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I. GOMPHINES

Tête à vertex étroit, très-abaissé ou nul; yeux sessiles, petits, éloignés l’un de l’autre, rarement contigus. Troisième article des palpes labiaux très-apparent, ordinairement terminé par une longue épine ; bord anal des secondes ailes excavé presque toujours chez les mâles. Abdomen cylindrique ou comprimé, plus ou moins dilaté à ses extrémités, généralement sans arètes, plus long que l'aile inférieure et portant presque toujours sur le second segment une paire de tubercules latéraux arrondis chez les mâles; appendices anaux variables, l'appendice inférieur presque toujours profondément fourchu ou échancré au bout.

M. de Selys-Longchamps établit deux divisions sur les Gomphines. Les unes sont intégrilabiées, présentant la lèvre inférieure à lobe médian entier, non fendu à son extrémité, les yeux notablement éloignés l’un de l’autre, les triangles discoïdaux des ailes inférieures à côté interne plus court que les autres ou égal au supérieur, l’espace basilaire libre, l'écaille vulvaire simple, à peu d’exceptions près plus courte que le neuvième segment. Cette division renferme les quatre cinquièmes des espèces connues et comprend les genres types Gomphus, Leach, Gomphoides, Sel.-L., et Lindenia, de Haan.— La seconde division, celle des fissilabiées, offre la lèvre inférieure plus ou moins fendue, tous les triangles alaires ou une partie d’entre eux exceptionnellement libres, ordinairement divisés par une ou plusieurs nervules, l’écaille vulvaire de la femelle variable, mais d’une organisation plus compliquée que dans la première division. A ce groupe appartiennent les genres Chlorogomphus, Sel.-L., Cordulegaster, Leach, Petalura, Leach, à appendices anaux supérieurs du mâle tris-dilatés en feuilles, genre établi sur la plus grande Gomphine connue, le P. gigantea, Leach, et les genres annexes Uropetala, Sel.-L., et Phenes, Rambur.

Les Gomphines se rencontrent sur toute la terre. Le genre Gomphus est cosmopolite ; le genre Gomphoïdes, du nouveau monde subtropical ; Lindenia, de l'ancien monde, aussi subtropical, avec une espèce d'Égypte et d'Algérie, L. tetraphylla, Vanderl., qui se prend aussi dans le sud de l'Italie ; Chlorogomphus, de la Malaisie ; Cordulegaster, d'Europe, d'Asie et d'Amérique ; Petalura, d'Australie ; Uropetala, de la Nouvelle-Zélande ; Phenes, du Chili.

Nous ne citerons parmi les Gomphines que les deux genres qui se trouvent en France. La coloration du corps de ces Libelluliens est Je jaune et le noir. Leur vol est peu soutenu, aussi les rencontre-t-on souvent reposés sur les buissons, ou à terre sur les sentiers battus.

CORDULEGASTER, GOMPHUS. 347

CORDULEGASTER, Leach. — Yeux presque contigus, se touchant par un seul point ; ocellés en triangle. Occiput petit, subtriangulaire, un peu vésiculeux ; lèvre inférieure plus longue que large, très-échancrée et presque bilobée à son extrémité. Le second article des palpes aussi large que la lèvre, ayant une grande épine et quatre petites dents; le troisième article trois fois plus court que le précédent, terminé par une épine très-courte. Triangles des ailes divisés en deux par une nervule arquée ; dix-sept à vingt-deux nervules antécubitales ; pterostigma long et mince ; membranule longue, étroite. Abdomen trèsallongé, subeylindrique, les bords latéraux des derniers segments un peu dilatés ; appendices anaux très-courts ; bord vulvaire de la femelle prolongé en une pointe longue, dépassant l'anus, divisée en deux parties creusées en gouttière.

Le type de ce genre est une grande espèce dont la femelle atteint un décimètre d'envergure, le C. annulatus, Latr., ou lunulatus, Charp., à tête jaune avec une tache transverse noire ; le thorax noir, marqué de six bandes jaunes obliques; les ailes hyalines, à nervure costale jaune, les huit premiers segments de l'abdomen ayant une tache dorsale en anneau jaune, et quelques lignes transverses de même couleur. Cette espèce est très-disséminée en Europe dans des localités boisées et restreintes, en Suède, près des lacs d'Écosse et d'Irlande ; en Angleterre, près de Londres, en juillet, mais rare ; assez commune en Belgique, dans les bois de l’Ardenne en juin, près de Bruxelles, ete.; se trouvant en France, aux environs de Paris, près des ruisseaux (E. Blanchard), dans l’Anjou, mais très-rare, dans la Charente de juin en août (H. Delamain), aux Pyrénées, en Provence, en Suisse ; dans diverses parties de l'Allemagne, en Italie, en Espagne, les exemplaires de l’Andalousie ayant les bandes jaunes très-larges (Rambur) ; en Asie Mineure ; enfin probablement dans le nord de l'Afrique, au Maroc.

GOMPHUS, Leach. — Tête petite ; occiput transverse, saillant, avec une crête de poils ; vertex très-ahaissé, Yeux non contigus; ocelles presque sur la même ligne, Lèvre inférieure entiére, aussi large que longue, à second article du palpe plus large que long, aussi large que la lèvre, avec une longue épine à l'angle interne, le troisième article à peu près de la longueur du précédent, étroit et terminé en pointe aiguë, Triangles des ailes sans nervules ; dix à quinze nervules antécubitales ; ptérostigma médiocre; membranule longue et très-étroite. Les quatre derniers segments de l'abdomen plus ou moins dilatés en extension membraneuse, surtout chez les mâles; appendices anaux variables, l’inférieur souvent bifurqué ; bord vulvaire variable, ne portant pas de longues lames cornées,

Les Gomphes ont des antennes de quatre articles, le quatrième en soie non articulée ; une tête non globuleuse, plus ou moins déprimée, de sorte que la bouche est souvent saillante, ce qui est l'opposé des Libellulides ; le vertex jamais renflé ou vésiculeux ; le thorax très-robuste, l'abdomen ordinairement très-long, cylindrique ou comprimé.

348 NÉVROPTÈRES.

La coloration est très-nette, des lignes noires sur un fond jaune, ou des taches jaunes sur un fond noir. La taille des Gomphes est moyenne, et leur vol, quoique rapide, n’est jamais de longue durée. On les rencontre partout et souvent loin des eaux.

Les espèces, se ressemblant beaucoup, sont difficiles à distinguer. Nous établirons, avec M. de Selys-Longchamps, un premier groupe du sous-genre Onychogomphus, Sel.-L., offrant les appendices anaux du mäle longs, égalant à peu près les deux derniers segments de l’abdomen, les supérieurs en crochets, l’inférieur fourchu, à branches contiguës. Les espèces sont : le G. forcipatus, Linn., la Caroline de Geoffroy, ou unguiculatus, Van der Linden, ayant le bout des appendices supérieurs du mâle fourchus, le vertex jaune au milieu, et deux petites protubérances jaunes derrière le haut des yeux de la femelle ; le thorax jaune, avec six raies noires épaisses, courbées en dessus ; l'abdomen ayant une série de taches dorsales lancéolées jaunes ; les pattes noires avec la moitié des cuisses jaunes ; de la plus grande partie de l'Europe, surtout des contrées boisées et montagneuses, de la Laponie inclusivement à la Sicile, d'Asie Mineure, d'Algérie (Lucas) près d'Alger, commune en juin et juillet aux environs de Paris, d'un vol très-rapide, se posant à terre sur les grands chemins; il y a deux races, l’une septentrionale, à couleurs foncées ; l’autre méridionale, partant du midi de la France, comme limite nord, et occupant le pourtour méditerranéen ; le G. uncatus, Charp., espèce plus méridionale, ayant le bout des appendices anaux supérieurs du mâle entiers, de Provence, de l'Hérault, des Hautes-Pyrénées (Bagnères de Bigorre), de la Charente, du milieu de juillet aux premiers jours d'août (H. Delamain), d'Andalousie, ete. Le second groupe des Gomphes présente les appendices anaux du mâle courts, à peu près de la longueur du dernier segment, les supérieurs plus ou moins fusiformes, l’inférieur fourchu, à branches écartées. La ligne dorsale jaune se prolonge jusqu’au septième segment seulement, et les pattes sont noires, chez le G. vulgatissimus, Linn., de toute l'Europe tempérée, sauf le cercle polaire et les parties chaudes du Midi, se trouvant dans la Charente en mai (H. Delamain), mais rare. La ligne dorsale jaune de l'abdomen se prolonge sur tous les segments et les pattes sont plus ou moins peintes de lignes jaunes chez le G. flavipes, Charp., de diverses parties de l'Europe, ainsi des environs de Paris, toujours très-rare, excepté sur les bords de l'Elbe, en juillet, existant en Sibérie et sur les bords de l'Amour; les G. Graslini, Rambur et pulchellus, S.-Longch., très-communs dans la Charente (H. Delamain) en juin, juillet et commencement d'août, existant près du Mans (Graslini) et dans l’Anjou (pulchellus), ete.

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