‹ Les insectesChapitre 34 sur 119 · NÉËV ROPTÈRES · texte numérisé non relu

NÉËV ROPTÈRES

les ailes mieux conservées que dans le sujet de Miamia Bronsoni, prouvent que mon dessin conjectural de la structure des ailes des Paléoptérines était en partie erroné, et témoignent d’une parenté plus étroite avec les anciens Termitiens que je ne l'avais supposé possible. » Il donne le nom de Miamia Danæ à une seconde espèce de Miamia de Morris (llinois), Tous les spécimens étaient dans des boules de minerai de fer, qui sont fréquentes dans les terrains carbonifères. Elle est plus petite que le Miamia Bronsoni, n'en ayant que les quatre cinquièmes. L'autre fossile que M. Scudder rapporte aux Paléoptérines est le Chrestotes lapidea. Ce genre diffère des Miamia par des ailes courtes et arrondies, et sa nervulation offre quelques points de ressemblance avec” les Blattiens. Nous avons cru devoir entrer dans quelques détails sur ces créations si anciennes, qui prouvent, avec quelques autres fossiles t.1, p.171), l'existence d’un type des plus élevés, les Insectes, auxépoques les plus reculées de la vie organique. Ainsi tombent en partie, devant les faits modernes, ces théories séduisantes, mais erronées, d'un perfectionnement progressif des faunes et d'un transformisme des espèces.

IT. — SIALIDES.

Antennes longues. Corps court, épais. Prothorax large. Ailes grandes, réticulées, les postérieures avec le champ anal plié. Les caractères de cette famille sont, au reste, ceux du genre unique qu’elle renferme. Il n’y a peut-être pas lieu de séparer les Sialides des Corydalides, mais il faudrait, pour se prononcer avec plus de certitude, mieux connaître que dans l’état actuel de la science les premiers états et l'anatomie des Corydalides, groupe exotique.

SIALIS, Latr., on SEMBLIS, Fabr., Latr, — Antennes longues, sétiformes, d’un tiers seulement plus courtes que l’aile antérieure ; pas d’ocelles ; palpes filiformes, grèles, à articles subégaux. Prothorax quadrangulaire, beaucoup plus large que long, sensiblement de la largeur de la tête ; les deux autres divisions du thorax très-saillantes en dessus. Ailes postérieures plus larges à la base que les antérieures ; la membrane des ailes colorée, le pterostigma non apparent ; les nervures très-marquées et épaisses, formant un réseau peu régulie: ; l’espace costal dilaté, avec nombreuses nervules ; les nervules transverses des ailes au nombre de trois ou quatre rangées. Pattes assez longues, à articles cylindroïdes, le quatrième article des tarses court, fortement dilaté et échancré en cœur, les ongles simples, sans pelote apparente, -— Larves aquatiques, à branchies latérales,

L'anatomie de ce genre et les métamorphoses ont été étudiées sut l'espèce, très-commune dans toute l'Europe, le S. lutaria, Linn, L'anatomie interne de l'adulte a été faite par L. Dufour (Sav. étrang:,

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1841, p. 605) et M. Lüw (Linn. entomol., t. LIT, p. 354 et suiv.). De chaque côté de l'origine de l’œsophage sont des glandes salivaires blanchätres, formées chacune d’une vésicule ovale, couverte de points glanduleux, servant de réservoir et se continuant en arrière en un vaisseau sécréteur capillaire, courbé eu anse récurrente, de sorte que son extrémité s'enfonce dans le tissu adipeux de la tête; antérieurement à la vésicule sont deux minces canaux d'évacuation, se réunissant en un canal commun très-court, qui aboutit à l'entrée de l’œsophage. Le tube digestif, de la longueur du corps de l’insecte, débute par un œsophage grêle et filiforme, qui traverse tout le thorax sans se renfler en jabot. D'après L. Dufour, avant l'insertion à l’estomac, il y a une panse latérale, qui a échappé à M. Lüw, tantôt ovoide-oblongue et recourbée en avant quand elle est remplie d'aliments, tantôt grêle comme l'æsophage, pendante et rejetée en arrière, pendant son état de vacuité. L’estomac ou intestin moyen (F. Plateau) débute par un étranglement en forme de godet échancré; il est très-gros, comparé à l’œsophage, environ deux fois plus long, cylindrico-conique, finement réticulé à la surface, s'atténuant peu à peu. Autour de sa terminaison, et à implantations équidistantes, sont six canaux de Malpighi, à bouts libres recouvrant de plusieurs méandres le canal intestinal, blanchâtres d'abord, puis d'une couleur plus ou moins violacée ou rougeâtre, avec des points glandulaires rouges. L'intestin terminal (Gegenbaur), de la longueur des deux parties précédentes, offre une première portion grêle, avec des plis longitudinaux très-peu distincts et quelques rides transversales, et une seconde très-courte, sphéroïde, très-distinctement délimitée par un fort étranglement à chaque bout. Enfin vient un rectum également à deux parties distinctement séparées par un étranglement, la première presque ovale et parfois très-renflée par une matière excrémentitielle blanche, l’autre bien moins large et plus iongue, en forme de massue, se rétrécissant peu à peu postérieurement.

Le système nerveux de l'adulte offre un cerveau composé de deux lobes sphériques accolés, de chacun desquels part un nerf optique cylindroïde presque aussi grand que le lobe dont il émane, rétréci à sa base et rétréci avant son extrémité arrondie en hémisphère., Ce cerveau est uni au ganglion céphalique sous-æsophagien par deux cordons nerveux renflés vers leur partie antérieure, et émettant chacun deux nerfs vers son milieu; le ganglion sous-æsophagien lui-même envoie de sa partie antérieure deux paires de nerfs fortement ramifiés. Les connectifs qui se rendent au ganglion prothoracique émettent vers leur milieu un nerf bientôt bifide. Le ganglion prothoracique est presque sphérique, un peu plus grand que le ganglion sous-æsophagien et que les deux autres ganglions thoraciques qui le suivent, et il donne naissance à deux paires de nerfs. Les connectifs unissant le ganglion prothoracique au mésothoracique, et ce dernier au ganglion métathoracique, n'émettant pas de nerfs. Le ganglion mésothoracique a la même forme que

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celui du prothorax et n'est qu'un peu plus petit, et il émel comme lui deux paires de nerfs. Le ganglion métathoracique lui-même est de forme arrondie, un peu moindre que le mésothoracique et donnant origine à trois paires de nerfs. Les ganglions abdominaux sont au nombre de sept. Ils se distinguent par une grandeur relativement assez considérable. Le premier est le plus grand, et il est sensiblement plus large que long; de lui jusqu'au sixième, chacun des ganglions suivants est plus petit et parfaitement rond. Le dernier ganglion, tout à fait sphérique, est plus grand que ceux qui le précèdent immédiatement, sans atteindre pourtant tout à fait la grandeur du second, et à fortiori du premier. Le premier ganglion abdominal se rattache au dernier ganglion thoracique par deux cordons nerveux très-courts; les ganglions abdominaux se relient normalement les uns aux autres par un double cordon nerveux, n’émettant nulle part de nerfs, et leurs distances sont très-différentes. De chacun des six premiers ganglions abdominaux ne part qu'une seule paire de nerfs, et Le dernier donne origine à trois paires de nerfs, dont la dernière est la plus forte; tous les nerfs du dernier ganglion se dirigent comme d'habitude vers les parties internes et externes de l'appareil reproducteur.

Les testicules du mâle sont bien séparés, entourés chacun d’une tunique scrotale jaune, maintenus par un lacis de trachées vers le milieu des flancs de la cavité abdominale, presque sphériques chez les jeunes sujets; à partir de l'insertion du canal déférent prennent origine cinq bandes circulaires, de même texture et de même couleur jaunâtre, entourant le corps du testicule, qui se trouve ainsi partagé en six divisions. Lorsque les testicules se gonflent par le développement progressif des spermatozoïdes, ils prennent d'abord une figure réniforme; lorsque leur gonflement est à son maximum, les six capsules spermifiques unilatérales font saillie en forme de poches entre les bandes circulaires, et tout l'organe acquiert un aspect d'éventail. Les canaux déférents prennent naissance dans l’'échancrure du testicule par un petit renflement vésiculeux; ils sont grêles, deux à trois fois plus longs que le testicule, dirigés d’abord en arrière, puis devenant récurrents pour aller s'implanter chacun à la vésicule séminale correspondante. Les vésicules séminales sont de forme compliquée; le canal déférent débouche à l'angle antérieur d’une première capsule ovale-oblongue, distendue par un sperme blanc ou diaphane au mois d'avril, époque de l'accouplement, avec une tache irrégulièrement carrée, d'un brun rougeàtre, près de l'insertion du canal déférent, rapelissée et contractée vers le milieu à la fin de mai; à cette capsule s'adapte vers le milieu un appendice vésiculeux conoïde, parfois très-développé, postéricurement un grand renflement vésiculeux, et, tout à fait en arrière, deux appendices vésiculaires très-petits. Enfin le sperme est déversé dans un canal éjaculateur {rès-court.

Les ovaires de la femelle du S, lularia, dans un élat avancé de ges-

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fation, sont deux énormes paquets pyramidaux roussâtres, qui occupent une grande partie de la cavité abdominale. Chacun consiste en une grappe oblongue de gaînes ovigères quadri- ou quintiloculaires, serrées entre elles et comme empilées. Les ovules de ces gaines sont blanchâtres, ovales, leur longueur dépassant leur largeur de plus du double. À leur extrémité supérieure est un appendice verruqueux, analogue à celui des œufs de Raphidia ophiopsis, relativement un peu plus long. Les ovaires sont contigus à la ligne médiane, et connivents à leur extrémité antérieure, laquelle se termine par un ligament suspenseur propre, diaphane, capillaire, assez long, qui s'unit à celui du côté opposé pour former un ligament suspenseur commun, dont le point d'attache est au dos du métathorax. Le calice de l'ovaire règne tout le long de la face inférieure de cet organe; son col est court et s'insère, isolément de son congénère, à la partie antérieure et un peu latérale d’un sac arrondi, qui est l’oviducte. La glande sébifique de cet oviducte consiste en une utricule membraneuse, ovoïde, remarquable par la couleur très-noire du liquide qu’elle renferme, s’amincissant un peu pour s'insérer sur la face dorsale de l'oviducte,.

Les métamorphoses des Sialis ont été connues des anciens auteurs, ainsi de Geer pour les larves, Ræsel pour les nymphes. De Geer (Mém. pour servir à l'hist. des Insectes, t. I, 2 part., p. 716) sait très-bien distinguer son Hemerobius niger d'avec les Phryganes par la bouche deniée, l'absence d’ocelles et les ailes inférieures non plissées en éventail. Les adultes, qui ne vivent que quelques jours pour s'accoupler, volent pesamment et lentement, avec moins d’agilité que les Phryganiens, ayant plutôt des allures de Chrysops. Ils se laissent prendre aisément, et marchent cependant assez vite quand ils veulent. Les femelles pondent beaucoup d'œufs, qu’elles arrangent en grandes plaques les uns auprès des autres. D'un blanc jaunâtre dans les ovaires, ils sont après la ponte d’un brun obseur, et placés, non dans l'eau, mais sur les feuilles, les roseaux, les pierres, les murs, Il y a de cinq à six cents œufs par ponte; longs et ovales, ils sont rangés perpendiculairement sur les objets, comme des quilles, légèrement collés ensemble, et de telle sorte qu'il n'y a aucune place vide, l’œuf d’une rangée étant entre deux de la rangée voisine. Le bout supérieur des œufs offre comme une queue allongée, ovale, droite ou un peu inclinée, blanchàtre, de sorte qu'on aperçoit comme une couche supérieure blanchâtre sur la plaque des œufs bruns.

Les coques des œufs se fendent par ce bouton supérieur, et la larve tombe dans l'eau, ou la gagne aussi vite que possible, sous peine de mort, siles œufs ont été pondus à quelque distance. Les larves sont fort vives dans l’eau, où elles courent et nagent continuellement, en faisant des ondulations avec le corps à la manière des Serpents, les pattes et les filets branchiaux étant en même temps en mouvement ; parfois elles se logent à demeure dans un fourreau vide d'une larve de Phrygane.

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L'étude de ces larves a été faite avec soin par plusieurs auteurs (4). La larve du S$. lutaria, parvenue à tout son développement, est longue de 16 à 18 millimètres. Son corps est allongé, à peine atténué en arrière, glabre, brunâtre, moucheté en dessus, uniformément blanchâtre en dessous. La tête est forte, de la largeur du thorax, aplatie, avec deux yeux latéraux noirs, peu saillants, des antennes latérales fines, de quatre articles, les deux derniers filiformes. Le labre est grand, largement triangulaire, atténué en avant en pointe mousse, à bords latéraux arrondis; finement crénelés ou festonnés, ce qui doit aider l'insecte à retenir, à serrer une proie vivante; les mandibules, à pointes croisées au repos, sont grandes, cornées, brunes, pointues, avec deux fortes dents au bord interne. Les mâchoires ont l’article basilaire prolongé au côté interne en un lobe ou crochet corné modérément arqué, garni de deux ou trois soies roides, avec palpes maxillaires de quatre articles, ayant un lobe oblong, inerme à leur côté interne; la lèvre, ovalaire, a des palpes labiaux courts, de trois articles,

Le thorax a son premier segment un peu plus grand que les deux autres. Les pattes, d’un brun clair, de longueur moyenne, offrent des cuisses grosses et courtes, des jambes allongées, spinuleuses et à poils rares, des tarses d'un seul article, avec des ongles constitués par deux crochets inégaux, pâles, peu arqués. L'abdomen, de neuf segments, le plus souvent d’un brun foncé avec une tache pâle au milieu, porte sur chacun des sept premiers segments une paire de branchies latérales, en longs filaments, simples au premier aspect. Ils s'insèrent sur des tubercules raboteux placés sur la membrane molle et blanchâtre qui unit les plaques dorsales de l'abdomen aux plaques ventrales des sept premiers anneaux. Chaque filet offre à l'extrémité deux longs poils, et, à côté de sa base, un autre poil encore plus long; ces quatorze filets, qui sont inclinés en arrière, sont mobiles, flottent dans l’eau, et suivent les mouvements que la larve y fait en marchant et en nageant, Les deux derniers segments de l’abdomen manquent de ces branchies, mais sont garnis de chaque côté, au moins dans le jeune âge, d’une double tubérosité sur laquelle on voit de longs poils. Un prolongement caudal cylindroïde, atténué à son extrémité, ayant environ le tiers de la longueur de l'abdomen, s'articule au dernier segment de celui-ci, tronqué au bout, garni à droite et à gauche d’une aigrette de poils longs, fins et souples, appareil qui constitue une nageoïire ou gouvernail. Enfin, outre les branchies, ces larves, comme celles des Libellules et des Æschnes,

(1) Pictet, Sur les Sialis ou Semblis (Ann. se. natur., Z00L., 2° série, 1836, 1. V, p. 69, pl. 111. — F, Evans, On the habits of the Genus Sialis (Trans. Soc. Entomol. of London, t. IN, p. 261, avec une planche). — L. Dufour, Recherches anatomiques sur la larve à branchies extérieures du Sialis lutarius (Ann. sc. natur., Z00L., 3° série, 4848, p. 95, avec une planche),

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ont des stigmates (M. Hagen), destinés à fonctionner à la dernière période de l'existence de la larve.

Les larves de Sialis abondent dans les eaux dormantes, les mares, les fossés, se tenant particulièrement dans le fond boueux de ces eaux, et c'est sans doute ce genre de vie qui a valu à l’insecte ailé de l'espèce la plus commune le nom de lutaria donné par Linn&æus. Les mandibules robustes et dentées de ces larves, la brièveté de leur canal digestif, et l'examen des matières qui y sont contenues, indiquent qu'elles sont carnassières; elles se meuvent vivement si on les retire de l’eau, et marchent souvent à reculons, ouvrant fortement les mandibules pour mordre.

Sous un verre grossissant, on voit que chaque branchie est une gaine membraneuse, comprimée, insensiblement rétrécie vers son extrémité, offrant quatre, cinq et même six demi-articulations, reconnaissables à de petites échancrures latérales; ces demi-articulations, ainsi que la mollesse de la membrane où s'implantent les branchies, rendent raison de la souplesse et de la mobilité de celles-ci, qu'on voit, au gré de l'animal, ou s'étaler horizontalement, de manière à être perpendiculaires à l’axe du corps, ou s’incliner à divers degrés en arrière, ou se ployer contre les flancs de l'abdomen qui, dans l'animal vivant, semblent creusés en gouttière pour les abriter, ou parfois se redresser et se déjeter sur le dos.

La finesse et la transparence de la gaine permettent de constater dans l'intérieur de chaque branchie une trachée médiane, d’un nacré resplendissant, qui en forme l'axe et où s’abouchent de multiples trachéoles qui se rendent à la périphérie de l'enveloppe hyaline. La gaine offre aussi, sur ses deux bords opposés, des poils longs, fins, souples, régulièrement disposés, de sorte que cette gaine est à la fois branchie et nageoire, c'est-à-dire organe de respiration et de locomotion aquatiques, C’est un aviron comprimé à propos pour frapper l'eau par son plat, dans l'acte de la progression, la double rangée de poils s'étalant au degré nécessaire pour régler le mouvement ou déterminer le repos, les demi-articulations favorisant le balancement, l'agitation du liquide, auxiliaire de l’hématose. Dans l'appendice caudal, on voit, par transparence, deux trachées qui terminent les deux gros troncs trachéens latéraux, du corps. Ils reçoivent les axes trachéens des branchies, et fournissent au côté opposé de l'insertion de chaque trachée branchiale une trachée de semblable calibre, qui va épanouir ses broderies nacrées sur le canal digestif. En entrant dans le thorax, le grand canal aérifère latéral se divise en deux troncs de même calibre, marchant parallèlement et rapprochés pendant tout leur trajet dans le thorax; puis ces troncs se partagent en plusieurs branches qui pénètrent dans la tête.

Le canal alimentaire de la larve de Sialis est àroit, comme celui de l'adulte. L. Dufour n’a pu y découvrir trace des glandes salivaires et de la panse, qu'il y a rencontrée dans ce dernier élat. L'œsophage con-

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serve sa ténuité filiforme dans tout le (rajet du thorax. En entrant dans la cavité de l'abdomen, il se dilate en un jabot plus ou moins marqué, souvent rempli d'une pulpe alimentaire brune, où le microscope reconnaît des fragments d'insectes. Le passage de ce jabot à l'estomac ou intestin moyen offre bien une texture plus consistante et comme calleuse, mais.sans les pièces cornées caractérisant l'appareil valvulaire (gésier de L. Dufour). L'intestin moyen est allongé, plus ou moins cylindroïde, offrant dans des conditions opportunes, des bandelettes annulaires. Les canaux de Malpighi sont tout à fait pareils, comme forme et couleur, à ce qu'ils sont chez l'adulte. Deux se portent constamment en avant, jusqu'à l’origine de l'intestin moyen, les quatre autres vont entourer le rectum de leurs flexuosités. L’intestin terminal débute par un tube étroit et court, suivi soudainement d’un rectum oblong, parcouru par six bandelettes musculaires longitudinales, servant comme d'habitude à la défécation et au moulage des excréments. L'anus est précédé par une sorte de col court, mais sans vestige de ces vessies natatoires que l'on constate dans les larves de quelques Phryganiens. Une pulpe adipeuse, abondante et blanche, enveloppe les viscères, composée de filaments polymorphes allongés, simulant des glandes tubuleuses.

Le système nerveux de la larve présente un très-petit cerveau comparé à celui de l'adulte, formé de deux ganglions ovalaires, médiocrement conligus, petitesse qui est en rapport avec l'état rudimentaire des antennes et des yeux. Il y a trois ganglions thoraciques arrondis plus gros que ceux de l'abdomen, et huit ganglions abdominaux, le premier sur la limite thoraco-abdominale, ayant presque la grandeur d’un ganglion thoracique ; il est peu éloigné du second ganglion abdominal. Les trois derniers sont beaucoup plus rapprochés entre eux que ceux qui les précèdent; le dernier, plus grand et ovalaire, fournit au moins trois grosses paires de nerfs.

Les larves, ayant pris tout leur accroissement, quittent l’eau au commencement du printemps (pour S. lutaria), et se retirent en terre sèche au pied des arbres, à plusieurs mètres de l’eau. Comme l’a vu Pictet, elles peuvent vivre encore dans cet état, même en terre sèche, pendant une quinzaine de jours, respirant alors avec leurs stigmates, plutôt qu'avec leurs branchies cutanées, comme il le croyait en les comparant aux Tourlourous où Crabes de terre des Antilles. Elles pratiquent une cavité ovoïde assez spacieuse, de préférence dans la terre mouillée qui borde l’eau, et alors les deux organes respiratoires doivent leur servir. Elles s'y changent, sans cocon, en une nymphe immobile, molle, analogue à celle des Phryganiens, offrant des antennes, des pattes, des fourreaux alaires et des poils roides verticillés aux anneaux de l'abdomen. Au moment d'éclore, cette nymphe ne devient pas mobile, comme celle des Phryganiens, mais se métamorphose sur place, laissant en terre la dépouille de nymphe.

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