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APIS, PARTHÉNOGÉNÈSE

bourdons exécutent dans les airs ces évolutions sonores qui leur ont valu leur nom, la jeune mère, âgée de plus-de six jours, s’agite, se tourmente et cherche une issue, si on l'empêche de sortir, ne rentrant au Calme qu'après le retour des bourdons. Le plus souvent elle est fécondée le premier jour de sa sortie, si les mâles sont abondants; parfois elle est obligée de sortir à plusieurs jours successifs de beau temps. Quand elle est revenue fécondée à la ruche, elle n’en sort plus que pour l'essaimage, s’il se produit.

Outre la mère féconde, on trouve encore accidentellement dans les ruches de véritables ouvrières, observées pour la première fois par Riem, qui peuvent pondre des œufs dans les cellules vides qu’elles rencontrent. Huber s’est assuré de cette ponte d’une manière incontestable, en marquant au vermillon des ouvrières nées près d’une cellule royale et les voyant entrer dans les cellules pour y déposer des œufs.

Divers faits, que nous avons omis à dessein, restaient inexplicables dans les expériences d'Huber, à propos des pontes alternatives de la mère, tantôt d'œufs d'ouvrières ou de mères, tantôt d'œufs de mâles, ceux-ci dans les grandes cellules, quand la mère en rencontre à sa portée, et à défaut dans des petites cellules d'ouvrières. Une fort importante découverte a été celle faite en 1845 par Dzierzon, curé de Carlsmark, en Silésie, et qu'on admet sans contestation aujourd’hui, après de nombreuses controverses entre les apiculteurs (1).

La parthénogenèse ou reproduction sans fécondation par des femelles vierges et parfaites, munies d'ovaires et de spermathèque, est un fait déjà ancien en entomologie. Reconnu d’abord, dans la première moitié du xvirre siècle, sur quelques femelles vierges du Ver à soie du mürier, puis de quelques autres Bombyciens, qui donnent des œufs féconds produisant les deux sexes, on observa beaucoup plus tard une parthénogenèse incomplète chez les Psychides (Lépidoptères), certains Cocciens (Hémiptères) et Cynipsiens (Hyménoptères). Les femelles vierges pondent des œufs d’où naissent exclusivement des femelles qui sont la forme la moins parfaite de l'espèce dans ces insectes, et cela pendant plusieurs générations. L’inverse a lieu pour la femelle féconde et complète du genre Apis. L'œuf parvenu à maturité dans l'ovaire se trouve déjà assez vitalisé pour donner naissance au sexe mâle. Il exige le concours des spermatozoïdes mâles pour produire la forme femelle, expression la plus parfaite de l'espèce chez les Hyménoptères. La reine, fécondée dans les airs comme nous l'avons dit, pond, à sa volonté et suivant les besoins de la colonie, des œufs de femelles (mère ou ouvrière), ou des œufs de faux-bourdons, pouvant, par l’action des muscles spéciaux de la spermathèque, laisser sortir le sperme sur l'œuf, ou, au contraire, le retenir. C’est ainsi que s'explique ce fait contradictoire de

(1) Théorie apicole de Dzierzon (Apiculteur, décembre 1869, p. 86 et numéros suivants).

reines fécondées normalement au dehors et produisant la ponte régulière des deux sexes, et de reines à ailes atrophiées en naissant, inaptes à sortir de la ruche, et cependant capables de pondre. Elles ne produisent jamais que des œufs de mâles dans toutes les cellules ; les ouvrières sont obligées d'allonger les cellules de neutres au moyen d’un couverele plus bombé que d'habitude, pour loger ces larves mâles plus grosses auxquelles elles n'étaient pas destinées, et de là des cellules bosselées, irrégulières ; la population mâle et inutile de la ruche ne tarde pas à augmenter outre mesure. On donne le nom de mères bourdonneuses à ces femelles qui ne pondent que des œufs de mâles. Tantôt ce sont des mères vierges qui n'ont pu sortir en temps utile, ou qui sont nées trop tôt ou trop tard, alors qu'il n'y a pas de faux-bourdon au dehors, ou bien des mères blessées à l'abdomen, ou enfin de vieilles reines épuisées. Elles donnent de plus en plus d'œufs de mâles, ne pondent plus des œufs de reines ou de neutres que pendant des durées de plus en plus courtes et à des intervalles de plus en plus éloignés, et enfin, près de leur mort, ne font plus que des œufs de mâles. Cela s'explique par la disparition des filaments séminaux de la spermathèque, ou par la paralysie des muscles du col de celle-ci. Une jeune mère était née en septembre, chez M. de Berlepsch, après la mort de tous les mâles, et, au mois de mars de l’année suivante, elle avait rempli quinze cents cellules uniquement de larves mâles. Remise à M. Leuckart, elle fut trouvée avec la spermathèque vide de tout spermatozoïde et ne contenant qu'un liquide clair, produit des glandes accessoires. Dans un autre exemple rapporté par M. de Berlepsch, une mère de l’année précédente n'avait pu être fécondée, vu l'imperfection de ses ailes. La ruche où elle était ne contenait, à l’état adulte, de nymphes, de larves, d'œufs que des faux-bourdons, au nombre de 2655, répartis également et avec une grande régularité dans les cellules d’ouvrières et de mâles. A la dissection on trouva les ovaires bien développés et chargés d'œufs, mais la spermathèque tout à fait rudimentaire. En général, les mères non fécondées ne pondent pas, mais, quand elles pondent, ce sont exclusivement des œufs de mâles.

M. Leuckart a observé le premier en 1855 l'exemple authentique de reine arrénotoque (1) et distingue très-bien les deux cas possibles. Chez les reines arrénotoques dès le principe la vésicule copulative est toujours vide ; si la ponte des œufs de mâles survient au contraire après une ponte régulière d’œufs normaux, on peut trouver encore quelques filaments spermaliques roulés en boule dans la spérmathèque. L’arrénotokie doit

(1) Bienenzeilung, n°S A1, 45 juin 1855. —R. Leuckart, Sur l’arrénotokie (a) el la parthénogenèse des Abeilles et des autres Hyménoptères qui vivent en société (Bull. Acad, royale de Belgique, Bruxelles, 4857, t, II, p. 200-204).

a) A'bbevoroxew, enfanter des mâles, pe

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