NÉVROPTÈRES
ble beaucoup à celle de l'adulte, à l'exception des mandibules, qui sont dentées dans les deux sexes et analogues à celles de la larve. Une arête élevée s'étend en arrière de la portion postérieure des yeux. Les ailes sont défléchies, et, avec les pattes, restent librement sur la poitrine, Les antennes, longues de 20 à 925 millim., recourbées par-dessus les angles postérieurs, puis par-dessous la tête, ont leurs articles beaucoup plus resserrés que chez l'adulte. La lèvre est charnue et bifide, chaque côté obtusément arrondi ; les palpes labiaux sont de trois articles, le dernier fusiforme et aigu; les maxilles ont deux lobes charnus prolongés et triangulaires, l’interne le moins développé, l’externe avec une petite épine au bout, les palpes maxillaires ayant cinq courts articles, la majeure portion de la partie externe des maxilles recouverte par des poils épars.
Pour permettre la sortie de l'adulte, le tégument de la nymphe se fend transversalement derrière les antennes, et longitudinalement à partir de là sur le dos. L'insecte ne reste pas longtemps en nymphe, état dans lequel il est inactif, capable de remuer légèrement le corps ; à la fin de cette morphose il acquiert le pouvoir de la marche, mais d'une très-faible manière, et il est probable qu'il en fait rarement usage.
Le tube digestif de l'adulte présente un œsophage se renflant peu à peu en un large jabot ovoïde, avec un rudiment de panse latérale à la partie inférieure. Vient ensuite un estomac (éntestin moyen, d'après M. F. Plateau) grêle, fusiforme, se terminant peu à peu en une pointe allongée. Il est en communication supérieurement avec quatre larges tubes cæcaux, disposition qui rappelle certains Orthoptères, et à sa pointe inférieure, avec huit canaux de Malpighi, très-longs et trèscapillaires , enroulés en peloton à leur extrémité libre. Puis vient l'intestin terminal deux fois recourbé et très-grèle, finissant par une grosse poche ellipsoïde musculeuse, à laquelle succède un rectum, qui va en se rétrécissant vers l'anus et qui est divisé en bourrelets par cinq fortes brides.
Les testicules du mâle, pareils chez la nymphe et chez l'adulte, existant déjà (et de même les ovaires), mais moins développés, chez la larve, sont bien séparés, et occupent les deux côtés du tube alimentaire, depuis les appendices cæcaux jusqu'à l'extrémité de l'intestin, sous forme de deux longues plumes, dont les barbules sont formées de très-nombreux tubes spermifiques, de chaque côté d'un axe commun. Chaque ovaire est constitué par une cinquantaine de longues gaines ovigères, placées d'un seul côté d’un calice tubuleux ; et les deux cols se réunissent en un très-court oviducte, On voit dans chaque gaine ovigère une série d'œufs à tous les degrés de développement, allongés, oblongs, arrondis aux deux bouts.
Le sy-tème nerveux présente, outre les ganglions ordinaires de la tôle, trois ganglions thoraciques ovales et nettement binaires, puis
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huit ganglions abdominaux plus petits, arrondis ou subtrièdres, le dernier plus gros, ovale-allongé. Les six premiers occupent la région antérieure des six premiers segments, contre la jointure au segment précédent, et les ganglions 7 et 8 sont tous deux dans le septième segment.
Le genre Corydalis offre quelques espèces autres que le type, la plupart avec moins d’exagération dans le développement des mandibules du mâle : ainsi le C. lutea, Hagen, à corps jaune, à mandibules du male peu allongées, de même taille que le type, du Mexique; C. cognata, Hagen, espèce plus petite du Texas, à mandibules du mâle allongées ; C. Batesi, Mac Lachl., grande et belle espèce des bords de l'Amazone, à mandibules courtes; C. crassicornis, Mac Lachl., et C. inamabilis, Mac Lachl., ces deux espèces du Texas, de taille moindre que la précédente, mais à mandibules des mâles très-allongées ; C. soror, Hagen, à mandibules du male courtes, du Mexique ; C. hieroglyphica, Rambur, du Mexique, du Venezuela, du Brésil, espèce de taille moitié du type, aussi à courtes mandibules chez le mâle; C. Hecate, Mac Lachl., de grande taille, du Brésil.
CHAUXIODES, Latr.—- Tête à angles postérieurs inermes ; antennes des mâles pectinées d’un côté, ou en scie, ou fuliacées, ou simples; simples chez les femelles ou parfois en scie; trois ocelles rapprochés. Mandibules courtes et pareilles dans les deux sexes. Palpes courts, à derniers articles très-courts. Prothorax quadrangulaire, à peu près de la grandeur de la tète. Ailes avec peu de nervures transversales, sauf sur l’espace costal, qui est très-grand. Tarses à articles cylindriques, les deux derniers les plus longs, à ongles simples, sans pelote apparente. Appendices caudaux du mäle non en crochets, simples, coniques, — Larve inconnue, peut-être aquatique.
Le genre Chauliodes comprend une vingtaine d'espèces de l'Amérique, de l'Asie orientale (Japon, Chine, Indes, iles Sondaïques), de l'Afrique australe, de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie. Nous citerons, parmi les espèces asiatiques, le C. sinensis, Walker, pl. Lxvi, fig. 5, mâle, des environs de Pékin, offrant les antennes pectinées noires; le corps d'un jaune un peu brunâtre, ainsi que les pattes; le prothorax eu rectangle plus long que large; les ailes hyalines, maculées de petites taches jaunâtres et de taches brunâtres plus grandes, une arrondie, placée vers le milieu de l'aire costale, une allongée au côté interne du pterostigma, qui est jaune, une petite à son côté externe, el une longue tache sur le disque, se répétant plus ample, à la même place, pour l'aile inférieure. Le type des espèces américaines, presque toutes de l'Amérique du Nord, est le C. pectinicornis, Linn., long. du corps 37 à 55 millimètres, envergure 58 à 90, d'un jaune cendré, à antennes brunes et pectinées, la tête avec des raies et des taches jaunâtres, le prothorax d’un brun roussätre avec des taches jaunes, les pattes jaunes
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à tarses bruns, les ailes avec quelques stries brunes (ransversales, les antérieures subcendrées, avec les nervures variées de brun et de roussâtre, ce qui les fait paraître ponctuées; du Canada, de Pensylvanie, du Delaware, du Massachusetts, de New-York, de Virginie, de Maryland. Ajoutons le C. serricornis, Say (le Nevromus maculatus figuré par Rambur dans son Histoire des Névroptères), brun, à stries et taches rousses, à antennes noires, en scie, à ailes brunes, ayant chacune deux bandes de taches blanchâtres, dont une au milieu, plus marquée sur les ailes supérieures, et l’autre,avant le sommet, plus marquée aux inférieures ; du Canada, du lac Winnipeg (rare), de Pensylvanie, de New-York, du Massachusetts, du Maryland, de Mexico ; le C. cinerascens, E. Blanch., du Chili; dans l'Afrique australe le C. tenuis, Mac Lachl., d'un gris testacé, les antennes du mäle simples, les ailes subhyalines, avec des points et des taches grises ; le C. guttiferus, Walker, de l’Australie ; le C. diversus, Walk., de la Nouvelle-Zélande.
Le genre Nevromus, Rambur, ou Hermes, Walker, est intermédiaire entre les Corydalis et les Chauliodes (1). Le corps est moins robuste que chez les Corydalis, la coloration générale plus ou moins pâle; les deux sexes ayant les antennes simples et les mandibules courtes et pareilles; les angles postérieurs de la tête sont munis d’une dent bien accusée ou obsolète, et les ailes ont, comme chezles Corydalis, de nombreuses nervures transversales. Il existe une dizaine d'espèces de ce genre du Japon, de la Chine, des Indes, des îles Sondaïques, du Brésil et de l'Amérique centrale. Le type est le N. tesiaceus, Rambur, de Java et peut-être des Indes, de 70 millim. d'envergure, roussâtre ; les antennes noires, rousses à l'extrémité; les ailes transparentes, à nervures jaunâtres ou roussâtres ; l'abdomen du mâle terminé par quatre appendices. L'insecte est figuré planehe X, dans l'Histoire des Névroptères de Rambur.
Nous placerons ici deux genres de posilion incertaine. L'un, qui se rapproche des Panorpiens, est le genre Merope, Newman, les yeux larges, réniformes, connivents sur le vertex, pas d'ocelles ; les antennes courtes, très-épaisses au milieu, allant en s’amincissant vers l’extrémité ; les ailes larges, avec de nombreuses nervures transversales, la sübcostale et la médiane se joignant avant le sommet; les pattes grèles, le bout des tarses avec deux ongles simples et entiers, et une pelote entre eux ; l'abdomen du mâle terminé par une très-forte pince, presque aussi longue que le corps. Il n'y a qu'une seule espèce extrêmement rare, de Pensylvanie et de Virginie, le 4. tuber, Newm., de 80 millim. d'envergure, d'un jaune brunâtre, les ailes subhyalines et cendrées, à
(4) Mac Lachlan, Considerations on the Neuropterous Genus Chauliodes and its Allies (Annals and Mag. of Nat. Hist. for July 1869, p. 35).
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nervures jaunatres, la médiane noire. On consultera, pour cet insecte singulier et anormal : Westwood, Trans. Entomol. Soc. of London, t. IV, p- 194, pl. xiv, fig. 2. L'autre genre à mentionner, qui parait voisin des Hémérobiides, est le genre Zthone, Newm., fondé pour une espèce, I. fusca, Newm.
Sous le nom de Paléoptérines (Palæopterina), M. S. Scudder a signalé un groupe d'insectes (1) qu'il considère comme une famille distincte, ne comprenant encore que trois espèces fossiles découvertes dans la ‘formation carbonifère, à Morris (Illinois). Le professeur J. D. Dana a décrit en 1864 les fragments de la première espèce sous le nom de Miamia Bronsoni, et la figure qu'il en donne fut restaurée depuis hypothétiquement par M. Scudder. Dana expose que cet insecte, névroptère par les ailes, et tenant de près aux Perliens, a de larges cuisses côtelées, et même une grande articulation épineuse aux pattes antérieures, particularité qui semble presque incompatible avec le type Névroptère, quoique caractérisant en partie les Mantispides, tandis qu’elle est en harmonie avec le type orthoptère. En outre, dit-il, les larges cuisses à côtes de la seconde paire de pattes et la forme du prothorax rappellent -les Orthopières du genre Phyllium, et l'insecte est très-diférent de tous les Névroptères connus. Les pattes antérieures ont ceci de particulier que leur grande et large cuisse, un peu comme chez les Mantispes, est armée en haut d’épines très-grèles, aussi longues que l’article même. On en distingue trois, quoique mutilées, dans l'échantillon. Il est trèsprobable, dit-il, que ces pattes de devant étaient préhensiles ; l’exemplaire fossile manque de la jambe et du tarse antérieurs. IL semble y avoir eu une paire d'appendices courts et obtus à l'extrémité de l’abdomen, ressemblant beaucoup à ceux qui existent chez les Phyllium, La tôte est presque entièrement oblitérée.
Dans les Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Boston, 1867, M. S. Scudder démontre que la nervation des ailes de ce genre rappelle à la fois celle de plusieurstribus de Névroptères, comme les Termitiens, les Hémérobiens, les Raphidiens ou Sialiens. La tête, d’après lui, ressemble un peu à celle du genre Perle, étant ovale, déprimée, avec de longs yeux latéraux ovales. Ce qui montre combien l’empreinte fossile est fruste, c'est que les deux auteurs sont en désaccord quant aux pattes de devant, M. Scudder appelant tête les parties désignées comme pattes antérieures par M. Dana. M. Gerstäcker regarde, sans aucun doute, le genre Miamia comme appartenant aux Perliens.
M. Scudder a décrit plus récemment deux autres formes de ce groupe dans la Paléontologie annexée à la Revue géologique de l'Illinois (vol. HI, p. 966). Il nous dit : « Les deux spécimens que j'ai sous les yeux, avec
(1) Packard, Guide to the Study of Insects, Salem, 1870, p, 9591. GIRARD, li, — 39