudiment de troisième article et persiste dans les autres familles à côté d'un troisième article plus extérieur et spiniforme ; triangle des ailes supérieures subrectangle, la base tournée vers la côte; pterostigma rectangulaire. Abdomen de forme variée, ayant ordinairement cinq arêtes longitudinales, une sur le dos, quatre en dessous, le second segment ayant en dessous, chez le mâle, un angle postérieur en forme de lobule protégeant le pénis (lobule génital); trois appendices anaux chez le mâle, deux chez la femelle ; une paire d’hamecons chez les mâles, la gaîne réunie au pénis.

GENRES PRINCIPAUX

LIBELEULA, Linn. — Yeux sans prolongement, contigus d’uné manière varlable, toujours sur un espace bien moindre que leur largeur, légèrement échancrés à leur bord postérieur. Thorax ordinairement velu ; bord anal des secondes ailes arrondi dans les deux sexes, à membranule petite. Abdomen plus ou moins renflé à la base dans les trois premiers segments, lancéolé} ensiforme, déprimé ou cylindrique, avec indication des mêmes variations de forme dans les larves, moins long que l'aile inférieure ; vulve de la femelle recouverte d'une écaille double ; appendices anaux petits, rapprochés, styliformes, cylindriques ou fusiformes ; ongles des tarses bifides, avec une dent beaucoup plus courte que l’autre.

Le genre Libellule, tel qu'il est restreint aujourd’hui, demeure encore très-nombreux en espèces et répandu sur toute la terre. Nous signalerons rapidement celles qui sont les plus communes en France. On remarque, en général, que le bleu pulvérulent par sécrétion cireuse

LIBELLULA. 3h1

ou urique, appartient à l'abdomen des mäles bien adultes, qui ont cette région déprimée ou ensiforme, tandis que le rouge plus ou moins vif est le partage ordinaire de ceux à abdomen cylindrique. D’ordinaire la couleur de l'abdomen des femelles, ainsi que celle des mäles nouvellement éclos, se nuance dans les teintes jaunes ou olivâtres. Du milieu d'avril à la fin de juillet et même d'août, dans les parties septentrionales, dans les champs, le long des haies et des fossés, dans les prairies et au bord des eaux, se rencontre le L. quadrimaculata, Linn., la Françoise, de Geoffroy, de 7,5 à 8 centimètres d'envergure, à abdomen légèrement déprimé, velu, conique, olivâtre sur les cinq premiers segments et noir ensuite avec une bande maculaire jaune sur les côtés ; les ailes safranées à la base, avec une tache cubitale et le pterostigma noirs, et une tache triangulaire d’un brun roux, réticulée de jaune, à la base des postérieures; la membranule blanche; les pattes noires ; les appendices anaux supérieurs des mâles renflés en massue, plus longs que les deux derniers segments, l’appendice inférieur moitié plus court, subcordiforme, terminé par deux petites pointes, les deux appendices supérieurs moins renflés et moins longs chez la femelle. Cette espèce offre diverses variétés suivant l'étendue de la teinte aune des ailes et de la tache cubitale, et elle a été observée en migration par divers auteurs, sans doute poussée par l'instinct de la recherche de la proie, à la suite du desséchement de quelque marais. On la trouve dans toute l'Europe, rare en Laponie, et elle existe en Sibérie et au Kamtchatka, aussi bien que dans l'Asie Mineure et dans l'Amérique septentrionale, sans aucune modification. Le L. depressa, Linn., l’Éléonore de Geoffroy, de même taille que l'espèce précédente , offre l’abdomen large et très-déprimé, comme lancéolé, d’un jaune olivàtre chez la femelle et le jeune mâle, avec taches marginales jaunes, une tache oblongue, brune, à la base des ailes supérieures, une tache triangulaire de même couleur à la base des inférieures, toutes deux réticulées de jaune ; le pterostigma noir, la membranule blanche ; les pattes noires avec les cuisses en partie roussàtres, les appendices anaux moins grands que dans l'espèce précédente. Les très-vieux mäles offrent tout l'abdomen couvert d’un enduit bleu pulvérulent, et sont alors trèsfarouches et d’un vol rapide. On voit quelquefois des femelles (aberration : femina maris colore) à corps brun, avec les segments 5, 4, 5 et 6 de l'abdomen bleus comme les vieux mâles, les macules basilaires des ailes beaucoup plus foncées que dans le type. Nous figurons des détails de cette espèce (pl. 1xv, fig. 1 a, tête grossie ; 4 b, mâchoire ; 1 c, lèvre inférieure; 1 d, mandibule. — La nymphe, fig. 2:2 a, sa tête vue de face; 2 b, tarse antérieur de l’adulte). L'espèce existe très-commune dans toute l'Europe, sauf en Laponie, se rencontre en Espagne, en Grèce, en Syrie. Parmi les autres espèces à abdomen déprimé, mais moiris fortement, nous citerons : L. fulva, Müller, ou conspurcata, Fabr. (la Christine de Villers), à abdomen roussâtre, d’un bleu pulvérulent chez le mâle

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adulte, une ligne oblongue à la base des ailes supérieures, une ligne et une tache triangulaire brunes à celle des inférieures, la membranule noirâtre ; espèce disséminée par places en diverses régions de l'Europe, se trouvant en Belgique et près de Paris (étang d’Enghien), mais rare, très-commune dans la Charente (H. Delamain) et s'y prolongeant de la mi-mai jusqu'en août. L. cancellata, Linn., la Sylvie de Geoffroy, à abdomen déprimé, renflé à la base, varié de jaune et de noir, bleuâtre pulvérulent chez le mâle adulte, les ailes hyalines, avec pterostigma et membranule noirâtres :; les appendices anaux supérieurs noirâtres dans les deux sexes; de la plus grande partie de l’Europe par places, peu commune, se rencontrant tout l'été au bord des étangs, des rivières, ele., aimant à sé reposer à terre sur les chemins et les places dénudées. L. cœrulescens, Fabr., à abdomen ensiforme, peu déprimé, un peu caréné, olivâtre, avec du bleu pulvérulent chez le mâle adulte, le pterostigma jaune ét oblong, la membranule blanche ; les ailes sans tache basale noirâtre, le triangle traversé par une nervule et suivi de trois rangs de cellules ; de l'Europe méridionale et occidentale et d’AIsérie, volant en rasant la terre, se reposant souvent, soit sur les sentiers battus, soit sur les herbes des prairies et dans les prés tourbeux, de mai à août, très-commune en juillet dans la Charente (H. Delamain). L. erythræa, Brullé, ou ferruginea, Van der Linden, à abdomen déprimé, jaunàtre, d’un rouge vif chez le mâle adulte; les ailes supérieures un peu safranées à leur base, les inférieures très-largement; le pterostigma oblong, d’un jaune rougeâtre, la membranule petite et noirâtre ; les pattes en grande partie jaunâtres ou roussâtres. Rien de plus beau que le mâle, de 6 centimètres 1/2 d'envergure, tout rouge, y compris les yeux, les appendices, les nervures d'un tel éclat qu'au soleil il brille comme un rubis ; mais cette couleur s’évanouit après la mort. La femelle est jaunâtre, avec les yeux bruns, les appendices et les nervures jaunâtres. Cette espèce remonte au nord jusqu'auprès de Paris, mais rare, en juillet, dans la Charente, de juin à août (H. Delamain), très-aisée à prendre, quoique douée d’un vol rapide, car elle aime à se poser sur les sentiers des prairies et au bord des ruisseaux ; se prend en Algérie, en mars, avril, mai, dans les bois des lacs Tonga et Houbeira (cercle de la Calle), sur les rives des ruisseaux et des mares, Parmi les espèces à abdomen cylindrique, se trouve L. vulgata, Linn., du genre Diplax de certains auteurs, à ailes hyalines, avec pierostigma rouge ou brun; l’abdomen presque de la longueur de l'aile inférieure, rétréci avant le milieu et rouge 9", olivàtre ©, jaunâtre chez les trèsjeunes individus des deux sexes; l’écaille vulvaire de la femelle, en dessous du huitième segment, très-saillan(e, relevée et voûtée, non échancrée et sinuée. Espèce des plus communes dans le nord et l’orient de l’Europe ; se trouvant dans la steppe des Kirghiz; volant partout près de Paris, de la fin de juillet en novembre et parfois plus tard, si la saison le permet; manquant dans le sud-ouest de la France, y compris les

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Charentes Le L. flaveola est une espèce voisine, ayant l'abdomen bien plus court que l'aile inférieure, rouge chez le mâle, jaunâtre chez la femelle ; le pterostigma jaune ou rouge, la base des ailes supérieures et le tiers basilaire des inférieures d'un jaune safrané; les pattes noires, lignées de jaunâtre en dehors. On trouve cette Libellule près de Paris, mais rare, disséminée au milieu des vulgata, et de juin à novembre, très-commune par places en Belgique et dans le nord de l'Europe, dans les marais et sur les champs de Trèfle; abondante près de Compiègne, au vivier Corax, dans des prairies tourbeuses ; elle est répandue dans toute l'Asie boréale. Des espèces fort rapprochées descendent beaucoup plus au sud. Ainsi L. sanguinea, Müller (la Ninon, de Villers), à pattes toutes noires, la base des ailes inférieures et un vestige à celle des supérieures d’un jaune safrané, l'abdomen jaunâtré bordé de noir, rouge chez le mâle adulte; se trouvant dans la Charente (H. Delamain) de la fin de juin au commencement de septembre, volant très-vivement sur les haies et les saules qui bordent les fossés ; en Algérie en mai et juin, dans lés bois des lacs Tonga et Houbeira, etc. L. striolata, Charp., ressemblant beaucoup à L. vulgata, les ailes hyalines, les pattes noires jaunes en dehors, avec trois stries noires sur . les côtés jaunâtres du thorax, l'abdomen jaunâtre, rouge chez le mâle adulte, les articulations des segments et deux points postérieurs trèspetits, jaunes, l’écaille vulvaire de la femelle seulement un peu relevée, un peu échancrée au milieu. Commune dans la Charente (H. Delamain), de la mi-juin jusqu'en décembre même, sur les clairières exposées au soleil ; se trouve en Algérie dans les bois du lac Tonga, en juillet, dans les lieux frais et ombragés. L. meridionalis, Selys-Longch., à ailes hyalines, les pattes noires, jaunes en dehors, les côtés du thorax jaunâtres, sans stries noires, l'abdomen jaunâtre, rouge chez le mâle adulte, l’écaille vulvaire de la femelle arrondie, non saillante ; se trou vant én Belgique, dans les environs de Paris, dans les Charentes, en août et septembre, commune à Royan dans les bois de Pins des dunes (H. Delamain), en mai et juin, aux bords des rivières et lacs, en Algérie, près de Constantine et dans le cercle de la Calle, etc. Nous représentons une très-belle Libellule exotique, des Indes orientales et de la Chine, le L. variegata, Linn., ou indica, Fabr., pl. Lxv, fig. 1, la tête d'un bleu métallique en dessus, le thorax et l'abdomen d’un vert cuivreux foncé ; les ailes antérieures hyalines à partir du milieu, jaunes jusqu’à la base avec une bande sinueuse brune, les inférieures, trèslarges, hyalines seulement au bout, avec trois taches brunes sinueuses, la terminale offrant un ocelle jaune en son milieu; les pattes d'un bleu noir.

coRDULIA, Leach. — Yeux très-gros et contigus, offrant vers le milieu du bord postérieur un prolongement lisse, séparé du grand œil par une fossette sinueuse ; triangle des ailes supérieures souvent traversé par une nervule, celui des pos

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térieures beaucoup plus large que dans le genre Libellula, leur bord anal excavé à angle prononcé chez le mâle ; sept à neuf nervules avant le point eubital, qui est plus rapproché du pterostigma que de la base ; pterostigma petit. Pattes assez longues, avec un petit bouquet de poils à l'extrémité des cuisses antérieures en dessus ; onglets des tarses non bifides, la dent inférieure étant notablement plus courte que leur pointe. Second segment de l’abdomen ayant deux oreillettes latérales chez les mâles, l’arête dorsale à peine sensible, les appendices anaux très-variables.

Les Cordulies n'offrent que peu d'espèces, très-remarquables par leur coloration d’un vert bronzé à reflet métallique ; leur vol est peu élevé, mais rapide. On les rencontre à faibles distances des eaux où vivaient leurs larves, souvent au repos sur les haies et les buissons. L'espèce la plus répandue est Le C. ænea, Linn., de 7 centimètres d’envergure, d'un vert bronzé; le front sans tache, très-gonflé, la base du labre jaune ; le thorax et l'abdomen sans taches jaunes chez le mâle et d’un bronzé cuivreux, un peu renflé à la base, rétréci ensuite, puis s'élargissant progressivement jusqu’à son extrémité, qui est très-dilatée, à peine chez la femelle, où le bord postérieur du second segment est jaune ; les pattes sont noires, les ailes plus ou moins teintées de jaune safrané à leur insertion ; surtout aux inférieures, la membranule cendrée les appendices anaux supérieurs bronzés et velus, subcylindriques, sans dents, à pointe mousse tournée en dehors, l’appendice inférieur du mäle profondément fourchu, l'écaille vulvaire de la femelle médiocre et très-bifide. Cette Cordulie habite la Sibérie, le Kamtchatka, l'Europe septentrionale et tempérée, ainsi que l'Algérie. Elle manque en Laponie, existe en Angleterre et en Irlande, et ne dépasse pas le centre de la France, commune en mai et juin dans les champs et les chemins. Une espèce plus rare est le C. metallica, Van der Linden, avec une bande transverse sur le devant de la tête et la base du labre jaunes, des taches jaunes sur les côtés et en dessous des segments 4 et2 de l'abdomen, qui n’est pas élargi à l'extrémité; les ailes ou incolores, ou d’un jaune safrané le long de la côte, et parfois à la base des inférieures; les appendices anaux supérieurs velus, flexueux, renflés au milieu, qui offre deux dents externes et finit en pointe recourbée ; l’appendice inférieur subtriangulaire, arqué au bout ; l’écaille vulvaire de la femelle relevée en ergot prolongé ; la femelle atteint 8 centimètres d'envergure. Cette espèce est très-répandue, mais localement et partout peu commune, de la Laponie à la Lombardie et de l’Oural jusqu’en France, de mai en juillet, ainsi près de Paris; très-rare dans Maine-et-Loire, dans diverses parties boisées de la Belgique, etc.; manque très-probablement en Angleterre. Il y a encore en France deux autres espèces localisées : le C. flavomaculata, Van der Linden, à abdomen non élargi au bout, ayant une tache jaune devant chaque œil, le thorax et l'abdomen largement tachés de jaune latéralement ; espèce isolée et rare partout, prise près

MACROMIA. 345

de Bordeaux, dans la Charente en juin et juillet (H. Delamain), en Belgique, etc. ; le C.Curtisi, Dale, n'ayant pas de nervule dans le triangle des ailes, tandis qu'il existe dans les trois espèces précédentes ; le front sans taches, l'abdomen élargi au bout et marqué de taches dorsales jaunes sur les sept premiers segments ; se trouvant en juin et juillet en Angleterre, en France près du Mans, dans la Charente (H. Delamain), près de Montpellier, en Espagne, en Portugal.

MACROMEA, Rambur. — Ailes ayant quinze à seize nervules aÿant le point cubital, qui est notablement plus rapproché du pterostigma que de la base. Pattes très-longues; onglets des tarses bifides, ayant la dent inférieure à peu près aussi longue où même plus longue que leur pointe. Les autres caractères des Cordulia.

Les Macromies habitent à l'ordinaire les parties chaudes de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique septentrionale ; elles sont représentées en Europe par une magnifique espèce découverte en France près de Montpellier, retrouvée dans la Charente /H. Delamain), dans l’Ardèche (J. Fallou). C'est le M. splendens, Pictet, grand Libellulien d’un noir bronzé, le front jaune avec une tache noire transverse, touchant aux ocelles par trois prolongements; les huit premiers segments de l'abdomen avec une tache jaune en anneau, le -pterostigma petit; le triangle alaire presque équilatéral, non traversé par une nervule ; les appendices anaux supérieurs du mâle coudés, avec une dent en dehors, l’inférieur un peu échancré, aussi long que les supérieurs, ceux de la femelle très-courts. Ce bel insecte, ressemblant beaucoup à ses congénères exotiques, parcourt les allées des bois, loin de l’eau, d'un vol très-rapide, soit à la hauteur des arbres, soit à un mètre du sol, le corps bien horizontal, un peu fléchi au bout. Au premier abord on le confond avec le Cordulegaster annulatus, qui est de même taille ; mais on l'en distinguera par la vésicule du vertex proéminente, la longueur extrême des pattes, la direction vers le bas de l'angle le plus aigu du triangle des ailes supérieures, la tache noire du front qui communique par ses deux bouts et son milieu avec les ocelles, etc. Il ressemble beaucoup par la forme et la coloration de l'abdomen au Cordulia Curtisi, mais ce dernier Libellulien n’a qu'une taille moitié de l’autre, et s’en sépare en outre par les caractères qui distinguent le genre Macromia du genre Cordulia.

ÆSCHNIDES.

Palpes labiaux de trois articles, le second large, le troisième en forme d'épine articulée, indépendant d’une pointe plus interne qui existait seule dans les Libellulides ; triangles des quatre ailes à peu près semblables ; les nervules antécubitales ne correspondent pas exactement avec celles qui sont dans l’espace en dessous, entre la sous-costale

et la médiane ; le second espace cubital, qui se trouve en dessous de la nervure médiane après le point cubital, est traversé par des nervules dès son origine. Cette famille se divise en deux groupes : les Gomphines et les Æschnines.

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