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APIS. — GAUFRES DE CIRE

Abeilles; on tirerait un notable profit de l'invention, surtout aux États- Unis, le pays des grands consommateurs de miel. On essaya à ce propos des rayons de bois, et Quimby, aux États-Unis, construisit des alvéoles en fer-blanc très-mince; mais les Abeilles refusèrent presque toujours d'y déposer leur miel; elles déchirent les gâteaux artificiels de papier. C’est alors qu'on eut recours aux gaufres, moulées dans un gaufrier de métal, et qui n'épargnent aux insectes qu'une partie du travail: on en vit à Paris en 1866, à l'exposition d'apiculture, présentées par un Suisse, M. Mona, et aussi à l'Exposition universelle de 1867, à l'exposition apicole de 1868 par M. Thierry-Mieg, de Mulhouse. Enfin, les plus parfaites sont celles que M. FE. Junger envoya en 1876 à la Société d'apiculture (1). Le premier avantage qu’on songea à retirer des gaufres, c'est d'empêcher les Abeilles de construire des cellules de faux-bourdons. On peut se contenter de placer dans les cadres de simples plaques de cire, et, si elles sont assez épaisses, les insectes y trouvent les matériaux des alvéoles. Un moyen facile de les fabriquer est le suivant, dû à M. G. de Layens : Faites fondre de la cire dans un vase contenant une certaine quantité d’eau ; lorsqu’elie est fondue, on place dessus une plaque de verre graissée ou huilée, En retirant le verre, il emporte avec lui une couche mince de cire qui se détache en feuille très-facilement.

Si les gaufres ou les feuilles de cire ont l'avantage d'activer le travail des Abeilles, elles ont des inconvénients assez graves qui ont fait renoncer beaucoup d’apiculteurs à leur emploi. Souvent elles se décollent des cadres; en outre, les alvéoles entés à leur surface par les Abeilles tiennent moins bien que ceux des gâteaux construits en entier par ces insectes. Enfin, et surtout, la gaufre ou la feuille s’infléchit, se gondole par la chaleur et la sécheresse, de sorte que les alvéoles du centre $e brisent ou se compriment.

La culture intensive des Abeilles par l'extraction du miel à la force centrifuge permet de faire toujours servir les mêmes rayons, qui s'emploient presque indéfiniment à emmagasiner le miel. Ils suffisent dès lors aux apiculteurs qui ne veulent pas augmenter leur production, et cela diminue beaucoup l'utilité des gaufres ou des plaques de cire.

Au reste, les Abeilles ne paraissent faire usage de la cire ayant déjà servi que dans une certaine limite. Si, par exemple, au mois de mai ou de juin, on leur donne un vieux rayon indicateur, on remarquera dans le gâteau qui sera construit à la suite, au bout d’un certain temps, que le commencement de la nouvelle partie du rayon est brunâtre, mais plus clair que le vieux morceau indicateur, et que cette couleur brune s'éclaircit de plus en plus et passe peu à peu à la couleur blanche de la cire vierge. Si on livre aux Abeilles un gâteau dont on a coupé presque entièrement les parois des cellules des deux côtés, en conservant seule-

(1) Apiculteur, 1876, p, 142. — Journal de l'acclimatation, n°19, 7 mai 1876, p. 176.

ment la cloison médiane, et si l’on colore celle-ci avec du bleu d'indigo, les Abeilles reconstruisent les parois coupées. On observe alors que le fond des cellules est bleu foncé; les parois sont bleues aussi, mais en devenant de plus en plus claires vers l'orifice, où la cire est blanche. Ces insectes ne se servent done de la vieille cire que sur place et la dédaignent, préférant en‘produire de nouvelle, si les morceaux de gâteau se trouvent sur le fond de la ruche, ou dehors, ou aux environs du rucher. Il en est autrement chez les Mélipones, comme si la sécrétion de cire leur était moins facile.

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Fig. 28. — Ruche della Rocca à rayons mobiles.

L'idée du rayon mobile est en réalité fort ancienne et parait due aux Grecs. Dans l’île de Candie (l’ancienne Crète, berceau de Jupiter, que pourrirent les Abeilles du mont Ida), on se sert de ruches d'’osier en forme de paniers. Leur partie supérieure porte de petites barres de bois séparées les unes des autres et recouvertes en dehors, pour empécher l'accès de l'air et de la lumière, ainsi que l'entrée et la sortie des Abeilles. A chaque barre les insectes attachent un rayon de cire isolé des autres.

L'abbé della Rocca, vicaire général de Syra, une des îles de l’Archipel, où il résida longtemps et opéra des éducations d’Abeilles, fit connaître

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