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FIG. 22. — Ruche vulgaire F1G. 23. — Ruche vulgaire de paille. de petit bois.

ploie encore, principalement dans le Midi, des ruches prismatiques de planches ou de liége, parfois simplement formées d'un tronc d'arbre évidé. Les ruches communes, en forme de cloche, qu'on est toujours obligé de tailler par dessous, quand on veut récolter le miel, ont plusieurs graves défauts. Elles ne permettent pas toujours les réunions, nécessaires pour sauver les colonies faibles; sont souvent d'une récolte diflicile quand on veut sauver les Abeilles par transvasement à la fumée; et enfin, en raison de ces inconvénients, perpétuent dans trop de localités la pratique barbare de l'étouffage, bien digne des Goths, auxquels on l’attribue.

On y a ajouté, pour une exploitation plus rationnelle, une calotte, ou bien une ou plusieurs hausses, communiquant par un petit trou avec le corps principal de la ruche, où reste la mère et son couvain; les Abeilles, dont l'instinct est de toujours construire dans le haut de la

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ruche, édifient de nouveaux giteaux dans la calotte ou la hausse et les garnissent de miel, quand la partie supplémentaire est disposée à une époque favorable, après un remplissage suffisant du corps de ruche. Il est vrai qu'il faut toujours détruire les rayons pour récolter; mais la calotte ou la hausse permet de conserver facilement les Abeilles en les obligeant par la fumée à se réfugier dans le corps de ruche, quand on enlève la partie supplémentaire. En outre, on peut aisément, à l’époque convenable, récolter du miel à une essence florale déterminée, et, par suite, d'une vente avantageuse comme miel de table.

Les mobilistes sont les partisans d’une culture intensive des Abeilles, permettant d'obtenir des quantités beaucoup plus considérables de miel, en sacrifiant volontairement la récolte de cire, dont la production exige

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F1G. 24. — Ruche vosgienne à calotte FiG. 25. — Ruche normande (calotte soulevée). à calotte.

de la part des Abeilles la consommation, et par suite la perte pour l'apiculteur d’un poids beaucoup plus considérable de miel. En outre de ce miel absorbé, l'élaboration digestive produisant la cire condamne . les Abeilles à une immobilité prolongée, c’est-à-dire à une grande perte de temps et de travail. Si l’on récolte du miel au printemps, lors des premières floraisons, les Abeilles, privées de leurs rayons par les méthodes fixistes, sont obligées de les rebâtir pour loger leurs nouvelles provisions, et, malgré leur activité, il arrive fréquemment que, lorsque les magasins sont prêts, la floraison est finie et la récolte manque. Si au contraire on met toujours des gäteaux de cire vides à la disposition des insectes, ceux-ci emploient toute leur activité à butiner, sans perte de temps aucune, en profitant de toutes les fleurs. On arrive à ce résultat par l'emploi du mello-extracteur à force centrifuge, ou turbine où essoreuse inventée par le Vénitien Hrushka, de Dolo, près de Venise, qui donne un miel vierge et d’une pureté absolue, les rayons mobiles per-

mettant en outre, de la façon la plus aisée, de recueillir séparément les miels spéciaux à telle ou telle plante.

La mobilité, jointe à la solidité des rayons, s'obtient au moyen de cadres de bois qui les rendent parfaitement maniables et leur procurent une durée indéfinie. Quand on agrandit la ruche, lors des fortes miellées et qu'on n'a pas de gâteaux anciens, on colle comme amorce au haut des cadres de petits morceaux de gâteaux que les Abeilles continueront ; on a quelquefois employé des gaufres de cire, à facettes hexagonales de la dimension spécifique, pareilles aux fonds naturels, et qui servent aux insectes de cloison médiane, de chaque côté de laquelle ils édifient leurs alvéoles.

F16. 26. — Ruche de bois F6, 27. — Ruche de paille à trois hausses. à trois hausses.

L'idée de ces gaufres de cire est due à l'observation suivante. Depuis bien des années, les apiculteurs savent que si, au moment d’une forte miellée, on donne à une colonie des rayons vides, les Abeilles récoltent ‘ beaucoup plus de miel que si elles avaient à faire ces rayons. Les apiculteurs du Gâtinais, qui, les premiers, employèrent ce procédé, firent fortune ; mais bientôt le prix de ces cires vides augmenta de valeur. Ainsi, une bâtisse ou ruche remplie de rayons vides, qui coûtait 2 à 3 francs, vaut aujourd'hui souvent 8 ou 9 fr. ; il arrive même maintes fois que les apiculteurs ne peuvent s'en procurer, chacun les gardant pour son usage. Ces bâtisses proviennent par exemple d'essaims naturels trop faibles ou trop tardifs pour avoir le temps de récolter suffisamment leurs provisions d'hiver; au printemps, ces essaims sont morts et laissent de belles cires vides à la disposition de l’apiculteur.

Les ruches à cadres mobiles ont beaucoup diminué l’usage et l’importance des bâtisses. Pour bien faire, il faudrait pouvoir construire artificiellement des rayons de cire avec leurs alvéoles, et les donner aux

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