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TRIBU DES CRABRONIENS

La tribu des Crabroniens et celle des Sphégiens qui la suit constituent essentiellement les Hyménoptères fouisseurs des auteurs de la première moitié de ce siècle. Nous ferons remarquer que ce mot offre les mêmes inconvénients que les anciens noms de Xylophages; de Phy-

(4) Ann, Soc. entom. Fr.; 1835, t, IV, p. 426:

tophages, etc., donnés à de grands groupes de Coléoptères. Les mœurs des insectes sont {rop variées pour caractériser nettement les groupes. Si l'on ne spécifie pas autrement le mot Fouisseurs, il s'appliquerait aussi bien à des Apiens et à des Vespiens, dont beaucoup d'espèces fouissent la terre ou les vieux bois pour abriter les berceaux de leur postérité. Le mot zoophages doit nécessairement être ajouté pour indiquer que les larves sont nourries d'insectes récemment tués ou plus généralement anesthésiés par le venin de la mère, tandis que les adultes vivent uniquement de nectars floraux ou de séves extravasées. L’absence de toute plicature longitudinale de l'aile antérieure les distinguera alors de la tribu des Euméniens, qui ont des mœurs analogues.

Les Crabroniens, par leurs couleurs variées de jaune et de noir, ont pour la plupart un aspect vespiforme, c'est-à-dire de Vespiens et d'Euméniens, que nous ne retrouverons plus chez les Sphéziens, où la coloration devient très-généralement différente. Les Crabroniens sont des Hyménoptères de moyenne taille, bien reconnaissables à leur corps robuste, à leurs teintes jaunes sur un fond plus ou moins noir, brun ou roussâtre, à leur tête large et carrée. Les antennes sont ou entièrement filiformes, ou filiformes avec l'extrémité en massue. Le labre est court, tantôt caché, tantôt un peu apparent, ayant des divisions latérales ou en manquant; les mandibules sont sans échancrure au côté inférieur, qui, le plus souvent, ne porte pas d’éperon; les palpes maxillaires sont de six articles, les labiaux de quatre. La tête porte des yeux (rès-rarement relevés en saillie. Les antennes des femelles ont douze articles, celles des mâles treize, très-rarement douze; elles sont non géniculées ou à peine. Le pronotum présente les angles postérieurs prolongés en lobes, n'atteignant pas les écailles, le collier le plus souvent petit. Les ailes supérieures ne sont pas plissées, et ont le plus souvent trois cellules cubitales, et rarement deux ou une. Il y a six segments libres à l’abdomen chez les femelles, sept chez les mâles. Les trochanters n'ont qu'un article. Le métatarse postérieur n’est pas dilaté ; les jambes et les tarses sont, le plus souvent, munis de cils ou d'épines, ce qui indique manifestement des habitudes fouisseuses. Il y a des genres où ce dernier caractère est très-peu apparent. Lepeletier de S'-Fargeau, imbu sous ce rapport d'idées systématiques, les regardait par cela seul comme des parasites, déposant leurs œufs dans les nids des Crabroniens et des Sphégiens, afin que leurs larves puissent vivre des proies mises en réserve pour celles des architectes du nid; mais beaucoup d'observations sont venues contredire cette opinion, de sorte que la question exige une minutieuse observation directe. C'est le même fait que nous ont offert dans les Apiens les genres Ceratina, Sphecodes, Prosopis, etc.

Les Crabroniens fouissent en terre, et, plus souvent peut-être, dans les troncs et surtout les branches sèches. IL y a beaucoup d’espèces qui approvisionnent leurs larves avec une seule espèce ou avec un seul genre d’Articulés; mais on ne peut pas dire que ce fait de mœurs soit général.

CRABRONIDES. 917

M. E. Blanchard divise la tribu des Crabroniens (Hist. des Ins., 1845) en trois familles : les Crabronides, les Larrides et les Bembécides. M. C. G. Thomson multiplie beaucoup plus les familles de ce groupe, qu'il rattache aux genres Crabro (avec subdivision en Crabronines et Oxybélines), Tripoxylon, Cerceris, Mellinus, Nysson, Larra, Philanthus, Astata, Bembex et Pemphredon.

Quelques monographies générales sont à consulter pour la tribu des Crabroniens, et sont également propres à la tribu des Sphégiens qui la suit, c'est-à-dire, en général, aux Fouisseurs zoophages. Ce sont : P. L. Van der Linden, Observations sur les Hyménoptères d'Europe de la famille des Fouisseurs, in-4°, Bruxelles, 1829 (extrait des tomes IV et V des Nouveaux Mémoires de l'Académie de Bruxelles): première partie, Scoliètes, Sapygites, Pompiliens et Sphégides; deuxième partie, Bembécides, Larrates, Nyssoniens et Crabroniles; ouvrage exclusivement descriptif, ne contenant que des diagnoses ou des citations d'espèces. — W, E. Shuckard, Essay on the indigenous fossorial Hymenoptera, comprising a Description of all the British Species of burrowing sand Wasp contained in the Metropolilan Collections (London, Richter, 1837, in-8°, 259 p., h pl). — CG. Wesmael, Revue critique des Hyménoptères fouisseurs de Belgique (Bull. Acad. de Bruxelles, 1851, t. XVIIT, deuxième partie, p. 362- 384, 451-493; 1859, t. XIX, première partie, p. 82-110, 261-286, 589- 635). — Fr. Smith, Cataloque du British Museum (Londres, 1856). Dans ce catalogue les genres de notre tribu des Crabroniens sont répartis en quatre familles : Crabronidæ, Nyssonidæ, Bembicidæ, Larradæ (qui correspond au genre Larrada, Smith, et non au genre Larra, Latr.). — C. G. Thomson, Hymenoptera Scandinavie (Lund, 1874, t. 111); deuxième fascicule, Hymenoptera fossoria (Spheæ et Mutilla, Linn.).

A ces ouvrages généraux on peut joindre, pour des indications d’espèces dans diverses familles de Fouissceurs : H. de Saussure, Mélanges hyménoptérologiques (Vespides, Crabronides, Bembécides, Scoliides), Genève, 1854, et Mém. Soc. phys. de Genève, 1855, t. XIV. — Fr. Smith, Description of aculeate Hymenoptera from Australia : Scoliidæ, Pompilidæ, Sphegidæ, Larridæ, Nyssonidæ, Crabronidæ.…….. (Trans. Entom. Soc. of London, 1868, t. VI, p. 231). — Descriptions of new Gerera and Species of exotic Hymenoptera : Mutillidæ, Scoliidæ, Pompilidæ, Larridæe, Nyssonide, Masaridæ, Eumenidæ (Trans. Entom. Soc. of London, 1869, t. VIF, p. 801).

CRABRONIDES.

Tète ordinairement très-large. Labre non saillant. Abdomen ovale ou elliptique, parfois graduellement en massue.

918 HYMÉNOPIÈRES,

CERCERINES.

Antennes insérées vers le milieu de la face antérieure de la tête, leur second article de la longueur du premier. Yeux entiers, non saillants, ne divergeant pas inférieurement, ou à orbites intérieures parallèles. Collier du pronotum un peu épaissi, mais peu séparé. Ailes supérieures munies de trois cellules cubitales complètes, la seconde pétiolée, de deux nervures récurrentes, de trois cellules discoïdales complètes et fermées. Hanches intermédiaires distantes; jambes intermédiaires munies d'une seule épine ou calcar; cuisses postérieures ayant l'angle externe apical en épine défléchie.

GENRE PRINCIPAL

CERCERIS, Latr. — Corps court et épais, fortement ponctué, poilu, avec l’abdomen subglabre, le plus souvent orné de plusieurs bandes. Antennes rapprochées à la base, crêtées, en massue légère, insérées au milieu du front. Ocelles élevés el rapprochés, en triangle sur le vertex ; chaperon trilobé, avec une suture supérieure anguleuse. Labre caché; mandibules tridentées. Thorax ovalaire, avec le métathorax tronqué ; collier du pronotum avec une ligne élevée sur les côtés. Ailes supérieures ayant la 3° cellule cubitale recevant la seconde nervure récurrente ; ailes inférieures avec un petit lobe basal subarrondi, et la nervure transverse ordinaire située loin avant la fourche du cubitus. Ianches intermédiaires largement distantes ; hanches postérieures peu distantes; jambes postérieures munies d’épines et d’une crête postérieure longitudinale un peu en scie. Abdomen oblong, étranglé, cylindroïde, ayant ses segments séparés les uns des autres par un étranglement sensible, le premier segment dorsal étroit, mais court, le dernier ayant une grande valvule, et le dernier ventral excisé médianement au bout.

Le genre Cerceris compte en France au moins une quinzaine d'espèces et probablement davantage, surtout de la région méridionale; une dizaine d'espèces propres à l'Afrique septentrionale se trouvent au printemps et en été sur les fleurs, parfois dans les lieux sa-' blonneux.

On cite aussi des Cerceris des diverses régions de l'Europe, jusqu'en Finlande inclusivement, des iles Canaries, de Sibérie, d'Égypte, d'Arabie, d'Abyssinie, du Sénégal, de Gambie, du Cap, de Port-Natal, de Madagascar, d'Australie, des Indes, des îles Sondaïques, du Brésil, de la Guyane, du Chili, des Antilles, des États-Unis, de la Nouvelle-Écosse. C’est donc un genre cosmopolite, et dont le Catalogue britannique énumère 115 espèces.

Dans le genre Cerceris (Ed. Brandt), il y a trois ganglions nerveux thoraciques, le troisième offrant trois paires de noyaux, ce qui indique

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